Accueil » Poutine impose l’ordre russe au Moyen-Orient

Poutine impose l’ordre russe au Moyen-Orient

Cet article a été lu 11569 fois

Poutine est-il le véritable maître du monde? Les dernières évolutions en Syrie montrent, en tout cas, que la Russie est parvenue à imposer sa vision du monde aux Etats-Unis et à l’Arabie Saoudite. Derrière les vociférations anti-Poutine des médias subventionnés, c’est bien une défaite en rase campagne que l’Occident vient d’essuyer en Syrie.

Poutine a finalement sauvé Assad

On se souvient que Barack Obama n’avait, en Syrie, qu’une seule idée en tête: remplacer Bachar Al-Assad par un régime sunnite piloté depuis l’Arabie Saoudite. Dans sa grande vision diplomatique digne des plus grands rois de France et du général De Gaulle, François Hollande avait d’ailleurs épousé cette même vision, stimulé par quelques ventes de Rafale aux Etats du Golfe. Que ne vendrait-on pas pour enrichir la famille Dassault?

Poutine

Les mauvaises langues soutiennent d’ailleurs que les Etats-Unis et la France n’ont pas hésité à armer l’Etat Islamique, à ses débuts, pour tailler des croupières au président syrien. Là encore, cette politique très inspirée a permis de nourrir un monstre qui a fini par arracher les barreaux de sa cage.

Cette nuit, le Conseil de Sécurité a voté une résolution prévoyant des pourparlers de paix entre Assad et l’opposition, sauf les mouvements terroristes. Si, officiellement, la Russie se dit ouverte à un départ d’Assad après une période transitoire, les Etats-Unis et la France ont manifestement abandonné le préalable, posé jusqu’il y a encore quelques semaines, d’un départ de Bachar.

Poutine piétine l’Arabie Saoudite

Depuis plusieurs semaines, John Kerry s’agite à Vienne pour recoller les morceaux entre tout le monde. Cette agitation a donc servi à quelque chose: la voie est ouverte pour un règlement négocié à la question syrienne. En même temps, elle illustre la perte d’influence de l’Occident au Moyen-Orient: les Etats-Unis veulent négocier avant que la Russie n’ait définitivement imposé, sur le terrain, un rapport de force qui lui est favorable et qui permette de rétablir le régime d’Assad par une défaite militaire complète de « l’opposition ».

Le grand perdant de cette opération est évidemment l’Arabie Saoudite, qui tente désespérément de sauver ses billes sur le terrain. Non seulement les Saoudiens ont cherché à unifier l’opposition syrienne hors Daesh en organisant une conférence à Ryiad, mais ils ont tenté de monter une alliance militaire islamiste de bric et de broc pour résister à la reprise en main du territoire par l’armée syrienne épaulée par les Russes.

Poutine

Pour Poutine, la prochaine étape consiste bien entendu à étouffer les mouvements islamistes soutenus par l’Arabie Saoudite et la Turquie pour créer un rapport de force totalement favorable sur le terrain et ainsi mieux négocier. La manoeuvre est triple. Premièrement, l’aviation russe bombarde sans relâche l’opposition syrienne (80% des raids russes les visent, 20% seulement visent Daesh). Deuxièmement, les négociateurs russes et iraniens ont d’ores et déjà indiqués qu’ils refuseraient que les mouvements terroristes islamistes participent aux négociations de paix. Cet anathème devrait notamment viser le mouvement Ahrar al Cham qui a jugé que la conférence de Ryiad n’avait pas assez mis en avant « l’identité musulmane » du peuple syrien, et qui est le mouvement le plus puissamment armé sur le terrain. Troisièmement, la Russie devrait couper les bases arrières de ces mouvements en exigeant la fermeture de la frontière turco-syrienne.

Poutine profite de l’affaiblissement militaire de Daesh

Ces évolutions n’auraient évidemment pas été possibles sans un affaiblissement militaire manifeste de Daesh.

