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Quel est le coût d’un Sapin actualisé?

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Alors que Michel Sapin a annoncé son intention de postuler auprès de son ami (et témoin de mariage) François Hollande pour une fin de carrière confortable au Conseil Constitutionnel, une question se pose: combien la carrière de Michel Sapin a-t-elle coûté au contribuable? Pour la commodité de l’exercice, on reprendra les chiffres actualisés au tarif de 2015.

Le coût d’un normalien

Les fait d’armes de Michel Sapin commencent à l’Ecole Normale Supérieure où il entre en 1974, et dont il sort en 1978 pour intégrer l’ENA.

Ces 4 années de scolarité donnent lieu à une rémunération (hors budget de l’Ecole qu’il faudrait ajouter à ces chiffres…) de 1.300 euros par mois nets. En quatre ans, il faut compter une rémunération nette de 62.000 euros, auxquels on ajoute une cotisation de près de 10% pour la maladie (soit 6.200 euros) et une cotisation retraite qu’on fixera à 50% en fourchette basse (les cotisations sont fluctuantes dans le public), soit 31.000 euros.

Le coût des études à Normale Sup (hors subventions à la scolarité) s’élève donc à 100.000 euros pour 4 ans, uniquement en rémunérations.

Le coût d’un énarque

Dans la foulée de Normale Sup, Michel Sapin est entré à l’ENA où il appartenait à la fameuse promotion Voltaire.

Le coût de la scolarité d’un énarque est évalué aujourd’hui à 168.000 euros.

En 1981, quand Michel Sapin sort de l’ENA, il a donc déjà coûté 268.000 euros au contribuable.

Le coût d’un député

De 1981 à 1991, Michel Sapin enchaîne les postes de député. Il exerce à l’Assemblée Nationale diverses fonctions comme celle de vice-président ou de président de commission.

Un député coûte (c’est le produit du budget de l’Assemblée par le nombre de députés) environ 980.000 euros par an. La carrière de Michel Sapin à l’Assemblée aura donc 9.800.000 euros au contribuable.

Entre 1975 et 1991, la dépense du contribuable pour Michel Sapin s’élève donc à 10.068.000 euros.

Parallèlement, Michel Sapin est conseiller régional du Centre de 1981 à 1986, soit 60 mois à 2.300 euros bruts, pour une addition finale de 138.000 euros.

De 1989 à 1994, il est conseiller municipal à Nanterre, soit une rémunération de 2.700 euros bruts annuels pendant 5 ans: 13.500 euros s’ajoutent désormais à la somme totale, soit 10.219.500 euros.

Le coût d’un ministre

Du 15 mai 1991 au 29 mars 1993, Michel Sapin occupe des fonctions ministérielles, d’abord comme ministre délégué à la justice, puis comme ministre de l’économie et des finances. Ces 22 mois et demi coûtent en moyenne 9.900 euros par mois (hors frais de réception etc.).

En 1993, Michel Sapin n’est pas réélu. Nous lui appliquons arbitrairement la règle qui veut qu’un ministre sortant perçoive son salaire ministériel pendant 6 mois de « préavis » après la fin de ses fonctions. Soit 28 mois et demi payés coûtant 9.900 euros au contribuable: 282.000 euros.

L’addition s’élève maintenant à 10.453.500 euros.

Le coût d’un président de conseil régional

En 1992 (quelques mois avant de quitter ses fonctions ministérielles), Michel Sapin devient président du conseil régional du Centre. Il occupe ce mandat jusqu’en 2000, soit 96 mois à 5.500 euros par mois.

Le total des rémunérations qu’il a perçues à cette occasion s’élève à 528.000 euros.

L’addition totale s’élève désormais à 10.981.500 euros.

Le coût du maire d’Argenton-sur-Creuse

En 1995, Michel Sapin devient maire d’Argenton-sur-Creuse, fonction qu’il occupera par intermittence jusqu’en 2012. Durant cette période de dix-sept ans, il alternera entre les fonctions de maire (13 ans) et de premier adjoint (4 ans).

Le maire d’Argenton coûte officiellement 25.000 euros par an, alors qu’un adjoint coûte 10.000 euros. Michel Sapin percevra donc 325.000 euros en tant que maire, et 40.000 euros comme premier adjoint.

