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Je publie Au coeur du MEDEF, aux éditions Jacob-Duvernet

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Vous trouverez dans les gondoles cette semaine mon nouveau livre Au coeur du MEDEF, aux éditions Jacob-Duvernet. Il s’agit d’une sorte de récit qui explique pourquoi j’ai choisi de quitter le MEDEF au mois de janvier 2011. C’est un texte écrit à froid, où les lecteurs trouveront beaucoup d’anecdotes sur les techniques d’influence et l’activité au jour le jour que l’on peut avoir dans une organisation professionnelle comme le MEDEF.

Pour l’essentiel, j’y reprends les trois années pleines que j’ai passées « autour » et « au coeur » du MEDEF, qui sont aussi un point de vue sur la vie sociale durant cette période. Mon sentiment est qu’une fenêtre de tir s’est ouverte, entre novembre 2007 et avril 2008 pour réformer la société française avec l’appui des partenaires sociaux. Cette période a permis de changer la donne de la représentativité syndicale, qui est une vraie réforme, avec la Position Commune d’avril 2008 et la loi du 20 août. Avec la crise de septembre 2008, cette porte s’est refermée et le MEDEF est revenu, selon moi, aux positions et tactiques de l’antique CNPF. J’ai trouvé cela dommageable car la crise de 2008 appelle à mon sens une remise à plat de toutes les grilles de lecture que nous pouvions avoir jusque-là, et le rôle d’une confédération professionnelle est, par essence, d’ouvrir ce débat.

Dans ce débat, il me semble indispensable de verser un certain nombre de sujets centraux. En particulier, la mise en place d’une véritable sécurité sociale professionnelle et une réflexion de fond sur l’avenir du salariat me paraissent des éléments de salubrité publique indispensables à notre temps. Trop de Français ont peur pour l’emploi et pour leur avenir. On ne peut longtemps gouverner démocratiquement un pays qui a peur. Il faut rassurer les Français et inventer de nouvelles solidarités pour garantir l’harmonie sociale et dédramatiser les vagues de chômage qui s’annoncent, sans quoi la porte sera ouverte à des aventures calamiteuses.

Pour mettre ces projets en oeuvre, il faudrait aujourd’hui une volonté de réformer en profondeur l’organisation sociale de notre pays, en abordant la question sensible de l’édifice de 1945 et de son adaptation aux besoins de notre temps. Dans la mesure où les grandes organisations syndicales, qu’elles soient patronales ou salariales, sont toutes plus ou moins dépendantes des organisations paritaires existantes pour assurer leur financement, l’examen de ces réformes est impossible. La clé de toute réforme sociale passe donc par la remise en ordre du financement des organisations syndicales, qu’elles soient salariales ou patronales. Il est urgent, pour les syndicats de salariés, de mettre en oeuvre un système de financement analogue à celui qui existe pour les partis politiques. Quant aux syndicats patronaux, le bon sens est de limiter leurs ressources à leurs seules cotisations, en excluant toute forme de subsides ou de rétrocessions des fonds du paritarisme.

Ces réformes sont-elles possibles sans un big bang patronal? Les quatre années qui viennent de s’écouler ouvrent la question. Le MEDEF prend aujourd’hui des positions d’un conservatisme extrême, là où il faudrait innover. Peut-être, et tout simplement, une structure créée en 1945 ne peut-elle raisonnablement réformer le système qui l’a vu naître et pour la gestion duquel elle a été créée. Il ne s’agit pas là d’une question de personne, mais d’une question de structure.

J’en profite pour dire qu’on ne trouvera dans mon livre aucun coup sous la ceinture, même si l’esprit de notre temps appelle à ce genre de méthode. Mon livre est une réflexion engagée, pas un combat de boxe.

Un commentaire

  1. béber dit

    L’évocation des personnages qui peuplent votre expérience du Medef et des syndicats en fait un bon roman .Excellent livre où l’on apprend tout autant que l’on se divertie.Pour celà , merci .

    Ceci dit, page 228 , vous évoquez l’ impossibilité du non- relèvement de l’âge de la retraite .C’est là un raisonnement qui ne tient pas .
    D’une part parce qu' »impossible n’est pas français »…, et d’autre part parce que vous n’avez pas remis en cause un dogme qui vous parait logique tant il est courant .
    Ce dogme (de nature culturel, le poids du passé et des coutumes) consiste à croire que c’est nécessairement sur les salaires que doivent se financer les retraites .

    Vous viendrait il à l’idée de demander à un enfant de financer sa propre éducation ?
    Notre époque , qui a besoin de changement , fait des liens qui enferment les raisonnements .

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