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Journal de guerre: le procès du déni commence

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Les attentats de vendredi sont-ils la conséquence directe d’un long déni collectif sur la question de la radicalisation qui touche une partie de la communauté musulmane en Europe? La question fait son chemin dans les esprits, et les langues se délient.

Le déni à la RATP

Il y a quelques mois, en prenant le bus 96 avec ma fille, j’avais été frappé par une scène étonnante. Le bus était bondé et j’avais demandé à un quinquagénaire de me céder sa place pour éviter que ma fille ne tombe. Il se trouve que ce quinquagénaire avait un physique maghrébin. Il refusa catégoriquement de se lever en m’indiquant que les places pour handicapés, c’était plus loin dans le bus. Comme le bus était bondé je ne pouvais y accéder. Le ton est monté. Le chauffeur de bus, lui aussi maghrébin, a arrêté l’autobus pour m’interpeller en m’indiquant que le passager n’avait pas à me céder sa place.

Je découvre aujourd’hui que la RATP est l’entreprise de France qui emploie le plus grand nombre de « fiches S », selon l’expression désormais consacrée. Elle affecte ces profils aux quartiers difficiles, dont le mien. Je ne suis pas étonné…

Il semblerait que les signalements sur ce genre de cas aient fortement augmenté ces derniers mois. Mais la présidente de la RATP, Elisabeth Borne, ne voit rien, n’a rien vu, ne comprend pas où est le problème. Peut-être devrait-elle de temps à autre utiliser les transports publics à Paris.

La technostructure et le déni

Le déni d’Elisabeth Borne me paraît emblématique du mal français. Issue des grandes écoles d’ingénieurs, elle a été directrice de cabinet de Ségolène Royal au ministère de l’Ecologie. Elle appartient à cette caste de bourgeois de gauche qui vivent dans les beaux quartiers, tous ces petits marquis qui donnent des leçons de mixité sociale à tout va mais se gardent bien de les mettre en pratique. Cette caste fonctionne sur un schéma économique simple: ne jamais s’avouer à soi-même que l’on vit à rebours des principes que l’on défend. Le déni est le maître mot de l’existence.

Lorsqu’un membre de la caste rencontre quelqu’un qui lui parle de la vraie vie des quartiers, il répond forcément: c’est du populisme, vous faites le jeu du Front National, etc. Cette dialectique bien rodée, imperméable à la raison, a coûté des centaines de vie cette semaine.

La SNCF et le déni

Il n’y a pas qu’à la RATP où le déni triomphe. La SNCF, pour des raisons encore plus coupables, n’échappe pas à ce scandale. Ce matin, j’ai pris le TGV pour me rendre à Grenoble. Ensuite, je l’ai pris au retour de Lyon à Paris. Je l’ai vu: la SNCF s’offre le luxe de n’organiser aucun contrôle des voyageurs avant le départ, alors qu’une tentative de massacre a eu lieu dans le Thalys il y a quelques mois. Pour des raisons budgétaires et de paix sociale (surtout ne pas mettre les contrôleurs au travail), Guillaume Pépy, le PDG de la SNCF, a décidé que ces contrôles ne se feraient pas.

Qui peut affronter Guillaume Pépy dans l’appareil d’Etat? Le bonhomme mériterait cent fois son départ de l’entreprise, dans des conditions plus ou moins bonnes. Entre le déraillement d’un TGV d’essai rempli d’enfants du personnel ce week-end, les catastrophes ferroviaires jamais expliquées, les déficits de l’entreprise, son manque de rentabilité, il est évident que ce grand commis empêche la modernisation du rail français.

Mais il est au Siècle, il fait partie des puissants réseaux homosexuels, il est influent à gauche, il dispose d’un trésor de guerre pour assurer sa promotion personnelle. La France est malade de ces combinazioni où les influences passent avant la compétence, où une élite avaricieuse vit dans un entre-soi dont elle tire un profit égoïste, dans l’oubli total de l’intérêt général.

Puissions-nous gagner le droit de le dire et de le faire entendre avant que d’autres morts n’en soient victimes!

Molenbeek et le déni

La France n’est pas la seule à souffrir de ce déni imposé par les puissants. En Belgique, le fils du ministre Charles Moureaux, Philippe Moureaux, fut bourgmestre de Molenbeek, désormais surnommé Molenbeekistan, tout en enchaînant des postes de ministres comme la Belgique peut en avoir le secret. Pendant 20 ans, il va s’employer, pour des raisons électoralistes, à transformer sa commune en ghetto arabo-musulman, finançant au passage des associations qui ont fait le jeu de la radicalisation.

Aucun des terroristes qui a frappé en France depuis plusieurs années n’a échappé à un petit stage préalable à Molenbeek. Mais aborder le sujet était interdit, sauf à être taxé de racisme ou d’islamophobie.

Là encore, le déni a tué, en nourrissant une hydre dont nous n’arrivons pas à couper toutes les têtes.

