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Hollande, le chômage et le gouvernement profond

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Après la déchéance de nationalité, le chômage devrait être la nouvelle balle dans le pied que Hollande s’est logée cet hiver avec une imprudence qui étonne. On connaissait déjà la petite phrase téméraire prononcée sur l’inversion de la courbe du chômage, condition préalable à sa candidature en 2017. À l’époque où il l’a prononcée, Hollande était entouré d’économistes de haut vol comme Karine Berger qui le farcissaient de l’idée selon laquelle la croissance reviendrait par l’opération du Saint-Esprit capitaliste et que tous les problèmes se régleraient les doigts dans le nez. Il avait donc des circonstances atténuantes.

Quatre ans plus tard, le capitaine de pédalo a beaucoup moins d’excuses pour justifier sa petite phrase sur les allocations chômage qui devraient devenir dégressives. Cette idée suicidaire avancée à un an de sa (très hypothétique) réélection mérite une autopsie minutieuse, car elle en dit long sur le gouvernement profond qui dicte la conduite à suivre dans ce pays.

Le gouvernement profond et le chômage

Depuis de nombreuses années, une doctrine règne à Bercy et dans le petit monde de ceux qui produisent des rapports en sous-main pour orienter les « réformes » du pays. Dans le domaine du chômage, cette doctrine veut que la politique « passive » de l’emploi en France, et spécialement celle de l’indemnisation des chômeurs, soit trop favorable: indemnisation trop longue, indemnités trop élevées, sans dégressivité. Dans la conception dominante, ces deux particularités dissuadent les chômeurs de trouver du travail.

Une variante de cette doctrine consiste d’ailleurs à répéter que l’indemnisation du chômage peut atteindre 6.000 euros par mois, une somme qui démontrerait le caractère très dissuasif de l’indemnisation du chômage vis-à-vis du travail. Cet exemple de l’indemnisation à 6.000 euros ne concerne même pas 1% des allocataires, mais l’exemple est suffisamment éloquent pour travestir la présentation des faits et contaminer l’ensemble de l’image même du système.

Bien entendu, personne ne prend soin de rappeler que l’indemnisation nette moyenne représente 78% du dernier salaire, alors qu’elle était d’environ 70% au début des années 80, à une époque où le chômage était moins élevé. Personne ne peut aujourd’hui démontrer la corrélation entre le montant de l’indemnisation et le taux de chômage.

Malgré tout, la doctrine a la vie dure: c’est en introduisant la dégressivité du chômage que ce dernier baissera. Au nom de cette doctrine émanant du « gouvernement profond », les conditions de réforme de l’assurance chômage sont donc posées.

Le gouvernement profond et les partenaires sociaux

Les porteurs de cette doctrine ont une particularité qui justifient leur appellation de « gouvernement profond »: ils méprisent la démocratie et les processus formels qu’elle a mis en place. Ils reprochent à ces derniers leur inefficacité et leur incapacité à mener effectivement les réformes dont le pays a besoin.

Dans le domaine du chômage, ce mépris les conduit à vouloir s’émanciper des circuits paritaires et à rétablir la toute puissance de l’Etat, généralement pensé et présenté comme le meilleur garant de l’efficacité. Le réflexe ne manque pas de faire sourire quand on analyse la portée des déficits publics et l’incapacité de l’Etat à maîtriser ses dépenses de façon satisfaisante.

Toujours est-il que la gouvernance paritaire de l’Unedic est ici traitée avec défiance, comme avant elle celle des régimes complémentaires de retraite. Le fait que les règles d’indemnisation du chômage n’aient pu, en leur temps, être récupérées par Pôle Emploi continue à être vécu par le gouvernement profond comme une erreur et une lacune qui porte préjudice à l’intérêt public.

