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Taxis: la protection sociale au coeur de la guerre

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Sans qu’on n’y prenne vraiment garde, la protection sociale est devenue le point de crispation du conflit entre les taxis « officiels » et leurs concurrents recrutés par Uber. De façon très emblématique, ce sujet apparaît de plus en plus comme le coeur d’une crispation des activités traditionnelles face à la nouvelle économie.

Les charges sociales au coeur de la concurrence déloyale

D’une manière générale, les chauffeurs de taxi dénoncent la concurrence déloyale qui leur est faite par des chauffeurs qui ne sont soumis à aucune forme de taxation ni de contribution sociale sur leurs transactions.

Dans ce plaidoyer contre la déloyauté de la concurrence, le prix de la protection sociale occupe une place essentielle, les taxis étant soumis à une TVA de 10%. Les chauffeurs de taxi reprochent aux chauffeurs envoyés par Uber de pouvoir pratiquer des prix bas faute de charges à payer.

De façon très significative, l’absence d’assujettissement de l’économie collaborative à la protection sociale bouleverse le modèle économique traditionnel.

La question des licences de taxi

La question des charges n’est en réalité que la face émergée de l’iceberg. Plus profondément, l’arrivée de nouveaux concurrents sur le marché du transport urbain individuel de voyageurs déstabilise la logique économique traditionnelle du secteur. Celle-ci était fondée sur un numerus clausus garanti par un mécanisme de licences cessibles à titre onéreux. Avec le temps, ces licences ont pris énormément de valeur: 80.000 euros à Lyon, plus de 200.000 euros à Paris.

Peu à peu, la licence s’est transformée en épargne retraite pour les artisans taxi: pour acquérir la licence, il faut s’endetter. La revente finale au moment du départ à la retraite permet de récupérer un capital équivalent à une assurance vie. C’est ce mécanisme qui explique l’exacerbation des passions aujourd’hui: les artisans qui sont encore en phase d’acquisition de leur licence comprennent que l’arrivée de nouveaux concurrents va « écraser » le montant du capital de sortie et constituer une moins-value nette dans la durée.

En réalité, la violence des affrontements dans les rues, hier, trouve d’abord son origine dans la confusion très française entre une mécanique de licence et un système professionnel d’épargne-retraite.

Le premier conflit social contre une application Web

Signe des temps, le mouvement des taxis constitue une première historique: les chauffeurs de taxi demandent en effet la disparition d’une technologie… Le symbole est fort. Il constitue un tournant dans notre histoire sociale en soulignant que nous atteignons une limite: la révolution numérique est entrée dans la vie quotidienne, et elle perturbe désormais le fonctionnement traditionnel de nos relations sociales.

C’est un précédent. Ce n’est probablement pas une fin…

A la clé, c’est le financement de la protection sociale qui est en jeu.

Un commentaire

  1. ikomal dit

    votre observation est juste, et explique la réponse délirante de l’État via le présiflan soi-même (saisie de véhicule des uber-popist … mais il se croit où ? en Tunisie de Ben Ali ?)
    Mais j’y vois deux bémols
    * quel sorte de fou place la totalité de son épargne retraite dans son entreprises elle-même ? Un homme raisonnable achète plutôt de l’indice boursier ou de la rente d’état
    * je crois que les taxis s’inquiètent d’abord de leur simples revenus quotidiens de maintenant, via une disparition importante de la clientèle ; la valeur future de leur « plaque », ce n’est bien sûr pas un petit sujet, mais c’est un vieux sujet qui n’est pas au cœur des troubles actuels. si on leur donnait le choix entre une garantie de valeur leur plaque, ou bien une garantie viagère de pouvoir tirer les même revenus qu’aujourd’hui de leur métier, je pense que ça serait vite vu.

    Accessoirement, 200 000 € d’investissement dans un « fond de commerce », à amortir sur une vie de boulot parce que perdu sur la durée, c’est assez banal comme investissement pour gagner sa croute quotidienne. Les taxis ne sont en rien spéciaux de ce point de vue.

  2. sil dit

    Il y a une solution élégante, mais les taxis sont bornés comme des têtes de mules et la refusent. Quand les voitures sans chauffeur seront opérationnelles, ils perdront tout :

    Ce mécanisme anti-dilution s’appelle en droit français un droit prioritaire de souscription, qui est négociable et cessible sur le marché. Ainsi, tout titulaire d’une plaque se verrait accorder gratuitement une seconde plaque, à sa charge de la revendre sur le marché. C’est ce mécanisme qu’on trouve classiquement dans le droit des valeurs mobilières. A l’égal d’une émission d’action à un prix plus bas que le cours boursier, l’émission de ces nouvelles plaques ferait chuter le prix, mais le chauffeur resterait protégé patrimonialement par la revente de sa seconde licence. Si on estime que le marché ne s’accroîtra pas suite à la mesure, le doublement des plaques fait baisser d’environ la moitié le prix des plaques et le titulaire de la plaque n’y perd rien. S’il y a un effet d’offre favorable, ce qui très probable, il y gagne même patrimonialement, à coût nul pour l’autorité publique.

    http://www.telos-eu.com/fr/societe/une-astuce-financiere-contre-la-penurie-de-taxis.html

  3. Robert Marchenoir dit

    Il y a un fait qui n’a pratiquement pas été relevé, sauf par un homme politique socialiste dont je n’ai pas noté le nom : parmi les protestataires, a-t-il dit pour les défendre, il y a de nombreux « jeunes » qui ont fait des sacrifices pour acheter une plaque et se sortir de leur cité.

    Par ces mots codés, le chef socialiste fait un aveu qui, une fois traduit en français, est plus brutal : ce sont des Arabes, donc ils ont tous les droits et on ne peut que les laisser mettre le pays à feu et à sang.

    En quelques décennies, la profession de taxi parisien est en effet passée d’une citadelle corporatiste parigote et franchouillarde, à une citadelle corporatiste immigrée et musulmane.

    Le précédente agitation de la corporation taxistique, assortie de violences, portait sur… l’organisation de « la prière » (en novlangue dans le texte des médias) à l’aéroport de Roissy. L’organisation de la quoi ? Eh oui, désormais les taxis lèvent le cul en l’air en cadence pendant les horaires de travail. Car il ne s’agit pas de prières catholiques, pour ceux qui auraient un doute.

    Les chefs des syndicats de taxis CGT et CFDT portent des noms impeccablement arabes. Nous avons donc ici l’aboutissement d’un phénomène que j’avais annoncé depuis longtemps, à savoir la convergence de la mafia syndicale à la française et de la mafia arabo-musulmane. Vous avez aimé les gros bras de la CGT ? Vous adorerez les gros bras de la CGT musulmans. Quand vous multipliez le pouvoir de nuisance des uns par celui des autres, le résultat explose de façon logarithmique.

    Les taxis français ont toujours été des têtes de cochon, mais jusqu’à présent ils ne fracassaient pas la tête de leurs clients à deux contre un, et ils ne mettaient pas le feu aux voitures.

    Pour les Arabes, en revanche, c’est un comportement normal : on vient d’en avoir la preuve une fois de plus.

    Les scènes d’émeute urbaines auxquelles nous venons d’assister ne sont pas un « conflit social » : c’est une forme de plus du djihad. Une mafia ethnique de quelques milliers de personnes a le pouvoir de bloquer les gares et les aéroports de Paris, et de mettre la pagaille dans la capitale elle-même en détruisant 70 voitures et en exerçant des violences contre les personnes. Si ce n’est pas un acte de guerre, je ne sais pas ce que c’est.

    Même chose aux Etats-Unis (en plus atténué, parce que les Américains sont tout de même moins lâches que les Français) : les aéroports de différentes grandes villes sont tenus par des chauffeurs musulmans, qui exercent quand cela leur chante l’habituelle intimidation prescrite par le Coran : un jour, ils prétendent que « la religion » leur interdit de prendre les voyageurs accompagnés de chiens, quelque temps plus tard ils prétendent que « la religion » leur interdit de prendre les voyageurs porteurs de bouteilles de vin.

    Tout est bon pour faire comprendre qui est le chef, et qui a le pouvoir de paralyser l’économie, la circulation et la vie du pays.

    • dominique dit

      Cela a le mérite d’être dit !! ci dessous les représentants syndicaux de la profession : Abdel Ghaffi CFDT Karim Asnoun CGT Ibrahima Sylla taxis de France (sic)

  4. Pierre dit

    Robert a raison : il suffit de voir les photos, les vidéos des « événements » et alors ça saute aux yeux.

    On a déjà vu exactement les mêmes scènes, les mêmes têtes, les mêmes voix… mais dans les banlieues.

    Le parallèle est saisissant.

    Voir Hollande se mettre à genou à la vitesse de la lumière, et supporter les casseurs, en dit long sur le délabrement de l’idée de force publique, de l’autorité.

  5. Robert Marchenoir dit

    Preuve de l’incroyable privilège dont bénéficient les chauffeurs de taxi musulmans : un homme, accusé par les chauffeurs de taxi de conduire habituellement un VTC, vient d’être condamné à six mois de prison ferme pour avoir utilisé une bombe lacrymogène en direction d’une soixantaine de chauffeurs de taxi qui l’insultaient et le menaçaient.

    Dans les faits, il n’ira pas en prison, mais mesurez cela : le parquet a requis un an de prison ferme contre lui, et il a été condamné à six mois de prison ferme, uniquement pour… avoir fait pleurer (peut-être) des voyous qui le menaçaient à soixante contre un, dont on sait qu’ils sont capables de graves violences.

    Je vous laisse le soin de collectionner les innombrables peines, beaucoup moins lourdes, requises et prononcées à l’égard de voyous d’origine immigrée s’étant livrés à des agressions physiques graves sur des personnes.

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