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ÉDUCATION NATIONALE: QUELLE STRATÉGIE POUR RÉFORMER?

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L’Education Nationale est malade, la maladie est curable, mais personne ne connaît la posologie à suivre. L’affaire des programmes du collège l’a montré et le montre encore, puisque Najat Vallaud-Belkacem organise une journée de tables rondes sur l’enseignement de l’histoire. On peut s’étonner que, malgré la comitologie existante (conseil supérieur des programmes, inspections générales variées, haut conseil de l’éducation, etc.), il faille encore multiplier les instances informelles ou occasionnelles pour savoir comment réformer.

L’éducation nationale too big to change

Le hasard veut que, lundi dernier, l’éminent Jean-Richard Cytermann, ancien directeur de cabinet de Claude Allègre et actuellement chef du service de l’Inspection Générale de l’Administration de l’Education Nationale et de la Recherche (IGAENR), à ne pas confondre avec l’Inspection Générale de l’Education Nationale (IGEN), donnait une conférence sur la question de l’éducation devant un parterre d’énarques. Il me semble qu’avec beaucoup d’acuité, l’intervenant a posé la question centrale qui doit occuper un gouvernement soucieux d’investir dans l’avenir du pays: comment réformer l’éducation nationale?

Que la machine éducative doive être réformée ne pose plus question à personne: non seulement ses résultats sont médiocres et en constante dégradation, mais l’égalité des chances y est chaque jour piétinée. Les statistiques sur la sélection sociale amplifiée par l’école publique, fournies par l’éducation nationale elle-même, le rappelle. Les solutions pour inverser la courbe de l’échec sont connues: plus d’autonomie pour les établissements (notamment dans le recrutement des enseignants), évolution de la pédagogie pour tenir du numérique, d’Internet, collaboration interdisciplinaire entre les enseignements.

Toute la difficulté est de parvenir à mettre en oeuvre ces solutions. L’Education Nationale pose en effet un véritable problème qu’un sociologue des organisations résumerait en: too big to change. Avec 1 million de salariés et une culture corporatiste digne du clergé du 18è siècle, l’Education Nationale n’aime pas le changement et dispose, dans sa besace, d’une multitude de stratégies pour le bloquer.

Première stratégie: empiler les réformes tous les ans, ou tous les deux ou trois ans, pour être sûr que rien ne bouge. C’est la stratégie du guépard de Lampedusa: il faut que tout bouge pour que rien ne bouge. Il sera d’ailleurs un jour intéressant d’étudier la manie réformatrice de l’éducation et d’en comprendre les responsables… la même question pourrait être posée à propos de la fiscalité…

Deuxième stratégie: se cabrer quand la pression devient trop forte. Pour un ministre de l’éducation, la menace n’est pas neutre: une masse de plusieurs centaines de milliers de fonctionnaires qui se met en grève constitue un dommage sérieux, ne serait-ce que par ses effets collatéraux. Les parents doivent s’organiser pour faire garder les enfants privés d’école, les salariés tombent opportunément malades pour y remédier, et c’est la productivité du pays qui chute.

Troisième stratégie: celle du charivari, expérimentée par Najat Vallaud-Belkacem. La machine éducative fait alors monter des ténors, des relais d’opinion, des polémistes, pour expliquer que la réforme n’est pas acceptable, qu’elle est entachée de vices nombreux, cachés, dont la panoplie est si large qu’on y trouve toujours une arme à la bonne mesure. Veut-on introduire le numérique? on manque de moyens, Internet est dangereux, tout cela n’est que gadget. Veut-on introduire de l’interdisciplinarité? les programmes sont incompréhensibles, on veut faire compliqué quand il faudrait faire simple, tout fout le camp mon bon Monsieur, etc.

L’éducation nationale et la stratégie du cornac

Face à cette difficulté à faire bouger la machine, deux stratégies du changement existent, et je voudrais d’abord évoquer celle défendue par Jean-Richard Cytermann et de nombreux (et éminents) membres de ce que j’appelle la pédostructure, c’est-à-dire la couche des décideurs ou des administrateurs (au sens large) de l’éducation entendue comme politique publique.

Cette stratégie pourrait être appelée stratégie des petits pas ou stratégie du cornac. On se souvient que le cornac, pour faire bouger l’éléphant, n’agit jamais brusquement et multiplie les petits gestes pour convaincre son animal de bouger. Je ne trahis aucun secret en avançant que cette stratégie du cornac est majoritaire dans la pédostructure qui aime à la présenter comme un impératif catégorique avec de forts relents de TINA: « there is no alternative », comme dirait Angela Merkel quand elle croise Alexis Tsipras.

Cette stratégie du cornac se traduit en quelques formules habituelles: « Il faut au moins vingt ans pour faire une bonne réforme », « une bonne réforme ne se fait pas contre les syndicats », « on ne peut pas aller trop vite », et autres gimmicks qui expliquent pourquoi l’éducation nationale a des allures de paquebot de Costa Croisières au large de l’île du Giglio: le naufrage est à peu près sûr, mais une sorte de fatalisme domine les esprits. Les partisans de cette stratégie invoquent avec sagesse et clairvoyance les avantages de leur formule: elle maintient la paix sociale et elle permet peu ou prou d’atteindre ses objectifs, pourvu qu’ils soient peu ambitieux et que ceux qui les portent ne soient pas pressés.

L’affaire de la réforme des collèges leur donne d’ailleurs raison: les projets peu ambitieux mais déjà trop! de la ministre lui jouent de vilain tour et la machine éducative prouve une fois de plus qu’à vouloir la bouger trop vite elle se bloque.

Les risques du cornac

Si, intellectuellement, je comprends la stratégie du cornac, il me semble qu’elle repose toutefois sur des postulats fondamentalement trompeurs. En voici quelques raisons.

Premièrement, la stratégie du cornac est un privilège de riche. Elle correspond aux situations où le changement n’est pas urgent, et où, finalement, la vitesse de navigation permet d’arriver à bon port. Or l’éducation nationale ne se trouve plus, en France, dans cette situation. La dégradation systémique est telle que des réponses rapides doivent être apportées à nos problématiques. J’insisterai ici sur le coût caché des 150.000 sorties annuelles sans diplôme, qui sont autant d’années passées à dépenser l’impôt pour des élèves, des collégiens, des lycéens, en pure perte. Dans la situation dégradée de nos finances publiques, nous ne pouvons plus nous permettre de cumuler sur près de 20% de chaque classe d’âge autant d’investissement perdu.

En outre, les systèmes éducatifs sont en effet entrés dans une logique de concurrence internationale, et la compétitivité du système français s’effondre littéralement par rapport à celle de nos partenaires. Cette donnée, contrairement à ce que j’ai entendu dans la pédostructure, n’est pas qu’une affaire d’épiderme ou de narcissisme gonflé à la testostérone. En termes d’intérêt général et de perspective économique, l’inadéquation grandissante de notre système éducatif avec les besoins du monde contemporain devient problématique. En tant qu’employeur dans le secteur du numérique, je suis bien placé pour savoir le prix que les entreprises françaises payent pour un système qui ne fabrique plus les compétences attendues sur le marché du travail.

Enfin, le monde change très vite et il existe, comme disent les économistes, un « time to market » qui ne s’accommode plus de la lenteur du cornac. Réagir vite est indispensable dans un monde où les innovations disruptives bouleversent à (très très) grande vitesse les schémas classiques. Un système éducatif n’est plus crédible s’il ne s’engage pas résolument dans l’intégration continue des progrès technologiques qui métamorphosent l’accès au savoir.

Les Allemands, sur ce point (et mes lecteurs savent que je ne puis être taxé de germanophilie), ont fait un choix gagnant et radicalement inverse du nôtre: après un « Pisa-choc », pour reprendre les propos de Jean-Richard Cytermann, ils ont mené une politique éducative très volontariste qui leur a permis, en dix ans, d’entrer dans le top ten éducatif de l’OCDE, alors que leurs résultats initiaux étaient moins bons que ceux des élèves français. Démonstration est faite, me semble-t-il, qu’une stratégie volontaire peut mener à des résultats rapides et très rassurants pour les parents d’élèves!

Pour un choc systémique dans l’éducation

Tout ceci m’amène à penser que la France a besoin d’un choc systémique majeur dans le domaine éducatif. Seule cette stratégie de choc me paraît capable de redonner à la France, dans les dix ans à venir, sa fierté de disposer du meilleur système éducatif au monde – fierté que j’ai découverte lorsque je suis arrivé en classe préparatoire en France en 1986.

