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Cambadélis, l’ami du communautarisme

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Cambadélis, le Premier secrétaire du Parti Socialiste, est-il, le Philippe Moureaux français, du nom du bourgmestre socialiste de Molenbeek qui a transformé sa commune en forteresse islamiste? Pour les mêmes raisons que Philippe Moureaux, celle d’une facilitation de sa réélection, lui et ses amis politiques du 19è arrondissement sacrifient-t-ils plus ou moins discrètement les idéaux républicains au profit d’une démagogie religieuse dont les effets pervers sont de plus en plus dramatiques?

Cambadélis et les années de sang

Il faut écouter les déclarations pleines de componction de Cambadélis sur les « années de sang » qui arrivent. A l’entendre, c’est une calamité qui nous tombe du ciel et contre laquelle nous ne pouvons rien. C’est presque aussi beau que du Victor Hugo. Comme la presse qui l’invite sur ses plateaux appartient généralement au service public, les journalistes ne se sentent évidemment pas le droit de lui poser les questions qui fâchent. La première tombe sous le sens: les attentats de Charlie Hebdo ont été commis par la cellule des Buttes-Chaumont, dont le député est… Jean-Christophe Cambadélis. Que pense le député local de la montée de l’islamisme dans sa circonscription et quelle mesure propose-t-il, à part une guerre en Syrie, pour la juguler?

Curieusement, ce sujet n’est jamais abordé. Pourtant, les habitants de sa circonscription (dont l’auteur de ses lignes) se posent quand même quelques questions sur la façon dont leur député instrumentalise de fait la montée du communautarisme pour faciliter sa réélection aux législatives, qui se fait désormais à 70% des voix au second tour.

Cambadélis et sa circonscription

Rappelons quelques vérités sur ce qu’est la circonscription de Cambadélis.

Elle se caractérise d’abord par un premier record: les étrangers y représentent plus de 17% de la population, soit le double de la moyenne nationale. Comme les statistiques ethniques n’existent pas, ni religieuses d’ailleurs, le chiffre sous-estime la réalité. Dans la pratique, la circonscription de Cambadélis est majoritairement non-chrétienne, avec une forte population arabo-musulmane et une importante communauté israélite. Il suffit d’aller place des Fêtes pour voir l’étroite imbrication spatiale entre les écoles juives et les musulmans.


Cambadélis

De ce point de vue, Cambadélis peut d’ailleurs se féliciter d’une vraie réussite collective: les incidents sont plutôt rares et les relations entre communautés sont harmonieuses.

La question est de savoir à quel prix, et surtout au prix de quel renoncement républicain cette harmonie est obtenue.

Cambadélis et les religions

Compte tenu des silences statistiques existant, en France, sur les « minorités », il faut bien pallier comme on peut les vides officiels par des estimations approchées.

Côté Islam, la circonscription de Cambadélis n’est pas celle qui, à Paris, compte le plus de mosquées (elle abrite temporairement la mosquée de la rue de Tanger, en travaux, qui était fréquentée par les frères Kouachi), mais elle est probablement celle qui compte le plus de salles de prières. Elles doivent être au nombre de 7. La circonscription mitoyenne de Christophe Caresche en compte une seule.

Côté judaïsme, la circonscription ne comporte que deux synagogues, mais la communauté présente est plutôt traditionnelle et d’origine séfarade. Elle est donc marquée par l’orthopraxie et soucieuse de préserver une identité bien différenciée.

En outre, la circonscription inclut le nord de la rue de Belleville, où la population chinoise est importante.

Côté catholiques romains, la circonscription compte une petite dizaine d’églises. Statistiquement, il existe donc moins de lieux de culte catholiques que d’autres religions. Ceci n’est pas un indicateur démographique fiable, mais ces courtes statistiques montrent bien que l’espace public est largement multiple et que le poids des communautés y est important.

Tous ces éléments se traduisent par une réalité électorale simple: les communautés sont incontournables dans le vote de l’arrondissement.

