Accueil » L’Allemagne a-t-elle mangé son pain blanc?

L’Allemagne a-t-elle mangé son pain blanc?

Cet article a été lu 4037 fois

Après plusieurs années de triomphe économique, l’Allemagne envoie plusieurs signaux négatifs qui marquent peut-être une transition vers des années un peu moins rutilantes.

L’Allemagne et le traumatisme VW

Chronologiquement, c’est probablement le scandale Volkswagen qui manifeste le mieux la transition qui commence. Les Allemands imaginaient disposer de l’industrie automobile la plus performante du monde: ils découvrent aujourd’hui que, pour respecter les normes environnementales, leur champion a triché dans les grandes largeurs et qu’il pourrait entamer de lourdes déconvenues.

Cette découverte est brutale, non seulement pour des raisons psychologiques, mais aussi pour des raisons financières: la capitalisation de Volkswagen en bourse s’est évaporée et le constructeur devra affronter des amendes importantes qui lui coûteront cher. Certains estiment que l’opération pourrait se solder par une perte de 80 milliards d’euros!

Pour l’ensemble de l’industrie allemande, le scandale Volkswagen est un choc à absorber.

A peine 600.000 migrants, et c’est la crise

Parallèlement, l’Allemagne aurait déjà accueilli plus de 570.000 migrants depuis le début de l’année, un chiffre encore loin des 800.000 voulus par Angela Merkel. La chancelière n’en est probablement qu’au début des problèmes sur ce dossier: absorbé un tel choc démographique devrait demander au pays d’importants efforts dans un temps très court et dans un climat qui n’est pas le plus favorable. On parle pourtant de 1,5 million de migrants à accueillir cette année, deux fois plus qu’attendu…

En cas de retournement économique pour l’Allemagne, cette vague migratoire risque quand même de susciter un regain de tensions sur un sujet volontiers occulté par les médias allemands: la persistance de mouvements très hostiles aux immigrés. Cet environnement pourrait être dégradé par la tension existant entre les migrants eux-mêmes:

Allemagne : les bagarres se multiplient dans les camps de migrants

L’excédent commercial s’érode

Sous l’effet de la crise chinoise, l’excédent commercial allemand manifeste des signes de fatigue. Il a reculé de 3 milliards € en septembre.

« C’est une forte baisse, de celles qu’on ne voit pas tous les jours », a commenté Holger Sandte, économiste en chef de Nordea. « La faiblesse de la Chine, du Brésil, de la Russie et d’autres marchés se fait ressentir. »

Pour l’instant, les perspectives de croissance ne sont pas remises en cause, mais l’Allemagne pourrait être rapidement contaminée par une inflexion qui touche les grandes économies mondiales.

Un plan social de 5.000 emplois dans le rail allemand

Dans cette ambiance déjà très noire, une première mauvaise nouvelle est intervenue hors de l’automobile. La Deutsche Bahn (les chemins de fer allemands) devrait supprimer 5.000 emplois, notamment dans le fret. Cette information, qui n’est pas encore confirmée, montre tout l’effort que les grands réseaux allemands doivent fournir pour affronter la concurrence internationale.

23.000 suppressions de postes à la Deutsche Bank

Parallèlement, la Deutsche Bank, plus importante banque allemande, est en train de boire le bouillon:

Deutsche Bank s’attend à une perte avant impôt de six milliards d’euros pour le troisième trimestre en raison de dépréciations massives dans ses activités de banque d’investissement et au sein de sa filiale Postbank, dont le groupe entend se séparer.

Les comptes trimestriels incluront aussi une dépréciation de la participation du groupe dans la banque chinoise Hua Xia Bank et des provisions liées aux litiges auxquels il est exposé, a précisé le numéro un allemand du secteur bancaire dans un communiqué publié mercredi soir.

Officiellement, l’avenir de la banque n’est pas menacé et ses rations de solvabilité restent bons (bien sûr, bien sûr…). Il n’empêche: la banque devrait liquider un quart de son effectif, soit 23.000 postes, pour limiter les dégâts.

Il faudra attendre la fin octobre pour connaître le détail de la situation. On peut toutefois imaginer que si la principale banque allemande a essuyé des pertes massives dans ses activités d’investissement, elle n’est pas la seule concernée dans le monde… et cela reste quand même le genre d’information qui peut toujours avoir un impact systémique.

Une inflexion de la puissance allemande

Ces différents indicateurs convergents sont peut-être épisodiques. A moins qu’ils ne marquent une véritable inflexion, le début d’un cycle négatif pour l’Allemagne. La tendance sera à suivre dans les prochains mois.

 

Un commentaire

  1. « A peine 600.000 migrants, et c’est la crise »

    Cette réflexion est idiote : vous sous-entendez que 600 000 migrants, ce n’est pas la mer à boire.

    Un article un peu plus intelligent (excusez moi de dire les choses comme je le pense) expliquait récemment dans le Figaro, journal qui n’est pas confidentiel, que plus une société est complexe, plus l’accueil des clandestins (« migrants » me sort par les yeux) est difficile.

    Autrement dit, un pays comme le Liban peut se contenter de mettre des centaines de milliers de clandestins dans des camps de toile (et même cela lui pose problème).

    Mais dans un pays comme l’Allemagne ou la France, cela signifie des logements en dur, des places dans les écoles, des démarches administratives, une protection santé, etc.

    Et tout cela vient au bout de trente ans d’invasion migratoire. C’est la goutte d’eau qui fait exploser le vase.

  2. Pour le reste, je suis assez d’accord avec vous.

    Le mercantilisme allemand est une erreur catastrophique à terme et Angela Merkel est très surestimée. Qu’a-t-elle fait si ce n’est profiter des politiques de ses prédécesseurs sans rien toucher ?

  3. Pierre dit

    Vous oubliez l’éléphant noir : Deutsch Bank…

    Depuis 2008, on nous assomme avec le mythe prusse, qui se décline.
    Exemple :
    -Merkel la « dure », alors que ses actes montrent qu’elle est une Hollande (ou Sarkozy) en jupons.
    -Les allemands sont « durs » par rapport à l’Euro, la banque centrale, la monnaie, alors que c’est Merkel qui a nommé Draghi le faussaire à la BCE.

    Autre mythe : la bonne santé de l’économie allemande. Oui bien sûr les excédents commerciaux furent impressionnants. Plein de pognon.

    Mais personne ne parle du système bancaire allemand et de DB qui est un Lehman puissance X (DB est gorgée de produits dérivés, son bilan est kolossal).

    Rappelons pour la bonne bouche que Merkel la « dure », l' »Intransigeante » fut la première… à bailouter de manière honteuse une banque : Hypo Bank… à l’automne 2008 !

    Ajoutons une non existence absolue dans le domaine diplomatique, et un suicide organisé par Merkel avec les « migrant ».

    Bref, la Prusse que notre hôte dénonce souvent est un mythe planté au milieu Potemkine.

    Bien entendu, tous les autres sont dans la même situation (USA, etc.). Mais in fine c’est une course à l’échalotte vers le 0. Tout est relatif. Donc l’Allemagne pourrait mieux s’en sortir que les autres.

  4. cincinatus dit

    il y a un aspect encore peu évoqué car pas correct politiquement :l’islamisme militant des migrants les quelques chrétiens qui sont parmi eux se font agressés et ils tentent déja d’imposer leurs conceptions de vie

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *