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L’arrestation de Piquemal est-elle une divine surprise?

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L’arrestation du général Piquemal, ancien commandant de la Légion Étrangère, lors de la manifestation interdite de Pegida à Calais, et sa comparution immédiate, constituent-elles une faute politique majeure qui laissera de lourdes traces dans l’opinion? La question peut paraître incongrue, mais la réaction des réseaux sociaux à cet incident laisse à craindre des effets en chaîne inattendus.

Piquemal en comparution immédiate

Les images de l’arrestation du général ont abondamment circulé. Ceinturé par plusieurs policiers, le général en retraite n’a pas été ménagé. Certes, il n’est pas en sucre. Mais l’image laissée par la police est extrêmement négative: alors que nombre de militaires se plaignent d’être affectés aux patrouilles que les policiers ne veulent plus faire, la bousculade qui a eu lieu risque fort d’attiser un sentiment de frustration qui n’est bon pour personne.

En malmenant ainsi un symbole de la Légion Etrangère lors d’une manifestation placée sous la surveillance de la Préfète locale, la police donne un visage à ce qu’une partie grandissante de l’opinion déteste: la partialité de l’Etat, qui tape dur sur ceux qui sont désignés comme dissidents, et qui ne manque jamais d’indulgence vis-à-vis des thuriféraires.

La décision de traduire Piquemal en comparution immédiate ne manquera de soulever des rancoeurs dans les rangs de ceux qui déplorent une justice à deux vitesses: sans pitié pour la majorité, toujours clémente avec les minorités.

Piquemal sera-t-il soutenu par l’armée?

Pour l’armée française, saignée à blanc ces dernières années par les coupes budgétaires et utilisée aujourd’hui à des missions ingrates, la situation risque de devenir très vite embarrassante. Le gouvernement ne peut guère se couper de la troupe. Mais comment préserver le lien sur une affaire aussi glissante?

Dans la pratique, l’interdiction faite à Pegida de manifester à Calais ne repose sur aucune légitimité politique. Permise par un état d’urgence dont le principe même est battue brèche, cette interdiction a tout de la décision arbitraire: les troubles à l’ordre public à Calais sont causés par des activistes qui soutiennent les migrants, et par les migrants eux-mêmes qui cherchent par tous les moyens à quitter la jungle.

Pourquoi, dès lors, interdire les seules manifestations organisées par des gens qui n’ont aucun méfait à se reprocher? si ce n’est parce que l’état d’urgence est devenu le prétexte à une discrète intimidation contre les « dissidents ».

Le gouvernement prend un très grand risque à s’engager dans une répression féroce contre des symboles de la nation, au plus grand bénéfice des doctrinaires d’un multilatéralisme européen dont plus aucun Français ne voit, au quotidien, la justification économique et politique. Il prend notamment le risque de fâcher la troupe à qui il doit tant.

Piquemal arrêté, une divine surprise?

On se souvient que Charles Maurras, qui n’aimait pas l’Allemagne, avait qualifié la défaite foudroyante de la France en 1940 de « divine surprise », puisqu’il ne croyait plus voir tomber la IIIè République qu’il abhorrait. L’arrestation de Piquemal peut-elle, par l’émotion qu’elle suscite, par le symbole qu’elle bafoue, par la rupture qu’elle dévoile entre la France d’en haut et le pays réel, constituer l’électrochoc dont le pays a besoin pour remonter vers la surface? Les jours à venir vont nous le dire.

Peut-être la puissance de la répression qui va s’abattre dissuadera-t-elle les opposants de réagir. Peut-être les murmures dans les rangs ont-ils déjà fait comprendre au gouvernement que le jugement de demain devait être clément. On voit mal comment l’Etat pourrait soutenir durablement, dans le climat délétère où nous sommes, l’emprisonnement pendant un an d’un symbole de la Légion Etrangère, dont le seul crime est d’avoir voulu manifester ses opinions.

Peut-être, dans les haussements de menton dont Manuel Valls est coutumier, la folie va-t-elle continuer. Piquemal en prison montrera le vrai visage de l’état d’urgence: une oeuvre liberticide pour étouffer le sursaut collectif dont nous avons besoin. Et peut-être le peuple français découvrira-t-il enfin qu’il est le seul juge et le seul maître de son destin.

21 commentaires

  1. Delannoy dit

    Pour ce qui est de Maurras, « il saluait comme une « divine surprise » l’arrivée du maréchal Pétain au pouvoir » (selon l’Académie) et non la fin de la IIIe, IIIe République qui ne prit en fait constitutionnellement fin qu’en 1946 avec l’avènement de la IVe.

    • Louisroymor dit

      Pétain et l’ « Etat Français »de 1940 à 1944 est voté et approuvé par l’ assemblée élue du « Front Populaire »(ce qui fut parfaitement constitutionnel ) . Le « régime » dit de Vichy fut reconnu ( USA et URSS notamment) : donc la 3ème République se termine bien en 1940 ! … et c’ est bien de la chute de cette république dont Maurras se réjouissant, pensant qu’ à partir de ce moment là, tout était possible , y compris le meilleur ( ce qui est douteux, dans le cadre d’ une occupation étrangère ?!) … Avant 1940, Pétain républicain convaincu, et indifférent , religieusement, n’ avait en aucun cas la sympathie de Maurras …. Entre 1940 et 1944 , il n’ a plus de « république » en France , mais un régime transitoire , la dénomination d’ « ETAT », neutre en soi ,sous entendait que la forme constitutionnelle serait définie après la signature de la paix . Les députés de 1940, avaient bel et bien donné au Mal Pétain, autorité pour élaborer une nouvelle constitution,qui annulait de fait la constitution de la 3ème République. Que cela plaise ou non, il faut bien admettre la « légitimité » de cet « Etat Français, au risque de ne plus pouvoir l’ accabler de tout les maux !!! … L’ adage ,  » le Roi est mort, vive le Roi ! » …ne peut en aucun cas s’ appliquer à la république … ou alors on devient une espèce étrange de légitimiste républicain … ce qui serait faire acte inconscient de « royalisme  » !!!

  2. Pierre dit

    Au gnouf les factieux !

    Ah ah ah, ce pays sombre dans la démence absolue.

    Mais c’est parfait. Continuons jusqu’à la lie, jusqu’à toucher le fond de la fosse à purin.

    Maurras avait raison au fond… Devant une tel paquet de haine compacte, d’incompétences, de corruption… on ne peut que souhaiter sa destruction. La « réforme » ne suffit plus. Ce régime doit tomber, doit s’effondrer, ni plus ni moins.

    Valls, Hollande, et tous leurs complices : dehors.

  3. L’expression « divine surprise » est évidemment malheureuse, car elle célèbre l’arrivée de Pétain et donc de l’invasion alors qu’on voudrait s’y opposer…
    Sinon, le diagnostic est exact, à un bémol prêt: le salut ne viendra pas de l’installation en France de manifs journalières à la Pegida avec « nous sommes chez nous » et une hystérisation raciste de la société, mais bien de politiques normales et raisonnables appliquées par des gouvernements dotés de bon sens. Plus qu’un an à attendre.
    Après cela c’est dans l’autre sens qu’auront lieu les manifs, et là il faudra cogner très fort.

    Au fait, le général Piquemal ne se comporta pas en extrémiste.

    • yoananda dit

      Une politique « normale et raisonnable » … une politique de vieux quoi ! lol
      On a dépassé ce stade depuis longtemps, la mécanique de la confrontation ne va pas se régler par des appels à la raison, mais par un rapport de force. Le dialogue est coupé depuis des années déjà, et ce, à cause des gens « raisonnables » justement, qui ne veulent pas qu’on fasse de vague.
      La France n’est plus gouvernable, ni réformable. Rien ne peut sortir de différent des prochaines élections.

      • Robert Marchenoir dit

        Oui, une politique de vieux, comme le général Piquemal : il a 75 ans.

        Vous aussi, vous êtes un gauchiste ? Vous aussi, vous croyez que les jeunes constituent une race supérieure face aux vieux ?

        • Tiens, on vient d’avoir cette discussion avec un collègue qui trouvait Juppé trop vieux. Moi, défendre Ali Juppé, vous imaginez le tableau !

          En 1940, Winston Churchill avait 65 ans. En 1958, De Gaulle avait 68 ans.

          Traditionnellement, les patriaches guident le peuple hors du désert. Les jeunes, Alexandre, Bonaparte, l’entraînent dans des chimères mégalomaniaques suicidaires.

          Un con est un con à tout âge.

