Accueil » 2016, année du sursaut français?

2016, année du sursaut français?

Cet article a été lu 4462 fois

Encore aujourd’hui, après une année 2016 épuisante et anxiogène, la France est le pays le plus épicurien du monde industrialisé. C’est d’ailleurs un mystère pour les Anglo-Saxons, que cette puissance industrielle millénaire, qui cultive avec une sorte de perversion un art de vivre fondé sur le plaisir et la consommation gourmande.

Mais nous savons tous que cette étrange construction du bonheur est plus que jamais battue par les flots, et que plus notre réveil sera tardif, plus il sera douloureux, si tant est que nous nourrissions encore l’ambition de retrouver un jour la place qui nous revient.

Les voeux pour 2016 seront ceux-là: à quoi devrait ressembler le sursaut français, en 2016, celui qui nous assurera notre salut?

Qu’en 2016 les Français s’assument enfin comme Français

Commençons par le commencement: les Français doivent choisir entre la soumission dont parlait Houellebecq, c’est-à-dire une sorte de passivité, de confortable résignation au déclin, de dilapidation du patrimoine collectif au nom d’une idéologie de bisounours, d’un côté, et d’un autre côté la farouche détermination à enrayer l’inexorable chute du pays. Une autre façon d’exprimer ce choix est de simplement savoir si nous acceptons que les sexagénaires qui paralysent le pays aujourd’hui doivent avoir les mains libres pour piller la bête et vitrifier toute volonté de reconstruction, ou si nous préférons inventer, avec des gens nouveaux, un autre destin pour notre société.

2016

Cela suppose un choix moral évident. Ou bien, comme je ne sais plus quel journaliste de la gauche bobo, nous nous félicitons de ne plus être un grand pays et nous en jouissons. Ou bien nous faisons l’effort de remettre en cause nos certitudes et nous adoptons notre comportement pour le mettre au niveau de notre patrimoine: celui d’une France que nous avons tant de peine à assumer.

Regarder le déclin économique en 2016 au lieu de le nier

Depuis 2012, François Hollande répète à l’envi que la reprise est imminente. Il ne se passe pas un mois sans qu’un ministre n’annonce le retour de la croissance. Au lieu de considérer l’économie du secteur privé comme un champ d’expérimentation pour la cartomancie, les politiques feraient mieux de regarder les choses en face.

De toutes parts, la coque du bateau France prend l’eau: les lois de finances et de financement de la sécurité sociale ont encore apporté leur lot de réglementation ingérable pour les TPE et les PME de croissance. La pression fiscale décourage la prise de risque entrepreneurial. Le prêt-à-penser majoritaire continue à faire l’éloge du bas salaire à 35 heures au lieu d’encourager le mérite et l’effort.

Sur tous les fronts de l’innovation, le gouvernement Valls a plombé les espoirs. Marisol Touraine a fait une loi anti-big data santé, promettant la France à des décennies de retard sur ses concurrents. La loi Macron fait le jeu des grandes enseignes au détriment de la petite entreprise.

Toutes ces décisions, pas à pas, paralysent le pays. Derrière les postures volontaires de Manuel Valls, la technostructure fait régner une terreur douce, imposant partout des mesures régressives qui mettent les unes après les autres les entreprises françaises sur la pente raide de l’obstacle réglementaire et de la mise en danger socio-fiscale.

Sans un big bang favorable à la création de valeur (la vraie, pas celle des emplois aidés et des bas salaires dont la gauche a le culte), qui passe notamment par un moratoire législatif et réglementaire, la France achèvera de tuer toutes ses entreprises vivantes pour ne conserver que les rentières, dont l’obsolescence est déjà programmée.

Remettre le travail au centre des valeurs de 2016

On pourra tourner du pot autant que l’on voudra, il n’y aura pas de sursaut français sans manches retroussées et sans horaires hebdomadaires supérieurs à 35 heures. Il n’y aura pas non plus de sursaut sans une remise sous tension des forces vives. C’est un grand projet collectif qu’il faut bâtir, pas une virée dans un club de vacances.

Il faudra bien remettre les points sur les « i ». Ce système économique et social qui garantit une quasi-impunité aux enfants capricieux qui s’auto-proclament victimes de l’exploitation et de la violence inhérente au monde capitaliste ne pourra durer éternellement. La grande machine à fabriquer du droit pour les salariés et du devoir pour les employeurs est aussi une grande machine à fabriquer du chômage et de la délocalisation.

2016

Tôt ou tard, il faudra bien abandonner cette logique et accepter de dire clairement que la prospérité ne reviendra qu’avec le travail.

