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Presse papier: comment elle est dépendante du pouvoir

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Une grande caractéristique de la « presse papier » en France est son extrême complaisance vis-à-vis de la nomenklatura. Voici l’une des explications.

La Cour des Comptes vient de publier un très précieux rapport sur les aides à la presse, qui vaut vraiment le détour.

Je recommande notamment à chacun la lecture des pages consacrées à l’opération « Mon journal offert »: celle-ci a consisté à offrir des abonnements à des jeunes lecteurs. Plus de 200.000 jeunes ont profité de l’opération… et le Monde, le Figaro, et… l’International Herald Tribune semblent avoir tiré leur épingle du jeu. Provisoirement, car le taux d’abonnements payants à l’issue de l’opération était inférieur à la moyenne nationale.

Je ne résiste pas au plaisir de glisser le tableau des subventions par titre:

Aides directes à la presse en France

On notera avec amusement quelques originalités de cette politique d’aide publique.

Par exemple, chaque exemplaire de l’Humanité bénéficie d’une subvention de 48 centimes. Soit 40% de son prix de vente. On comprend mieux pourquoi ce journal lutte tant contre l’austérité budgétaire. Inversement, le Figaro perçoit quand même une subvention de 17 centimes à l’exemplaire. Un fait que le journal évite de rappeler.

Libération est le troisième quotidien le plus aidé de France…

Surtout, ce classement compte quelques extravagantes anomalies: l’abondance des « journaux télé » qui y figure ne manque pas de surprendre. Quelqu’un peut-il expliquer pourquoi une partie de nos impôts finance Télé Z, Télécable Satellite Hebdo, Télé Poche, Télé Stars ou Télé Loisirs? Franchement, je ne trouve pas de réponse plausible.

Démonstration est faite qu’il existe encore des marges dans le budget de l’Etat.

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