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Allemagne: le Portugal et la Grèce font « gloups ». La France aussi.

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Y a pas à dire: Angela Merkel a gagné. Et avec elle les tenants de l’austérité en Europe. Une belle défaite pour les défenseurs du laxisme budgétaire.

Depuis plusieurs semaines, l’Europe était dans un état proche de la « drôle de guerre »: le front était calme, mais on savait bien que ça ne durerait pas. Et plus grand monde ne tablait sur une victoire des sociaux-démocrates. A l’issue des résultats de ce soir, plus aucune doute à avoir sur au moins 4 sujets majeurs.

Source: http://www.faz.net
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1) l’intérêt que les Européens ont marqué, dans leur ensemble, pour le scrutin allemand témoigne, qu’on le veuille ou non, de la prééminence effective de l’Allemagne dans l’Union. Le sort des politiques nationales est aujourd’hui infiniment plus suspendu à la volonté allemande qu’à aucune autre force. Avec près de 43% des voix, Angela Merkel manifeste à l’ensemble de ses partenaires la cohésion des Allemands autour d’une ligne budgétairement rigoriste.

2) à très court terme, cette nouvelle est très mauvaise pour le Portugal où le gouvernement tente de convaincre la troïka d’un desserrement budgétaire. Certains analystes agitent même le spectre de la déflation.

On voit mal comment le vote d’adhésion sans appel dont bénéficie Angela Merkel pourrait modifier fondamentalement les politiques menées en Europe ou exigées par l’Union Européenne. Sauf grand mouvement giratoire de la chancelière qui, forte de ce succès, déciderait de changer de posture… Nous le saurons dans les prochains jours, mais tout laisse à penser que l’Allemagne a voté pour l’austérité et entend bien s’y accrocher.

3) à un peu moins court terme, mais court terme quand même, les négociations financières qui s’annoncent en Grèce ne se feront pas sous de meilleures auspices. On parle beaucoup d’une restructuration nécessaire de la dette grecque, qui aura de toute façon besoin d’au moins 10 milliards supplémentaires pour finir l’année. Là encore, l’Allemagne sera en position de force pour imposer des solutions d’une modération très relative.

4) pour la France de François Hollande, qui avait parié à son arrivée sur une défaite électorale d’Angela Merkel et en avait nourri la secrète espérance d’une possible réorientation de la politique communautaire, les élections allemandes sont une défaite et une évidente mise en difficulté. Face au projet merkelien d’une Europe budgétairement vertueuse, encline à des réformes de structure et à une compétitivité retrouvée par des ajustements massifs, quel est le projet français? sinon celui d’un suivisme et d’un louvoiement permanent entre Charybde et Sylla, avec de très belles déclarations d’intention sur de superbes plaquettes en papier glacé, et des palinodies pour ainsi génomiques…

Je prends les paris: on ne va pas se marrer, en 2014.

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