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Réfugiés: le dangereux projet de “hotspots”

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La création de “hotspots” devrait être confirmée par un sommet extraordinaire de l’Union mercredi prochain, le 23 septembre, dont le but est de finaliser la stratégie européenne vis-à-vis des réfugiés. Le hotspot est la nouvelle marotte de l’Allemagne, stupidement soutenue par François Hollande. Il s’agit pourtant d’une aberration et même d’une folie que la France devrait combattre.

Qu’est-ce qu’un hotspot?

La notion de hotspot constitue une superbe imposture sémantique, puisqu’un hotspot n’est rien d’autre qu’un camp de réfugiés. Mais il est évidemment très difficile de dire aux opinions publiques: “êtes-vous d’accord pour que le pourtour méditerranéen se hérisse de camps de réfugiés?” C’est pourtant bien ce projet ahurissant que l’Allemagne défend, et que la France promeut de son côté.

Les hotspots ne fermeront jamais

La folie du hotspot alias camp de réfugiés est évidemment qu’ils ne fermeront jamais, à moins que la guerre ne se termine en Syrie et que le pays soit de nouveau habitable. Ce qui est dit pour la Syrie vaut aussi pour les autres pays que fuient les migrants: l’Afghanistan, l’Erythrée, la Somalie. Une fois installés dans un camp où ils sont ravitaillés, soignés et protégés, mais enfermés, les migrants ont peu de chances de sortir. Autrement dit, hotspot un jour, hotspot toujours.

Le hotspot comme lieu de regroupement

Le hotspot a une première utilité fondamentale: il permet de regrouper tous les gens qui descendent d’un bateau ou tombent du camion une fois la frontière extérieure de l’Union passée. Aujourd’hui, lorsqu’une cargaison de 200 ou 300 migrants met pied à terre, seul un misérable poste de police permet de les prendre en charge. Les migrants sont alors livrés à eux-mêmes et peuvent reprendre la route.

Avec un hotspot, ils ont une destination connue: ils sont en état d’arrestation et placés dans un camp le temps que leur dossier soit traité. Voilà qui laisse beaucoup plus de temps aux autorités locales pour réagir. Quand on voit les images de la situation en Grèce, on comprend l’intérêt de cette formule:

Ajoutons qu’aujourd’hui les Grecs utilisent leurs îles comme “hotspots”. Ils prévoient d’établir un deuxième niveau de regroupement avec un camp à Lavrio, près d’Athènes, et un camp près de Salonique.

Cet “établissement” devrait permettre de fixer les flux dès leur entrée sur leur territoire de l’Union.

Le hotspot comme centre de tri

La deuxième utilité fondamentale du hotspot (une sorte de mitigeur à migrants en quelque sorte) est de permettre le tri des réfugiés qu’on veut, et de ceux qu’on ne veut pas. D’un côté, les migrants économiques, de l’autre les demandeurs d’asile en bonne et due forme. Dans tous les cas, les pays d’Europe pourront venir faire leur marché dans cette sorte de viviers d’esclaves: ce mois-ci je prendrais bien des ingénieurs informatiques syriens pour mes centres de recherche et quelques paysans pakistanais pour faire plaisir à l’industrie hôtelière. Mais non, ne me donnez pas de Somaliens, les clients n’étaient pas très contents de la dernière livraison.

Les hotspots coûteront 4 milliards d’euros

Le coût de cette politique est déjà connu. Il est de 4 milliards théoriques, correspondant aux sommes que l’Union s’était engagée à donner pour des camps de réfugiés à la frontière syrienne. Elle a financé jusqu’ici 50 millions d’euros. Plus que 3,95 milliards à trouver!

Si l’Union a pu, jusqu’ici, esquiver le juste prix de cette politique, c’est parce qu’elle n’était pas la principale organisatrice des hotspots, c’est-à-dire des camps. Dès lors que l’Union revendique la création de ces camps pour résoudre la crise migratoire, elle ne pourra évidemment se soustraire à ses obligations de nourrir, de soigner, d’éduquer tout ce petit monde parqué dans des villes artificielles et privé du droit de travailler.

On notera que notre Hollande national a plaidé la création de camps en Turquie:

Il faut « faire en sorte que ceux qui sont en Turquie puissent y rester, puissent y travailler et puissent avoir tous les moyens pour pouvoir attendre que la situation en Syrie trouve une issue », a déclaré François Hollande devant la presse, après un bref entretien avec le chef du gouvernement italien Matteo Renzi.

