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Open data: un nouveau cléricalisme contre la transparence des données de santé

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Le rapport Bras sur la réutilisation des données de santé est un nouveau tirage de barrage contre la transparence. Avec un retour en force du cléricalisme.

Dans le cadre de sa stratégie nationale de santé, récemment évoquée dans ce blog, le secrétaire général des ministères sociaux a rendu un rapport à sa ministre, dont voici le texte:

Rapport Bras (IGAS) sur la gouvernance et l’utilisation des données de santé, octobre 2013 from Eric Verhaeghe

On se souvient que le clergé français, avant la Révolution, a toujours freiné la lecture de la Bible par les fidèles: le risque était trop grand de voir ceux-ci mal interpréter les textes.

Pierre-Louis Bras, auteur du rapport, nous livre une réflexion du même ordre. L’ouverture (obligatoire au regard des engagements internationaux, et surtout communautaires, de la France) des données de santé est incontournable, mais doit être maîtrisée pour lutter contre les « mésusages ».

On mesure toute l’hypocrisie cléricaliste de l’argument: seule une caste sacrée (en l’occurrence les fonctionnaires d’Etat) serait capable de bien utiliser les données publiques, les statistiques et autres informations confiées à l’Etat par une obligation légale. En dehors de ces initiés, l’utilisation des données publiques risquerait de donner lieu à de mauvaises interprétations.

Il fallait oser, quelques jours à peine après le cafouillage monumental du gouvernement sur les statistiques du chômage, produire un document officiel vantant la supériorité des services de l’Etat!

Rappelons que le fichier des données de santé comporte 20.000 milliards de lignes dont l’assurance-maladie ne tire aucun profit pour aménager sa tarification. Cette sous-utilisation des données publiques, reconnue par le rapport, coûte extrêmement cher aux assurés. Optimisée, elle permettrait de réaliser de fortes économies sans toucher à la qualité des soins.

En particulier, l’accès aux données de santé permettrait d’identifier clairement les médicaments placebo et les médicaments efficaces.

Dans le même temps, la pétition lancée par des sanitocrates officiels pour « sauver la sécu » n’a recueilli que 2000 signatures, malgré un battage médiatique complaisant. La marque supplémentaire d’un divorce grandissant entre une élite nostalgique de l’opacité de 1945 et des Français de plus en plus désireux de réformer.

 

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