L’Etat Islamique vient de rater coup sur coup deux contre-attaques lancées récemment. L’une avait lieu dans le nord du pays. Ce sont les Kurdes qui l’ont repoussée. L’autre avait lieu du côté irakien, à Ramadi.

Après avoir semé la destruction partout où il est passé, notamment à Mossoul où toute présence chrétienne a disparu, l’Etat Islamique commence à envisager sérieusement sa défaite totale. Son installation à Syrte, en Libye, est bien connue. Face à la possible résistance occidentale à cet essaimage, il commence à préparer le terrain en Afghanistan.

Tout ceci annonce donc un balayage en beauté et explique largement que, face à la débâcle de l’EI, manifestement appauvri, l’alliance contre-nature arabo-occidentale cherche à négocier rapidement une sortie par le haut face à un Poutine qui avance sur le terrain et menace de ruiner tous les efforts anti-Assad menés depuis cinq ans.

Poutine face à l’Europe

Dans ce contexte d’évidente victoire russe, l’Europe joue les toutous vassaux des Etats-Unis. L’Union a annoncé l’absurde prorogation des sanctions économiques contre la Russie dans l’affaire ukrainienne. Rappelons que ces sanctions frappent durement la filière viande française au profit des filières allemande, irlandaise et hollandaise. Mais le poids de l’agriculture française ne semble pas soucier le gouvernement français. Seuls les Italiens cherchent à tempérer la lutte anti-russe en Europe.

L’Allemagne a d’ailleurs décidé de pousser son avantage dans les relations avec la Russie, en proposant la réalisation du gazoduc North Stream, qui lui profite, après avoir bloqué la projet South Stream, qui profitait à l’Italie. Décidément, Angela Merkel est vraiment incapable de pousser l’intérêt européen au-delà du bout de son Lebensraum.

Le naufrage français grâce à Hollande

Pour François Hollande, cette trame d’événements constitue un naufrage complet. Non seulement il n’est pas parvenu à monter sa coalition anti-Daesh, mais la France n’existe plus en Europe sur le dossier russe.

Nous sommes décidément tombés bien bas. Vivement que ce régime disparaisse…

 

19 commentaires

  1. Robert Marchenoir dit

    « Derrière les vociférations anti-Poutine des médias subventionnés, c’est bien une défaite en rase campagne que l’Occident vient d’essuyer en Syrie. »

    Ca a l’air de vous faire plaisir…

    En admettant que ce soit vrai, naturellement, ce qui n’est pas le cas — mais peu importe. C’est curieux, comme tous les agents d’influence du Kremlin en France semblent se réjouir des malheurs de cette dernière… Il me semble que des Français sincèrement patriotes, sincèrement convaincus que leur pays aurait intérêt à soutenir la Russie, sincèrement désireux d’en convaincre leurs concitoyens, ne se réjouiraient pas d’une « défaite de l’Occident en rase campagne »… Sauf, bien sûr, s’ils n’étaient pas aussi indépendants qu’ils voulaient bien le dire…

    Pour qui roulez-vous, Monsieur Verhaeghe « l’homme libre » ?

    • Pierre P dit

      À Robert Marchenoir,
      Inutile que je tente de développer un argumentaire exhaustif et rigoureux sur ce que devrait être la juste attitude de la France au proche-orient. Chacun garderait de toutes manières ses convictions.
      Je vais me contenter de relever 2 approximations qui réduisent fortement l’impact de votre intervention.
      1- « ça a l’air de vous faire plaisir » Bof, avec de telles remarques basées sur l’imagination des émotions des autres, je pense que vous brouillez le débat en spéculant sur un sujet qui n’est pas le sujet de l’article.
      2- « des français patriotes…..ne se réjouiraient pas d’une défaite de l’occident….. » Oh le vilain et trompeur amalgame entre France et Occident. Vous glissez ça mine de rien, comme une évidence,et pourtant il y a quand même sujet à débattre sur ce point. Non?

      • Gordion dit

        A Pierre P,

        Bonne réponse à M.Marchenoir.

        Pour en revenir au débat intéressant, cher EV, je me permets d’ajouter les commentaires suivants:

        1. Pour anéantir entièrement l’EI sur le plan logistique et financier, tant que la frontière syro-turque – 905 km – ne sera pas verrouillée par les forces gouvernementales syriennes/russes/kurdes, le problème subsistera. Pas si facile avec la Turquie, où tout le monde connaît les intérêts de l’AKP et de la famille Erdoğan.
        2. L’Allemagne: Frau Merkel continue à jouer la carte Erdoğan pour pallier à ses besoins démographiques – déficit de sa main d’oeuvre – et revenir sur la scène moyen-orientale après la défaite de 1918 par le truchement de l’UE – quel coup de maître! Les intérêts économiques allemands se renforceront avec la levée des visas pour les citoyens turcs se rendant dans l’espace Schengen, forte sera la tentation de sédentariser les entrepreneurs et ingénieurs turcs – plus de 200 000 sortent chaque année des universités turques – et de prier les inintégrables d’aller quémander les minima sociaux dans d’autres pays de l’UE, tiens, la France par exemple!
        3. Je n’ai jamais entendu Mou-Président critiquer la décision unilatérale de Frau Merkel d’avoir provoqué cet appel d’air migratoire syrien, en provenance de Turquie, ni critiquer la réouverture du chapitre 7 des négociations d’adhésion de la Turquie à l’UE, qui avaient été bloquées par son prédécesseur, Chypre, l’Autriche. Une volte-face sur le refus de quota migratoires de la France a par contre bien eu lieu quand Juncker a sorti son bâton.
        4. Russie: Poutine profite bien évidemment de la faiblesse d’Obama pour pousser son avantage en Syrie, la question en suspens étant: peut-il verrouiller la frontière syro-turque avec ses alliés? Que fera l’OTAN – bien écartelé entre la Turquie, la France, le R-U -, que deviendra cet « accord entre les factions syriennes » qui risque d’éclater entre les donneurs d’ordre – coalition turco-sunnite, coalition russo-irano-assadienne-Mobilisation Populaire (forces chiites irakiennes + UKP de J.Talabani (kurdes irakiens de Suleymanieh).

        Je ne vois pas ce que Mou-Président pourra faire dans ce bourbier, à part espérer engranger des commandes turques d’Airbus (A 380, A 350, A 400M supplémentaires) et le système anti-aérien longue portée T-LORAMIDS – consortium franco-italien EUROSAM + MBDA (franco-germano-anglo-italien) ? Oublions les contrats nucléaires, transport déjà perdus

        La crédibilité diplomatique, économique, culturelle de la France au Proche-Orient est devenue inexistante, faute d’avoir été réaliste.

    • GUILLEM dit

      Monsieur Marche noire; au regard de vos écrits vous semblez (juste vous semblez) être quelqu’un qui sorte du « lôt »; mais à la lecture totale force est de constater que vous êtes (pardon) un sombre crétin qui ne faites qu’imaginer.
      Vous évoquez les Français Patriotes avec un mépris par le fait que vous les traitez « d’agents du Kremlin » et cette insulte au demeurant laisse supposer que les Patriotes Français sont purement et simplement des traitres à la Nation.
      Alors qu’en réalité les véritables traitres à la France (votre pays me semble t’il) sont nos Gouvernants qui ont vendu -non seulement leur âme au diable, mais qui de surcroit ont purement et simplement vendu le pays pour lequel ils étaient désignés de défendre.
      Alors, monsieur Marche Noire, je suis un traitre? Parce que je mets ma confiance en un personnage qui est le seul sur la planète à défendre notre culture, nos valeurs (sauf erreur votre culture-vos valeurs). Oui cher monsieur je suis 100% Poutine et en ce qui concerne notre guignol de service je regrette infiniment que monsieur Guillotin ne soit de retour – sauf qu’il aurait du « pain sur la planche ».
      Pour qui roulez-vous. Monsieur Marche Noire?
      Ce que je puis vous assurer monsieur c’est que vous ferez un parfait Dihmmi

  2. déception positive dit

    Vous posez la question « Poutine est-il le véritable maître du monde? » Je répond  » pas encore tout à fait mais bientôt « . Explication; dans le contexte d’un réchauffement climatique qui fait remonter les isothermes vers le nord (voir c’est nous l’antique « douceur angevine » qui campe maintenant entre Lille et Paris), un pays qui se déploie sur 11 fuseaux horaires d’excellentes plaines fertiles avec un vaste hinterland boréal et qui va gagner, à terme, tout un océan avec l’océan arctique est pays qui à tout l’avenir pour lui. En attendant, pendant que Hollandouille, notre spécialiste des commémorations funèbres, nous fait pleurer sur le réchauffement climatique mondial, Poutine, lui, attaque. Il sait, lui, depuis sa jeunesse, comment on mène « la lutte finale » et, nulle part, comme il le démontre dans cette guerre périphérique en Syrie, il n’hésitera à mettre le paquet quand il le jugera nécessaire. Depuis sa jeunesse il sait aussi que, dans un Univers à 9 milliards de bouches à nourrir et qui sera probablement guerrier ou ne sera pas, la vraie question est, et sera de plus en plus, tel dirigeant qui ramène sa fraise ( au hasard disons Hollandouille), « combien de divisions ? »

  3. Le plus navrant dans cette histoire est qu’il suffisait pour bien faire de s’en tenir à la tradition diplomatique française :

    > la France parle avec tout le monde et ne se subordonne à personne, ni Européens, ni Américains, ni Arabes.

    > la France essaie de tenir l’équilibre entre les grandes puissances.

    > la France protège les chrétiens d’Orient.

    Ces sains principes demandent un peu d’habileté pour être déclinés en décisions concrètes, mais c’est le métier des diplomates.

    Au lieu de cela, la France a joué le toutou des uns et des autres et cela finit dans un cuisant ridicule.

    C’est un naufrage diplomatique. Le Quai d’Orsay n’en sort pas grandi, car, pour provoquer cette catastrophe digne du radeau de la Méduse, il est impossible que les seuls fautifs soient les politiciens. Les «experts» et les conseillers ont du fournir les dossiers et les arguments.

    Vous savez que je partage votre conclusion :

    «Nous sommes décidément tombés bien bas. Vivement que ce régime disparaisse…»

  4. Gordion dit

    Cher EV, je me permets d’ajouter les commentaires suivants:

    1. Pour anéantir entièrement l’EI sur le plan logistique et financier, tant que la frontière syro-turque – 905 km – ne sera pas verrouillée par les forces gouvernementales syriennes/russes/kurdes, le problème subsistera. Pas si facile avec la Turquie, où tout le monde connaît les intérêts de l’AKP et de la famille Erdoğan.
    2. L’Allemagne: Frau Merkel continue à jouer la carte Erdoğan pour pallier à ses besoins démographiques – déficit de sa main d’oeuvre – et revenir sur la scène moyen-orientale après la défaite de 1918 par le truchement de l’UE – quel coup de maître! Les intérêts économiques allemands se renforceront avec la levée des visas pour les citoyens turcs se rendant dans l’espace Schengen, forte sera la tentation de sédentariser les entrepreneurs et ingénieurs turcs – plus de 200 000 sortent chaque année des universités turques – et de prier les inintégrables d’aller quémander les minima sociaux dans d’autres pays de l’UE, tiens, la France par exemple!
    3. Je n’ai jamais entendu Mou-Président critiquer la décision unilatérale de Frau Merkel d’avoir provoqué cet appel d’air migratoire syrien, en provenance de Turquie, ni critiquer la réouverture du chapitre 17 des négociations d’adhésion de la Turquie à l’UE, qui avaient été bloquées par son prédécesseur, Chypre, l’Autriche. Une volte-face sur le refus de quota migratoires de la France a par contre bien eu lieu quand Juncker a sorti son bâton.
    4. Russie: Poutine profite bien évidemment de la faiblesse d’Obama pour pousser son avantage en Syrie, la question en suspens étant: peut-il verrouiller la frontière syro-turque avec ses alliés? Que fera l’OTAN – bien écartelé entre la Turquie, la France, le R-U -, que deviendra cet « accord entre les factions syriennes » qui risque d’éclater entre les donneurs d’ordre – coalition turco-sunnite, coalition russo-irano-assadienne-Mobilisation Populaire (forces chiites irakiennes + UKP de J.Talabani (kurdes irakiens de Suleymanieh).