Dans ce grand retour aux valeurs collectives, le sort de la sécurité sociale devra lui aussi être pris en compte. La « Sécu » française protège mal les assurés et coûte très cher. Elle est la grande illusion française: celle qui laisse à penser que chacun peut être protégé par la société, sans prendre sa part à l’effort général.

Sacrifice de l’individu, bien-être collectif

Que l’individu doive apporter à la société s’il veut que la société lui apporte, voilà une vérité simple que les discours sur la solidarité ont pulvérisé. Pour beaucoup de jeunes qui arrivent sur le marché du travail, une fausse vérité est souvent acquise: les droits du salarié sont d’origine divine et ne supposent aucune contrepartie obligée dans l’exécution du contrat de travail. La société propose, l’individu dispose.

Tant que nous n’aurons pas tordu le cou à cette absurdité, nous continuerons à dilapider le patrimoine accumulé avant nous, et nous ne créerons pas de valeur durable. Il faut avoir le courage de dire que sans sacrifice individuel, il n’y a pas de bien-être collectif. Notre problème est de croire le contraire: l’idéologie de la génération Y consiste bien à croire que le bien-être individuel est un droit et que le sacrifice collectif est la norme.

Nous touchons ici au point dur de la société française dans les trente années à venir.

Le retour de la spiritualité en 2016

Les candidatures massives reçues par l’armée française après les attentats du 13 novembre, comme les nombreuses conversions, paradoxalement, à l’Islam combattant, montrent bien que l’individualisme jouisseur qui domine la société n’épuise pas le désir de vivre dans la jeunesse. Beaucoup de nos jeunes ont envie de dépasser le petit projet de bonheur que leurs parents ont bâtis pour eux. D’autres rêves les animent.

C’est la responsabilité de la République de proposer un nouveau rêve à la jeunesse. On parle beaucoup de laïcité. Mais se limite-t-elle à ne pas interdire, ou porte-t-elle en elle une vision ambitieuse, positive, de la vie en société, fondée sur une augmentation des libertés et une élévation des citoyens dans tous les ordres de l’existence?

Ce combat-là est véritablement le seul qui fera le sursaut français en 2016.

17 commentaires

  1. Aristarkke dit

    La place qui nous revient, pour l’ instant, c’est la dernière puisque tout nous y mène à commencer par les branquignols qui nous servent de gouvernement et que les Grançais élisent et réélisent sans désemparer depuis quarante ans…

    • Charles Maurice dit

      Je partage le début de votre message – mais absolument pas la fin !!!!!

      La mainmise totale des néo curés sur notre destin est indéniable mais de moins en moins acceptée… Aujourd’hui le monde a commis un édito sur ces salauds qui refusent les sans papiers qui débarquent et les commentaires des lecteurs abonnés sont impitoyables… Mais depuis l’affaire corse, qui s’est trouvé être une manipulation totale, les commentaires sur le monde journal de référence (pour les trotskistes) sont devenus un bonheur !

      Harry, sommes nous responsables des actes d’un sarko qui une fois élu n’a RIEN FAIT !!!! Ak si, son petit bush en libye, embauché une raclure au min des Relations Extérieures ou blablatter sur l’identité nationale quand on souhaitait de l’ordre, des emprisonnements, les expulsions de sans papiers, l’ablation de tout ce social qui nous empoisonne, etc… Non, il a cédé devant l’ordre moral gauchiste… Et les salafistes libéraux ultra-minoritaires qui souhaitent l’ouverture des frontières à leurs amis étrangers et se contrefoutent des français de l’intérieur ne valent pas mieux… H16 et son aveuglement face à l’islam fait partie de ces escrocs…

      S’il y a escroquerie, est ce l’escroqué qui est responsable ? Si je vous lis bien c’est celui qui est trahi pas vrai ?

      Le seul moyen pour échapper à l’herpes et à ces hauts fonctionnaires, « sages », potentats de la pensée qui sortent des « hautes écoles » qui verrouillent toute saillie en dehors de leurs désirs, c’est la votation à la suisse…. Le dernier livre de Malika Sorel « décomposition française » nous livre encore une tranche de cette abomination…

      Sinon ce sera le fn…

      Sans hésiter…

  2. Vous avez mis l’accent sur le point fondamental : le travail. C’est la valeur la plus importante. Le travail crée des richesses et de ressources pour tout un chacun. Nous avons besoin d’une économie relocalisée. Nous avons besoin de créations d’entreprises, grandes, petites. Ce devrait être l’objectif N°1 d’un état. Tout le reste s’améliorera au fil de l’eau. Il est nécessaire de créer les conditions pour cette reconquête des entreprises, pour faire pénétrer l’investissement, pour favoriser les exportations. Un monde citoyen doit prendre le pouvoir pour mettre en oeuvre ce projet.

    Nous n’avons plus besoin de dénoncer l’incapacité, la turpitude de l’appareil politique. Tout a été démontré, leur absence, leur paresse, leur incapacité. Ah quoi bon poursuivre cette dénonciation.

    Maintenant, il faut créer un projet citoyen et le proposer à la nation.

  3. pil dit

    Virer quelqu’un d’une société en France est bien plus facile que vous le faites croire.

    Le CICE et le CIR sans contrepartie ne sert qu’à accumuler du cash, distribuer des dividendes ou racheter ses actions, ca crée pas d’emploi ou d’investissement, ca entretien la rente.

    La France n’est plus une grande puissance du fait de la montée des émergents, pas de quoi se lamenter et de penser que c’est un handicap, arrêtons la posture de la mégalomanie de la Grande Nation qui n’a jamais mené nulle part.

    • Le Maout dit

      Je suis chef d’entreprise et ne supporte plus votre vieille rengaine qui ne produit que la pauvreté. Je peux vous dire, même si ma conviction ne fera pas vaciller vos illusions, que l’avenir de la France passe par les entrepreneurs, et que la plupart des patrons de Pme font beaucoup plus pour les salariés et l’intérêt général que les politiques, fonctionnaires, et syndicats réunis.

      • pil dit

        Vieille rengaine du patronat franchouille que la votre. D’ailleurs qu’est ce que c’est un entrepreneur ?

        Moi aussi, je suis un entrepreneur, études financées par mes emprunts, multiples innovations à mon actif, mobilité professionnelle et géographique;

        Un salarié devient lui même un entrepreneur, il se casse quand le deal est naze avec son « patron », c’est aussi simple que cela, et les plus jeunes l’ont compris. C’est ma philosophie, rien à branler du « patron » qui cherche à me la mettre profond alors que je lui rapporte un max de pognon. La liberté, c’est le mouvement, terminé le salariat façon bétaillère sédentaire subordonné à vie, maintenant c’est mobilité plein gaz et les patrons ont intérêt à comprendre le tournant si ils ne veulent pas se retrouver en slip :

        https://www.youtube.com/watch?v=gkdvEg1kwnY&feature=share

  4. Pierre dit

    Vous avez absolument raison sur le diagnostic… et absolument tord sur le fol espoir que vous plaçez en 2016.

    La question est simple : pourquoi voulez-vous que nous changions ? Volontairement ?

    Les millions de Français qui vivent de la « dépense publique » (impôts + dettes) vont ils être touchés par la Grâce, et scier la branche sur laquelle ils vivent ?

    Bien entendu, non.

    Et vous ou moi seriez à leur place… nous réagirions de la même manière. C’est la simple nature humaine.

    La France « changera » (pour le meilleure ou pour le pire, aucune certitude à ce stade), que contrainte et forcée. Forcée par l’histoire. Des drames, des crises. Des épisodes violents, plus ou moins, en tout cas pas très ragoûtants.

    L’histoire l’a montré.

    Les incantations n’y changeront rien. Les votes non plus. Les blogs n’ont plus.

    Le moyen le plus sûr, le plus rapide, le plus expéditif, c’est de précipiter la mise en faillite du pays.

    La thune. L’argent. Voilà l’alpha et l’omega du pouvoir. Du vrai pouvoir.

    Bousculez le status quo économique, fermez les robinets à pognon, laissez les gens s’appauvrir, vraiment s’appauvrir, poussez la rapine étatique dans ses retranchements, et poussez là à la faute, bref accélérez l’entropie… Et vous verrez que l’histoire se remettra en marche.

    Quand les veaux Français seront à la soupe populaire, sans boulot, sans rien… ils redeviendront des lions.

  5. pratclif dit

    Concrètement vu du côté employeur pour donner tout juste 1000€ à un salarié il lui faut payer 2200€ et vu du côté salarié quand il facture 2200€ pour son travail il reçoit moins de 1000€

  6. Gordion dit

    Cher hôte,

    Bon diagnostic.

    Permettez-moi de revenir sur votre dernier paragraphe: ce que vous décrivez est l’avènement d’un système libéral. Je partage ce souhait, le chemin sera rude!

    J’aurais aimé que vous développiez davantage « le retour de la spiritualité », au-delà de la laïcité. Quel rêve?

    A l’année prochaine donc, et meilleurs voeux!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *