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Quel sursaut national et républicain pour gagner cette guerre?

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La France est en guerre! dans une guerre protéiforme certes, mais pas si nouvelle. La guerre de 14, déjà, avait commencé par une phase de terrorisme avant de se transformer en conflit militaire ouvert. La particularité de la guerre qui vient est d’être à la fois intérieure (par des actions terroristes dont on sait maintenant qu’elles peuvent être vastes, meurtrières, bien plus aveugles encore que le 7 et le 8 janvier), et extérieure, avec des opérations directes sur le terrain, au Mali, en Syrie, et probablement ailleurs dans les mois qui viennent.

Certains continuent le déni et attendent le prochain attentat encore plus meurtrier, encore plus dévastateur pour se poser la question de la bonne réaction à avoir. Au nom de la lutte contre le fascisme, d’ailleurs, ceux-là sont les meilleurs alliés du fascisme: ils refusent toute action pour précipiter la décomposition de notre régime (qui n’en avait guère besoin) dans les pires conditions qui soit. Le vide politique qu’ils prônent de fait constitue la meilleure préparation à un coup autoritaire qui aura définitivement raison de nos libertés.

Pour éviter ce suicide de la démocratie, il faut gagner cette guerre qui nous est déclarée. Pour gagner cette guerre, seul un sursaut national et républicain sera capable d’inverser la spirale de l’impuissance sur laquelle nous déclinons depuis plusieurs années. La question que beaucoup se posent est de savoir en quoi doit consister ce sursaut. Voici quatre idées pour orienter l’action.

Lancer un pacte laïque

On en pense ce qu’on en veut, mais la laïcité constitue un socle de cohésion nationale simple à comprendre et à pratiquer, qui a le mérite d’avoir fait ses preuves. Encore faut-il avoir le courage politique de l’adapter au contexte nouveau et de le mettre en oeuvre sans mollir, mais sans excès.

Pour remettre les pendules à l’heure sur un sujet qui a connu des interprétations glissantes depuis plusieurs années, il est à mon sens indispensable de formule un nouveau pacte laïque expliquant clairement que la religion est une affaire privée et qu’elle n’a pas sa place dans les affaires publiques.

Ceci implique d’une part l’interdiction de porter un signe religieux extérieur dans la rue, surtout lorsqu’il est sexuellement discriminant. Si le port du voile, en particulier, pouvait s’envisager dans un univers pacifique, il est aujourd’hui le symbole d’une affirmation religieuse qu’il faut se décider à passer à l’as. De même, les prières de rue, ou dans les parcs publics, doivent être interdites. Les imams qui prêchent le terrorisme doivent être expulsés.

Sur le fond, il faut expliquer, sans hargne mais sans faiblesse, avec respect et empathie, à l’ensemble des communautés religieuses en France que leur liberté de pratique s’arrête là où la vie publique commence.

En contrepartie, toute discrimination, notamment dans l’orientation scolaire ou dans l’accès à l’emploi, doit être durement pénalisée.

Refranciser la France

La France n’est pas le pays ringard, coupable, raciste, odieux, que les bobos nous dépeignent à longueur de journée. La France a produit la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. La France porte une construction européenne où elle laisse de plus en plus de plumes. La France offre la santé gratuite à des nouveaux arrivants qui n’en ont pas le dixième chez eux. La France ouvre des bibliothèques gratuites, des musées gratuits, des écoles gratuits dans des quartiers habités par des gens venus de pays où ces biens collectifs n’existent pas.

Nous n’avons pas à rougir de cette politique d’accueil et nous ne devons pas accepter qu’elle soit minorée par ceux pour qui elle est faite, où par ces éternels pénitents, ces pharisiens modernes qui se complaisent dans une culpabilité collective qui ne repose que sur leurs fantasmes.

