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Mois : mars 2011

Irlande: un sauvetage bancaire ruineux…

Les banques irlandaises ont besoin de 24 milliards de plus

jeudi 31 mars 2011

DUBLIN (Reuters) – Les quatre banques irlandaises ont besoin de lever 24 milliards d’euros supplémentaires pour pouvoir résister à d’autres pertes potentielles en cas d’aggravation de la situation économique, a annoncé jeudi la Banque centrale d’Irlande.

Publiant les résultats des « tests de résistance » qu’elle a fait passer aux établissements, la Banque d’Irlande a précisé qu’elle avait travaillé sur un ratio core Tier 1 – principale mesure de solvabilité des banques – d’au moins 6%.

Elle a toutefois ajouté que les banques ne devaient pas se lancer dans un mouvement frénétique de ventes d’actifs pour lever les fonds requis.

Portugal: de mal en pis

Le déficit du Portugal a atteint 8,6% du PIB en 2010

jeudi 31 mars 2011

LISBONNE (Reuters) – Le déficit budgétaire du Portugal est ressorti à 8,6% du produit intérieur brut en 2010, alors que le gouvernement visait 7,3%, a annoncé jeudi l’institut national de la statistique (INE) portugais.

Ce chiffre accroît la pression sur les rendements obligataires portugais, qui ont une nouvelle fois atteint des plus hauts historiques depuis la création de l’euro.

L’institut impute notamment le montant du déficit à l’enregistrement des pertes d’une banque nationalisée et de trois sociétés de transport qui a grevé les comptes publiques.

Les pertes de la banque nationalisée BPN se sont ainsi élevées à 1,8 milliard d’euros, estime l’institut.

L’INE table sur un déficit budgétaire de 4,6% du PIB portugais en 2011, conformément aux prévisions du gouvernement.

En 2009, le déficit budgétaire avait atteint 10% du produit intérieur brut.

Le ratio dette/PIB portugais s’est élevé à 92,4% en 2010 et devrait croître pour atteindre 97,3% cette année.

Le chef du gouvernement José Socrates a jeté l’éponge la semaine dernière après le rejet par le Parlement d’un nouveau plan d’austérité visant à réduire le déficit portugais.

Hausse des matières premières: premiers effets

Le prix du coton grève le 1er trimestre de H&M

jeudi 31 mars 2011

STOCHOLM (Reuters) – Hennes & Mauritz (H&M) a livré jeudi des résultats trimestriels en baisse plus forte que prévu, notamment pénalisés par la hausse des prix du coton, ce qui fait reculer le titre à la Bourse de Stockholm.

Le bénéfice avant impôts du groupe suédois de confection, numéro deux mondial derrière Inditex, s’est établi à 3,54 milliards de couronnes (396 millions d’euros) sur la période décembre-février, premier trimestre de l’exercice décalé de H&M, contre 5,06 milliards un an plus tôt et 3,84 milliards attendus par les analystes interrogés par Reuters.

La marge brute a été ramenée à 57,8% contre 61,9% un an plus tôt et 58,3% attendus.

« Au lieu de répercuter la hausse des prix (du coton) sur nos clients, nous avons choisi de renforcer notre positionnement en termes de prix afin de continuer à raffermir notre solide position sur le marché », a déclaré dans un communiqué le PDG du groupe, Karl-Johan Persson.

Le chiffre d’affaires est ressorti à peu près inchangé à 24,5 milliards de couronnes, juste sous le consensus.

Coup de semonce chinois vis-à-vis des déficits américains

Les déficits US doivent baisser, dit l’ancien patron de la PBOC

jeudi 31 mars 2011

NANKIN, Chine (Reuters) – Les Etats-Unis doivent réduire leurs déficits commercial et budgétaire pour maintenir le rôle dominant du dollar dans l’économie mondiale, a déclaré jeudi à Reuters l’ancien patron de la Banque populaire de Chine (PBOC) Dai Xianglong.

L’ex-banquier central chinois a ajouté que le monde avait besoin d’un système monétaire plus diversifié et les principales économies devraient coordonner leurs politiques de changes et mettre sur pied une supervision des flux mondiaux de capitaux.

« Le dollar est toujours la principale devise mondiale », a-t-il dit en marge d’un séminaire du G20 sur le système monétaire international, organisé à Nankin avec la participation du président français Nicolas Sarkozy.

« Mais les Etats-Unis doivent envisager de ramener autour de la moyenne mondiale les déficits de leur budget et de leur balance commerciale par rapport au produit intérieur brut (PIB), afin de maintenir le statut du dollar. »

« La zone euro parvient à tenir cet objectif. Pourquoi les Etats-Unis n’en sont-ils pas capables ? », s’est-il interrogé.

Dai Xianglong a jugé « évident » que le rôle du dollar dans l’économie mondiale va en s’affaiblissant.

Il a souligné que le rôle mondial de l’euro ne devait pas être sous-estimé malgré la crise de la dette qui frappe certains pays européens.

Sur le long terme, l’euro et le serpent de mer d’une devise asiatique unique devraient être les piliers du système monétaire mondial, a-t-il jugé.

« Parce que la monnaie asiatique doit encore prendre forme, nous devrions laisser le renmibi (yuan) jouer un plus grand rôle », a fait valoir Dai Xianglong, qui dirige aujourd’hui le fonds de pension national chinois.

Maigre succès d’estime pour Sarkozy en Chine

Nicolas Sarkozy veut une échéance pour un yuan dans les DTS

jeudi 31 mars 2011 08h03

par Yann Le Guernigou

NANKIN, Chine (Reuters) – Nicolas Sarkozy a souhaité jeudi un accord sur un calendrier pour l’élargissement au yuan et aux autres grandes devises émergentes du panier des monnaies sur lesquelles reposent les droits de tirage spéciaux (DTS) du Fonds monétaire international, au risque de brusquer la Chine.

Le président français, qui ouvrait les travaux d’un séminaire de réflexion sur la réforme du système monétaire international, a insisté sur la nécessité d' »accompagner l’internationalisation inéluctable » de ces devises, estimant qu’elle était déjà une réalité dans le cas du yuan.

« N’est-il pas temps aujourd’hui de s’accorder sur le calendrier de l’élargissement du panier du DTS à de nouvelles monnaies émergentes, comme le yuan », a-t-il dit devant une assemblée composée notamment de ministres des Finances et gouverneurs de banques centrales du G20.

Pour les mêmes raisons, il a estimé qu’il fallait réfléchir à une nouvelle enceinte de concertation internationale sur les changes « davantage représentative » que le G7, qui réunit les six principales économies occidentales plus le Japon.

Les quatre principales devises de réserve mondiales – dollar, euro, yen et livre sterling – servent aujourd’hui de base pour le calcul de la valeur des DTS.

La France a fait de la mise en place d’un nouveau système monétaire international plus stable une priorité de sa présidence du G20 et Nicolas Sarkozy avait indiqué mercredi à son arrivée en Chine, la deuxième économie mondiale, qu’il comptait sur elle pour faire avancer ces dossiers.

Paris estime que le fait que la Chine, qui possède les plus grandes réserves de change au monde et qui est souvent accusée de maintenir sa monnaie artificiellement sous-évaluée, accueille le séminaire de Nankin est déjà un succès.

Mais après avoir accepté le principe de la tenue de ce séminaire à l’occasion d’une visite d’Etat du président Hu Jintao début novembre en France, Pékin a pris ses distances avec la manifestation, faisant valoir que la France était seule responsable de son organisation.

La promotion des DTS comme monnaie de réserve internationale dans un système multidevises qui remettrait de facto en cause le rôle prépondérant du dollar est une des pistes que la France souhaite voir explorer durant sa présidence du G20 pour obtenir un environnement monétaire plus stable.

Le gouverneur de la Banque de Chine, Zhou Xiaochuan, l’avait lui-même évoquée dans une étude en 2009 mais plusieurs responsables du pays ont depuis fait valoir qu’il s’agissait d’une pure hypothèse académique.

S’agissant de l’intégration de la monnaie chinoise, elle supposerait notamment une convertibilité totale du yuan qui pourrait conduire à son appréciation.

Nicolas Sarkozy a sondé son homologue chinois Hu Jintao sur la question lors d’un entretien jeudi à Pékin. Selon une source française, c’est le gouverneur de la Banque de Chine lui-même, qui participait à l’entrevue, qui a répondu en déclarant qu’il faudrait auparavant « accentuer l’internationalisation du yuan ».