Cambadélis et l’apartheid français

On aurait pu penser que, face à ces constats, le député de Paris et Premier Secrétaire du Parti Socialiste joue de son influence passée, actuelle et future pour modérer un état de fait porteur de risques. Le caractère très « populaire » et peu boboïsé de certaines zones de la circonscription s’explique en effet par une très forte concentration de logements sociaux, dont voici la carte en 2002, c’est-à-dire à l’arrivée de la gauche au pouvoir à Paris.

Les logements sociaux à Paris en 2002
Les logements sociaux à Paris en 2002 – source: APUR

Comme la carte le montre très bien, la circonscription de Cambadélis, qui longe Les Lilas, le Pré-Saint-Gervais (commune de Bartolone), Pantin et Aubervilliers, dans le pourtour Nord-Est de la ville, est constituée d’une proportion de logement sociaux supérieure à 20% (zone de couleur la plus foncée), le minimum obligatoire. Les zones où les logements sociaux représentent 100% des logements sont nombreuses, comme dans les ensembles Curial par exemple.

On aurait donc pu penser que, dans le souci de lutter contre l’apartheid dénoncé par Manuel Valls, la gauche et ses décideurs s’entendent pour ne pas accélérer la paupérisation de ces quartiers en y limitant au maximum la construction de nouveaux logements sociaux.

La carte des opérations conduites depuis 2002, produite par l’APUR, prouve pourtant le contraire:

Les logements sociaux à Paris depuis 2002 - source: APUR
Les logements sociaux à Paris depuis 2002 – source: APUR

 

Les petits points verts correspondent aux opérations les plus sociales, et les points oranges aux opérations de logements mixtes. Comme la carte le montre, 13 ans de gauche à Paris se sont accompagnés d’une paupérisation accrue des quartiers déjà appauvris. La circonscription de Cambadélis a fait l’objet de très peu d’opérations mixtes et d’une écrasante majorité d’opérations très sociales, qui visent à ancrer l’arrondissement dans une composition sociologique favorable au député sortant.

On comprend quelle mécanique se met en place: les amis de Camba lui contruisent de nouveaux ensembles où il peut loger des gens au profil qui vont bien et qui voteront comme il faut.

Cambadélis et le chômage

Au passage, ces choix sociologiques assumés, qui consistent à paupériser des quartiers déjà frappés par une forte proportion de logements sociaux, a quelques conséquences évidentes. Par exemple, le taux de chômage dans le 19è arrondissement (la statistique n’existe pas par circonscription, alors qu’elle serait intéressante à lire…) dépasse les 15%, quand il est à 10% en moyenne nationale, et de 8% à Paris dans son ensemble.

La circonscription de Cambadélis est une longue suite de logements sociaux
La circonscription de Cambadélis est une longue suite de logements sociaux

 

Deux fois plus de chômage dans les HLM de Cambadélis que dans le reste de Paris, et aucune réponse, aucune solution sur le sujet, voilà tout un programme! Pour le Français qui connaît mal Paris, c’est probablement un sujet secondaire. Mais si l’on se souvient que la circonscription de Cambadélis compte environ 120.000 habitants, on mesure tout de suite que les enjeux démographiques sont ceux d’une grosse ville de province, et ils prennent brutalement une autre dimension.

Cambadélis et la laïcité

Dans une circonscription aussi mélangée ethniquement et religieusement, et aussi marquée par le logement social, Cambadélis a un problème qui s’appelle la laïcité. Une grande partie de la population qu’il représente à l’Assemblée Nationale a en effet une perception pour le moins lointaine et ne se sent pas toujours obligée de militer activement en sa faveur. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le documentaire qui montre les frères Kouachi dans un programme social se passe dans la circonscription: avec des statistiques un peu plus précises, on pourrait mesurer la forte proportion de décrocheurs scolaires, de filles voilées et de petits délinquants dans cet espace qui a fait la carrière du Premier Secrétaire du Parti Socialiste.

