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Macron ou le libéralisme Canada Dry

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Article paru sur lefigaro.fr

La France aime jouer à se faire peur. Qu’un ministre comme Macron évoque une remise à plat du statut des fonctionnaires et elle s’imagine déjà en proie aux pires errements du libéralisme. Le siège d’Orléans par les Anglais n’a pas dû susciter, en son temps, plus d’effroi que cette petite phrase du ministre de l’Economie n’en a jeté à gauche.

Le libéralisme et le paradoxe français

Pourtant, la France est bien loin du libéralisme. Les dépenses publiques oscillent aujourd’hui entre 56 et 57% du PIB, soit un record parmi les pays industrialisés. Proposer de ramener cette proportion à moins de 50% n’a rien de « libéral »: c’est une simple proposition de bon sens.

De même, bardée de 6 millions de fonctionnaires et agents publics pour environ 17 millions de salariés du secteur privé, la France est très loin d’entamer une révolution libérale lorsqu’elle évoque simplement la possibilité de mieux maîtriser le recrutement dans les services publics. Les mauvais esprits noteront d’ailleurs que ces 6 millions de fonctionnaires coûtent, selon la Cour des Comptes, près de 280 milliards d’euros annuels, quand les salariés du privé reçoivent une masse salariale globale de 600 milliards. Là encore, la rémunération moyenne nette du public est très supérieure à celle du privé, et une remise à plat de cette logique ne peut être considérée comme le produit d’un dogme libéral: c’est un simple réflexe de bon sens et d’équité.

Le paradoxe français est là. Alors que la dépense publique étrangle comme jamais la société française, l’imaginaire collectif se représente volontiers un libéralisme triomphant prêt à reprendre le pays en main. Et Macron donne un visage à cette angoisse.

L’histoire torturée du libéralisme en France

Il est vrai qu’au vingtième siècle, la France a validé le transfert au sein du service public des fonctions sociales de l’Eglise. L’Etat-Providence est devenu le refuge commode de ce que le clergé n’assume plus depuis l’émergence de la Troisième République. Ce mouvement a eu un effet immédiat: le gonflement massif de la part des dépenses publiques dans le PIB.

Le noeud gordien se trouve là: s’attaquer à la dépense publique aujourd’hui équivaut à un blasphème libertin sous l’Ancien Régime. Dire que l’Etat est trop présent, c’était comme dire, il y a trois cents ans, que Dieu occupait trop de place dans la société. L’excommunication n’est jamais loin pour ces hérétiques, et la réaction des socialistes aux propos de Macron sur les fonctionnaires en a donné une preuve éclatante. Pour un peu, le ministre de l’Economie eut été brûlé pour héliocentrisme.

Pour être libéral, en France, il faut imaginer et soutenir que l’individu peut survivre sans le saint Etat intercesseur terrestre auprès de Dieu. En ce sens, Macron est libéral: il appartient à cette gauche laïque, libertine au sens du siècle des Lumières, qui veut limiter le poids de la « collectivisation » dans les destins individuels. Cette posture rassemble, dans la pratique, un véritable courant au sein du Parti Socialiste, qui va de Cambadélis (même s’il s’en défend) à Sapin (dans une certaine mesure).

Chaque parti, de gauche comme de droite, recèle dans ses rangs ces « libertins-libéraux » qui tentent d’exister dans la cohue partisane des admirateurs de l’Etat.

Macron et la vulgate libérale

Pour autant, suffit-il d’enfoncer quelques portes ouvertes sur le rôle excessif de l’Etat pour être un authentique libéral?

Non, bien entendu, et c’est de ce point de vue que Macron apparaît comme un « libéral Canada-Dry ». Il a bien les apparences d’un libéral, mais sa composition idéologique est très différente.

D’abord par ses origines. Macron est par essence une créature de l’Etat: normalien, énarque, inspecteur général des finances, il se situe au coeur de ce faux libéralisme, de cette vulgate libérale volontiers pratiquée dans les allées administratives du pouvoir. On y dit, et on y répète dans les dîners, les couloirs et les alcôves, que le droit du travail est trop compliqué, mais on ne manque jamais de lui en rajouter une couche. On y parle du poids des 35 heures dans les entreprises, mais on se garde bien de les remettre en cause dans les services de l’Etat. On plaide pour la compétitivité, la performance, mais on évite de l’appliquer aux administrations, car les vagues produites dans les services par ces idées révolutionnaires pourraient nuire à la carrière.   

Le libéral étatiste adore la concurrence chez les autres, mais pas chez lui.

Ensuite par ses choix politiques. L’oeuvre de Macron donne le sentiment de « libéraliser », mais elle favorise systématiquement les grandes entreprises rentières au détriment des nouveaux entrants sur les marchés. Prenons l’exemple de la libéralisation du transport routier de voyageurs: elle constitue une aubaine pour la SNCF qui diversifie ses activités et ne profitera marginalement qu’aux nouveaux transporteurs. Ouvrir des marchés avec la SNCF, convenons-en, n’est pas une logique libérale.

Cet exemple emblématique montre bien que le libéralisme d’Emmanuel Macron s’arrête là où la rente commence. Notre ministre de l’Economie a bien l’idée qu’il faut laisser le secteur privé respirer, mais sous un format post-soviétique: il s’agit de privatiser des activités publiques, ou de faire le jeu de grandes entreprises installées, et certainement pas d’instaurer une concurrence libre et parfaite où un Bill Gates, ou Steve Job, pourrait émerger.

Le libéralisme macronien, c’est le libéralisme d’une technostructure qui rêve de privatiser les leviers de l’Etat à son profit. Et pendant ce temps, le Mittelstand français se meurt. 

23 commentaires

  1. Fleur dit

    Article extrêmement faiblard, dans les standards de Le Figaro. Citer le % de « dépenses publiques » ne dit strictement rien sur l’état libéral ou non d’une société donnée. Mais dit en revanche beaucoup sur l’obsession pour l’impôt des libéraux extrémistes. Si l’on suit leur raisonnement de sophiste, la France serait moins libérale aujourd’hui qu’elle ne l’était durant les 30 glorieuses (quand toute l’économie se décidait dans le bureau du ministre, que les prix étaient administrés, les licenciements interdits, les boites nationalisées ou aux ordres de toute manière, que les importations comptaient pour moins de 75 milliards par an contre 1000 aujourd’hui, qu’on avait notre monnaie et une CEE avec tarif extérieur commun,…). À les lire, l’acte unique européen, le grand oeuvre de Jacques Delors et Margaret Thatcher, créant le marché unique avec libre circulation des capitaux, marchandises, personnes, mises en concurrence sauvage, n’a pas eu lieu. À les lire, la dérégulation des systèmes financiers et bancaires sous Bérégovoy et Fabius non plus. Les gouvernements successifs n’ont rien privatisé ? Nos paysans n’ont pas été abandonnés ? L’euro à Francfort, notre imagination ? Mai 68 ? L’avortement et le mariage homosexuel et demain la gestation pour autrui : des fantasmes ? À lire les libéraux, la société de 2015 serait moins libérale que la société du Général de Gaulle… Et si on suivait leur logique, on pourrait même affirmer qu’on serait moins libéral aujourd’hui que sous l’Ancien régime. Puisqu’on payait moins de taxes et qu’il n’y avait pas de Sécurité sociale ni d’éducation gratuite dans la société traditionnelle. Et peu importent les décrèts d’Allarde et les droits de l’homme : les riches y payaient moins d’ISF, qu’on vous dit ! Absurde. La vérité est que la France s?est libéralisée, la Cour de Luxembourg veille au respect du dogme de la concurrence, l’euro est dans les mains de la Banque centrale à Francfort, la Commission de Bruxelles négocie les traités commerciaux et siège à l’OMC,… et la France est à fond dans la mondialisation. Où elle réussit plutôt bien d’ailleurs (voir le nombre de ses multinationales dans le top mondial), du moins jusqu’à une époque récente, avant que le dumping allemand et l’austérité déflationniste ne viennent tout briser. En réalité, on peut être libéral, pour l’économie de marché et la circulation, et simultanément pour des biens sociaux dont le pragmatisme et l’efficacité conduisent à les confier à l’État (voir le coût des assurances santé privées aux Usa par ex). C’est le modèle belge, hollandais et scandinave. Pays qui sont les plus taxés au monde, et pourtant très libéraux. Il faut d’ailleurs préciser à ce stade que les prétendues dépenses sont en réalité des transferts, que du point de vue du revenu global de la population c’est neutre, et que si elles ont effectivement augmenté cela s’explique à la faveur du ralentissement économique et du vieillissement de la population. On pourrait même soutenir que la libéralisation des économies a agravé la dépense sociale : si importer des produits bon marché est bon pour la richesse d’une nation, tout le monde admet que cette mondialisation fait des perdants. Des laissés pour compte. Les socio-libéraux (à la Krugman ou Rocard) soutenant alors qu’il vaut mieux être chômeur (et aidé) dans un pays ouvert et riche que travailleur dans un pays moins riche, et que l’harmonisation permettra d’enrayer les logiques de concurrence déflationniste entre nations. Ce beau projet ne s’est pas réalisé naturellement, et les multinationales nous narguent sous nos yeux en se plaçant dans les paradis fiscaux. Et l’on voit donc aujourd’hui les libéraux ploutocrates montrer leur véritable visage : c’est bien le modèle social et fiscal qui était leur cible première, l’héritage du CNR, l’ISF, les 35 heures,… et pas tellement de savoir si les États sont ou ne sont pas soumis à la loi des entreprises privées, du marché et de l’ordre économique mondial.