Sans surprise, la technostructure n’a donc pas manqué une occasion de prendre position sur ce que devait être le résultat de la négociation entre partenaires sociaux au mois de mars. Entre le discours de François Hollande aux acteurs de l’entreprise où il a implicitement exprimé son souhait de voir la dégressivité instaurée et le rapport de la Cour des Comptes qui délivre la parole de l’Etat gestionnaire, les partenaires sociaux savent clairement à quoi s’en tenir.

Cette intrusion dans le champ du paritarisme procède de deux certitudes implicites. La première est qu’aucune sphère de la vie publique ne doit échapper à la technostructure et à son gouvernement, la seconde est que l’étatisation du chômage améliorerait la performance du système.

Le gouvernement profond et les syndicats de salariés

Dans le cas d’espèce du chômage, la manière utilisée laisse pantois. Elle consiste en effet à annoncer deux mois avant la négociation entre partenaires sociaux le résultat auxquels ceux-ci doivent aboutir. Pour le gouvernement profond qui pense pouvoir définir les règles du jeu, cette méthode est source d’efficacité. Pourtant, un examen politique de son contenu en montre la profonde bêtise.

Tout d’abord, on se souvient ici que Manuel Valls a rayé d’un trait de plume les décisions de la précédente convention qui concernaient les intermittents du spectacle. Ils les jugeaient trop dur. L’influence de sa femme musicienne, l’influence de Julie Gayet, favorite du monarque, se faisaient sentir. Des efforts, oui, de la rigueur, oui, mais pour les autres, pas pour les proches du pouvoir. Imposer aujourd’hui une dégressivité à tous les chômeurs quand on a protégé les 140.000 intermittents relève de la maladresse.

En outre, l’introduction de la dégressivité après une année noire pour le chômage sera socialement très mal vécue. Alors que le pacte de responsabilité apporte(ra) d’importantes réductions de cotisations pour les employeurs, le fardeau des économies sur le chômeur apparaîtra forcément comme une provocation. Il faut être coupé des réalités pour ne pas sentir le malaise qu’une mesure de ce genre provoquera dans une période où le chômage menace tous les Français.

Ensuite, aucune organisation syndicale, pas même la CFTC, pas même la CFDT, ne pourra apporter sa signature à un accord de ce type. Cette impossibilité est particulièrement forte dans un paysage social de plus en plus tendu. La CGT et la CGC sont en crise et peineront à prendre des positions audacieuses en phase de congrès. FO est également concernée par une succession, celle de Jean-Claude Mailly, qui risque d’être moins pacifique qu’annoncée. Dans ce contexte « électoral », la CFDT hésitera à sortir du bois et à porter seule l’impopularité d’un accord qui sera jugé scélérat.

Bref, on voit mal quel syndicat godillot sera prêt à scier sa branche pour accomplir un voeu présidentiel annoncé aussi brutalement.

Hollande et le gouvernement profond

En l’état, l’annonce de Hollande devrait donc être tout aussi caduque que les grands coups de moulinet sur la déchéance de nationalité. Une fois de plus, l’autorité du président sera bafouée et sa parole amoindrie. En l’espace de quelques semaines, les Français auront vu le premier d’entre eux galvauder le pouvoir qu’ils lui ont donné sur deux sujets majeurs du quinquennat: la sécurité et le chômage.

Comment le Président peut-il se laisser piéger de cette façon? Toute la question qui est posée ici est celle de l’origine de la parole politique. Qui décide de glisser dans un discours présidentiel une idée aussi politiquement impraticable et dangereuse au moment où elle est dite que la remise en cause des règles d’indemnisation du chômage. La réponse à cette question est souvent jugée d’un intérêt mineur par les courants de pensée dominants. Pourtant, une fois, l’expérience de la réalité démontre qu’elle est centrale pour comprendre les phénomènes de décision et la conduite des politiques publiques aujourd’hui.

Dans un système régulé et régulier, le président (spécialement parce que de gauche et ennemi déclaré de la finance) devrait disposer d’un conseiller social avisé qui pèse suffisamment dans les arbitrages politiques finaux pour éviter qu’une doctrine impossible à mettre en oeuvre ne contamine sa parole. Avec François Hollande, cet équilibre politique n’existe pas, et la parole est manifestement déviée vers une trajectoire décidée par une technostructure déterminée à promouvoir des réformes non concertées.

C’est ici que nous pouvons considérer qu’il existe un gouvernement profond qui influence voire domine la décision publique indépendamment du suffrage universel. Ce gouvernement profond n’a ni visage ni responsable. Il est le fruit de ce que la technostructure bruxelloise appelle le « mainstream ». Notre démocratie est aujourd’hui dirigée de façon autoritaire, mais discrète, par une caste dont les actes sont « mainstreamés » autour d’un corpus idéologique défini unilatéralement.

Hollande, en bon élève de la Voltaire, est, vis-à-vis de ce gouvernement profond, dans une position ambiguë: il en est le produit autant que le maître, l’obligé en même temps que le suzerain. Il laissera probablement derrière lui l’image de ce roi fainéant qui a gouverné les siens autant que les siens le gouvernaient. Et cette confusion-là, les Français la connaissent, la voient au jour le jour, et risquent bien tôt ou tard de vouloir s’en débarrasser.

 

25 commentaires

  1. Wanderer dit

    Intéressant

    Rajoutons le caractère particulièrement abject de cet décision si on tient compte que ceux qui sont impliqués dans ce gouvernement (qui veut nous la mettre) profond savent qu’ils ne seront absolument pas concernés par la mesure, les hauts-fonctionnaires ayant une tendance à ne pas être licenciés

    Sinon, sociologiquement, il s’agit d’une mesure extrêmement ciblée contre les cadres et les préretraités.

  2. « et risquent bien tôt ou tard de vouloir s’en débarrasser » : tu parles.
    Vous parlez des incroyables prévisions faites en 2012: les modèles informatiques de Bercy tournèrent à plein régime (d’après le Canard ) et l’assurance du pouvoir fut absolue. En fait, une bande d’amateurs hystériques et incompétents imposèrent, sans contact aucun avec la réalité,
    leurs vues tirées des congrès socialistes. Modérés par des impuissants brouillons, incapables de gérer des équipes et d’emblée contestés, ces gens se réfugièrent, au centre du pouvoir, dans le yaka et l’inaction. Vous parlez de réformes: ils n’en voulurent aucune. Car pour eux, l’Etat est une machine sur laquelle on s’assoit et qui marche toute seule: c’est la voiture de papa, elle finira bien par marcher, comme toujours.
    La question du chômage est évidemment centrale: c’est à cause du chômage qu’on vota à gauche. Seule la gauche s’en préoccupe, et c’est sa fonction, alors elle le fait, en le subventionnant.

    La question que vous dénoncez, la dégressivité, n’a bien entendu aucun effet autre que marquer une torsion du buste vers la droite, de façon à manifester une posture dont l’usage est purement rhétorique. L’exercice du pouvoir pour ces gens, ne consiste pas à agir, mais à bavasser dans une soupe rhétorique: là se croisent les antennes des insectes plus ou moins gros. Du virtuel pur.

  3. Pierre dit

    Suis d’accord avec François : vous donnez trop de « sens » au bordello insensé auquel nous assistons.

    Démontons les mythes :
    -les « partenaires sociaux » : mot valise, orwélien, absolument grotesque, destiné à enfumer le prolo.
    Le système est en faillite, qu’il soit « public » ou « privé » (en France, les deux ne font qu’un). Dès lors, Sécu, Unedic, caisses de retraite, négociations, syndicats… tout ça ce sont des perles dans la boîte à étron.

    -« réforme », ici la dégressivité. Point technique qui même s’il était réglé, ne changerait pas fondamentalement la donne.
    Mettez vous à la place du petit patron : il n’embauchera pas. Point final. Car crise éco, car code du travail, car extrême lassitude, car hystérie immigrationniste, car fisc, car taxes/impôts etc.

    -« état profond » : sur les grands sujets (« terrorisme », « construction européenne », « remplacement de la population », « guerres »): oui indéniablement.. Mais pas sur la « dégressivité » des indemnités chômage ! Ici c’est juste l’incompétence crasse, un épuisement littéral de l’intelligence.

    Pour finir, zoomez extérieur… Vous avez vu la décision « surprise » de la BOJ ? Taux négatifs ! La banque centrale japonaise appuie sur le champignon, rejoint d’autres BC (Suisse, etc.), dans une folie monétaire, économique sans issue, à part un crash total et meurtrier.

    Bref, c’est foutu, vous qui pénétrez ici, abandonnez tout espoir.

    Le Système est en mode survie (cela lui réussit assez bien jusqu’à présent) avec des recettes millénaires si j’ose dire :
    -terrorisme
    -guerre
    -dictature

    Voilà où nous en sommes…. Alors franchement… le « dialogue social », les « partenaires sociaux », et le sort de l’Unedic… admettez que c’est Fellini accouplé à Benny Hill.

  4. pil dit

    La technostructure, ce sont les énarques de Bercy tous acquis à la cause bruxelloise et qui ne risquent pas de subir les conséquences de ce qu’ils imposent. La dégressivité ne va que pousser les chômeurs à faire n’importe quel job, mal payé et éventuellement peu en rapport avec leurs compétences, ce qui va bien entendu être une réussite sur le plan de la productivité économique et de la montée en gamme des produits… avec le Graal de la courbe du chômage qui s’inverserait sous l’effet magique d’un pouvoir d’achat écroulé des sortis du chômage.

    Ils pensent que nous sommes encore dans les années fastes où les chômeurs pouvaient rester au chômage et trouver aisément un job juste avant la fin de leurs droits. Actuellement, je doute que la majorité des chômeurs procède ainsi, ils vont plutôt accepter un job qui correspond à leur compétences et niveau de salaire dès qu’ils le trouveront, sans reporter à plus tard.

    La dégressivité ne fera que dégrader l’optimisation de l’appariement travail – qualification, l’idéal de Bercy étant qu’à terme des bac+7 deviennent marchands de chouchous sur les plages plutôt qu’au chômage.

  5. Arnaud Duval Écrivain, Professeur Association Education populaire, et Maélie Duval, militante écologiste dit

    Une modeste suggestion au bénéfice de ce pauvre camarade Pépère
    Nous cotiser pour lui offrir un vélo (bien entendu de fabrication française, Renault – Gitane, Peugeot ou l’une de nos sympathique petites marques). Ainsi, il ne sera plus obligé d’aller faire le clown à scooter rue du Cirque.

  6. Martin dit

    Bonjour,

    Je me permet d’exprimer une idée pour un système d’incitation qui remplacerait avantageusement la dégressivité:

    – Un chômeur débute sa période indemnisation avec un « capital » égal à la durée d’indemnisation en mois x l’indemnisation mensuelle, soit D x I
    – Il suffit de décider qu’à l’instant t où il retrouve un emploi, il peut conserver un pourcentage significatif – par exemple 25% – de son capital non consommé, soit 25% x (D – t) x I
    – Ainsi plus le retour à l’emploi est rapide, plus la prime est importante
    – Plus besoin de dégressivité, « d’offres raisonnables », de flicage… Les intérêts de tous sont alignés

    Sincèrement,

    Martin

  7. yoananda dit

    Votre erreur est de croire que Hollande est président, alors qu’il n’est que candidat.
    Il ne sait pas ou ne peut pas gouverner, il fait de la com à la place.

  8. ikomal dit

    Cette question du « gouvernement profond » est centrale, elle mérite une étude approfondie qui, bien entendue, est impossible. Ce qui laisse la porte ouverte à tous les fantasmes (énarchie, franc-maçonnerie …)
    Le problème n’est d’ailleurs pas tant que ce « gouvernement profond » soit coupé des réalités du chômage et de l’économie (évidemment, puisque constituer de gens qui ne vivent ni l’un ni l’autre), et qu’il impose donc des décisions absurdes dont vous donnez des exemples.
    Le problème est, plus profondément, que le « gouvernement » soit en mesure de décider sur des sujets qui ne le regarde en rien. Les accords ne devraient concerner que ceux qui les signent, aucune ressource publique ne devrait être mobilisé. Ainsi les partenaires sociaux seraient responsables et il n’y aurait pas d’accord insoutenable entre « partenaires sociaux », et ces questions comme celle de l’assurance chômage (et des cotisations qui vont avec) ne se poseraient pas.

    Après, spécifiquement sur l’indemnisation, il est bien évident que ce « salaire différé » qu’on ne touche que si on arrête de travailler est un problème. Nous avons tous croisé pleins de gens qui sont au chômage et qui ont décidé de ne pas chercher immédiatement du travail, mais plutôt de faire autre choses pendant quelques mois, et ce, spécialement dans des branches où ils sont sûr de retrouver facilement un poste…Et on ne peut pas leur jeter la pierre : ils ont cotisé, et c’est le seul moyen pour eux d’avoir un retour sur cotisation, et ils y ont droit, alors …?

      • yoananda dit

        quand tu vas en antarctique pour mesurer la glace, tu fais ce qu’on appelle du carottage; Tu ne mesures pas chaque centimètre carré de glace.

        Les rencontres peuvent être une forme de « carottage ». Dans la mesure ou elles sont aléatoires, on peut très vite voire se dégager des tendances. Bien qu’étant par nature moins rigoureux qu’une étude scientifique calibrée, il n’en reste pas moins qu’elles sont souvent significatives.
        Il n’y a pas besoin d’un échantillon énorme.

        Bien sûr, 1 personne ne veut rien dire, mais déjà, rien que au delà de 2, si on retrouve les même comportements, on peut déjà soupçonner qu’il ne s’agit pas d’un total hasard. Ça va très vite et c’est très intuitif, même si on peut ensuite confirmer par un calcul statistique : « combien de chances de tomber sur 2 chômeurs « profiteurs » dans un échantillon de population à l’échelle locale » …

        A moins bien sûr qu’on ne fréquente certains milieux exclusivement ou la prévalence de ce comportement serait plus importante et isolée. Ça, il ne m’appartient pas de le dire.

  9. Robert Marchenoir dit

    Ah, revoilà la tarte à la crème du « paritarisme ». Le paritarisme, il existe depuis 1945, et c’est lui (entre autres) qui nous a conduits dans le mur. Je ne vois pas bien l’intérêt de le défendre. Le paritarisme, c’est le coup d’Etat communiste silencieux de la Libération, perpétué avec le lâche assentiment du (grand) patronat, parce que, mon Dieu, il faut bien vivre, et qu’entre magouilleurs il y a toujours moyen de s’entendre.

    Vous affirmez de façon péremptoire que la dégressivité des allocations chômage n’a aucun effet sur l’emploi, mais vous vous abstenez totalement d’apporter le moindre fait à l’appui de cette assertion. La vérité est que dans la plupart des pays où le chômage est plus faible, les allocations sont versées moins longtemps, ou sont dégressives, ou sont moins élevées, ou une combinaison de tout cela.

    En revanche, vous avez raison sur un point, c’est que la dégressivité des allocations SEULE n’aura, sans doute, aucun effet sur l’emploi, ou très peu.

    Hélas, vous en concluez, de façon perverse, qu’il ne faut pas l’appliquer. La vérité est qu’il faudrait rendre le régime d’allocations chômage moins incitatif au chômage, TOUT EN DIMINUANT MASSIVEMENT LA DEPENSE PUBLIQUE, seul moyen de rendre le fruit de leur travail aux travailleurs et aux entreprises, et donc seul moyen de stimuler l’économie et donc la création d’emplois.

