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Journal de guerre: sous l’hommage, les lézardes

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Peu de Français avaient pavoisé à l’occasion de l’hommage national rendu aux victimes des attentats du 13 novembre. Peu à peu, derrière l’émotion toujours intense en terre de France et même au-delà, des questions se posent et des signaux se multiplient, qui laissent penser que l’horreur de ces dernières jours n’est qu’un début plutôt qu’une fin.

D’autres attentats en préparation?

Europe 1 et Valeurs Actuelles révèlent un témoignage crucial sur ce qu’Abaaoud et sa cousine se seraient dits lorsqu’ils se sont retrouvés à Aubervilliers, le mardi suivant l’attentat.

le témoin explique, lors de son audition, qu’Abaaoud lui aurait confié qu’il y « en aurait d’autres » [des attentats, NDLR] et qu »‘ils feraient encore pires dans les quartiers proches des Juifs » et que « des diversions dans les transports et les écoles » étaient prévues. Qui se cache derrière ce « ils »? « D’autres frères déjà en place », aurait répondu Abaaoud, ajoutant que « tout était prêt ».

L’état d’urgence n’est pas prêt d’être levé.

L’imam de Villetaneuse évincé

Toujours selon Valeurs Actuelles, l’imam de Villetaneuse, Mehdi Kabir, a précipitamment quitté son minbar avant la diffusion d’un reportage de M6 qui lui était consacré. L’intéressé y est vu en train de prononcer ce sermon mémorable:

« Celui qui mange du porc a tendance à avoir le comportement d’un porc. Les consommateurs de la viande de porc, tu les trouves parmi les gens les plus sales. Les gens qui n’ont pas de jalousie envers leur famille, les gens qui ne se soucient pas de voir leur femme dénudée et embrassée par les autres hommes » avant d’ajouter que  « le prophète a informé qu’il viendra un temps où Allah transformera certains êtres humains en singes et en porcs. »

Mehdi Kabir entretiendrait de nombreux liens avec les radicaux.

Urgence et répression politique

Face à ces menaces, le gouvernement continue à jouer avec le feu en ménageant les chèvres islamistes et en frappant le chou des Français. Les dirigeants d’EELV ont par exemple protesté contre l’assignation de l’un des leurs à résidence dans le cadre de l’état d’urgence. Il s’agit de Joël Domenjoud, adversaire de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, soupçonné de vouloir faire une action d’éclat à l’occasion de la COP21.

Les mêmes dénoncent une perquisition en Dordogne, chez des maraîchers bio qui avaient participé à un blocage routier pour protester, il y a trois ans, contre la construction de ce fameux aéroport.

Répétons-le, la politique sécuritaire vise à contrôler les citoyens honnêtes avant de contrôler les délinquants. Nous vivons les premiers signaux faibles envoyés par un Etat plus soucieux de se protéger contre les libertés que de protéger la liberté.

Complaisance vis-à-vis des islamistes

Les télévisions francophones se sont régalées des interviews données par le troisième frère Abdeslam qui vit à Molenbeek. On a abondamment vu l’intéressé déclarer sur tous les tons qu’il n’avait jamais soupçonné la radicalisation de ses frères et qu’il partageait la douleur des familles. On sait, depuis ces déclarations, que les frères Abdeslam avaient été interrogés par la Sûreté belge et avaient multiplié les allers-retours tout au long de 2015 entre la Belgique et la Turquie. Pas de quoi éveiller de questions dans sa famille, qui savait pourtant que Salah vivait avec un revenu inférieur à 1.000 par mois…

La presse belge a révélé hier que les affirmations de Mohamed selon lesquelles sa famille n’avait jamais eu de problème avec la justice étaient un peu trafiquées! Mohamed a en effet fait lui-même d’une condamnation de prison il y a dix ans pour avoir pratiqué le détroussage des cadavres lorsqu’il était ambulancier à Bruxelles. Classe!

Le mal hollandiste a encore frappé

Pendant que la police a pris les choses en main dans le pays, François Hollande s’est envolé pour un tour du monde où il a répété inlassablement aux grands de ce monde sa doctrine de stagiaire ENA: faut faire la guerre à tous les méchants, Bachar el-Assad, Daesh et consors. Faisons une omelette, mais ne cassons pas d’oeufs.

Obama, qui préfère Daesh à Assad, lui a gentiment dit d’aller se faire foutre, avec sa force aérienne de lilliputiens. Poutine lui a fait une offre, mais Hollande a répété qu’il ne voulait plus d’Assad.