    • Robert Marchenoir dit

      @ Fleur

      1. Il existe une touche Entrée sur votre ordinateur. Essayez de l’utiliser pour faire des paragraphes, ce n’est pas « ultra-libéral ». C’est simplement une marque de politesse envers vos lecteurs.

      2. Effectivement, le régime du général de Gaulle et la monarchie étaient infiniment plus libéraux que l’Etat français actuel.

      3. Ce que les communistes et crypto-communistes comme vous désignent sous le nom « d’héritage du CNR » (et qui n’est pas du tout l’héritage de la Résistance) doit effectivement être détruit. Il ruine et opprime la France.

      4. Votre fantasme d’une époque gaullienne où « toute l’économie se décidait dans le bureau du ministre et où les entreprises étaient aux ordres » n’a jamais existé.

      5. Votre fantasme prouve une chose : vous êtes une communiste.

      6. Le communisme, c’est mal.

      • Fleur dit

        Ah ah ah, je serais « communiste ». La confusion se poursuit. Interventionnisme de l’État et/ou dépenses publiques, c’est kif-kif ? Par vos merveilleux sophismes, vous arrivez à affirmer que l’époque pré-néolibérale (avant les années 80 en gros) était plus libérale que ce qui a suivi. Merveilleux. On a donc libéralisé les banques, privatisé, passé de 75 milliards par an à 1100 milliards d’importations,… mais on serait moins libéral qu’avant ? Et pourquoi ? Bah, voyez, les dépenses sociales ont augmenté ! Bah oui, gros malin, vieillissement de la population, ralentissement économique et victimes de la mondialisation. Continuez dans le sophisme et l’invective (traiter de communiste ou de nord-coréen les démocrates-chrétiens, gaullistes, socio-démocrates et libéraux modérés), vous ne réussirez qu’une chose : passer pour les extrémistes aynrandiens que vous êtes.

        • ikomal dit

          hum … résumé de votre commentaire en quelques mots :
          « merveilleux sophismes » « gros malin » « victimes de la mondialisation » « sophisme » (bis) « invective » « extrémistes aynrandiens ».
          Si c’est votre conception du dialogue, j’ai le regret de vous dire que ça n’ira nulle part. A partir de là, deux solutions :
          * soit vous considérer que vous ^tes le camp du bien qui a ontologiquement raison, et vos opposant des démons. Le dialogue, et donc vos commentaire, n’ont effectivement aucun sens et vous n’avez plus qu’a assumer votre posture et ses conséquences.
          * soit vous êtes près à dialoguer, vivre et laisser vivre les autres à leur guise. Bienvenu dans le monde libéral.
          On s’en fout un peu que vous soyez communiste, ou pas. vivez comme vous l’entendez. Juste n’imposez pas vos idées aux autres. C’est le seul reproche qu’on vous fait, vous autres supports du pouvoir : tout régenter, du contenu de l’assiette (et pas seulement à la cantine !) à ce qu’un enfant doit penser du réchauffement climatique, de la taille des escabeau et de qui à le droit d’y monter au prix du travail, de la forme du couvre-chef aux blagues qu’on a le droit de raconter. Ah non, en fait il y a un second reproche : ne pas vous appliquer à vous même vos standards, mentir effrontément en réécrivant l’Histoire (attribuer au CNR ce qui n’est que l’œuvre de Pétain, etc.), détourner le langage en appelant « social » tout ce qui n’est que politicien (logement social, mouvement social, etc.). Merci Orwell.
          Je suppose que c’est ce que vous appeler « extrémisme aynrandien » …

    • Le Maout dit

      Laissez un peu l’idéologie ou allez en Corée du Nord.
      Savez-vous quel est le meilleur système de santé, avec les meilleurs indicateurs pour la population ? Le système hollandais. Il coûte presque 3 points de PIB de moins.
      Qu’est-ce que vous préférez, une santé meilleure ou plus de fonctionnaires ?

      • Fleur dit

        Effectivement, le système hollandais coûte moins cher. Mais il est aussi beaucoup moins libéral que le système français : pas question de joindre « son » médecin à tout moment, ni d’en changer, et encore moins de consulter un spécialiste sans avoir le « ticketje » du généraliste préalable. Mais on est là au coeur de la contradiction des fanatiques de la liberté : si vous voulez réduire les coûts, vous devez restreindre la liberté du patient.

        • ikomal dit

          « si vous voulez réduire les coûts, vous devez restreindre la liberté du patient. » oui oui on connait cette logique, et on a bien vue déjà à l’œuvre : rien de tel que la réduction de la liberté du consommateur pour assurer la meilleure qualité au meilleur prix, pas vrai ? Réduire les couts : c’est pour ça que les monopoles, cartels et autre ententes sont connus … O_o
          En supposant, même, que ça contribue à réduire les couts, est-ce que ce résultat vaut la chandelle de la perte de liberté ? Peut-être, ou pas, mais ce n’est de toute façon pas à vous de décider pour les autres. Décidez pour vous et laissez les autres adhérer tout seul à votre merveilleux système, si il est si bien que ça, vous n’aurez pas besoin de l’imposer. .
          «  »Mais on est là au cœur de la contradiction des fanatiques de la liberté :  » : on est surtout au cœur de vos conceptions fausses, qui vous empêche de voir ce qui est pourtant simple : il n’appartient pas à un système central de décider si tel ou tel médecine ou vaccin est ou n’est pas kasher-remboursable, si il doit y avoir une franchise et à quel niveau et pour quels événements, si tel ou tel mode de vie (intense au risque d’être court, ou rempli de « modération ») est préférable, etc.

          • Fleur dit

            Demandez donc aux docteurs qui ont des patients anglais ou néerlandais ce que ceux-ci leur disent. Leur première grande surprise ? Pouvoir joindre le docteur le jour même, directement, sans filtrage d’un secrétariat ni liste d’attente de deux semaines. Pouvoir joindre « son » spécialiste sans autorisation d’un généraliste. Pouvoir obtenir « son » médicament, remboursé, sans que le docteur ou le pharmacien ne vous impose un générique moins cher. Le paradoxe ici est que le système de santé français, pour le coup, est libéral. C’est le système de remboursement qui est mutualisé à l’échelon de l’État, ce qui est une très bonne chose (on voit aux USA le coût et les conséquences d’assurances privées). Mais les libéraux tendance Ayn Rand sont tellement extrémistes et fanatiques qu’ils ont abandonné toute décence et tout pragmatisme. Heureusement, les politiciens libéraux au pouvoir en Europe sont plus raisonnables.

          • ikomal dit

            « Le paradoxe ici est que le système de santé français, pour le coup, est libéral.  »
            Non, il est licencieux : vous pouvez faire ce que vous voulez, c’est pas vous qui payez, ni la monnaie ni les conséquences. Ignorance ou mauvaise foi, les bigots ont toujours confondu la liberté avec la licence, le libéralisme avec l’anarchie.

    • Fleur,

       » Citer le % de « dépenses publiques » ne dit strictement rien sur l’état libéral ou non d’une société donnée.  »

      Votre affirmation demande une sérieuse explication !

      Car , enfin, ce fameux pourcentage mesure bien la part de l’économie collectivisée et la part de l’économie libre.

      Tout n’est pas qu’économie certes, mais ça compte quand même.

      Je n’ai pas lu la suite de votre loghorrée. Apprenez à synthétiser et à espacer et on vous lira peut-être.

      Eric,

      Bien au contraire de Fleur, je trouve votre article excellent, un des meilleurs que vous ayez écrits.

      • Fleur dit

        Cela démontre la part « d’une économie collectivisée » ? Si vraiment vous le pensez, les libéraux ne sont pas très intelligents. Vous devriez lire la suite, puisque je démontre en quoi cela est faux.

        Non seulement parce qu’il s’agit de transferts (= ce ne sont pas des ressources consommées par l’État), neutres pour le revenu global de la population, mais parce que si on pousse ce raisonnement au bout, le Danemark (dépense publique la plus élevée au monde) serait plus communiste que la Chine, la France des années 90 que celle d’avant les privatisations,… En fait, les libéraux ultras comme vous qui sont obsédés par l’ISF,… donnez raison à l’extrême-gauche qui vous caricaturent : pour vous, la santé et les retraites (1/4 de la prétendue dépense publique) et une fiscalité progressive, c’est tout ce qui compte, le critère sine qua non te plaçant dans le camp du marché ou celui de l’état oppresseur. Désolée, mais c’est absurde. L’économie de marché, la concurrence, les privatisations, le commerce international, la circulation des capitaux et marchandises,… ce n’est pas incompatible avec un modèle social. Ou si ça l’est, il faut le dire et vous donnerez raison à tous ceux qui sont hostiles à la mondialisation.

        • CATHERINE V dit

          Fleur!
          Ce blog est mysogine! Ou bien il ne conçoit de parole autorisée que masculine…. Les remarques sur la forme, l’absence de paragraphes…Quelle outrecuidance! Les remarques sur la longueur… Certes, pour faire court, il faut « penser » par blocs (idéologiques) tout faits… C est à dire répéter ce qui se dit… Si on appelle cette expression sans examen pensée, vous avez raison: il y a beaucoup de bêtise dans ces reflexes (limbiques) et commentaires « libéraux » qui donnent raison aux critiques de l’extrême gauche, qui ne sont pas moins idéologiques.
          Communiste! L’accusation, l’invective suprême ! C’est facile, ça ne demande aucune explication, c’est une sorte de joker discursif, du genre religieux. M. Marchenoir en est un des vecteurs infaillibles. À tel point que je me demande si ce n’est pas un truc pour faire du buzz! En tout cas ça manque tant de subtilité que ça sonne faux.
          Pour les arguments: d’accord, ce qui est nommé dépenses relève bien de transferts la plupart du temps. Mais d’accord aussi pour considerer qu’il y a une forme d’étatisation de pans entiers de la vie du citoyen qui devraient relever au moins en partie de la responsabilité de l’individu.
          Une autre sorciere communiste ( d’après M. Marchenoir !)

          • Fleur dit

            Difficile de mettre en paragraphes, surtout que j’écris depuis le clavier de mon téléphone dans un minuscule carré de « commentaire ». Ce n’est pas un article pour Le Monde.:) Pour leurs accusations, j’ai l’habitude, vous savez… Les hyper libéraux se mangent entre eux, c’est comme les trotskystes ou les écolos, il y a des écoles, des gourous, des livres sacrés, des excommunications,… Ayant le pouvoir, alors qu’ils ne représentent rien, ils ne s’en rendent plus compte car on trouvera toujours plus radical…

          • ikomal dit

            « ayant le pouvoir » O_o
            Je ne sais pas ce que vous fumez, mais c’est de la bonne.

            (faire des paragraphes ça vous vous aurait couter une dizaine de frappe de la touche « retour », ce qui n’est rien quand on a prouvé être capable de taper plusieurs milliers de caractères sur clavier de téléphone. Surtout pour débiter autant de sornettes assaisonnées d’autant d’épithètes malvenues … )

        • ikomal dit

          « les transfert sont neutres sur le revenu de la population », c’est un raisonnement de créationniste !
          Dans le monde réel, les gens s’adaptent et la population évolue, la punition de la production et la subvention à la moindre activité, ça se paye.

          • CATHERINE V dit

            Vous êtes pour une réforme de l’accord…. du participe passé et de l’accord en nombre? Ça ne coûte pas beaucoup de frappes sur son clavier! Puisqu’on tappe très bas, allons-y!

  2. Abonchat dit

    Correction typo : Steve Jobs (ne serait-ce que pour rendre hommage à ce créateur direct – et indirect – de milliers de.. jobs).
    Sinon, excellent billet, continuez !
    D’accord avec commentaire précédent, Macron = sondes

  3. gérard dit

    Merci pour cet excellent texte.Un autre problème est que on ne prend pas 57% de leurs revenus a chaque français.C’est bien plus inégalement réparti(sans compter la dette publique)

  4. pierre dit

    Ce n’est absolument pas un « paradoxe ».

    Mais un simple instrument de pouvoir, de coercition, utilisé par ceux qui vivent du fromage de la « dépense publique » pour faire taire et rendre docile ceux qui rendent possible la « dépense publique ».

    Bref, un piège à crétins. Et ces derniers sont nombreux, car en effet, une large partie des Français sont persuadés que notre société est « ultra libérale ».

    Enfin, et simplement pour illustrer le débat, voici une déclaration de Lebranchu, la maman des fonctionnaires.

     » dire aujourd’hui que l’on peut réduire encore et encore la part des dépenses publiques de l’Etat, que le statut des fonctionnaires est dépassé et doit changer, c’est faire de la démagogie. Aucun politique de droite ou de gauche ne le fera ! »

    Voyez au moins dans son infinie ingénuité, voire son cynisme obscène, elle dit tout :
    😉

    Ca rappelle le « mission accomplie » de Bush ou son (moins célèbre pourtant) : « ‘I’ve Abandoned Free Market Principles To Save The Free Market System » (décembre 2008, pour ceux qui comme les amis de Lebranchu pensent que les USA sont « ultra libéraux »).

  5. Robert Marchenoir dit

    Marylise Lebranchu, suite :

    — Craignez-vous une mobilisation des fonctionnaires dans la rue ou même dans les urnes ?

    — Il faut qu’on soit très vigilant. La tentation de l’extrême droite est grande. Tous ces gens qui sont indispensables à la nation peuvent être fatigués de se sentir dénigrés. Lorsque vous êtes en permanence montré du doigt, alors que votre travail est difficile, arrive un moment où vous vous dites : « Trop c’est trop ! ».

    http://www.leparisien.fr/economie/marylise-lebranchu-dire-que-le-statut-des-fonctionnaires-est-depasse-c-est-demagogique-30-09-2015-5140467.php

    Les fonctionnaires sont indispensables à la nation. Tous. chacun des 6 millions. Tandis que les non-fonctionnaires, non.

    Les fonctionnaires sont fatigués. La preuve : ils ne travaillent que 32 heures par semaine.

    Les sages de la rue Cambon recommandent d’aligner la durée effective du travail des fonctionnaires sur la durée légale. Ils rappellent ainsi que seuls 500 000 équivalents temps plein, sur un total de 1,9 million, sont effectivement soumis aux 35 heures dans les ministères. De nombreuses catégories d’agents bénéficient en effet d’un temps de travail inférieur à la durée légale.

    http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2015/09/09/20002-20150909ARTFIG00322-la-cour-des-comptes-preconise-d-augmenter-le-temps-de-travail-des-fonctionnaires.php

    Et la cour des comptes ne parle là que de la durée de travail officielle, celle que les fonctionnaires sont censés fournir… Elle ne parle pas de la durée de travail réelle.

    Il est absolument évident, pour tout le monde, que les fonctionnaires ne partent jamais avant l’heure, ne posent jamais de congés-maladie de complaisance, ne prennent jamais de « jours du maire », et travaillent de façon tout à fait intensive lorsqu’ils sont effectivement là…

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