Bref, il faudrait que les Turcs fassent ce que nous ne faisons pas! Et on va même leur donner de l’argent pour le faire!

Toujours le mot pour rire, notre président.

Les hotspots ou la division européenne des politiques migratoires

Ce qui n’est pas dit dans cette politique, c’est le calcul caché de l’Allemagne qui pense l’Europe comme son Lebensraum. Tout le monde le sait, l’Allemagne vieillit et a besoin d’immigrés pour alimenter ses lignes de production. Simplement, elle veut pouvoir les choisir à moindre frais et si possible en laissant le sale boulot aux autres. Cette logique s’appelle le hotspot. Elle consiste à parquer les nouveaux arrivants dans d’immenses camps organisés où le travail de tri sera facilité. Selon une bonne vieille tradition prussienne, une escouade d’officiers passera les prisonniers en revue et choisira ceux qui sont bons pour aller travailler en Allemagne. Les autres seront abandonnés à leur sort, sachant qu’aucun camp de regroupement ne se trouvera sur le territoire allemand.

Avec les hotspots, la Méditerranée deviendra la poubelle de l’Allemagne

On comprend immédiatement les risques de cette politique qui consiste à ouvrir régulièrement les vannes d’entrée dans les camps et à filtrer soigneusement les vannes de sortie. Dans la mesure où les réservoirs humains se trouveront sur le pourtour méditerranéen (Turquie, mais aussi Grèce, Italie, et Espagne, et pourquoi la France…), une logique insidieuse va se mettre en place dans le nouvel ordre européen voulu par l’Allemagne: au sud, les ennuis et la gestion des problèmes migratoires, au nord la prospérité et l’ordre.

La folie française

Une fois de plus, la France trahit les intérêts de la Méditerranée pour suivre une politique dictée unilatéralement par l’Allemagne. Le suivisme français nous condamne, à long terme, à nous appauvrir, à appauvrir notre hinterland naturel qu’est la Méditerranée, au profit d’un enrichissement des contrées septentrionales.

C’est tout simplement ahurissant.

Un commentaire

  1. pierre dit

    Je pense que vous attribuez, comme d’habitude, beaucoup plus d’esprit retors aux prussiens qu’ils n’en ont réellement.

    Vous démontez parfaitement l’arnaque sémantique du “hotspot”… procédé absolument orwélien. “Hotspot” ça fait 2.0, ça fait Wifi. C’est mieux que “camps”.

    Mais… ces camps ne verront jamais le jour.

    Vous semblez avoir oublié ce qui s’est passé dans l’UE depuis quelques semaines… Tout était déjà branlant, mais maintenant c’est officiel : tout est cassé.

    La rupture est consommée, il n’y aura aucune politique “migratoire unifiée”, et encore moins sous l’égide allemande. Comme il n’y a jamais eu de politique économique, budgétaire unifiées…

    Les quotas ne seront pas adoptés. Les frontières sont barricadés (même la Croatie commence). La Slovénie joue à son tour l’idiot utile, prendra 10 000 migrants, et ensuite dira basta et fermera sa frontière.

    Prague dit les choses avec une parfaite ingénuité : “Nous imposer quelqu’un contre notre volonté sera très compliqué. Ce sera un combat juridique au sein de l’Union”,

    Voilà. L’Est ne veut pas des délires de Merkel et de son complice Hollande, et des hordes d’immigrés. C’est propre, c’est carré. Donc les “hotspots” resteront dans les limbes mentales des bruxellois hallucinés, comme les “quotas” et comme de nombreuses autres projets.

    L’UE est morte.

    L’Allemagne que vous fantasmez en Deux ex machina à casque à pointe, apparaît, à poil, dirigée par une Hollande version féminine.

    L’UE est morte, et c’est tant mieux.

    A ce titre, un grand merci aux “migrants”, pardon aux “réfugiés”.

  2. Bonvie dit

    Pourquoi toujours si negative et cynique ? Il manque des idées constructives !
    Ces contributions montrent un complexe d’ infériorité d’un Français par rapport aux Allemands et leur “Mutti”.

  3. H. dit

    Bonsoir,

    Il est toujours malséant de se référer à l’histoire quoique je pense que bien la connaître peut éviter bien des erreurs. Notre pays a testé au moins deux fois au XXème siècle ce type de concept. La première en 1938-1939 avec les réfugiés espagnoles (pas nécessairement la plus belle page de gloire de la IIIème république), la seconde en 1962 avec les harkis (une tâche sur le bel uniforme du Général). Les événements qui ont entouré ces deux périodes devraient inspirer un peu de modestie aux clowns à roulettes qui, hélas, président à nos destinées. Mais j’ai bien peur que ce soit une cause perdu d’autant plus que, comme l’a souligné Pierre, l’édifice européen de bancale est devenu très branlant. Les crise ont ceci de bon qu’elles finissent toujours par mettre à jour ce qu’on veut cacher ou dissimuler.

