Accueil » Supprimer les charges dans les TPE?

Supprimer les charges dans les TPE?

Cet article a été lu 3077 fois

Faut-il supprimer les charges pour les nouveaux recrutements dans les petites ou très petites entreprises? C’est la proposition formulée par le Medef, l’Association française des entreprises privées (Afep), Croissance plus, Ethic, EDC (patronat chrétien), le Cercle de l’industrie et le mouvement des entreprises de taille intermédiaire, à l’approche de la journée de consultation organisée par le Premier Ministre sur le plan d’urgence économique annoncé par François Hollande lors de ses voeux.

Le patronat et les TPE

La proposition ne manquera pas de surprendre, dans la mesure où elle est formulée sans le soutien de la CGPME et de l’UPA, dont les petites entreprises sont pourtant le coeur de cible. C’est au demeurant une heureuse surprise: pour une fois, les mouvements représentant les grandes entreprises ne demandent pas des allègements de cotisation aveugles dont le principal résultat consiste à augmenter les distorsions entre les « petits » et les « grands ».

De ce point de vue, le CICE reste probablement la plus grande erreur du quinquennat, puisqu’il profite aux grands canards boîteux, comme la Poste, et profite beaucoup moins aux acteurs de croissance et d’avenir. Le fait que le patronat s’intéresse enfin aux mesures ciblées sur les entreprises d’avenir est un signe extrêmement encourageant.

On regrettera juste que la même idée avait été combattue par le MEDEF de Laurence Parisot, dans les débats internes, à l’époque. Que de temps perdu!

Le gouvernement donnera-t-il un coup de pouce aux TPE?

En publiant leur lettre ouverte la veille de la consultation par Manuel Valls, les mouvements patronaux ont toutefois souligné la difficulté pour le gouvernement de prendre en compte des demandes tardives à tous les égards. Le gouvernement est pressé d’agir parce que le quinquennat se termine et qu’il ne reste plus beaucoup de mois pour prendre des mesures qui auront un impact sur le chômage.

L’enjeu du plan d’urgence n’est évidemment pas d’apporter une réponse structurelle aux problèmes économiques français, mais de délivrer la promesse de François Hollande sur « l’inversion de la courbe du chômage ». Après de nombreux plans depuis son arrivée au pouvoir, suivis d’une augmentation régulière du chômage, François Hollande devrait logiquement privilégier un traitement statistique du problème et tourner le dos aux stratégies à plus long terme.

Très malheureusement donc… François Hollande devrait tourner le dos à des propositions formulées par des organisations dont l’une d’elle avait promis de créer 1 million d’emplois, sans tenir ses promesses.

Les TPE échapperont-elles au compte personnel d’activité?

Reste un espoir, pour les très petites entreprises: que le compte personnel d’activité, qui se superpose au compte pénibilité et à une multitude de mesures toujours plus favorables aux droits des salariés, entre en vigueur le plus tard possible. Le combat à retardement a d’ores et déjà commencé.

Les mouvements patronaux ont par exemple annulé la séance de négociation prévue sur le sujet la semaine dernière. Officiellement, ils ne parviennent pas à définir une ligne commune sur le sujet. Dans la pratique, on devrait assister à un tir de barrage contre une nouvelle couche de réglementation stratosphérique alors que les dernières réformes tardent déjà se mettre en place.

7 commentaires

  1. Pierre dit

    Encore une fois, ne rentrons pas dans le jeu pervers du gouvernement et des pseudos syndicats français.

    La question « faut il supprimer les charges pour les TPE » est :
    -absurde
    -fait le jeu des embrouilleurs

    C’est le piège, des quart de mesures, des « plans », des exonérations… temporaires, des machins, des bidules, et des trucs que l’on annonce le lundi, amende le mardi, change le mercredi, claironne le jeudi, repousse au lundi suivant etc.

    Ca n’a jamais marché, et cela ne marchera jamais.

    Ca suffit.

    Au miroir aux illusions, à la politique des « attouchements sociaux, fiscaux, réglementaires », il faut opposer l’excès révolutionnaire, dans une démarche globale. C’est à dire : il faut tout démanteler.

    -réduction massive des dépenses publiques
    -démantèlement du codes des impôts, de la sécu, du code du travail

    -remplacer le tout par un état très fort, mais uniquement régalien (et impitoyable, absolument impitoyable)

    -l’argent (travail + cash) est rendu aux français, et la vol par l’endettement « public » est arrêté

    -plus aucun frein réglementaire, à part quelques règles, simples, comprises par tous, structurantes (exemple : je peux licencier un employé sans motif, sans préavis, mais avec une indemnité élevée de X, non négociable, connue à l’avance)

    Résultat : libération totale de la société et dans le même temps, une société qui se tient, avec une criminalité réduite.

    Voilà ce qu’il faut promouvoir.

    • Gordion dit

      On ne peut être que d’accord avec ce que vous préconisez, en bref libérer les énergies et les talents dans un océan de simplicité, afin de créer des entreprises, de la richesse et de l’emploi.

      Cependant, une question me perturbe: que ferez-vous de la technostructure qui verrouille les Ministères de l’Economie, Industrie, Emploi. Et qui a réussi à imposer ses visions néo-marxistes depuis 1944?
      Croyez-vous qu’elle se laissera faire, et qu’elle n’agitera pas ses relais à la gauche de la gauche, laquelle ne rêve que d’en découdre avec la « social-démocratie »?
      Décider ainsi nécessite de longs débats au Parlement, la saisine des CE et CC, la promulgation des décrets, etc. In fine, les lois seront réduits à de la cosmétique habituelle.

      Hélas pas si simple dans un pays comme la France, où toute réforme structurelle est quasi impossible à réaliser (démocratiquement….)

      D’où la question d’exonération des charges pour les TPE, qui ont l’immense avantage d’être mieux acceptés par beaucoup, et de sauver les meubles s’il en est encore temps, car c’est bien de cela dont il s’agit….la FRance ne pourra pas rester dans des postures injustifiables, et pour Bruxelles, et pour les marchés, et pour les institutions internationales.

  2. SERGIO dit

    C’est sûr, au point ou l’on en est, toutes mesurettes ne peuvent que retarder l’implosion finale du système.
    Que le MEDEF en personne préconise cette exonération, ce syndicat ayant avant tout, toujours défendu ses propres intérêts,
    il faut que la situation soit grave.
    Il y avait des solutions au chômage contrairement à la doxa officielle, maintenant c’est trop tard…

  3. Pylm dit

    Je suis d’accord avec Pierre. Il faut une baisse massive des dépenses publiques, donc des déficits et des charges sur les entreprises, et une simplification des réglementations.
    Il faut s’inspirer des systèmes suisses (en plus ils sont en français), allemands, ou anglais.

  4. ikomal dit

    Faut pas rêver, tant qu’on dépense autant, il faut prélever autant. Et la charge repose toujours sur les seuls qui peuvent payer : les actifs qui ont du travail.
    C’est pour ça que la technique de baisse des charges marche si mal : ce que les TPE vont économiser, un autre devra le payer, et cet autre, ce sera un autre entrepreneur, qui devra se rattraper sur ses employés, ses clients et sous-traitants … dont les TPE. Ce qu’on gagne d’un coté est perdu de l’autre et l’effet est quasi-nul.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *