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Mois : février 2011

Hausse du prix du blé en Chine

AFP – 9 février

La sécheresse qui affecte cet hiver le nord de la Chine a provoqué une hausse des cours du blé à des niveaux record, tandis que les autorités annonçaient de nouvelles mesures pour combattre le fléau, a-t-on appris mercredi de sources concordantes.

Le gouvernement va dépenser au moins 6 milliards de yuans (667 millions d’euros) pour détourner de l’eau vers les régions les plus affectées, construire en urgence des puits et des systèmes d’irrigation, a rapporté le Bureau chinois de lutte contre la sécheresse.

Sur le marché à terme pour produits agricoles de Zhengzhou (centre), le prix de la tonne de blé a atteint mardi le niveau record de 2.865 yuans (318,6 euros), a relevé pour sa part le site d’informations financières Hexun.

La nouvelle arrive au pire moment pour le gouvernement, qui s’évertue à combattre une hausse des prix qui frappe surtout les prix alimentaires.

Hausse du prix du riz

AFP –

Les prix du riz, restés l’an dernier à l’écart de l’envolée des cours des produits agricoles, s’emballent à leur tour sur les marchés, menaçant d’une crise alimentaire les populations les plus pauvres d’Asie et d’Afrique.

Alors que le blé et le maïs ont vu leur cours monter d’environ 50% en 2010 sur la Bourse des matières premières de Chicago, le CME, ceux du riz ont perdu 4% sur cette période. La tonne s’y échange actuellement sous 350 dollars, contre un record à environ 550 dollars en avril 2008.

L’Agence de l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture, la FAO, dresse le même constat. Alors que son indice des prix alimentaires se situe à un niveau record, la tonne de riz, estimée à 542 dollars en moyenne en janvier dans le monde, reste 45% moins chère que son record de mai 2008.

Contrairement aux autres cultures agricoles, victimes de sécheresse ou d’inondations selon les pays, le riz n’a subi aucune catastrophe climatique majeure cette année.

L’offre a donc amplement suffi l’an dernier à répondre à la demande de la planète, et a même permis d’accumuler des stocks.

Malgré tout, les cours ont entamé l’année sur des chapeaux de roue. En janvier, ils ont pris de 10% sur le CME, renouant avec leurs plus hauts niveaux en plus d’un an.

Les opérateurs du marché se rendent compte qu’aux Etats-Unis, important exportateur, « les agriculteurs vont réduire de manière significative leurs semis, au profit d’autres cultures comme le maïs, le soja et le coton », désormais plus rémunératrices, explique Bill Nelson, analyste à la firme de conseil agricole Doane Advisory Services.

Selon les estimations du ministère américain de l’Agriculture, la Thaïlande, le Vietnam, le Pakistan, l’Inde et les Etats-Unis concentrent plus de 80% des exportations de la planète.

« Si l’un de ces pays subissait un choc climatique, cela aurait un effet immédiat sur les prix », prévient-il.

Bientôt une crise de la dette aux USA? Ben Bernanke lance une mise en garde

AFP le 09/02/2011 à 23:44

USA : la Fed pousse à agir sur le budget avant que le marché ne fasse la loi

Le président de la banque centrale des Etats-Unis (Fed), Ben Bernanke, a exhorté mercredi le Congrès à agir dès maintenant pour réduire le déficit budgétaire afin de ne pas avoir à prendre plus tard des mesures douloureuses sous la pression des marchés.

« D’une manière ou d’une autre, des ajustements suffisants devront avoir lieu à un moment ou à un autre », a déclaré M. Bernanke lors d’une audition devant la Commission du budget de la Chambre des représentants.

« La question est de savoir si ces ajustements auront lieu dans le cadre d’un processus faisant la place aux délibérations et à la prudence (…) et donnant aux gens le temps de s’adapter aux changements dans les programmes de l’Etat » ou s’ils « seront pris comme une réponse rapide et douloureuse à une crise budgétaire menaçante ou réelle », a-t-il ajouté.

M. Bernanke indique ainsi clairement que les Etats-Unis feraient bien de prêter attention au cas d’autres pays, comme la Grèce et l’Irlande, contraintes de faire appel dans l’urgence à une aide de l’Union européenne et du Fonds monétaire international (FMI) sous la pression des marchés financiers.

A cinq jours de la publication du projet de loi budgétaire pour l’exercice 2012 (qui commencera le 1er octobre), M. Bernanke a indiqué que la politique du gouvernement américain consistant à renforcer la croissance pour mieux réduire le déficit à terme lui semblait insuffisante.

« Notre pays ne peut pas espérer raisonnablement sortir de sa situation de déséquilibre budgétaire par la croissance », a-t-il dit, tout en reconnaissant qu’une « économie plus productive [faciliterait] certainement les arbitrages ».

Comme les autres pays avancés membres du Groupe des Vingt, les Etats-Unis se sont engagés à réduire leur déficit budgétaire et commercial afin de contribuer au rééquilibrage de l’économie planétaire.

Cependant, selon les dernières prévisions du Bureau du budget du Congrès (CBO), le déficit budgétaire des Etats-Unis est parti pour battre une nouveau record en termes nominaux, à près de 1.500 milliards de dollars (9,8% du PIB) pour l’exercice en cours.

La prolongation des baisses d’impôts pour tous les Américains à laquelle le gouvernement s’est rallié sous la pression des républicains, désormais majoritaires à la Chambre basse, rend difficilement réalisables des économies importantes à court terme.