On ne sera donc pas étonné de voir la duplicité de Cambadélis sur le sujet: d’un côté, des déclarations nationales très républicaines, de l’autre, une pratique locale qui s’accommode fort bien d’un communautarisme aveugle grâce auquel la réélection est assurée. Les Belges appellent ça la technique Moureaux.

Des repas de substitution pour les Chrétiens

C’est ainsi que, dans le jardin d’enfant fréquenté par ma fille, le porc n’est jamais servi aux enfants. Si la structure ne sert pas de viande hallal, en revanche, elle a pris le parti de ne jamais servir de porc. Les Chrétiens en sont donc quitte pour demander un repas de substitution qui soit conforme à leurs traditions. Il est d’ailleurs assez étonnant de voir que, en pleine crise de la filière viande en France, les équipements parisiens ne fassent pas acte de patriotisme, uniquement pour faire plaisir aux communautés qui font l’élection du député.

Dans le même temps, les femmes voilées de pied en cap ont un parfait droit de cité dans la crèche. En violation des dispositions sur la laïcité, elles sont en effet autorisées à pénétrer dans les locaux avec des signes religieux ostentatoires. Je ne parle pas ici des petits voiles à la con comme nos grands-mères en portaient en allant à la messe. Je parle de Hijab qui tombent jusqu’aux pieds.

L’assommoir pour les classes moyennes et supérieures

Dans le même temps, on aura noté que l’attribution d’une place dans une structure subventionnée par la Ville se transforme, dans la circonscription de Cambadélis, en un parcours vexatoire qui permet de mesurer la discrimination négative qui s’exerce au détriment des populations réputées non favorables au système Camba. En tant que petit patron, par exemple, j’ai dû présenter un Kbis, ce qui est normal, mais aussi « une facture récente de l’entreprise pour prouver qu’elle existe bien ».

C’est évidemment beaucoup plus simple de demander une place en crèche quand on perçoit une allocation de la CAF: les formalités sont plus simples. L’autre avantage, quand on émane de la CAF, est celui du prix: alors que la crèche me coûte 800 euros par mois, elle est gratuite pour ceux qui ne travaillent pas.

On voit comment la règlementation nationale est, dans la circonscription de Cambadélis, interprétée pour inciter les classes moyennes et les indépendants à partir. Soit tu dépends de l’aide sociale ou tu es fonctionnaire et tout est facile pour toi. Soit tu appartiens à la classe dangereuse de ceux qui travaillent et parlent couramment le français, et tout devient très compliqué. D’ailleurs, tu paies l’impôt sur le revenu, c’est bien la preuve que tu es suspect.

Cambadélis et le communautarisme

Sans surprise, certains membres du Parti Socialiste se sont inquiétés des dérives communautaristes de Cambadélis, celles qu’ils connaissent et qu’ils voient derrière les grandes déclarations d’intention du Premier Secrétaire. Par exemple, au mois de mai dernier, Cambadélis avait imprudemment accepté de participer au dîner du Collectif Contre l’Islamophobie en France (CCIF). Il y a finalement envoyé la porte-parole du PS, Corinne Narassiguin. Ce petit clin d’oeil au communautarisme avait été attaqué par des membres du Bureau National du PS.

Le CCIF dénonce l’islamophobie d’Etat en France, et appartient à la mouvance de Tariq Ramadan.

Quel est le lien entre Cambadélis et la lutte contre l’islamophobie d’Etat? Sa circonscription, où le député peut librement fermer les yeux sur un communautarisme qui lui assure son avenir politique.

Ou comment transformer une circonscription en Molenbeek sur Seine.

24 commentaires

  1. Joseph Favreau Juriste, chargé de cours et TD, directeur d'Ateliers culturels à la Sorbonne et en Associations d'éducation populaire dit

    Cambadélis and Co
    Les affaires de faux diplômes et emplois fictifs du sieur Cambadélis et de ses congénères de la « Génération Mitterrand » (tels que les sieurs DRAY Julien ou DESIR Harlem, ou encore le triste sire dénommé LE GUEN, député du 13è devenu ministre chargé des relations avec le Parlement) sont assez connues. De même la terreur qu’il faisait régner dans les Universités avec ses gangs de nervis trotskistes (d’éminentes professeures des Universités, et notamment une secrétaire générale du SNESUP, portent sur le front ou le devant du crâne des cicatrices du « traitement » que ces nervis leur infligeaient à coups de barres de fer).
    Il est permis d’y ajouter un élément pittoresque …un « changement de sexe » évoqué par un éminent Inspecteur général IGAENR
    Au cours des années 1980, les sieurs Cambadélis et Julien Dray étaient têtes de liste UNEF-ID pour les élections au Conseil national de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, le CNESER – généralement qualifié de « Parlement des Universités ». Les suivants de liste n’ont pas particulièrement laissé de nom dans l’Histoire, sauf peut-être le n°7, un dénommé Désir et prénommé Harlem (… record d’abstentéisme au Parlement européen avec Le Pen, et propulsé Ministre des Affaires européennes, une insulte pour l’Europe et une honte de plus pour la France). Combien de ces individus sont devenus des repris de justice ?
    Ils ne faisaient que de rares et brèves apparitions aux séances, trop occupés qu’ils étaient à organiser de l’agitation pour le compte d’un vieux truand fasciste, polygame et assassin, décoré de la Francisque, né à Jarnac en 1916 et enterré au même lieu en 1996. Il est resté dans l’histoire que le comble de l’agitation fut atteint en 1986, à l’encontre du Gouvernement légitime de la République française et d’un projet de loi de réforme des Universités qui avait le tort d’être progressiste et, avec un minimum de sélection judicieuse, de chercher à mettre en œuvre les principes de méritocratie républicaine.
    Ils se faisaient remplacer par de faux suppléants et fausses suppléantes, notamment une demoiselle Isabelle Martin, qui a fait carrière à la MNEF aux frais des cotisants des grandes Mutuelles de l’Education nationale (taux records d’emplois fictifs). Cette dernière émargeait et intervenait très fréquemment en séance sous le nom d’Isabelle Pipien, usurpant le nom (mais pas le prénom ?) et la qualité d’une honorable étudiante en médecine (… qui en fut évidemment scandalisée, mais ne put obtenir ni réparation, ni même la moindre lettre d’excuse du Ministère).
    Par la suite intervinrent diverses cohortes de faux suppléants, par exemple des « bébés roses » de la « génération Mitterrand », des cloportes proclamant leur volonté de faire carrière comme « syndicalistes professionnels » (sic), ou encore une charmante jeune ingénieure blonde qui venait voter (en levant deux bras !) avec une fausse procuration du député socialiste de service (notamment un ancien suppléant du sieur Hernu dans le département du Rhône).
    Les misérables fonctionnaires secrétaires de séance du CNESER devaient subir des propos méchamment agressifs et menaçants du genre « Tu comptes ces voix ou tu prends la porte ». Les séides de la grosse ordure fasciste qui était Directrice des enseignements supérieurs les convoquaient au 7è étage pour les menacer de « mesures extrêmes » (sic…menaces de mort et menaces d’internement psychiatrique pour cause d’hallucinations… procédés staliniens bien connus).