Ce choc systémique repose bien évidemment sur une réponse à apporter au too big to change. Aujourd’hui, le principal obstacle à une refondation cohérente du système éducatif français tient à la taille de la structure éducation nationale, qui emporte avec elle un torrent de frustrations chez les enseignants, et de démotivations à tous les étages. En même temps, chacun sait que la déconcentration et l’autonomie indispensable des établissements se heurtera à une résistance interne forte qui la bloquera tôt ou tard.

C’est pourquoi il me semble que le choc systémique le plus cohérent consiste à abandonner une logique de solvabilisation de l’offre éducative pour passer à une logique de solvabilisation de la demande. Autrement dit, tant que le dépense éducative servira à financer directement l’offre de services (les écoles, les enseignants, etc.), elle nourrira cet effet taille qui se révèle dramatique pour l’intérêt général.

Solvabiliser la demande, c’est-à-dire distribuer la dépense publique aux parents, à charge pour eux d’acquérir le bien éducatif de leur choix dans le respect d’une obligation scolaire qui doit être renforcée (bien entendu), me paraît un choix bien plus prometteur. Ce système aurait, qui plus est, la vertu de responsabiliser les parents en les transformant en acteur quotidien du système.

Je n’ignore pas que cette proposition (provocatrice, pour certains) n’est pas consensuelle, mais j’ai trouvé utile d’ouvrir d’emblée le débat en publiant une contribution contradictoire d’une ancienne inspectrice régionale sur le sujet.

Un commentaire

  1. Paul dit

    Bonjour, je suis cadre administratif dans l’éduc et je suis tout à fait d’accord avec vous sur le constat et les solutions. L’idée du « chèque éducation » ou voucher semble infaisable en france à moyen terme. Ca ou les « free schools » à l’anglaise, c’est trop libéral pour nous ! Les réformes de ces dernières années dans administration des établissements semblent mener à une autre méthode pour « dézinguer le mammouth », refiler le bébé aux collectivités.
    Il ne faut pas croire que les profs rechigneraient à devenir fonctionnaires territoriaux : ils seraient mieux payés. Le transfert aux département et régions s’est très bien passé pour les personnels des établissements scolaires.

  2. ikomal dit

    A tort ou a raison (mais AMHA à raison), la technostructure éducative publique est persuadée que c’est sa mort que votre proposition provoquerait. C’est donc un casus belli.
    Quand vous lisez les document budgétaire officiels, il apparait que le privé « sous contrat » (donc soumis aux mêmes obligations que le public) coute un tiers moins cher pour un service rendu équivalent ou meilleur, et alors même que les enseignants sont a priori moins bons (ils passent les mêmes concours, mais le « public » est plus attractifs). Les admissions dans le privé sont contingentées, sans quoi le « public » aurait été divisé par deux ou trois depuis 1984.
    L’éléphant était sans doute très bien il y a un siècle, mais aujourd’hui il y a des 4×4 qui rendent un meilleur service pour moins cher.

  3. Christophe dit

    Tous ces débats, ces réflexions, ces enquêtes (ça dure depuis… on ne sait même plus tellement ça dure)… ne servent à rien.

    Du moins, ne servent à rien si on continue -avec une constante étonnante- à faire abstraction de la matière première : les élèves.

    Eh oui… Si l’on accepte le postulat que l’Education nationale doit changer car les temps changent… il faut accepter le fait les élèves… changent également !

    Pour prendre le problème par le petit bout de la lorgnette :
    -expliquez moi comment n’importe quel système éducatif (occidental) peut fonctionner en seine saint denis, dans des classes où 80 % des élèves sont d’origine étrangère ? Avec des parents venant de pays très différents, avec des cultures, des religions, des langues très différentes n’ayant aucun lien affectif et/ou historique avec l’occident ?

    Ca ne peut pas marcher.

    Vous pourrez multiplier sur place les moyens par X, le nombre d’agrégés hyper compétents par Y, construire des bâtiments neufs… ça ne peut pas marcher.

    Sachant que ces populations sont en fort accroissement… ça commence à se voir dans les stats du type PISA… et chaque jour cela augmente.

    Le phénomène est de plus en plus difficile à nier, à cacher.

    Donc on fait quoi ?

    Quand on aura donné un chèque éducation à une famille qui s’empressera d’inscrire ses enfants dans une école privée… coranique… en quoi est-ce qu’on aura amélioré le système ?

