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Santé

Quand Marisol Touraine nuit gravement à la santé des femmes

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Marisol Touraine a préparé un décret sur les contrats responsables en complémentaire santé qui devrait frapper durement le remboursement de la gynécologie en Ile-de-France. Les acteurs du système s’y opposent, mais sont-ils écoutés?

Plafonner les remboursements au nom de l’égalité, quelle étrange d’idée…

Tout part de l’idée, évoquée plusieurs fois dans ce blog, de réformer les contrats responsables, grâce auxquels les souscripteurs (c’est-à-dire les assurés) bénéficient d’une exonération fiscale sur leurs cotisations. Le principe est simple: pour que les « mutuelles », c’est-à-dire les complémentaires santé, proposent des garanties vertueuses pour le financement de la santé, l’Etat les exonère de cotisations sociales. Pour ce faire, les contrats doivent assurer des garanties ou des fourchettes de garanties fixées par décrets. Il s’agit alors de contrats dits responsables.

Depuis l’an dernier, Marisol Touraine a décidé de réformer ces garanties, notamment pour régler la question des dépassements d’honoraires et du coût de l’optique. Dans son esprit, les médecins dépassent les « tarifs sécu » parce que les patients sont couverts par une complémentaire santé qui les « solvabilise ». Itou pour les lunettes.

Elle a donc la conviction qu’en limitant les remboursements, elle limitera les dépassements.

Une posture idéologique dénoncée par les acteurs du système

Cette conviction n’est malheureusement étayée par aucune étude sérieuse et infirmée par la simple raison. N’importe quel Français, s’il doit payer de sa poche pour consulter le plus grand spécialiste qui améliorera sa durée de vie ou sauvera son enfant d’une maladie rare, acceptera de payer de sa poche. Le montant du remboursement de la sécurité sociale n’y changera rien.

Autrement dit, la conviction de Marisol Touraine est d’abord fondée sur une posture idéologique, qui est aussi celle des députés qui défendent son projet. Au-delà de la construction théorique, rien n’est venu prouver les affirmations de la ministre.

Le problème est que l’ensemble des acteurs du système complémentaire ont pris position contre ce projet de décret. C’est notamment le cas de l’UNOCAM, organisme chargé officiellement de donner un avis sur le sujet. Au moment où la Cour des Comptes demande à la ministre de mieux associer les acteurs complémentaires aux décisions de santé publique, on s’étonnera de cet exercice autoritaire et solitaire du pouvoir réglementaire.

Les femmes seront les premières victimes de cette mesure

Selon une étude de la Chambre Syndicale des Courtiers en Assurance (CSCA), les principaux dépassements d’honoraires touchent la gynécologie. 47% des gynécologues de province, 64% des gynécologues franciliens facturent des honoraires supérieurs à ceux de la Sécurité Sociale. Ils sont suivis de près par les chirurgiens (47% en province, 61% en Ile-de-France).

On voit bien ce qu’il va en coûter, une fois de plus, aux franciliens, que d’assumer les décisions prétendument solidaires du gouvernement. Cette fois, ce seront les franciliennes qui devront casser leur tire-lire pour continuer leur suivi médical.

Selon la CSCA, les restes à charge annuels induits par la réforme Touraine pourraient coûter jusqu’à 1.455€ à une famille.

Et pendant ce temps, le gouvernement multiplie les mesures réglementaires pour l’égalité hommes-femmes dans les entreprises.

Fais ce que je dis, ne fais pas ce que je fais.

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