    Le comble des menaces fut atteint en 1998 quand les séides du sieur Allègre et de la Dame Demichel organisèrent des élections universitaires nationales (sciemment reportées au mois de juillet !), avec un taux de 100 % de fausses domiciliations au bénéfice de l’UNEF-ID et du parti se disant socialiste. Un misérable secrétaire (Administrateur Civil issu de famille ouvrière) réussit à résister pendant encore deux années horribles, et fut finalement « placardisé » en l’an 2000.
    L’Inspection générale de l’Administration, ou tout au moins une inspectrice générale et un inspecteur général, ont battu tous les records d’hypocrisie en « pondant » un rapport sur les élections au CNESER et le fonctionnement dudit Conseil sans faire aucune mention de ces pratiques et des fraudes monstrueuses du parti au pouvoir.
    Il faut dire que les organisateurs des fraudes à la Direction des enseignements supérieurs en ont été récompensés par des promotions les plus flatteuses, soit en interne, soit à l’IGAENR… et même en étant directement nommé Inspecteurs généraux de 1ère classe.
    Quelle classe ! Et, vu le montant des traitements, primes, indemnités et retraites, quelle belle contribution aux déficits publics !
    Un IGAENR, moins méchant ( ?) et moins malhonnête que certains autres (et ayant le sens de l’humour ?) a bien voulu reconnaître plus récemment qu’en fait il n’y avait pas d’hallucinations.
    Il a eu en effet la gentillesse de déclarer à un brave secrétaire qui avait été « placardisé » et menacé d’internement psychiatrique pour cause d’hallucinations : « il ne faut pas être trop amer… Ne sois pas amer… Rassure-toi tu n’avais pas d’hallucination ! »
    Et il a donné une explication scientifique originale : si l’on voyait une demoiselle MARTIN à la place du sieur CAMBADELIS, puis une charmante jeune femme blonde à la place du député PS de service, ce n’était pas une hallucination… c’est tout simplement parce que celui-ci avait changé de sexe !
    Effectivement, les problèmes de « changement de sexe » au sein du parti se disant socialiste
    – et notamment ceux de l’ignoble et répugnant DSK et plus récemment ceux du camarade Pépère , entre l’Elysée et la rue du Cirque à scooter – font plus que jamais manifestement partie de l’Histoire (de la petite, si ce n’est de la grande).
    Il n’en reste pas moins que les pratiques du parti se disant socialiste sont proprement, et même salement hallucinantes.
    Quand dans un pays on organise de tels systèmes de fausses suppléances, trucages des scrutins des Conseils nationaux … et des élections nationales avec un taux de 100 % de fausses domiciliations au bénéfice du parti au pouvoir, cela porte un nom : manifestement cela s’appelle le fascisme.

    Joseph Favreau
    Ancien professeur auxiliaire d’Histoire-Géographie et chargé de cours et TD à la Faculté de droit de Paris et à l’UER Administration publique, Officier des Palmes académiques.

    • déception positive dit

      « manifestement cela s’appelle le fascisme » …. ou tout simplement le communisme qui a été si longtemps exercé au nom de la » Dictature » du soi disant prolétariat. Des amis se mettant en faisceaux il y en a toujours eu et il y en aura toujours. Le problème est celui de la reconnaissance des contre pouvoirs qui, dans une démocratie, sont là pour éviter de tomber dans une dictature. Malheureusement? vous le démontrez avec vos exemples, en France, il y a longtemps que, noyautés, ils ne sont plus que des coquilles vides pour recycler les petits amis. Aujourd’hui la dictature peut donc parfaitement venir de là où on ne l’attendrait pas à priori

  2. JCG dit

    Les mécanismes de sségrégation géographiques sont franchement passionants pour comprendre une des causes du malaise acrtuel.
    Un petit livre d’un agent de l’INSEE y était consacré il y a quelques années. Technique mais complet.
    Outre les phénomènes de ségrégation « naturels » (les très riches ne veulent pas cotoyer les cadres sup, qui ne veulent pas cotoyer les cadre moyens, qui ne veulent pas côtoyer les ouvriers etc …), il y a ces politiques conscientes pour organiser des fiefs électoraux imprenables, ou des actions conscientes de ségrégation raciale via les attributions de HLM. Comment expliquer que dans le val de marne , deux villes au très fort taux de HLM Orly soit très majoritairement magrébine, et Bonneuil visiblement afro-antillaise ? Le hasard ne peut pas y avoir suffit. Miraculeusement les criminels qui ont conscientisé et mis en oeuvre cela sont intouchables car tout comptage est illégal. Ils coyaient acheté une paix sociale et ont nourri les comunautarismes extrémistes.

    Sur un autre sujet : vous dites, : « Soit tu dépends de l’aide sociale ou tu es fonctionnaire et tout est facile pour toi. Soit tu appartiens à la classe dangereuse de ceux qui travaillent et parlent couramment le français, et tout devient très compliqué. D’ailleurs, tu paies l’impôt sur le revenu, c’est bien la preuve que tu es suspect. ».
    Franchement pourquoi tout serait facile pour un fonctionnaire ? J’en suis, je paie des impôts, je n’ai droit à aucune aide, aucune allocation, aucun bon, pas de resto du coeur, aucun quotient familial, nada. Je paie l’impôt sur le revenu, de quoi acheter une belle moyenne voiture neuve tous les ans. Vous dites beaucoup de choses sensées, étayées, mais lorsque vous mettez le mot fonctionnaire dans une phrase vous avez des flashs de non-lucidité incroyables. ils sont quelques millions, mais ils sont quand même tous différents les uns des autres. Si, si .

  3. P.M. dit

    17% d’étrangers qui ne votent pas (pas le droit), 15% de chômeurs qui, majoritairement, s’abstiennent à l’instar des autres pauvres (travers sociologique).
    Cela signifie que les électeurs de Cambadelis appartiennent principalement à des CSP supérieures.
    Si une majorité de ces autres français votent tout de même pour cette droite complexée (plutôt qu’FN ou LR) c’est probablement que vivre dans cette circonscription bigarrée ne les stresse pas plus que ça.
    CQFD!
    Alors, instrumentalisation des non-votants pour influencer les votants en faveur des premiers ?

    Pour ma part, ce qui m’impressionne dans le 19ème c’est bien plutôt l’aspect somme toute assez pacifique de la cohabitation quotidienne de communautés affichant aussi ostensiblement leurs caractères religieux (juif et musulman). Sans doute à cause d’un préjugé tenant à la réputation d’hostilité mutuelle qui leur est faite).
    Cela tient-il au fait qu’elles ne sont pas laissées seules face à face mais qu’elles sont fondues parmi des athées, agnostiques, catho, indouistes, … de conditions sociales, culturelles, pigmentaires, … multiples ?
    Cela tient-il à ce qu’elles intègrent et font passer le vivre ensemble républicain avant toute considération identitaire ou religieuse ?
    Cela tient-il à la couleur politique de ses élus qui maintiennent des services sociaux ?

    Combien de temps encore cette mixité et cette paix résisteront aux discours clivants et à la paupérisation croissante ???

    Avez vous remarqué que le FN fait ses meilleurs scores dans des zones dont les immigrés sont absents ou quasi et, qu’a contrario, ses scores les plus faibles s’enregistrent là où les immigrés cohabitent en plus grand nombre avec les électeurs (français). Seulement 10% de votes (x)phobe dans les 18, 19 et 20ème, moins de 15% à Lyon, Bordeaux, Nantes, …

    Je finirais par croire que la présence d’immigrés ne pose problème aux français que s’ils s’invitent chez eux au travers du discours et des images véhiculées par les mass media et de leur traitement émotionnel de l’info-spectacle.

    Concernant les fonctionnaires et les bénéficiaires de l’aide sociale, l’ignorance ou la paresse intellectuelle vous égare. Je rejoins JCG et j’ajouterai un petit jeu qui vous permettra d’entrevoir de façon ludique à quel point « tout est facile » pour les assistés.

    Établissez une simulation de votre vie en substituant votre budget actuel par un autre, avec 524euros de revenu mensuel (RSA).
    Pour que le jeu soit un minimum crédible, annualisez ce budget.