L’addition s’élève désormais à 11.346.500 euros.

Michel Sapin est en outre adjoint au maire depuis mai 2012, soit un rajout de 35.000 euros environ.

Peu ou prou, l’ardoise s’élève désormais à 11.380.000 euros.

Le coût du conseiller général de l’Indre

De 1998 à 2004, Michel Sapin cumule ses différents mandats avec celui de conseiller général de l’Indre.

Cette période de 72 mois donne lieu à une rémunération mensuelle de 1.500, soit 108.000 euros.

Nous passons 11.488.000 euros!

Le coût d’un membre du Conseil de la politique monétaire

Durant deux ans, Michel Sapin exerce cette fonction officiellement payée à la moyenne de la rémunération la plus basse et de la rémunération la plus élevée attachées au grade de conseiller d’Etat. Par commodité (aucun chiffre clair n’existant sur le sujet), on placera cette rémunération à 4.000 euros par mois, soit une somme globale de 96.000 euros perçue en 2 ans.

L’addition s’élève maintenant à 11.584.000 euros.

Le coût de son passage au gouvernement Jospin

Michel Sapin fait, entre mars 2000 et mai 2002, un nouveau passage ministériel. Ces 26 mois, auxquels nous ajoutons les 6 mois de « préavis » réglementaires, soit 30 mois, coûtent 297.000 euros.

L’ardoise est à 11.881.000 euros.

Le retour à la présidence de la région

De 2004 à 2007, Michel Sapin reprend la présidence du conseil régional du Centre. Ces 3 années à 5.500 euros coûtent 198.000 euros en rémunération. Soit, une addition qui s’élève désormais à 12.079.000 euros.

La députation de 2007 à 2012

Michel Sapin retrouve un mandat de député en 2007. Cette législature de 5 ans coûte à nouveau au contribuable la bagatelle (tous compris) de 4.900.000 euros.

Le coût actualisé de Michel Sapin s’élève désormais à 16.979.000 euros.

A nouveau ministre depuis 2012

Depuis mai 2012, Michel Sapin occupe un fauteuil ministériel à 9.900 euros par mois (hors dépenses somptuaires). Il est très probable qu’il occupe ce fauteuil jusqu’en décembre 2015, avec le préavis de 6 mois qui va bien. Le total à payer serait donc de 47 mois à 9.900 euros. Soit un total de 465.000 euros.

L’addition monte à 17.444.000 euros.

Coût d’un conseiller constitutionnel

Le coût moyen d’un conseiller constitutionnel est de 15.000 euros (frais de fonctionnement compris). Dans l’hypothèse où Michel Sapin n’occuperait plus que ce mandat à compter de mars 2016, s’ouvrirait pour lui une phase de 9 ans, soit 108 mois dont le coût individuel pour le contribuable serait de 15.000 euros.

Soit, un total pour 9 ans de 1.620.000 euros.

La carrière actualisée de Michel Sapin aura coûté, à la fin de son mandat, 19.064.000 euros.

Cette carrière totale sera de 45 ans. Le coût moyen annuel de sa carrière pour le contribuable sera de 424.000 euros, soit 35.000 euros par mois, hors frais de fonctionnement afférents aux postes de ministres ou de conseiller territorial.

En outre, ces sommes s’entendent hors du coût de sa retraite, bien entendu. 

16 commentaires

  1. ikomal dit

    C’est pas le pire. Après tout un grand patron efficace, ou même le moindre footballeur pro de L1, coute plusieurs (voire une dizaine de) millions par an. Alors je veux bien payer un bon ministre des finances 20 ou même 50 millions sur sa carrière entière, retraite incluse.
    Non, ce qu’un Sapin nous coute, c’est surtout son refus de mettre le déficit à zéro de de mettre fin à la gabegie publique.
    Pour être plus juste, on peu considérer qu’il n’est pas responsable de tout dans cette histoire, mais qu’il est quand même dans le top 100 (voire top 10, actuellement) qui a décider de cette politique et qui avait les moyens de la changer. Allons, soyons large et considérons l’ensemble de sa carrière : on va dire qu’il fait partie du « top 1000 » politicien français et qu’il a droit à la responsabilité de 1/1000 de la dette publique totale, y compris la dette sous forme de droit retraite non financé. Environ 8000 milliards.
    Un sapin nous coute 8 milliard d’euro.