    Et c’est précisément la seule et unique chose que le gouvernement ne veut pas faire, parce que ce gouvernement, comme tous les gouvernements de gauche et de « droite » qui l’ont précédé, est un gouvernement communiste.

    Vous êtes assez culotté de parler de gouvernement profond tout en défendant le paritarisme, alors que ce dernier est justement l’une des expression les plus puissantes du gouvernement profond, c’est à dire de la mainmise des communistes sur l’économie et la société françaises, sans interruption depuis 1945 et sans grand espoir de changement, puisque même l’extrême-droite, dans notre pays, est communiste.

    Lorsque l’économie sera, non pas « paritaire », mais libre, c’est à dire libérale, alors le chômage baissera. Pas avant.

    Mais évidemment, le « paritarisme », il y a beaucoup de gens qui en vivent. Il y a beaucoup de « paritaires » professionnels, comme il y a beaucoup de fonctionnaires, de politiciens professionnels, d’associatifs, de soi-disant ONG, etc. Ces gens-là n’ont aucun intérêt à la libération des Français. La vraie, pas celle qui a aussitôt été confisquée par Maurice Thorez et ses potes à la Libération, sous l’impulsion de Staline et avec la complicité forcée de de Gaulle, qui a dû consentir à ce qui était, à l’époque, un moindre mal, pour éviter que la France ne tombe entièrement aux mains du PCF (près de 30 % des voix à l’époque, plus le poids de l’URSS « vainqueur des nazis » derrière).

    La vraie solution au chômage, c’est la dé-communisation de la France. On n’en prend pas le chemin.

    • yoananda dit

      +1 !

      Nous avons le malheur, contrairement à d’autres pays, d’avoir eu une révolution communiste qui n’a pas pu arriver à maturité.
      Elle est restée en suspens au lieu d’aboutir pour finir par avorter.
      Nous n’avons pas bu la coupe jusqu’à la lie en somme, et nous en sommes toujours rêver (collectivement parlant) que cet une alternative possible, parce que nous en sommes toujours à la phase d’idéalisation.
      Cette phase, normalement meurt par la mise en pratique. Ce que l’histoire nous a refusé.
      Nous sommes coincés au milieu du gué !

      • Robert Marchenoir dit

        « Nous en sommes toujours à la phase d’idéalisation. »

        Exact.

        « Cette phase, normalement meurt par la mise en pratique. »

        Juste, mais ça ne suffit pas toujours : ainsi, en Russie, le communisme est mort de ses propres tares, mais… l’auto-critique n’ayant pas eu lieu, le Nuremberg du communisme n’ayant pas existé, la lustration (équivalent français : épuration) étant absente… la phase d’idéalisation est revenue.

        Vladimir Poutine, aujourd’hui, déclare admirer les idéaux du communisme, rejoignant ainsi n’importe quel socialiste français, n’importe quel Alain Badiou, Cornelius Castoriadis ou Jean-Luc Mélenchon, expliquant que l’Union soviétique, ce n’était pas le vrai communisme, que l’URSS a dévoyé le socialisme, mais que les intentions du communisme étaient bonnes et le demeurent.

        « J’appréciais beaucoup et j’apprécie toujours les idéaux communistes et socialistes », qui « rappellent beaucoup ceux de la Bible », a confié Vladimir Poutine. « Ce sont de beaux idéaux : l’égalité, la fraternité, le bonheur, mais la mise en pratique de ces grands idéaux dans notre pays était loin de ce dont avaient rêvé les utopistes socialistes »

        http://www.20minutes.fr/monde/1773323-20160126-poutine-declare-toujours-posseder-carte-parti-communiste-aimer-ideaux

        Voilà : c’est dans la mise en pratique que ça a merdé. Il suffit donc de trouver de meilleurs praticiens. Tout n’est pas perdu.

        On remarque aussi que Poutine s’aligne sur n’importe quel catho de gauche français de modèle courant : Jésus, c’était un peu le premier socialiste, en somme.

        C’est évidemment dramatique pour la Russie, parce que mécaniquement une telle configuration ne peut pas tenir. Le poutinisme n’est pas viable pour les Russes eux-mêmes, pas plus que le chavisme n’était viable pour les Vénézuéliens, ou que le stato-gauchisme n’est viable pour les Français. Quels que soient les efforts de Pierre, Paul ou Jacques pour « inverser la courbe », ils sont voués à l’échec vu les présupposés de départ.

    •  » La vraie solution au chômage, c’est la dé-communisation de la France. On n’en prend pas le chemin.  »

      Oui. C’était, il y a trente ans (!!!!), le thème de La connaissance inutile, de Jean-François Revel.

      Les solutions de tous nos problèmes collectifs sont connues et ont été expérimentées, il n’y a pas une seule exception. Et, bien souvent, elles n’ont pas été expérimentées ailleurs, mais en France même, il y a quelques décennies. Et pourtant, cette connaissance est inutile.

      Nos dirigeants se comportent comme si la solution de nos problèmes était un grand mystère insoluble qu’il conviendrait de chercher encore encore en se grattant la tête d’un air pensif.

        • J’ajoute que la communisation rejoint nos problèmes identitaires. L’islam, « le communisme avec Dieu » comme disait Maxime Rodinson, s’implante si facilement en France parce qu’il y trouve un terrain préparé par le communisme (déchristianisation, abrutissement de la population, collectivisation des problèmes et des solutions -quand il y en a).

      • Robert Marchenoir dit

        @ Eric Verhaeghe

        Tous vos papiers ne sont pas rédigés à Moscou (ou à l’ambassade du boulevard Lannes). C’est toute l’astuce des services russes : sélectionner des personnes qui ont un certain crédit par ailleurs, un domaine d’expertise qui leur assure une certaine audience — et leur faire diffuser la bonne parole sur des domaines où ils n’ont aucune compétence. Votre crédibilité sur la Sécu (qui est réelle) sert de couverture à votre copie de propagande défendant les intérêts russes.

        Jacques Sapir est également dans ce cas. Sapir est, officiellement, un économiste (quoique sa compétence soit tout à fait discutable sur ce terrain aussi, mais ce n’est pas la question). Or, il diffuse sur son blog des articles extrêmement approfondis et détaillés (ou plus exactement, qui font semblant de l’être) sur des questions militaires (article eux-mêmes aussi invraisemblables que votre copie russe). Ce n’est évidemment pas crédible une seconde.

        Un blogueur lambda peut s’exprimer sur tout et n’importe quoi, et il arrive que ce soit avec quelque pertinence. Un universitaire comme Jacques Sapir, faisant semblant de s’exprimer avec la même autorité sur des sujets qu’il a passé sa vie à étudier, et sur d’autres où il a exactement zéro études à faire valoir, est éminemment suspect.

        Cette façon de procéder est, pour les « organes », plus facile que de trouver un authentique expert du domaine concerné, qui accepterait de mettre en péril sa crédibilité pour ce qui fait le coeur de son métier.

        Cela étant, il est possible que vous ayez pris, vous même, l’initiative de servir de conduit à la désinformation russe. Sans contrepartie et sans instructions. Par naïveté, ignorance, non-conformisme, conformisme au contraire, goût de la provocation ou que sais-je encore. Vous ne seriez pas le seul.

        Mais vu les faits, j’en doute. Si c’était le cas, ce serait encore plus préoccupant quant à l’état moral et intellectuel de la France.

        • yoananda dit

          j’ai un peu du mal à comprendre la …
          je pensais que « gouvernement communiste » était une sorte de figure de style, pas à prendre au sens littéral…
          notre gouvernement totalement vassalisé aux USA, re-rentré dans l’OTAN, etc… serait « communiste » ???
          le jacobinisme n’est-il pas suffisant pour expliquer la structure de notre gouvernement, et son coté socialiste, « no matter what » (PS/UMP/FN sont tous socialo-étatistes, avec quelques nuances).
          En plus, historiquement, je pense qu’on peut trouver un linéage du communisme qui remonte jusqu’à la France, non ?