Alors que l’Europe s’est engagée sur la voie de la réduction du déficit – ses efforts ont été salués récemment par le FMI – le gouvernement américain prévoit, lui, de nouvelles dépenses pour moderniser les infrastructures, par exemple, dans l’espoir que cela soutienne également la croissance.

M. Bernanke a dit qu’il souhaitait voir de telles mesures « s’accompagner de perspectives à long terme » de réduction du déficit.

« Tout ce qui peut être fait maintenant […] aura un effet positif », a-t-il dit, pressant une nouvelle fois les élus de prendre des actions « crédibles » pour les marchés.

Au cours d’une réunion publique, le secrétaire au Trésor américain Timothy Geithner a noté mercredi que les Etats-Unis empruntaient toujours à un taux extrêmement favorable.

Mais, pour M. Bernanke, le risque de voir les taux d’intérêts sur les obligations du Trésor américain monter est bien réel si rien n’est fait.

Les finances publiques américaines sont engagées sur une pente qui n’est « pas viable », répète-t-il depuis un an environ. Selon les toutes dernières prévisions du FMI, le ratio de la dette publique américaine devrait passer de 91,2% en 2010 à 102,0% en 2012.

Derrière le fantasme allemand, la réalité

Ce billet donne quelques éléments chiffrés sur la réalité allemande, telle qu’elle n’est pas dite par les discours officiels. Les graphiques qui vont suivre sont tous tirés des statistiques OCDE.

1. L’Allemagne et la TVA

Une mode consiste à promouvoir la TVA sociale… sur le modèle allemand, qui a transféré sur la TVA une part du financement de la sécurité sociale, pour alléger le coût du travail. Cette solution est-elle possible en France?

Le graphique ci-dessous compare les taux de TVA en France et en Allemagne depuis 2006. En bleu: la France, en mauve, l’Allemagne.

On voit clairement que, en 2007, le taux de TVA en Allemagne passe de 16 à 19%. Il reste néanmoins inférieur au taux français, qui est de 19,6%. L’Allemagne disposait donc de marges pour augmenter la TVA, que la France n’a pas.

2. L’Allemagne et l’impôt sur le revenu et les bénéfices

Comparons maintenant la part de l’impôt sur le revenu et sur les bénéfices dans le PIB. Autrement dit, interrogeons-nous sur le poids de la fiscalité directe dans la richesse nationale, qu’il s’agisse de l’imposition sur les personnes ou sur les entreprises.

Ce graphique compare à nouveau: en bleu – la France, en mauve – l’Allemagne. On voit clairement que, depuis 2005, cette imposition directe augmente fortement en Allemagne, jusqu’à représenter plus de 11,5 points de PIB. Inversement, ce poids diminue en France, où il représente en 2008 10,4 points de PIB.

Cette petite comparaison nous rappelle que l’imposition, en France, est très injuste, car elle repose beaucoup plus sur l’imposition indirecte que sur l’imposition directe.

Le graphique suivant nous le montre bien: les recettes fiscales allemandes reposent beaucoup plus sur l’imposition directe que les recettes fiscales françaises:

31% des recettes fiscales en Allemagne reposent sur la fiscalité directe, alors que ce chiffre est de seulement 24% en France. Ceci tient au poids de la TVA dans notre pays. On notera avec intérêt que le poids de la fiscalité directe en Allemagne ne cesse d’augmenter depuis 2005, alors qu’il est en stagnation en France.

3. L’Allemagne et le financement de la sécurité sociale

Enfin, je ne résiste pas au plaisir de comparer le poids des cotisations de sécurité sociale dans les recettes fiscales, pour dissiper un fantasme tenace: celui d’un coût inférieur en Allemagne. Voici les évolutions récentes:

En France (en bleu), la part des cotisations de sécurité sociale dans les recettes fiscales totales stagne autour de 37% depuis 2005. Autrement dit, depuis 2005, les cotisations de sécurité sociale représentent 37% des recettes fiscales totales de la France. En Allemagne, ce chiffre avait atteint 40%, année de la création de la TVA sociale. Si cette TVA sociale a permis de ramener l’Allemagne à un différentiel satisfaisant avec la France… jusqu’en 2007, ce différentiel a commencé à se creuser dès 2008 au détriment de l’Allemagne.

Sur le fond, peu d’employeurs en France accepteraient un système à l’allemande, qui ferait passer dans la fiscalité directe, donc dans l’impôt sur les sociétés, un poids important du financement de l’Etat.

Tous ces graphiques sont mes extractions personnelles à partir des différents tableaux présentés sur:

http://www.oecd.org/document/60/0,3746,en_2649_37427_1942460_1_1_1_37427,00&&en-USS_01DBC.html#A_RevenueStatistics

Pour contrer l’inflation, la Chine augmente ses taux

(AFP) La banque centrale chinoise a annoncé mardi un relèvement des taux d’intérêt de référence de 25 points de base, une mesure destinée à contenir l’inflation et à limiter le volume des prêts bancaires.

A compter de mercredi, les taux d’emprunt à un an et la rémunération des dépôts à un an sont relevés chacun de 25 points de base, soit 0,25 point de pourcentage, respectivement à 6,06% et 3,0%, a précisé la Banque populaire de Chine dans un bref communiqué mardi soir.

La mesure a été annoncée au dernier soir d’une semaine de congés pour les fêtes du nouvel an chinois, durant lesquelles les marchés boursiers chinois étaient fermés.

Dans un contexte d’accélération de la hausse des prix, qui a atteint 5,1% sur un an en novembre et 4,6% en décembre, la banque centrale avait déjà relevé deux fois ses taux de référence durant le 4e trimestre 2010.