Puisque cette politique d’ouverture ne fonctionne pas, nous devons remettre en marche le creuset français. Il faut refranciser la France. Cette politique de long terme doit commencer par deux mesures d’état-civil simple:

  • faciliter le changement de nom pour que tous ceux qui portent un patronyme étranger puissent facilement (et librement) le franciser
  • imposer le port d’un premier prénom indo-européen pour tous les enfants qui naissent sur le sol français

Réorienter notre politique extérieure

Depuis plusieurs années (sous Chirac déjà…), la France mène une politique extérieure de rapprochement avec les Etats fantoches du Golfe, ces inventions pures de l’Occident qui, comme le Docteur Frankenstein, voit aujourd’hui ses créatures lui échapper. Tout le monde sait que les Etats du Golfe financent largement les mouvements terroristes qui saignent nos rues. Cette politique absurde doit s’arrêter.

Vis-à-vis des Etats du Golfe, le moment vient de forger une doctrine durable, qui soit indépendante de la vision américaine ahurissante. Sur le fond, on voit mal pourquoi une minorité de princes bouffons, qui n’auraient pas figuré dans des opérettes de province il y a cent ans, accapare la rente pétrolière née de la consommation des autres pays du monde. Le bon sens consiste à mutualiser cette rente pour la mettre au service d’un développement des pays les moins riches.

Il devient urgent d’adopter cette politique et de ne plus financer le terrorisme international par la rémunération (à nos dépens) de la rente pétrolière.

Plus profondément, la France doit revenir à sa politique arabe traditionnelle, fondée sur une recherche du consensus avec ses partenaires méditerranéens, et sur une protection des chrétiens dans le monde musulman.

Assumer notre destin militaire

La France n’est la France que par son rayonnement. Le rayonnement de la France est indissociable de sa présence militaire dans le monde, et de sa capacité à la faire valoir pour être entendue des nations. Cette composante militaire est au coeur de notre destin avant même la présence romaine en Gaule.

Accepter ce destin implique deux conséquences immédiates.

D’abord, il faut immédiatement cesser la politique de réduction des moyens militaires entreprises depuis Jacques Chirac. Nous devons disposer d’un outil militaire crédible, moderne, efficace, et capable de restaurer la voix de la France dans le monde.

Ensuite, nous devons désormais nous doter d’une doctrine militaire adaptée à une nouvelle vision de notre politique étrangère. J’ai dit plus haut ce que celle-ci emporte comme conséquences dans notre conception du Moyen-Orient. Ajoutons qu’il nous faut une doctrine de sens équivalent en Afrique, mais aussi en Europe. Nous ne pourrons durablement accepter l’appauvrissement du pays que nous impose l’Allemagne et son instrument communautaire, sans réagir.

Ces choix, nous le savons tous, sont aussi cruciaux que difficiles. Ils sont longs, coûteux, ne se feront pas par un coup de baguette magique, et imposeront aux Français de lourds sacrifices. Mais nous avons une seule responsabilité: laisser la France, lorsque nous partirons, dans un meilleur état que celui où nous l’avons trouvé. Et sans le sursaut national évoqué ici, c’est le contraire qui se produira.

Nous devons aujourd’hui faire preuve de courage pour gagner la guerre qui est portée sur notre sol. Ce courage est la seule voie pour que nous continuions à dire: vive la République! vive la France!

23 commentaires

  1. Pourquoi « républicain » ? Les royalistes n’ont pas le droit de participer au sursaut national ?

    Le sursaut pourrait commencer par le fait d’arrêter de se payer de mots et, par exemple, de cesser de mettre cette république vide de sens à toutes les sauces.

  2. bip20 dit

    C’est un plaisir de lire quelqu’un de bon sens et qui défend les valeurs de la République. Pourquoi l’intérêt personnel des hommes au pouvoir est-il quasi-toujours contre celui de la Nation ? Qui commande leurs actes et le gagnant-gagnant existe t-il dans ce domaine ?

  3. pil dit

    Quand les incapables et courtisans du secteur public et privé seront démystifiés, quand l’hypocrite bêtise des petits arrangements personnels seront dénoncés en place publique, alors les roitelets désinvoltes et désastreux qui sont « placés » aux plus hautes fonctions de la société françaises devront partir.

  4. Pierre dit

    C’est dommage : vous tombez dans le piège.

    « République », « sursaut », « guerre », « destin militaire » (!), tous les grands mots, avec en prime des mesures aussi absurdes que liberticides (exemple : prénom français obligatoire !)…

    Le but du jeu c’est que l’étranger choisisse lui-même un prénom français pour son enfant car il veut s’intégrer. C’est ce que firent les portugais, les espagnols, les polonais, les italiens etc.

    C’est ce que ne feront JAMAIS les populations musulmanes importées (ou alors, sous la forme de la tromperie, la taqiyya).

    En outre, vous ne parlez à aucun moment des 2 problèmes ontologique :
    -l’immigration hors de contrôle
    -le contrôle des frontières, et donc l’appartenance à l’UE !

    Aucune de vos « mesures » ne pourrait voir le jour au sein du carcan des bruxellois fanatiques. Vous le savez très bien, pourtant pas un mot.

    Idem pour l’immigration.

    Bref, la première vraie mesure politique c’est de sortir de l’UE (et de l’Euro), afin de rétablir notre souveraineté.

    Toute notre souveraineté.

    C’est la condition sine qua non.

  5. Soulé Diawara dit

    « Refranciser la France » en imposant un prénom indo européen à tous les enfants nés en France proposition à la fois absurde et fondamentalement liberticide discriminante. Pendant qu’on y est pourquoi ne pas imposer la couleur de la peau à tous les enfants nés en France. Cela va au delà de l’assimilation, cette proposition est la négation même du concept de la république. Déciment la dérive continue mais en pire.

  6. Le Maout dit

    L’avenir passe par l’Europe. Je vous écris ce commentaire de Hambourg. Vous n’imaginez pas l’impact en Allemagne des attentats en France. Le terrorisme est un problème mondial.

    • Ankou dit

      Oui, mais pas de cette Europe de technocrates que Charles aurait d’un revers de mains baptisé le Machin.
      Et surtout pas de cet euro qui profite effectivement à l’Allemagne, qui veut les bénéfices sans avoir à supporter les pertes.
      Que se passe-t-il en France entre les régions les plus riches et les plus pauvres? Des transferts de richesse que la Prusse n’a jamais voulu accepter.
      Pour en revenir au sujet, les événements récents en Iraq, en Lybie et en Syrie, par des volontés essentiellement américaines d’apporter leur Démocratie sans se soucier des peuples, seulement d’intérêts financiers, cesdits événements ne pourront définitivement et à court terme s’effacer.
      La turbulence risque effectivement de durer.

      L’Europe a été construite dans le but de maintenir la Paix, telle qu’elle fonctionne elle génère la Guerre.

  7. GERARD R. dit

    A tous ceux qui conservent une once de bon sens, je ne saurais trop recommander, de visionner cette vidéo:

    https://youtu.be/IMIyrecXPsw

    Puissent les lâches qui gouvernent l’ Europe et leurs subalternes, les gouvernements nationaux, s’inspirer des sages paroles de l’invité. En espérant qu’en ce domaine, il n’ y ait pas loin, de la coupe aux lèvres…

  8. STEIGER dit

    Ranger l’Islam au rang d’une religion telle que nous l’entendons dans notre organisation républicaine est une erreur fondamentale, une faute de discernement. La politique est consubstantielle à l’Islam, et ne saurait intégrer ses règles exclusives à d’autres régimes constitutionnalisés sur des bases différentes, si ce n’est contraires. Vouloir un Islam « de France » a été une faute politique absolue, et donner pignon sur rue aux mosquées la pire des ouvertures à l’intrusion. Un des préceptes du Coran est d’avancer masqué pour étendre sa mainmise. Tout est dit.
    Cette « constitutionnalité » de l’Islam fait politique lui a donné droit de cité par ses conquêtes sur des territoires dans lesquels il fait loi depuis, sans avoir évolué. Cette constatation devrait suffire à convaincre. Notre modernité « civilisationnelle » les a intégrés dans les usages du commerce et des échanges, en respectant les postulats théocratiques qui les gouvernent. Cela doit suffire. L’Islam, en l’ »état », ne peut être assimilé à une religion, pas plus que le « communisme » de la grande époque ne le fut, toute chose étant comparable.

  9. Béber dit

    Imposer un prénom Indo-européen pour régler le problème du terrorisme ?
    On devrait demander ce qu’il en pense à Omar Sy, Gad Elmaleh, Jamel Debbouze , Zinedine Zidan , Nagui etc..