    Outre l’équilibre, vous vous donnerez deux objectifs :
    – Tenir 2 ans et demi (durée moyenne avant reprise d’activité rémunérée)
    – Conserver votre dignité, vos amis et une vie affective sur cette période (attention, l’attribution du RSA en couple n’est possible que si votre partenaire est aussi pauvre que vous, sinon, vous devrez être à sa charge.)

    Quelques données et hypothèses pour vous aidez :
    – vous disposez d’une épargne 2000euros
    – vous bénéficierez d’un bonus de 150euros en décembre et de 50euros de bons alimentaires par trimestre (sous réserve d’en répéter la demande accompagner de tous les mêmes justificatifs actualisés préalablement dans les différentes administrations et auprès de votre bailleur)
    – Supposons que vous ayez beaucoup de chance et obteniez rapidement un HLM : il vous restera à charge, 150euros de loyer+charges et environ 80euros de frais fixes (eau, gaz, électricité) (variante : comptez 350euros pour une chambre de bonne sous les toits chauffée par convecteur électrique des 70′ sans isolation)
    – vous vivez donc en célibataire
    – vous bénéficiez de la gratuité du pass Navigo mais vous n’aurez aucune réduction sur les autres transports,
    – vous appliquerez une réduction de 50% pour les manifestations culturelles subventionnées uniquement.
    – vous paierez plein tarifs, vos assurances, ainsi que tous les autres biens et services, y compris alimentaires ou vestimentaires ainsi les frais d’entretiens, de stationnement et de contrôle technique automobile.
    – Pensez à intégrer les menues dépenses, produits d’entretien/hygiène, photomatons, photocopies, papeterie et des timbres…
    – au moins un appareil de type machine à laver ou ordinateur tombera en panne au cours le la première année et ne sera pas réparable
    – votre assurance retiendra une franchise de 125euros sur le seul sinistre que vous aurez à subir.

    Pour rire un peu plus, jouer le jeu avec votre médecin, dentiste, pharmacien en annonçant que vous êtes dorénavant à la CMU. Chez le dentiste, demandez si votre nouvelle « complémentaire » vous permet d’obtenir les mêmes prestations qu’auparavant.
    A vos amis, votre famille, jouez ce même petit tour pendant deux semaines après leur avoir annoncé que, très probablement, vous arriverez désormais les mains vides, y compris à Noël, que vous n’irez plus au resto à moins qu’il ne soit « du cœur ».
    La prochaine fois que vous passerez devant une agence immobilière, tentez le coup, pour voir.

    Immortalisez toutes les réactions en caméra-cachée : vous verrez, c’est drôle et tellement facile!

  4. pierre dit

    Mais où voulez-vous venir ? Vivre avec 500 euros par mois ,c’est dur ?

    Oui. Sans doute. Certainement.

    Et alors ?

    Dois-je être tondu de taxes, d’impôts pour :
    -payer vos chers et nombreux et privilégiés fonctionnaires

    -payer votre RSA pour vous permettre de sauver la face chez vos amis ?

    Parlons franchement. Non.

    Pour une raison très simple : je ne me sens plus lié.

    Car vous (vous collectivement) avez déchiré le contrat social.

    -vous élisez des tocards qui détruisent la France, son peuple, son âme son histoire, son économie depuis 40 ans
    -vous les célébrez
    -vous appelez les (rares) résistants des « fascistes », des extrême droitistes
    -et vous finissez par vous plaindre (car bien entendu les politiques que vous défendez, finissent toujours par dévorer leurs propres enfants)

    Vous avez donc déchiré le contrat. Je ne me sens plus lié d’aucune façon (à part une vague tristesse, un souvenir).

    Il n’y a plus de communauté nationale. Vous l’avez détruite, avec constance, et un fanatisme qui étonneront même les lointains historiens.