  4. L’expression « divine surprise » est évidemment malheureuse, car elle célèbre l’arrivée de Pétain et donc de l’invasion alors qu’on voudrait s’y opposer…
    Sinon, le diagnostic est exact, à un bémol prêt: le salut ne viendra pas de l’installation en France de manifs journalières à la Pegida avec « nous sommes chez nous » et une hystérisation raciste de la société, mais bien de politiques normales et raisonnables appliquées par des gouvernements dotés de bon sens. Plus qu’un an à attendre.
    Après cela c’est dans l’autre sens qu’auront lieu les manifs, et là il faudra cogner très fort.

    Au fait, le général Piquemal ne se comporta pas en extrémiste.

  5. Joseph Favreau Juriste, chargé de cours et TD, directeur d'Ateliers culturels à la Sorbonne et en Associations d'éducation populaire dit

    A de multiples reprises, mes fils et les jeunes filles de ma famille ont été victimes d’horribles agressions commises par des gangs racistes anti-français. Le PS laisse faire les tortionnaires, voleurs, violeurs et assassins, et les socialo-fascistes applaudissent … et insultent les familles des victimes.

    Honte aux politicards. Gloire à nos courageux officiers et soldats.

    Nous sommes tous des PIQUEMAL

    JF Chevalier dans l’Ordre du Mérite Officier des Palmes académiques.

  6. yoananda dit

    Il faut noter que la presse aux ordres s’est dressée comme un seul homme contre Piquemal, accusé de tous les maux de la terre. Il a le défaut d’être catho, alors que son discours sur place était plus que mesuré !

    Sinon, oui, ils touchent à un symbole. Même si ça ne pète pas tout de suite, l’affront restera et sera ressortit à l’heure des comptes.

  7. Je suis beaucoup plus pessimiste que vous, j’ai peur que le temps ne joue contre nous. La capacité d’édredon du Système ne doit pas être sous-estimée. Néanmoins, une prédiction de Philippe de Villiers est en train de se concrétiser : on reconnaîtra les vrais dissidents à ce qu’ils feront de la prison pour leurs idées.

    Pour moi, le point essentiel, c’est l’argent. Tant que les policiers, les gardiens de prison et les militaires sont payés, je ne vois pas ce qui peut menacer le pouvoir. Les révolutions ont toujours lieu suite à une guerre perdue ou à une banqueroute. Il n’y a plus de guerre classique Etat contre Etat qui marque une défaite nette.

    En revanche, une banqueroute reste possible. Et le pouvoir est à ce point discrédité que le jour où il coulera les Français resteront au bord du bassin à taper la belote en attendant la fin de l’agonie.

    Si le pouvoir réussit à éviter la banqueroute, la dissolution continue.

    Votre expression « divine surprise » est malheureuse : vos adversaires vont se focaliser sur ses connotations pour éviter la discussion de fond.

  8. Gordion dit

    Les commentaires ci-dessus relatifs à la référence à Maurras relèvent du « much ado about nothing »….n’est-il pas?

    Seul l’analyse compte.

  9. Jamais, ô grand jamais, Charles Maurras ne s’est félicité de la victoire des troupes allemandes. C’est une pure légende reprise cent et mille fois par des gens qui n’ont jamais lu l’article de Maurras. La « divine surprise », ainsi qu’il l’écrit, c’est dans le désespoir que provoque en lui la défaite de la France et l’exode terrifiant de millions de ses compatriotes, l’annonce à la radio que les pleins pouvoirs viennent d’être accordés au maréchal Pétain, l’homme de la victoire de Verdun. On ne trouvera rien d’autre dans le papier en question de Maurras. Il faut rappeler que lors de la première guerre mondiale, Maurras ne cessa de soutenir Clémenceau face à l’Allemagne monarchiste de Guillaume II. Et, dans aucun de ses papiers précédant la défaite, de juin 40, il n’a cessé de mettre en garde les Français contre la menace de l’Allemagne hitlérienne.

    • Ah bon il faudrait donc refaire le procès de Maurras et sans doute suspendre l’indignité nationale ( et non pas la déchéance de nationalité) à laquelle il fut condamné ?
      L’expression « divine surprise » qualifie bien l’arrivée au pouvoir de Pétain et la politique de collaboration avec l’ennemi que Maurras a soutenu pendant quatre ans. Sa condamnation ne fut selon lui que la « revanche de Dreyfus », une autre expression malheureuse à éviter.

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