    Bref. Une fois de plus j’ai l’impression que nous nous perdons dans des débats, des joutes intellectuelle, la bonne vieille lutte des anciens contre les modernes… mais on oublie que la population change, ontologiquement, à une vitesse qui dépasse l’entendement.

    Vais-je trop loin ? Suis-je paranoïaque ? Est-ce que je grossis des faits infimes ?

    • MJ dit

      Christophe vous devriez retourner sur les bans de l’école ! Vous n’avez par retenu que c’est une chance pour la France.
      Vous serez puni et le copierez 1000 fois.

      • Charles dit

        Alors pourquoi vous n’en parlez pas ?

        A aucun moment vous évoquez les élèves dans votre papier.

        Je souhaite simplement pointer l’autre versant de la montagne éducative.

        Et je n’ai pas dit que le problème se limitait aux jeunes d’origine immigrée. Mais il est clairement factorisé parmi ces populations.

        Un étranger dans une classe homogène, il est intégré, peut être porté, inspiré, même s’il vient d’un milieu modeste, et au final réussir.

        80 % d’étrangers (au sens culturel, la nationalité ici est un trompe l’oeil sans intérêt) ghettoisés dans une classe, c’est l’échec. Assuré. Irréfragable.

        Ce que j’écris est une telle platitude, une telle évidence, j’en ai presque honte.

        Mais c’est toujours tabou.

        Ce que fait le gouvernement est en réalité parfaitement rationnel.

        Il acte tout simplement le changement, ontologique, des élèves. Et donc adapte les programmes aux élèves. CQFD.

        C’est piquant(mon avis perso) mais c’est parfaitement cohérent, et rationnel.

        Mais bien entendu il n’explique pas, ne révèle pas la véritable raison. D’où le (pseudo) malentendu, et les cris d’orfraie de nombreux « intellectuels » contre la réforme de Vallaud Belkacem.

        On s’invective en grec, on sort sa batterie de campagne allemande, on moque l’adversaire avec des saillies en latin… mais… c’est un rêve éveillé.

        Tout ceci n’a plus aucun sens pour la population qui vit sur le territoire français aujourd’hui, et a fortiori pour celle qui vivra là demain…

        Mais nous n’avons pas le courage de le reconnaître.

        • Je pense en avoir parlé, mais, je le reconnais, en sabir technocratique, dans ma dernière partie. Pour froisser le moins de lecteurs possibles. Mais relisez, l’élève est bien au centre de ma logique de solvabilisation de la demande…
          Après, la question de l’immigration… je la crois marginale dans le désastre éducatif que nous vivons.

  4. Catherine V dit

    J’adore la métaphore du 4×4! je viens d’échanger mon véhicule diesel de marque allemande, sobre et technologiquement assez propre, malgré ses 6 ans d’âge, pour un petit jouet nippon, qui consomme beaucoup plus – d’essence, car je ne roule plus autant qu’avant, qui rejette beaucoup plus de carbone – pour l’azote et autres nuisances, pas d’information à ce sujet, et qui m’a coûté un (petit) malus. A part ça, il me rend les mêmes services. Mais, miracle, il bénéficiera d’une pastille VERTE! N’est-ce pas royal? La vie n’est-elle pas merveilleuse? Puisse-t-il en aller de même quand on aura remplacé le public par du privé du type 4×4!
    Une vraie question, quand même: les dépenses du privé sont-elles un tiers inférieures à nombre d’élèves égal?
    Au chapitre « Casus belli »: en son temps – et à propos des Etats Unis, Philippe Beneton, a décrit dans son livre Le Fléau du Bien, comment une fois qu’une administration s’occupant d’aide sociale au sens large était instituée, avec son cortège de bénéficiaires plus ou moins en ligne avec les objectifs, d’employés et de cadres bénévoles ou salariés, elle ne pouvait plus être « destituée » – j’aime bien les paronomases, les gens défendant bec et ongles et pas toujours sans raison, la nécessité de la mission, la réalité du service rendu et de ce fait pour ceux à l’intérieur de la structure, leur existence. Au début des années 80, on n’avait jamais vu une structure de se type être dissoute « brutalement », même aux Etats Unis. Ces structures intouchables sont de tous les pays et de tous les niveaux (national, fédéral/de l’état, régional, municipal…) Le mammouth a encore de beaux jours devant lui, il me semble. Les enseignants du privé ne sont pas « moins bons ». Ils passent les mêmes concours. S’ils choisissent l’enseignement privé, c’est pour d’autres raisons. Ils ne veulent pas être mutés loin de leur domicile (Sud de la France – Académie de Créteil, par exemple), comme c’est encore souvent le cas pour les lauréats des concours de recrutement de l’enseignement public, même si des efforts sont faits pour affecter les nouveaux enseignants du public aussi près que possible, dans leurs académies d’origine, il y a des zones et des académies « déficitaires ». Les néo-recrutés du privé veulent et peuvent choisir leur lieu de travail, dit autrement, très souvent, ils approuvent « le projet éducatif » de l’école qui va les recruter – dans laquelle ils ont souvent étudié ou travaillé comme contractuel. Et s’ils coûtent un peu moins cher, c’est qu’ils sont un peu moins bien payés, car leur avancement n’est pas aussi automatique que dans le public. ce qui est injuste. Ces désavantages (obligation de trouver son emploi, déroulement de carrière plus aléatoire) compensent l’absence de risque d’une mutation dans une zone non choisie, et pour longtemps…