    C’est bien ce que vous voulez en célèbrant -bêtement- le 19ème, et son patchwork.si coloré, si tendance, si bobo… des gens pourtant qui ne se mélangent pas, et qui s’égorgeront à la première occasion, non ?

    Vous avez donc obtenu ce que vous vouliez.

    Mais ne comptez pas en plus sur moi pour vous entretenir !

    Vous êtes seuls. Et le serez chaque jour davantage. Vous aurez du mal à trouver du réconfort (et votre RSA) auprès des « nouveaux Français »…

    Et avant de mourir, peut-être, vous comprendrez. Et regretterez.

  5. AIMEDIEU dit

    A notre hôte, aux propos duquel je trouve plus d’intérêt, quand il tient sa tête à meilleure distance du guidon des préoccupations bouticopoujadistes de l’entrepreneur. Entrepreneur auquel je souhaite de pouvoir gagner assez pour pouvoir payer encore longtemps deux RSA pour la crèche de son bambin. Et gagner bien plus encore, tant je suis convaincu que jamais les créateurs de richesses ne seront assez bien rémunérés pourvu qu’ils acceptent de bonne grâce de respecter les règles de redistribution du pays dont ils tirent ces richesses. :

    On peut évidemment toujours avoir une explication, si ce n’est complotiste, à tout le moins machiavélique des décisions de nos élus. Mais j’aimerais qu’il nous explique comment, eu écart au coût du foncier, pour faire moins de logements sociaux dans le 19ème il parviendrait à en faire plus dans le 8ème et le 16ème. La critique est aisée, mais les contingences…. font que réussir la mixité sociale est d’autant plus gageure que, loin d’avoir le contrôle sur la répartition socio-économique, et qui pis est ethnique, les commissions d’attribution des logements sont corsetées par tout un ensemble de textes qui, donnant en toute logique républicaine la priorité aux plus nécessiteux… CQFD. On peut le regretter. Ce qui est d’autant plus mon cas que, pour avoir fait de « l’animation de quartier » il y a quarante ans, j’ai été des alors déjà certains de nos difficultés actuelles au constat que, sans se donner des moyens drastiques d’éviter la ghettoïsation, on produirait des cohortes de « jeunes à problèmes ».

    à P.M. :

    Je partage d’autant votre étonnement que j’ai fui l’arrondissement en… 1988, donc bien avant que n’apparaisse le moindre hijab, parce que l’apparition du racket dans le collège que fréquentait mon fils et quelques autres signaux d’alarme du même ordre m’ont décidé à lui épargner une exposition que je craignais devenir…. ce qu’elle est aujourd’hui. Et ce, malgré mon attachement à la diversité culturelle et sociale qu’offrait le 19ème, et les attaches que je m’y étais créées en sept années de résidence heureuse. Comme je partage votre analyse du corps électoral local. Et encore votre descriptifs, en connaisseur, de tous les « privilèges » que procure le statuts d’assisté social si insupportable à ceux qui, parce qu’ils y échappent s’en croient victimes. Sans doute parce que pour avoir eu la chance d’y échapper (du nombre dont, « petit patron », j’ai été, avant d’avoir dû ma survie au filet social offert par la solidarité sociale) ils ignorent de quelle insécurité ils paieraient l’économie de leur écot à la paix sociale si les 13,7 % de Français vivant au dessous du seuil de pauvreté étaient réduits à la mendicité et à la délinquance.

    A Pierre qui ne se sent « pas lié », sait-il que celui qui ne peut même pas survivre avec le RSA que, via la TVA, en proportion de ses revenus sa contribution fiscale est bien supérieure à celui qui a la chance de devoir payer l’IRPP.

    • Stéphane dit

      « respecter les règles de redistribution du pays dont ils tirent ces richesses.  »
      On trouve souvent cette inversion de causes et de conséquences. Un entrepreneur de tire pas de richesse du pays, seul l’inverse est vrai. Même l’infrastructure n’est pas une justification.

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