          Je ne comprends pas bien ce que viennent faire les « influences » russes ici ? Pour Sapir, il ne s’en cache pas « russeurope » d’ailleurs, et je ne vois pas trop ou est le problème d’ailleurs : je suppose que vous connaissez la théorie de l’earthland de Bzrezinsky (j’oublie tout le temps l’orthographe de ce gus !) … en quoi ça serait un problème de se tourner vers les Russes ? surtout à l’heure actuelle …

          ce ne sont pas des questions pour la rhétorique, mais de vraies questions. Je suis prêt à écouter toute explication qui se tient, sans à priori. Je ne me suis pas encore fait d’idées précises sur ces sujets. Vous avez l’air d’en savoir plus (que moi du moins).

    • oblabla dit

      +1 Je partage entièrement votre avis en particulier sur l’effet négligeable de la mise en place d’une dégressivité des allocations sur le niveau du chômage de masse. Effectivement le seul effet positif serait la BAISSE DRASTIQUE DES DÉPENSES PUBLIQUES. Rappel: Cameron a supprimé 600.000 emplois de fonctionnaires en 2 ans et dans le même temps le secteur privé a créé 1.200.000 emplois.
      Selon une étude de l’IREF (NICOLAS LECAUSSIN, DIRECTEUR DE L’INSTITUT DE RECHERCHES ÉCONOMIQUES ET FISCALES): Un simple calcul montre que la suppression d’un poste de fonctionnaire a permis la création de 4 emplois dans le privé en 2015 au Royaume Uni !
      Mais ce qui est le plus hallucinant aujourd’hui est l’enfumage, la désinformation, la manipulation de l’opinion française par les politiciens, les haut fonctionnaires, les syndicats et les médias de tous bords pour faire porter la responsabilité du chômage de masse sur les acteurs du secteur privé alors que seule la baisse de la dépense publique et de la fiscalité peut le permettre! Aujourd’hui il y a un acharnement à ne proposer que des solutions qui pénalisent le secteur privé et occultent totalement le secteur public!

  10. De Vos Alain dit

    Monsieur Verhaeghe, vous êtes un des meilleurs blogs que l’on puisse lire, ici : pas de lyrisme, une vision claire de la situation, une analyse précise et courte pour rendre compte des situations qui nous environnent et surtout pas de faux partis.
    Le problème des politiques dont vous exposez l’esprit, c’est » je ne suis pas responsable ». Et sur cette base, ils se dédouanent en permanence de ce qu’ils ont à faire réellement. Arthur Rimbaud décrit cette façon dans son poème en prose des » Illuminations » et dont le titre est « Parade » pour à la fin finir en parade sauvage (lire la sauvagerie). Les politiques font partie de ces « Drôles très solides ». Pour fuir le réel allons vers l’illusion, la vie rugueuse à étreindre, c’est trop dur!
    Vous avez convoqué « le Saint-Esprit » mais si ces politiques demandaient à l’Esprit-Saint de venir en eux, peut-être les éclairerait-il, car il est le siège du discernement et non de la fraude. La fraude c’est d’avoir des arguments fallacieux pour travestir des réalités (voir le paragraphe des 6000€ par exemple). J’espère que l’autopsie du mourant voulait être une archéologie du système.
    Rien n’empêche tout un chacun d’interroger nos élus, députés, conseillers départementaux et régionaux sur leurs réalisations concrètes. Nous serions étonnés de leur peu de créativité. Ce qu’ils font très souvent est de l’ordre de la gestion (nous partageons cette idée) mais créer ils ignorent. Quand ils inventent c’est souvent des usines à gaz qui ne peuvent pas fonctionner mais qui leur donnent leur jouissance orgueilleuse. Il suffit de les regarder parader. Citoyens réveillez-vous! C’est votre pays, vos familles, vos enfants, vos jobs, vos vies qui sont en jeu!

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