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Hollande réinvente la France d’Hugues Capet

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La réforme territoriale dessinée par François Hollande sur un coin de table fait grand bruit. La géographie administrative est un sujet sensible qui touche à notre identité. Dans les discussions sur la Bretagne, par exemple, le choix d’un rattachement ou non aux pays de Loire devient rapidement un sujet emblématique.

Il est assez curieux de voir que les propositions de François Hollande conduisent à dessiner une France qui ressemblerait à peu près à ça:

Source: CentreFrance
Source: CentreFrance

On y retrouve quelques particularités: l’Aquitaine inclut le Limousin, le Poitou et le Centre sont unis, les pays de Loire sont distincts de la Bretagne, une grande Normandie côtoie une région qui englobe la Picardie et la Champagne.

Voici maintenant la carte de la France sous Hugues Capet, c’est-à-dire en l’an mil:

Source: Larousse
Source: Larousse

A grands traits, on y retrouve les concepts de François Hollande, avec une Flandre indépendante de la Picardie… La seule grande différence tient au rattachement de l’Auvergne, puisque la Bourgogne était à l’époque un Etat indépendant.

Au fond, François Hollande est un grand nostalgique de la monarchie de droit divin

 

Un commentaire

  1. Candide dit

    Cependant, nous vivons tout de même au XXIème siècle dans un pays qui n’est pas immense, et ce serait bien que certains prennent conscience que les questions identitaires liées à une histoire plus que séculaire seraient à ranger à leur place : dans le tiroir du bas, celui des archives !

    Dans le meilleur des mondes -c’est à dire dans une société française qui n’aurait pas choisi la voie du dysfonctionnement permanent et de la célébration d’échecs savamment programmés, en somme, dans un pays dont le niveau de développement intellectuel et affectif des dirigeants aurait franchi le cap de la cour de récré- la France pourrait être divisée en quatre régions et le nombre de ses départements divisé par deux ou même par trois.

    Mais tant qu’on en restera à jouer à faire semblant d’être un grand, grand, grand pays qui se doit de juger hyper-important de ménager la chèvre et le chou entre bretons et vendéens, provençaux et gardois, alsaciens et bourguignons, picards et francilens et angevins et que sais-je… pour des histoires remontant à avant la révolution ou carrément à l’empire romain, et ce pendant que cinq millions de personnes croupissent dans l’exclusion sociale et que le niveau et la qualité de la vie s’apparentent de plus en plus, dans certaines régions déshéritées, à celui d’un terroir reculé des Balkans ! Qu’on nous dise plutôt qu’il y a des privilèges que l’on veut préserver, de baronnies locales qui disposent d’un intéressant réservoir d’électeurs, qu’il y a des féodalités polycumulardes installées dans leur région depuis des décennies, et qu’on ne souhaite pas mécontenter, et qu’au fond, c’est l’éternelle petite république des notables qui prend le pas sur « la » République, ce vain mot majuscule qui gonfle les lèvres de ses bigots avant d’expirer comme un pet, au moment où les scrutins révèlent à quel point le populo est excédé de vivre ce qu’on lui donne à vivre dans ce pays au nom d’un éternel passé recomposé.

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