    Bonne soirée

  4. zelectron dit

    Il y a une dizaine d’années l’Allemagne avait proposé d’établir des centres d’examen et de répartition dans les pays du Magrheb et Moyen-Orient .
    Les autres pays européens n’ont même pas considéré cette idée du simple fait qu’elle était allemande ! ! !

  5. Robert Marchenoir dit

    “Selon une bonne vieille tradition prussienne, une escouade d’officiers passera les prisonniers en revue et choisira ceux qui sont bons pour aller travailler en Allemagne.”

    Pouvons-vous nous expliquer sur quel fait historique précis vous vous appuyez pour cette ahurissante affirmation ?

    “Une logique insidieuse va se mettre en place dans le nouvel ordre européen voulu par l’Allemagne : au sud, les ennuis et la gestion des problèmes migratoires, au nord la prospérité et l’ordre.”

    Donc, injecter massivement des immigrés tout juste tombés du bateau serait facteur de “prospérité et d’ordre” ? Soit vous croyez à ce que vous dites, et alors pourquoi ne demandez-vous pas à la France d’en faire autant ? Pourquoi n’ouvre-t-elle pas les portes de son “économie” à 800 000 immigrés orientaux et africains ? Vous n’aimez pas la “prospérité et l’ordre” ?

    Et si cela n’est pas un facteur de prospérité et d’ordre, alors le plan machiavélique que vous prêtez à l’Allemagne est un fruit de votre imagination.

    • Bob,

      Eric Verhaeghe est dans le même ton, dans le même style, dans le même état d’esprit vis-à-vis de l’Allemagne que … vous vis-à-vis de la Russie !

      En conséquence, permettez moi de sourire de votre critique.

  6. Je suis d’accord avec les “hotspots”, c’est une excellente idée. C’est d’ailleurs celle de l’Australie, qui fonctionne fort bien.

    C’est bien beau “l’humanisme” (qui n’est que le narcissisme des “belles âmes” qui adorent se voir si généreuses en ce miroir aux frais de leurs peuples, qu’elles méprisent). Mais le premier devoir des gouvernants est envers leurs pays et leurs peuples. Les autres, pourquoi pas ? Mais très loin derrière.

    Oui, c’est excellente idée que de ne pas laisser les pays européens, déjà envahis, être envahis encore plus et si ça coute 4 milliards, c’est toujours moins cher que la guerre civile racialo-religieuse ou que la disparition de notre culture et de notre peuple.

    • ph11 dit

      « « l’humanisme » (qui n’est que le narcissisme des « belles âmes » qui adorent se voir si généreuses en ce miroir aux frais de leurs peuples, qu’elles méprisent »

      Mais quel beau slogan. Je suis certain que vous le répétez sans cesse — telle une litanie — afin de vous convaincre de sa justesse…

      « c’est toujours moins cher que la guerre civile racialo-religieuse ou que la disparition de notre culture et de notre peuple. »

      Tiens, et voilà la resucée de la théorie de la lutte des classes, du diamat… Le marxisme culturel est fort présent en France…
      L’immigration va forcément terminer en lutte des ethnies ou par le grrrrand remplacement… La preuve ? Mais pourquoi donc ? Votre conviction suffit…

  7. ikomal dit

    En supposant qu’il y a un “problème”, Il n’y a que deux solutions pour le résoudre (pas exclusives : on peut les combiner, les alterner dans le temps et l’espace, etc.):
    * diluer -> absorber
    * concentrer -> détruire
    L’expérience prouve que les deux solutions fonctionnent, mais seulement quand on est moralement assez solide pour gérer les conséquences : changement d’identité dans le premier cas, cruauté dans le second.

    Cela dit je suis persuadé que les réfugiés, ou, aussi bien, les migrants non réfugiés, sont moins un problème qu’une forte minorité de nos nationaux.
    1 millions de réfugiés feront moins de mal que les 10 millions d’électeurs qui poussent aux lois stupides qui nous tuent, individuellement et collectivement

  8. yann dit

    Pourquoi l’Allemagne prendrait-elle le risque d’importer des travailleurs étrangers ?
    Il suffit de construire des usines dans les “hot spots” et d’appeler ça “arbeitslager”. Oh, wait…

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