    Je ne vois pas ce que Mou-Président pourra faire dans ce bourbier, à part espérer engranger des commandes turques d’Airbus (A 380, A 350, A 400M supplémentaires) et le système anti-aérien longue portée T-LORAMIDS – consortium franco-italien EUROSAM + MBDA (franco-germano-anglo-italien) ? Oublions les contrats nucléaires, transport déjà perdus

    La crédibilité diplomatique, économique, culturelle de la France au Proche-Orient est devenue inexistante, faute d’avoir été réaliste.

  5. waa dit

    Il faut une sacrée dose d’aveuglement pour penser une seconde que Poutine sortira vainqueur de son aventure syrienne.
    Outre le fait qu’il ne fait que réagir, sans aucune stratégie définie ni plan de sortie, comment peut-il gagner alors qu’il mise sur le cheval mort (Assad) ?

    Je vous conseillerai 3 lectures intéressantes (en anglais, désolé) :
    Why Obama Should Just Let Putin Have the Mess in Syria
    Why Putin is doomed to fail in Syria
    Putin has checkmated himself into a lose-lose Syrian debacle

    • GUILLEM dit

      Fort heureusement vous êtes arrivé pour nous éclairer de votre savoir. Poutine ne sortira peut-être pas vainqueur de NOTRE aventure Syrienne, mais il prouve, lui au moins, qu’il se bat pour un idéal; NOTRE et VOTRE idéal. Cheval mort Assad? Je vois vous avez du aussi applaudir l’assassinat de Sadam, sans doute d’Anouar, peut-être de Kadhafi? Vous êtes sans doute satisfait de ce qu’ont fait les abrutis de ricains. Et bien la situation au proche et Moyen Orient s’accélérera si Assad disparait. Il n’est nul besoin d’avoir fait de la géo-politique pour en prendre conscience.

      • Gordion dit

        Certes!

        Les néo-conservateurs américains ont oeuvré pour renverser les nations arabes progressistes – Syrie, Irak, dans une moindre mesure l’Egypte et la Jordanie – parce qu’elles contrecarraient leur politique de « containment » trans-nationale contre l’Iran et la Russie.

        Il est certes avéré que les Assad père et fils, Saddam Hussein sont des tyrans, mais entre la peste dictatoriale et le chaos islamiste, la Realpolitik s’impose, surtout si l’Occident est en danger. Au M-O, il n’existe aucun état démocratique – excepté Israël – et ce n’est pas prêt de changer.

        • GUILLEM dit

          Rien à rajouter; c’est tout à fait exact; mais les Occidentaux ignorent totalement ces éléments essentiels qui ont contribué au dérèglement des Proche et Moyen Orient.

      • waa dit

        J’ai la faiblesse de penser que je connais un petit peu le Moyen-Orient: j’y vis.
        Considérez les faits suivants :
        – La Syrie est majoritairement sunnite
        – Assad est alawite.
        – Il perds du terrain depuis 4 ans.
        – Il est tributaire de forces chiites (Hezb, Iran) et chrétiennes (Russie) pour survivre.
        – Le Hezb a perdu le tiers de ses effectifs depuis le début de la guerre, il sera tôt ou tard obligé de se retirer.
        – Les pasdaran iraniens ont de plus en plus de mal à envoyer des volontaires en Syrie (nombreux cas de refus).
        – Les russes, en perdant un SU-24 face à un F-16 turque, ont montré au monde entier qu’ils n’étaient qu’un ours en papier (avionique dépassée, contre-mesures défaillantes, aucun appui au sol capable d’avertir les pilotes qu’ils étaient verrouillés sur les radars turques).

        Faites le bilan, et vous verrez quelle conclusion s’impose.

        • GUILLEM dit

          Effectivement vous avez la faiblesse, sous entendu vous laissez supposer que ceux qui ne vivent pas là-bas sont des ignares ne pouvant analyser une situation.
          Cela ne vous vient pas à l’esprit que justement parceque vous vivez sur place vous n’avez pas le recul nécessaire d’analyse?
          Cela étant je vous souhaite tout de même un Joyeux Noël en espérant que nos générations futures puissent en faire de même.

  6. Poutine ne mise pas sur un cheval mort, il s’impose sur le point faible d’Obama et des occidentaux: leurs volontés de règlement de la question iranienne, faute d’avoir le courage et les moyens d’y intervenir militairement. A partir du retrait d’Irak, les occidentaux (l’Otan en fait) laissent l’Etat Islamique s’installer sans pouvoir rien faire.
    Ce que fait Poutine consiste à se rendre le seul représentant « blanc » (comme on lui dénie son caractère occidental) sur place et il agit. Une manière de se rendre indispensable et cela commence à payer. Il veut et peut être le futur bras armé de l’occident, les US ayant failli. L’Europe future sera alliée à la Russie, c’est évidemment l’intérêt de tout le monde. Poutine prépare donc l’avenir, et avec raison.
    Au passage, il identifie et combat la vraie menace dans la région: la Turquie évidemment, qui convoite, alliée à l’Etat Islamique, la faiblesse saoudienne.
    Ouvertement alliée à l’Iran, la Russie cherche donc et peut y réussir, à s’emparer de la faiblesse évidente, du ventre mou tentant.

    Qui d’autre la veut ? Les US vexés par le 11 septembre et en plus n’ayant plus besoin de pétrole laissent faire: que le meilleur gagne !
    De fait c’est à l’Europe de choisir: soit elle suit les US, qui marquent les russes à la culotte en Ukraine histoire tout de même de faire un tout petit peu chier, soit elle saute le pas et s’allie à la Russie. C’est ce qu’elle doit faire, c’est le seul moyen de venir à bout de l’Etat Islamique. On attend donc le prochain attentat en France…
    Simplement tant qu’on n’aura pas de vraie politique étrangère en France,

  7. Simplement tant qu’on n’aura pas de vraie politique étrangère en France, cela ne se fera pas, et la pauvre Angela au grand coeur continuera de se faire tyranniser.

    Pour enfoncer le clou, la Turquie joue la terreur asiate classique: attentats en Turquie, (contre les bobos pro kurdes tout de même), et aussi contre les Russes (un avion de ligne, tout de même) et ailleurs (en France) pour faire comprendre qu’on ne doit pas se mêler de ses affaires.
    A partir de là, en tant que membre de l’Otan, elle fait ce qu’elle veut et se trouve chargée des saoudiens, avec ou sans l’Etat Islamique, c’est à elle de voir.
    Les américains jouent double jeu: obligés d’aider les chiites pour faire bonne figure, ils bombardent gentiment l’EI mais sans plus.
    On notera les divergences entre les US et les milices iraniennes: celles ci ne participent pas aux combats de Ramadi, par exemple, en ce moment même.
    Bref, deux vraies puissances en devenir dans la région, Turquie et Iran sont en train de se mesurer.
    Au fait, l’élection de Hillary Clinton ne changera pas la donne, soyez en sur.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *