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ENA: le scandale du déficit

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Le PLF 2014 est l’occasion de remettre quelques pendules à l’heure à propos de la désastreuse gestion de l’ENA. Qui sera en déficit de près de 5% en 2013!

S’il est bien une école où l’on n’aime pas s’appliquer à soi-même les leçons arrogantes qu’on donne aux autres, c’est l’ENA. Ce petit temple de la science administrative mériterait d’ailleurs d’être rebaptisé le temple du déficit public, tant il a formé de dépensiers incapables de manager l’Etat pour le ramener dans le droit chemin d’une situation financièrement vertueuse.

Dans cet ordre de la décadence, la gestion de l’ENA elle-même apparaît comme une sorte de démonstration vivante de la propension à ériger le déficit en religion et en source de fierté.

Le projet de budget 2014 en donne une très belle illustration.

Ainsi, pour 2014, l’ENA devrait recevoir 32,5 millions € de crédit, contre 33,1 l’année précédente. Soit un effort de près de 2%. Le geste méritait d’être souligné. Mais il doit être rapporté à l’effort global de cette école, qui semble présenter des marges bien plus grandes en matière d’économie.

Par exemple, si l’on rapport le budget au nombre d’élèves (161), on s’aperçoit que l’Etat apporte la bagatelle de 200.000 € par tête de type. Soit 20 fois le coût d’un étudiant à l’université. Impressionnant, non? Allez, soyons honnêtes, si l’on rajoute à ce calcul les élèves de cycle préparatoire (149), on arrive à un peu plus de 100.000€ par élève. 10 fois le coût d’un étudiant à l’université.

Autre exemple: si l’on rapporte le nombre de salariés (204) de l’Ecole au nombre d’élèves (161), on arrive au modique ratio de 1,25 fonctionnaire par élève. Imagine-t-on les universités qui comptent 20.000 étudiants recruter 24.000 fonctionnaires pour faire tourner l’université?

Dans ce superbe gâchis budgétaire, on pourrait s’attendre à un resserrement de vis un peu plus important que le petit 2% prévu par la loi de finances. Après tout, il n’est pas inutile que les futurs décideurs de la dépense publique expérimentent par eux-mêmes les effets des politiques qu’ils ordonneront d’un trait de plume.

Justement… l’ENA semble avoir bien du mal à se plier aux règles qu’elle impose aux autres. En 2013, l’ENA devrait en effet afficher un déficit de 1,5 million. La honte: 5% de dépassement par rapport au budget initial.

Bercy n’explique pas les raisons de cette situation qui, une fois de plus, donne la pire image qui soit d’une école dont la justification est de plus en plus fragile.

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