Toujours selon la même source française, il a indiqué qu’il était « envisageable que le yuan rejoigne les DTS mais qu’il y avait encore du chemin à faire ».

La France a présenté le séminaire de Nankin, qui dure une journée, comme une occasion de mettre tout le monde dans une salle à huis clos et d’avoir une discussion très franche sur ce qui est possible pendant la présidence française sans la distraction d’une réunion normale du G20″.

« Il n’y aura pas de conclusions (…) l’important est d’arriver à un diagnostic commun sur la situation du système monétaire international, ses atouts et ses déficiences, et de tracer des pistes et des feuilles de route sur les réformes que le G20 peut mettre en oeuvre », a dit l’Elysée.

édité par Eric Faye

La Chine, puissance stratégique incontournable dans le monde

La France compte sur Pékin pour sa présidence du G20

mercredi 30 mars 2011 15h16

par Yann Le Guernigou

PEKIN (Reuters) – Nicolas Sarkozy a défendu mercredi la nécessité de discuter avec la Chine de tous les sujets, y compris ceux qui sont source de désaccord, et dit qu’il comptait sur Pékin pour faire avancer les priorités de la présidence française du G20.

Le chef de l’Etat français, qui entamait une courte visite en Chine, a justifié en outre les investissements des entreprises françaises dans le pays, déclarant qu’elles ne pouvaient être absentes du marché de la deuxième économie mondiale.

Même si la France et la Chine ne sont pas d’accord sur tout, « on a obligation de discuter pour se comprendre et pour faire avancer les choses », a-t-il dit lors de l’inauguration des locaux de la nouvelle ambassade de France dans la capitale chinoise.

« La France, présidente du G20, a besoin de la participation de la Chine pour faire avancer tous les grands dossiers qui vous concernent vous, les chefs d’entreprise », a-t-il ajouté devant un public qui comprenait des représentants de plusieurs groupes français implantés en Chine.

Il a évoqué plus particulièrement « les prix des matières premières, qui explosent », l’instabilité monétaire « qui risque de réduire à néant les efforts de compétitivité que vous faites » ou encore « la paix dans le monde ».

Nicolas Sarkozy ouvrira jeudi à Nankin, dans le sud-est de la Chine, les travaux d’un séminaire de réflexion sur les moyens de réformer le système monétaire international, une des priorités de sa présidence du G20.

La France estime que le fait que la Chine, souvent accusée de maintenir sa monnaie artificiellement sous-évaluée, ait accepté d’accueillir la manifestation est un succès en soi.

Plus de 2.000 entreprises françaises sont présentes en Chine et Nicolas Sarkozy a souligné qu’elles étaient guidées avant tout par le souci de s’ouvrir à ce grand marché.

« Dans la majorité des cas, cela ne conduit pas à fermer des usines et supprimer des emplois en France », a-t-il dit, ajoutant: « Votre présence ici est indispensable pour s’inscrire dans les perspectives du marché chinois et participer à la compétition économique qui s’y joue ».

Il les a invitées à ne pas hésiter « à expliquer l’impact positif que vos activités en Chine peuvent avoir sur la croissance et sur l’emploi en France ».

Relèvement probable des taux de la BCE

Jürgen Stark estime que la BCE doit vite relever ses taux

mardi 29 mars 2011 18h43

FRANCFORT (Reuters) – La Banque centrale européenne ne doit pas tarder à relever des taux d’intérêt, qui sont actuellement à un niveau « très accommodant », estime Jürgen Stark, l’un des membres du directoire de la BCE.

« Nous ne pouvons pas garder très longtemps les taux à ce niveau, surtout si l’on tient compte des aides extraordinaires au crédit », déclare-t-il, dans une interview à paraître mercredi dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung.

Jürgen Stark déclare également que la BCE évaluera les besoins en liquidités de la zone euro après la publication, cette semaine des résultats des tests de résistance du secteur bancaire irlandais.

S’il souligne la montée des craintes d’une accélération de l’inflation, Jürgen Stark précise que la BCE tient à ne pas étouffer la reprise économique.

« Pour le moment, il ne s’agit pas pour nous de freiner la reprise économique. Il s’agit bien plus d’éviter les effets secondaires négatifs d’une politique monétaire devenue très accommodante. »

La Banque centrale européenne tiendra le 7 avril sa réunion de politique monétaire. Les marchés anticipent une hausse des taux après que le président Jean-Claude Trichet eut dit ce mois-ci qu’elle était possible quoique non certaine.

Récession au Portugal

La Banque du Portugal abaisse ses prévisions du PIB

mardi 29 mars 2011 16h11

LISBONNE (Reuters) – Le produit intérieur brut (PIB) portugais devrait se contracter de 1,4% en 2011, et renouer avec la croissance en 2012 avec un taux de 0,3% , selon les prévisions de la Banque du Portugal publiées mardi.

L’institut d’émission prévoyait auparavant une contraction de 1,3% en 2011 et une croissance de 0,6% l’année suivante.

En 2010, la croissance de l’économie portugaise a atteint 1,4%. La banque centrale précise que ses dernières projections ne prennent pas en compte de nouvelles mesures d’austérité que Lisbonne devra sans doute prendre.

La Banque du Portugal souligne que le pays risque de ne pas atteindre ses objectifs en matière budgétaire cette année et qu’il risque aussi de se trouver contraint d’adopter de nouvelles mesures budgétaires en 2012.

« En 2012, les mesure supplémentaires et permanentes qui seront nécessaires pour tenir la promesse faite par les autorités prendront une ampleur très importante », estime la banque centrale.

La dette publique et la nouvelle réaction nobiliaire

J’étais hier soir à Compiègne, à l’invitation de Jean-Pierre Weisselberg, président de l’association Agora 21, en compagnie de Susan George et de Bernard Maris, pour parler de la crise. Je vous livre l’essentiel des propos que j’y ai tenus.

La crise de 2008 est le produit d’une sorte de réaction chimique entre plusieurs forces et tendances à l’oeuvre dans notre société depuis plus de trente ans. Cette réaction chimique se cristallise autour de l’hypertrophie des marchés financiers, qui sont une source d’instabilité structurelle pour les sociétés industrialisées. Mais elle repose sur un socle social et politique que j’ai décrit, dans Jusqu’ici tout va bien, comme l’appropriation aristocratique de notre pacte républicain.

La crise est principalement due à l’émergence d’une nouvelle aristocratie qui a subordonné le pacte républicain à son profit.

Des choix politiques qui ont conduit à la crise

On présente souvent l’économie comme un espace hors de contrôle, une sorte de lieu où s’affrontent des forces naturelles indépendantes de la volonté humaine. Les expressions de « main invisible du marché » ou de « concurrence égale et parfaite » sont régulièrement utilisées pour signifier cette espèce de nature économique contre laquelle nous ne pourrions rien.

Ces mots correspondent évidemment à une vue idéologique. S’il existe une main invisible du marché, elle est créée de toutes pièces par des choix politiques guidés par l’aristocratie.

Par exemple, la création de géants financiers plus puissants que les Etats et les peuples est un choix politique conscient opéré depuis plus de 30 ans par des idéologues libéraux pour servir les intérêts d’une élite économique et financière. J’en veux pour preuve l’abrogation de la loi Glass-Steagall, aux Etats-Unis, en 1998. Cette loi avait été adoptée en 1934 pour compartimenter les activités bancaires: dépôt, investissement, assurances. Elle était la conséquence logique de la crise de 1929, qui fut une crise systémique du même type que celle de 2008. 64 ans plus tard, les Etats-Unis l’ont abrogée pour permettre la fusion de Citibank avec Travellers, une compagnie d’assurance. Résultat: la faillite de ce géant financier qu’était Citigroup, en 2008, a mis l’économie mondiale au bord du précipice et a coûté très cher au contribuable américain.

Autre exemple: l’entrée de la Chine dans l’OMC, la même année, en 1998. Sous des prétextes fallacieux (promotion des droits de l’Homme notamment), les pays industrialisés ont autorisé la Chine à entrer dans l’OMC sans véritable ouverture des marchés chinois aux produits occidentaux. Cette décision revenait à mettre en concurrence frontale des salariés du Nord payés en monnaie chère et bénéficiaires d’une vraie protection sociale, avec des salariés chinois sans aucun droit et payés en monnaie de singe. Ce choix politique était évidemment un choix de désindustrialisation des pays industrialisés…

A travers ces deux exemples, on peut voir clairement que l’élite au pouvoir a validé, durant les dernières décennies, des choix politiques dangereux, c’est-à-dire facteurs de crise. Ces choix ont délibérément sacrifié la cohésion sociale à la promotion de quelques intérêts particuliers.

Dette publique et réaction nobiliaire

Si l’on admet l’hypothèse que cette élite est devenue la noblesse des temps contemporains, alors on peut analyser les choix qu’elle a opérés depuis trente ans comme l’expression d’une réaction nobiliaire du même ordre que celle qui a frappé la France à partir de 1770, et qui a conduit à la Révolution Française.

De la dette publique, je tire une preuve de cette réaction nobiliaire.

Depuis trente ans, les gouvernements successifs, de droite comme de gauche, se sont en effet rendus adeptes de la doctrine de l’incitation fiscale. De quoi s’agit-il? tout simplement d’une politique d’exonération fiscale destinée à inciter certaines catégories de population à investir ou à rester en France. La plus coûteuse des exonérations est l’allégement de charges pour les entreprises (1,5% de PIB annuel), mais il en existe d’autres bien connues: le bouclier fiscal, la suppression des droits de succession, etc. D’une manière générale, toutes ces exonérations ont bénéficié à l’élite.

L’ensemble de ces « cadeaux » fiscaux a été financé par la dette publique.

Cette dette est devenue l’Arlésienne des temps modernes. Car personne ne sait qui la détient. L’Agence France-Trésor nous dit qu’elle appartient à 70% à des étrangers. En réalité, personne ne sait, car rien ne nous prouve que les étrangers qui détiennent la dette ne sont pas des sociétés écran pour de grandes fortunes françaises. Si l’on regarde les études sur les actifs des grandes fortunes, on s’aperçoit que ceux-ci sont à au moins 30% placés dans des emprunts d’Etat. Autrement dit, il y a de très fortes chances pour que la dette publique française soit détenue majoritairement par les bénéficiaires des exonérations fiscales… qui ont créé la dette.

Dans ce cas, la dette est une formidable imposture, car elle donne une autre perspective sur le bouclier fiscal. Ainsi, quand M. X, au titre du bouclier fiscal, reçoit un chèque de 30 millions € émis par le Trésor Public, ce chèque est financé par la dette. Pour le couvrir, l’Agence France-Trésor emprunte 30 millions € sur les marchés. Qui souscrit à cet emprunt? Le bénéficiaire du chèque, bien entendu, qui place ainsi son épargne à 4% garantis par le contribuable.

Un superbe Ponzi, dirait Bernard Madoff, et en toute légalité.

Cette mécanique infernale de la dette qui consiste à transférer l’argent des contribuables vers le compte en banque des rentiers, je considère qu’elle agit comme une réaction nobiliaire.

En effet, au nom du remboursement de la dette, les Etats sont en train de justifier les politiques les plus régressives qui soient socialement. Austérité, diminution des budgets publics, et même diminution des retraites ou des salaires. Cette saignée remet en cause toute la logique de promotion sociale et d’égalité des chances bâtie durant les Trente Glorieuses. Il s’agit bien de sacrifier la majorité pour la préservation des intérêts d’une élite.

Il s’agit bien d’une réaction nobiliaire.

La réaction nobiliaire est-elle inéluctable?

1789 nous a prouvé le contraire.

Dans notre cas, certaines décisions urgentes peuvent être prises:

1 – il faut, comme en 1790, renoncer à rembourser la dette. L’argent sera bien plus utile ailleurs, si l’on se souvient que, sans la charge de la dette, l’Etat est excédentaire.

2 – il faut restructurer le secteur financier, en compartiment les activités bancaires avec un nouveau Glass-Steagall, et en démantelant les banques au bilan supérieur à celui de l’Etat

3 – il faut lancer un véritable New Deal pour libérer la consommation et favoriser les salaires

4 – il faut rebâtir un projet républicain autour d’une école porteuse d’une véritable égalité des chances.

Le pire n’est jamais sûr.