Être incapable de choisir et de décider, ça passe quand on est directeur de cabinet d’un Préfet de seconde zone. Pour un président de la République, ça craint. Lorsque le prochain attentat frappera, l’engagement de Daesh sera au même point, et j’entends déjà Hollande dire: « il faut frapper les terroristes au coeur » comme s’il découvrait le sujet.

La Turquie cache ses liens avec Daesh

Deux journalistes turcs viennent d’être emprisonnés pour avoir rendu public l’existence d’un convoi d’armement en partance de la Turquie vers l’Etat islamique. Depuis qu’il a fait 50% des voix, début novembre (après un attentat contre un parti kurde qui a mis l’opinion sous tension), Erdogan ne se sent plus pisser. Il pousse son avantage au maximum: fin des libertés publiques en Turquie, utilisation de Daesh comme troupes auxiliaires pour les sales besognes, probable démembrement de la Syrie, avec la complicité américaine, pour créer un Etat turkmène croupion, reconnaissance d’une territorialité à l’Etat Islamique constituent les joyeusetés qu’il nous prépare pour les prochains mois. J’y ajoute déstabilisation de l’Occident grâce à des envois massifs de réfugiés auxquels se mêlent des terroristes. L’avenir nous dira si, dans la déstabilisation de l’Europe, lui (ou ses services secrets) sont allés plus loin.

Aujourd’hui, la Russie est seule sur le front anti-Daesh et Hollande commet une grave erreur en ne la soutenant pas.

Première riposte russe à la Turquie

Pour l’instant, la Russie n’a pas officiellement pris de mesures de rétorsion contre la Turquie. Dans la pratique, les difficultés commencent à apparaître. Non seulement Poutine a appelé ses concitoyens à ne plus aller en vacances en Turquie et a rétabli l’obligation pour les Turcs d’avoir un visa pour entrer en Russie, mais, à la frontière avec la Géorgie, les camions turcs sont désormais soumis à un contrôle tatillon qui exclut désormais l’exportation de fruits et de légumes turcs vers la Russie.

Une première phase de sanctions économiques n’exclut pas de futurs dérapages sur le terrain. L’ennui, dans cette affaire, est que la France a choisi le mauvais camp.

 

5 commentaires

  1. Gordion dit

    Pour compléter ce que dit l’hôte sur la Turquie :
    Les arrestations de la direction du quotidien kémaliste Cumhurriyet reflètent la dictature de la pensée mise en place Par Le Frère Erdoğan depuis les manifestations de mai-juin 2013. Cet organe de presse est le dernier représentant d’une presse indépendante avec Hürriyet et Turkish Daily News du groupe Doğan. Il ne reste que peu de liberté d’expression pour la laïcité.

    Les desseins du régime turc sont connus : mettre en place un régime feal à Damas aux ordres des Frères Musulmans et du sunnism e rétrograde financé par le Qatar et la création d’un état islamiste aux ordres des Saoudiens. Empêcher la création d’une zone autonome kurde.

    Ceci dit les Russes et le gouvernement de Damas et dans une moindre mesure les kurdes et les américains ne vont peut-être pas se faire la création d’un état islamique aux portes d’Israël. L’Iran non plus pour d’autres raisons. L’Irak chiite non plus.

    Cela augure de nouvelles tensions.

    • catherine V dit

      Et il en reste pour demander (mollement, quand même) que l’on reprenne les négociations sur l’entrée de la Turquie dans l’Europe… Bon, il faudrait déjà que l’Europe survive.

  2. AIMEDIEU dit

    « Être incapable de choisir et de décider, ça passe quand on est directeur de cabinet d’un Préfet de seconde zone. Pour un président de la République, ça craint. »

    A sa place diriez-vous : « Notre centaine de morts justifie qu’on s’assoient sur les centaines de milliers de morts imputable à la politique d’Assad et les valeurs qui nous ont fait nous en indigner et souhaité le voir remplacé par plus soucieux du bien de son peuple, donc, à compter de tout de suite, tournons notre veste et aidons le à massacrer son opposition quelque qu’elle soit » ?

    NB ; Question posée sans méconnaître qu’au plan opérationnel le choix de Poutine soit sans doute le seul possible dans une situation où l’effondrement de l’armée Syrienne sonnerait le victoire immédiate de l’Etat Islamique.

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