Zemmour et le déni

Assez absurdement, Eric Zemmour a suggéré de bombarder Molenbeek. Le trait d’humour vaut ce qu’il vaut et il suscite une polémique. Au-delà de la boutade, Zemmour ne semble pas avoir compris que le problème n’est pas la présence de musulmans à Molenbeek, mais l’absence de Molenbeek à la France. La Belgique est une imposture. Son territoire est un élément indispensable à la sécurité nationale française. Les coalisés le savaient en 1815: c’est pour cette raison qu’ils ont imposé la partition belgo-hollandaise à la France.

La France ne retrouvera sa pleine sécurité qu’en réparant cette usurpation historique et en reprenant ses droits sur ses fiefs fondateurs, et singulièrement sur la Flandre, à laquelle Molenbeek appartient géographiquement.

Démonstration est faite, en tout cas, que les Belges, et tout spécialement les Flamands, ne sont pas capables d’être indépendants.

Le parti socialiste et le déni

Ce que le sénateur Destexhe reproche à Philippe Moureaux est simple: avoir préparé sa réélection par une paupérisation de sa commune sous égide musulmane. Les socialistes bruxellois ont préféré encourager une immigration de masse qui leur assurait leur réélection plutôt que de défendre l’intérêt général au péril de leur carrière politique individuelle.

Voici une description qui pourrait s’appliquer à bien des élus français. On pourrait interroger, par exemple, Claude Bartolone, sur son action en Seine-Saint-Denis. On n’y trouverait pas un autre carburant que celui-là. Et au-delà, la politique fiscale de Manuel Valls participe de la même logique: encourager les pauvres à rester pauvres, pour conserver les meilleures chances de se maintenir au pouvoir.

Dans ce système, le déni est essentiel: toujours parler de solidarité mais n’y jamais penser, toujours penser à sa réélection mais n’en jamais parler.

Le déni et les fiches S

Le blabla politique est revenu et Laurent Wauquiez préconise d’interner ceux qui sont « fichés S ». Sa détermination m’étonne. J’entends la question posée depuis plusieurs mois. Pour être exact, lors d’un déjeuner avec JB, début août, le sujet est venu sur le tapis. Il m’était présenté comme une question posée dans une loge du Grand Orient composée de policiers. Manifestement, dans la police, le principe de l’internement est acquis. Il est amusant de voir Laurent Wauquiez agiter une idée qui vient de la gauche mais que la gauche n’a pas officiellement développée.

Pour l’instant, le déni règne sur ce sujet. Mais il est manifeste que la décision d’interner les suspects est déjà prise. Tout ne sera que question de temps et de méthode pour y arriver.

Le déni et la démocratie

La démocratie française fonctionne aujourd’hui sur le déni. Il ne faut jamais parler des problèmes, et il faut les régler sans le dire, ou les laisser péricliter en affirmant qu’on les règle.

Cette méthode du déni s’appelle le mal governo et la saine réaction populaire à l’issue des attentats consistent à refuser l’hypocrisie généralisée. Pourvu que le peuple français tienne bon et parvienne à restaurer la transparence politique, dans les discours et dans les actes, dont nous avons besoin.

 

 

13 commentaires

  1. GERARD R. dit

    Tout est dit dans l’article ! Ce qui fait la force des « négateurs » c’est que eux, ils sont hermétiques au simple bon sens, alors que ceux qui les critiquent, sont des petites natures qui s’émeuvent d’être seulement traités de « fachos » ou de racistes.

    Moi, personnellement, cela ne m’a jamais empêché de dormir. Dans la mesure où je considère qu’être raciste est un droit inaliénable, au seul motif, que personne ne peut m’imposer d’aimer qui je ne veux pas.
    Si vous sortez de ce postulat, vous êtes fichus !

  2. Arnaud Duval Ecrivain, Professeur Association Education populaire dit

    Ma famille a subi infiniment pire… vingt ou trente plus tôt ! Dans des quartiers « tranquilles », Avenue Daumesnil ou Avenue Denfert-Rochereau. Agressions par des gangs maghrébins renforcés par des « Coulibalys » armés de couteaux de 30 cm. Au retour de l’hôpital, les victimes sont insultées, menacées ou mises en quarantaine dans les couloirs, les cantines ou les salles de réunions du Ministère de l’Education nationale. Les militant_e_s gaucho-socialistes ou gaucho-socialistes qui martyrisent les familles de victimes ne valent pas mieux que la Gestapo ou les SS… en croyant manifestement appartenir à une « race supérieure ».
    Arnaud Duval Administrateur Civil honoraire, Officier des Palmes académiques, auteur aux Editions d’ORGANISATION – groupe EYROLLES
    Ouvrage réédité « TESTEZ VOTRE LOGIQUE »

  3. Alexandre A dit

    Merci pour ce billet qui lève le voile sur quelques dysfonctionnements de nos organisations.

    J’ai néanmoins une interrogation sur la possibilité d’interner des gens fichés (par qui ?), dans un pays (cartésianisme oblige ?) où l’on aime tant tout classer, ranger et laisser dans des cases… Peu étonnant que ce soit Wauquiez qui reprenne le sujet vu son expérience consécutive à la fusion Assédic – ANPE !
    Pour l’anecdote, on ne cédait pas davantage une place assise dans des bus de l’ouest parisien en 1942 à des femmes enceintes de 7 ou 8 mois (ces femmes ne portaient pas et n’avaient pas à porter l’étoile jaune).

    Connaissez-vous une étude de référence sur les cycles de hauts et de bas en France à travers les siècles ? Merci

  4. MJ dit

    On parle de la RATP et de la SNCF mais pourrait on parler des personnels sur les tarmacs des aéroports ?
    à moins que seuls les avions russes puissent être des cibles.

  5. Candelier p dit

    Pauvre malheureux. Impossible de s’assoir dans le bus bondé parce que un maghrébin occupe le siège. On réclame son privilège de noblesse ? En quoi est ce que le directeur de la RATP est responsable ?

    • Euh… il y a un règlement de la RATP qui prévoit une place assise pour les adultes avec enfant de moins de 4 ans. Mais peut-être trouvez-vous qu’il est très raciste de demander à chacun, sans discrimination, de respecter cette règle écrite.

  6. Dame Ginette dit

    Dormez tranquillement, hollandouille et sa clique veillent : allant ce jour de Colmar à Fribourg, passage de frontière : aucun contrôle ni le matin, ni le soir en rentrant. Donc on entend de grandes envolées sur la surveillance des frontières et en fait, 48 h après les évènements, rien, personne. Sans doute aucun moyen anticipé…

  7. Ce n’EST PAS du déni, c’est volontaire !
    Vous sombrez dans l’angélisme, en croyant que des naïfs se font avoir inconsciemment. Ils profitent de cette situation: les immigrés sont les soutiens de la « générosité » socialiste en votant pour eux, il faut les ménager.
    Quand ils avaient du trav

  8. ail (pardon), mais c’était avant, les petits patrons racistes les encourageaient. Maintenant qu’ils sont au chômage (3 fois plus que la moyenne), ils servent a voter socialiste et à justifier les budgets hors contrôle des municipalités.
    Cette politique est délibérée, volontaire et cela explicitement. Le déni c’est vous: vous ne vous rendez même pas compte qu’on vous fait avaler des lois inutiles pour pallier un inaction volontaire ! Et cela pour mieux pour vous faire taire vous, au cas bien sur où vous rendiez compte du pot au roses…

    L’histoire des fiches « S » est un leurre dont on peut s’étonner que des gens intelligents suivent: seraient ils si intelligents que ça ?
    En gros: il s’agit d’un suivi anticipé. Si vous les mettez tous en prison, il vous faudra une fiche S2 pour anticiper la première. Bref, une connerie en barre.
    Tout comme le fait de le rendre public, ou encore pire de leur mettre un bracelet électronique, comme l’un des frères kouachi: vous savez, ça rend méchant un bracelet électronique, ça gratte.

  9. Jean-Marie dit

    Déni de démocratie ? Démocratie ? C’est quoi çà ?

    On aura beau dire, on aura beau faire « Dès que nous disons le mot « démocratie » pour nommer notre mode de gouvernement qu’il soit américain, allemand ou français, nous mentons. La démocratie ne peut jamais être qu’une idée régulatrice, une belle idée dont nous baptisons promptement des pratiques très diverses. Nous en sommes loin, mais encore faut-il le savoir et le dire »(A.E)  

    « Nous sommes victimes d’un abus de mots. Notre système (les « démocraties » occidentales) ne peut s’appeler « démocratique » et le qualifier ainsi est grave, car ceci empêche la réalisation de la vraie démocratie tout en lui volant son nom. »  (S-C.K)

    « La démocratie, c’est le nom volé d’une idée violée » (J-P.M).

    « L’erreur ne devient pas  vérité parce qu’elle est approuvée par beaucoup » (M.G)

    « Ce n’est pas parce qu’ils sont nombreux à avoir tort qu’ils ont forcément raison » (M.C)

    «  Ceux qui regardent le vote universel comme une garantie de la bonté des choix se font une illusion complète. » (A.T)

    « Qui trouve globalement rationnelles et louables nos organisations et pratiques sociétales, en particulier sur le plan politique et économique et a fortiori environnemental, ne l’est guère » (I.I)  

    Alors ne rien faire ? Certainement pas. Mais plutôt que d’être peu ou prou obsédé par l’avoir, s’efforcer sereinement chaque jour de davantage être,    donc d’ Aimer – en commençant par autour de soi  –  malgré tout.

    Et si, que ce soit pour des raisons altruistes ou égocentriques, on agit politiquement malgré tout, il faut explicitement promouvoir l’information contradictoire préalable par Internet     afin que le nombre des « minoritaires »  – censés se soumettre à la décision majoritaire – soit réduit au maximum.

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