  2. JCG dit

    Sapin pourrait quand même attendre le 2e mandant de son ami pour demander un tel poste…
    Sinon en quoi cela est-il scandaleux pour Sapin ?
    On pourrait en dire autant de pas mal d’autres. Parfois moins honnêtes.
    Le calcul pour le couple Balkany serait intéressant.
    Le scandale est plutôt celui du système politique qui coûte aussi cher et permet des centaines de carrières aussi couteuses.
    Heureusement l’actuel président – et aucun autre avant lui – a lancé la réforme territoriale qui à terme fera baisser le nombre d’élus locaux, en premier lieu les conseillers généraux. Pour l’instant non, mais la machine infernale à broyer des postes d’élus est lancée.
    Espérons que cela découragera plus les opportunistes cherchant une bonne gamelle que les élus compétents et honnêtes.

  3. pierre dit

    Sapin est certes du bois dont on fait les pipes, mais pourquoi parler de lui ?

    Vous le voyez dans les premiers commentaires, les gens regardent le doigt. Systématiquement.

    On compare Sapin avec « un » patron, ou « un » sport de haut niveau. Et le vieux sage chinois se marre.

    Or ce que vous avez décrit… s’applique tout simplement à tous les membres de ce gang mafieux. Du bas jusqu’en haut de leur échelle.

    Cette aristocratie non seulement vit à nos crochets -et dans le faste- mais en plus se permet de nous faire la morale, prétend nous « gouverner », nous imposer ce que nous devons manger, fumer, boire etc.

    Il faut tous les virer. Et démanteler la « fonction publique », mot orwéilien qui désigne dans les faits une mafia, ses affidés, ses clients.

    Les « politiciens » ne sont jamais que les parrains de cette mafia.

  4. Pat dit

    Ce Sapin n’est qu’un arbre qui cache la forêt. Une forêt dans laquelle les salaires, traitements, frais, ont déjà franchi depuis longtemps, le seul de l’indécence. Il ne faut surtout pas oublier les sénateurs qui ne servent à rien (confirmé par Marie-France Garraud sur France culture …. : – https://www.youtube.com/watch?v=tFRvs9wPPJk /-/ positionner le curseur à 20 mn 30 s pour gagner du temps) et les autres.
    Autre exemple : – http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/couacs/2015/06/04/25005-20150604ARTFIG00273-le-senateur-ps-didier-marie-sacre-roi-du-cumul-et-des-indemnites.php .

    • ikomal dit

      Le rapport, c’est que les uns et les autres rendent des services, et que c’est le rapport service rendu / cout qui compte, pas le cout tout seul.
      Et c’est bien plus grave de rendre un service lamentable qui nous coute 1000 blinde, que de couter une blinde en rémunérations diverses.

        • Le Diable probablement dit

          Même si la mise au point de M. Boizard est salutaire, le point de vue de M. Ikomal n’est pas dénué de sens.

          Pour calculer la valeur d’un « investissement » dans un Sapin, il faut aussi les flux positifs (par exemple les économies qu’il permet par rapport à un autre ministre qui prendrait d’autres décisions). Bien entendu, ce genre d’évaluation est forcément fondé sur des hypothèses très discutables (qui remplacerait Sapin? quelles seraient ses performances?).

  5. Pierre de P. dit

    Intéressant, mais sans doute un petit biais méthodologique. Vous écrivez en effet : « Un député coûte (c’est le produit du budget de l’Assemblée par le nombre de députés) environ 980.000 euros par an. » Or ce budget par député comprend une quote-part des coûts de fonctionnement de l’Assemblée, et pas uniquement les émoluments des députés. Il n’est donc pas cohérent additionner ces 980 K€ aux autres rémunérations perçues par l’intéressé au cours de son « cursus honorum » !

  6. Propane Nightmare dit

    Et on est bien loin du côut réel, parce-que là on reste dans un jeu à somme nulle, où l’on considère que ce cuistre n’a pas coûté 1 seul centime du fait de ses politiques désastreuses et de son incompétance.
    Dans la réalité, le bilan de ce fo9ireux est à donner le vertige et se chiffre en milliards.
    Raison de plus pour investir dans une corde et l’obliger à s’y pendre … tout ce qu’il mérite lui et ses collègues …

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