    Bon, on dira que l’émotion perturbe le raisonnement et que l’événement que nous avons vécu est gravissime : c’est éffectivement une déclaration de guerre.

  10. Béber dit

    Une guerre contre qui, contre quoi? C’est le fond du problème , non?

    Certains disent que Daech, c’est 20000 combattants , mais combien de sympathisants ?
    Et nous , combien de forces à leur opposer , combien d’actions à mettre en place sans auto détruire notre nation qui est métissée depuis TOUJOURS ?
    L’important est de comprendre pourquoi la notion de laïcité peut être mal perçue , et pourquoi il serait préférable d’évoquer le « vivre ensemble. »
    http://www.lefigaro.fr/livres/2015/11/15/03005-20151115ARTFIG00067-boualem-sansal-la-france-laique-adversaire-majeur-des-islamistes.php

  11. Gordion dit

    Cher Eric, ce que vous suggérez fait sens. Permettez-moi de compléter le paragraphe sur le pacte de laïcité. A l’instar des E-U, pourrions-nous aussi demander aux ressortissants étrangers qui rentrent sur le territoire national de confirmer qu’ils ne viennent pas en France pour attenter à notre Constitution – laïque – et à ses institutions.
    Je pense que l’Exécutif doit impulser l’arsenal juridique que le Parlement devra voter. Je rappelle à quelques énergumènes que nous sommes dans un Etat de droit. La loi martiale n’est pas encore en vigueur, et le souhait d’un coup d’Etat pour rétablir l’ordre débouchera sur une guerre civile, avec pour conséquence la condamnation par l’UE, l’ONU, etc…Quoi qu’on puisse en penser, nous sommes dans un système démocratique et sommes juridiquement au moins – éthiquement, c’est un autre débat – tenus de respecter les traités, conventions internationales que nous avons signées, faute de quoi nous ferions face à des recours, « class actions » devant la Cour Pénale Internationale, la CEDH, etc. Sans compter les flux financiers qui se tariraient, les investisseurs étrangers et nationaux fuiraient le pays. Est-ce cela que nous voulons?
    Pour en revenir au législateur, je pense qu’un débat sur la place de l’Islam en France doit avoir lieu, or, pour ce faire, nous n’avons pas la liberté civile et pénale pour le faire: les lois Gayssot nous en empêchent. Nous savons tous que le politiquement correct en France et ses ayatollahs empêcheront que ce débat sur le fonds ait lieu. Une proposition de loi pour abroger la loi Gayssot me semble indispensable pour qu’un tel débat fondamental pour que notre civilisation et notre système laïc survive.
    L’arsenal juridique doit aussi être complété par une loi sur le rétablissement de la peine capitale pour ces terroristes. Les terroristes, eux, n’ont pas aboli cette peine capitale que je sache. Le sanglot de l’homme blanc – pour reprendre les propos de notre hôte – si bien représenté à l’UE – rappelons-nous ce que Juncker a dit sur le sujet quand le PM hongrois a publiquement évoqué cette possibilité dans son pays – et en France nous empêchera-t-il de compléter le pacte laïc, le respect de la Constitution, et l’anéantissement de ces terroristes qui tuent au nom de l’Islam?
    Quand entendra-t-on les multiples représentants et prête-noms des institutions musulmanes de France clamer qu’un débat théologique sur le Coran, son interprétation, ses erreurs, et surtout sa modernisation est nécessaire? Jamais j’en ai peur, car l’Islam est une civilisation, pas une religion. Par delà le combat sous ses aspects militaire, idéologique, culturel, associatif, politique qui siéent à une démocratie, ne négligeons pas l’importance du droit. Les US ont parfaitement appliqué les principes de Tocqueville pour défendre leur Constitution, et pour imposer leurs vues au reste du monde, saurons-nous faire la même chose – en France – et rouvrir le débat sur la prévalence/primauté du droit français sur le droit européen…..vaste chantier, même sur une durée limitée.

    Cher Eric, continuez vos analyses, propositions, nous les diffuserons, et les soutiendrons.

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