  5. emma dit

    Le « chèque éducation » pourrait être la solution de la dernière chance… si l’éducation nationale devient à terme une usine obsolète en ruine! Mais avant cela, on pourrait opérer des changements simples; en vrac : revoir les rythmes scolaires (la France est le pays où les élèves ont les journées scolaires les plus longues et en même temps le moins de jours d’école sur l’année – j’entends déjà les hôteliers et les profs bramer:),former les enseignants surtout en primaire,instaurer des tests de niveau et classes différenciées, développer et valoriser l’apprentissage, développer danse chant sport plutôt que développement durable et autres cours de « laïcité », former les profs du secondaire et leur donner les outils de classe inversée etc etc…beaucoup de véritables réformes devraient être abordées… en attendant, je partage cet excellent article sur mon blog Merci ! http://www.ecolemania.fr/leducation-nationale-too-big-to-change/

  6. ikomal dit

    @catherine :
    « Une vraie question, quand même: les dépenses du privé sont-elles un tiers inférieures à nombre d’élèves égal? »
    oui, le résultat est la division des dépenses d’état (personnel et hors personnel) par le nombre d’élèves.
    J’aurai sans doute du préciser que les enseignants du privé sont a priori moins bons au départ selon les critères des concours. Ça ne préjuge rien de leur qualités professionnels in vivo après quelques années dans le système. En fait, pour avoir un peu connu les deux, il me semble que les enseignants du privé sont plus heureux au boulot que leurs homologues du public ce qui me semble plutôt signe d’un professionnalisme supérieur.
    Ils ne sont pas moins payé en net, ils ont les même grilles que le public. Par contre ils ont une retraite moins avantageuse, moins d’absentéisme (donc moins moins de « remplacement »), moins de « missions » bizarres, et enseignent devant plus d’élèves en moyenne sur l’année. Tout cela mis bout à bout fini par faire beaucoup d’économies.

    • Catherine V dit

      Merci de cette information sur le coût/élève.
      Au fond on est d’accord – ou presque! Mais pour le reste, je le redis:
      les enseignants du privé ne sont pas moins bons. Ils passent exactement les mêmes concours (mêmes épreuves, mêmes attentes), mais dotés de moins de places… Je vous laisse conclure sur une possible différence de niveau initial des enseignants liée à la rareté des postes offerts! Effet sur le niveau des élèves incertain, car on recrute sans doute proportionnellement autant de très bons enseignants dans les deux secteurs.
      C’est vrai qu’ils semblent plus heureux d’aller travailler, car ils ont choisi leur employeur et le type d’élèves auxquels ils s’adressent. Effet possible sur le niveau des élèves, mais dû à la sélection sociale, pas uniquement aux enseignants.
      Les remplacements sont gérés autrement,ce qui les rend moins coûteux, sans qu’on puisse conclure qu’il y a massivement moins de congés maladie justifiés. Ces possiblement moindres congés maladie sont peut-être à relier au fait d’aller travailler avec plus d’allant, appelons-ça du professionnalisme si on veut. Mais ce sont quand même les établissements publics qui scolarisent l’essentiel des élèves dits « difficiles »,  » à problèmes ». Il y a aussi des enseignants « moins professionnels », moins appréciés, dans le privé. Moins de présence = moins de niveau, c’est bien possible. Mais le problème des zones « difficile », c’est « simplement » comment assurer la présence. Si on économise sur les salaires des enseignants de ces établissements « difficiles » et il y aura hémorragie – d’enseignants comme en Seine Saint Denis.
      Ils ont certes les mêmes grilles, mais leur avancement n’est pas automatique. Par l’absence d’effet Glissement Vieillesse Technicité , ils sont donc un peu moins bien payés sur l’ensemble de leur carrière, du moins sur la partie « fixe », avant rémunération des éventuelles missions complémentaires qu’ils peuvent accepter ou assumer.
      les indemnités liées à des « missions bizarres » servent dans le public à acheter la paix sociale en particulier dans certains endroits – et on ne sait pas les flécher, mais on devrait essayer. On ne sait que les généraliser, puis en baisser le niveau.
      Quel a été/est/sera l’effet du gel du point d’indice sur la masse salariale et la rémunération des enseignants fonctionnaires du public? Cette réforme par la technique du petit ne pas modifiera-t-elle à terme le rapport coût/élève? Je ne vois pas en tout cas qu’elle garantisse nécessairement une augmentation du niveau des élèves, qui est quand même un point important.
      Leur retraite est en effet moindre – aujourd’hui. Zéro effet sur le niveau, ni en plus ni en moins. Quid de la répartition hommes/femmes dans les deux secteurs? L’enseignement est-il aussi féminisé dans les deux secteurs? Qu’en sera-t-il lors des prochaines réformes des retraites? ? On arrivera à l’alignement des régimes par petits pas successifs! Comme on rapproche les deux branches du système.

      • ikomal dit

        ce sont quand même DES établissements publics qui scolarisent l’essentiel des élèves dits « difficiles », » à problèmes ».
        Pas « les » établissements publics, mais « des » établissements publics bien particuliers dans des zones urbaines bien connues (Cf. le commentaire de Charles plus haut). Les autres établissements publics esquivent voire se débarrassent des élèves trop remuant, qui seront « orientés » (sous-entendu : vers les voies de relégations et de parking en attendant la fin de l’obligation scolaire) ou pour les plus chanceux (et pas les plus « défavorisées ») trouveront une place dans le privé local.

        Bien entendu la réforme en cours n’améliorera pas le niveau des élèves…

  7. Xavier C dit

    Bonsoir,
    Tant qu’arriveront au collège des enfants qui savent à peine lire, écrire et compter la machine sera une machine à broyer.
    Seul 4% des professeurs du primaire utilisent la méthode alphabétique. Pour les autres, si le global ou le mixte ne marche pas, il reste l’orthophonie à haute dose et coûts et les profs particuliers rééducateurs;donc on peut soigner l’enfant « aisé », les autres décrocheront d’année en année, ne maîtrisant pas les savoirs fondamentaux.
    L’Angleterre a mené des études intéressantes qui montrent que le BA BA est en général plus efficace (http://www.lire-ecrire.org/analyses/a-letranger/europe-afrique-amerique/langleterre-adopte-le-syllabique.html) en particulier pour les enfants défavorisés.
    Ce n’est pas en adaptant le programme des collèges et des lycées aux déficits de base et en distribuant des tablettes que l’on s’en sortira; c’est en comblant ces déficits au départ en remettant en cause les méthodes dites modernes et leurs jargons, et en revenant au BA BA, aux dictées, à la grammaire, à la règle de 3 et aux tables de multiplication.

  8. Béber de Vazimonga dit

    Ce n’est pas l’éducation nationale qui est malade , mais nos raisonnements qui nous imposent de fausses certitudes.
    Des enquêtes confirmeraient la maladie … Pisa, Cèdre , autant d’enquêtes qui ne sont que des manipulations .
    Pourquoi ?
    Par ce que tout auteur ou propagateur de sondage devrait comprendre que tout sondage a son pourcentage d’erreur , et que ne pas donner cette donnée fondamentale ne permet pas aux chiffres d’être interpréter correctement .

    http://www.metronews.fr/info/maths-le-niveau-des-eleves-de-college-recule-de-maniere-preoccupante/moeq!bmBRmbmE975UI/

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