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Crise de l’élevage: 5 scandaleux mensonges officiels

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La crise de l’élevage en France n’en finit pas, et le gouvernement n’en finit pas de ne pas la finir. La semaine qui vient devrait être “critique” pour François Hollande sur ce front, et déjà les mensonges vont bon train sur la réalité des solutions qui sont en passe d’être prononcées. En voici un petit décryptage.

Premier mensonge: la crise de l’élevage et la responsabilité de Hollande!

La crise de l’élevage en France, au sens large (filière porcine, filière lait), a connu une accélération depuis deux ans, sous l’effet de deux coups de boutoir.

Le premier s’appelle l’embargo russe, qui a brutalement réduit les débouchés agricoles européens de 10%. Cet embargo est une réponse aux sanctions décidées par l’Union contre la Russie dans le cadre de la crise ukrainienne. Sur ce point, la France s’est contentée de suivre l’Allemagne, mais François Hollande est politiquement responsable de la décision.

Le second s’appelle la suppression des quotas laitiers dans le cadre de la PAC, intervenue en avril 2015. Cette libéralisation du marché a profité aux exploitations du nord de l’Europe dans l’indifférence manifeste du ministre français de l’Agriculture, Stéphane Le Foll. Là encore, François Hollande porte la responsabilité politique de cette situation.

En se dégageant complètement de la situation, François Hollande commet donc un premier mensonge.

Deuxième mensonge: la crise de l’élevage en urgence

Les appels à l’aide de la filière viande en France se multiplient depuis deux ans. Voici, par exemple, ce que certains avaient publié à l’époque:

Chacun découvre, ou va découvrir, mais un peu tard que les productions animales et la transformation agroalimentaire sont délocalisables. Toute la filière est impactée. Des abattoirs continuent de mettre la clé sous la porte. Les suppressions de postes et fermetures d’industries agroalimentaires se poursuivent. Avec des retombées sur l’emploi, l’économie et la vie locale.

La crise qui frappe n’a donc rien de nouveau. Elle est annoncée, décrite, répétée sans relâche depuis deux ans, dans l’indifférence complète des élites parisiennes.

En faisant mine de découvrir la situation, et en la traitant sous le coup d’une urgence totalement simulée, le gouvernement omet donc les avertissements qu’il reçoit de façon très régulière depuis deux ans.

Troisième mensonge: libre-échange et crise de l’élevage

Pour expliquer la crise,le gouvernement et les éleveurs ont recours à un joli petit mensonge qui fonctionne toujours à merveille. À les entendre, la France subit une véritable attaque frontale de produits étrangers sans possibilité de répliquer.

La France importe 44 % des poulets consommés sur son territoire, contre 8 % en 1990. Et produit deux millions de porcs de moins qu’en 2010.

C’est comme si le libre-échange ne fonctionnait que dans un seul sens: celui de l’importation. Manifestement, les agriculteurs français oublient de dire qu’ils sont aussi tout à fait libres d’exporter, et qu’ils ne s’en privent d’ailleurs pas. Voici un petit graphique qui en montre le détail:

Exportations agricoles françaises en millions €
Exportations agricoles françaises en millions € – Source: Ministère de l’Agriculture

On le voit, depuis 1998, les exportations agricoles françaises ont pratiquement doublé en valeur, passant d’environ 30 milliards annuels à près de 60 milliards.

À ce constat, deux bémols doivent être ajoutés. D’abord, l’année 2014, date de l’embargo russe, marque bel et bien une inversion de la tendance. Ensuite, le phénomène est beaucoup moins marqué dans l’Union Européenne où existe un marché unique. Autrement dit, l’agriculture française est plus à l’aise avec des pays où elle est pourtant pénalisée par des barrières douanières, qu’avec des pays où elle peut exporter sans barrière…

L’analyse des ventes par produit permet de mesurer mieux encore le phénomène:

Exportations de certains produits agricoles - Source: ministère de l'Agriculture
Exportations de certains produits agricoles – Source: ministère de l’Agriculture

Contrairement aux idées reçues, le lait français se vend très bien à l’étranger, surtout hors de l’Union Européenne. Sur la viande, la progression hors Union Européenne était plutôt appréciable jusqu’à l’embargo russe. Sur les animaux vivants, la progression est moins appréciable, surtout dans l’Union. Ces courbes montrent en tout cas que l’agriculture française peut profiter de l’exportation au moins autant que ses concurrents.

Imaginer que le protectionnisme bénéficierait à nos agriculteurs constitue donc un pari très hasardeux, qui mérite en tout cas une réflexion appuyée.

Quatrième mensonge: baisse des charges et crise de l’élevage

Dans son intervention télévisée le soir du remaniement, François Hollande a annoncé une “baisse des charges” pour les éleveurs. Il faut bien entendu redire ici combien cette affirmation est mensongère par omission.

Si les charges baissent, cela signifie d’abord que la protection sociale des agriculteurs coûte trop cher, alors qu’elle est déjà en déficit d’environ 3 milliards d’euros. Manifestement, personne ne souhaite aborder le problème d’une couverture sociale excessive des agriculteurs au vu de leurs contributions au système.

Quand François Hollande annonce une baisse des charges pour les éleveurs à protection sociale constante, il prend donc bien garde à ne pas dire qu’il va augmenter les charges des autres, et en particulier des consommateurs. Ceux-ci devront porter, peu ou prou, l’aggravation des déficits du régime agricole.

La baisse des charges pour les agriculteurs revient donc à faire payer le consommateur pour les éleveurs. Mais personne ne le dit, bien entendu.

Cinquième mensonge: la crise de l’élevage sera réglée par une hausse des prix

Alors que des Français peinent à boucler leurs fins de mois et regardent au moindre gramme de viande qu’ils vont acheter, le gouvernement Valls a pondu un communiqué hallucinant hier:

“Au vu de la situation particulièrement grave dans laquelle se trouvent les éleveurs français, les ministres ont indiqué très clairement aux entreprises de la distribution et de la transformation qu’il n’était pas acceptable que les négociations commerciales conduisent en 2016 à des baisses de prix pour les filières en difficulté, en particulier pour les produits laitiers”

La France est le seul pays du monde où le gouvernement se bat pour la cherté des produits alimentaires.

En soi, cette mesure qui consiste à demander à 65 millions de Français de sacrifier leur pouvoir d’achat pour faire vivre une poignée d’éleveurs est une aberration, qui prouve une fois de plus toute l’hypocrisie et la fausseté de la notion de solidarité. Surtout, cette mesure est évidemment contre-productive: plus la viande française sera chère, moins les Français et les Européens l’achèteront.

La seule solution durable consiste à réorganiser la filière viande pour la rendre compétitive par rapport à nos voisins européens, étant entendu que la politique de sanction européenne contre la Russie est suicidaire.

 

 

 

25 commentaires

  1. La question de l’embargo russe est évidemment centrale: on sacrifie l’agriculture à la guerre contre la Russie…

    C’est la première chose à dire, et la dernière. Les manifestations agricoles sont donc manifestement des pressions exercées par le KGB, à combattre militairement.

  2. christ dit

    hollande , ce triste sire , a fait allégence à merkel et obama ; au détriment de la france et des français dont il se fout éperdument , sauf quand des élections approchent ;

  3. Moggio dit

    Combien de centaines (voire de milliers) de milliards d’euros ont été déversés par le contribuable européen sur ce secteur depuis plus de cinquante ans ? Et le secteur est encore en crise ?! N’est-ce pas cela le vrai scandale ?

  4. Pierre dit

    D’accord avec vous sur tous les points. Sauf le 3ème.

    Car enfin, autant importer une voiture fabriquée au Japon n’est pas choquant… Autant… bouffer à Paris du “boeuf importé d’Allemagne” est… obscène.

    Il n’y a pas d’autre mot.

    La France est un grenier, à tous les sens du terme. Un pays de Cocagne.
    Et on devrait acheter de la bidoche, des endives, en Europe ? C’est insensé.

    Fruits hors saison, légumes exotiques ou denrées non disponibles localement… Là bien entendu, l’importation fait sens (si les gens veulent bien payer). Mais la nourriture quotidienne ce n’est pas une voiture, ou un iPhone, voire une tonne d’acier.

    On serait à Dubai, au milieu du désert.. on comprendrait. Mais ici en France, être infoutu d’avoir des agriculteurs et éleveurs vivant de leur boulot, et fournissant des denrées de qualité, est le signe d’une société profondément malade, dégénérée.

    Enfin, je vous rappelle que ce bordello insensé, qui revient chaque printemps comme la vérole, provient du délire des bruxellois et de leur “marché commun”.

    C’est l’UE bruxelloise qui a, littéralement, tué les paysans français.

    C’est l’UE avec son sida mental de “subventions” qui a émasculé les paysans, les a transformés en zombie, eux aussi hélas, à présent totalement dégénérés, petits fonctionnaires se plaignant sans arrêt.

    Hollande, en bon croquemort, finit simplement le boulot, choisit les fleurs et organise le convoi funéraire.

    • Gordion dit

      Vous avez tort Pierre. Même si la France est effectivement un pays de Cocagne elle est incapable de s’organiser pour inonder le monde de ses produits. L’embargo russe n’est qu’une raison conjoncturelle. Si les collectivités locales les restaurants français pour simplifier importent du bœuf allemand c’est bien pour des raisons de coûts. Rappelons nous que les contribuables ont financé la filière textile charbonnière en vain pendant des lustres. Vous ne pouvez pas défendre les exportations et interdire les importations.

      • Pierre dit

        Je sais bien que c’est pour une raison de coûts, je note simplement l’absurdité et même l’obscénité de la chose.

        Tout pousse chez nous, y compris les boeufs !

        Acheter de la viande aux Pays-Bas, en Allemagne, voire en Slovénie (chose vue dans certains “restaurants”) c’est juste du grand délire, et le signe d’une profonde maladie mentale avant d’être économique.

        Au-delà de nos frontières, c’est l’affaire du poisson péché dans l’Atlantique nord, surgelé, transporté par bâteau en Chine, pour y être “préparé”, re-conglé et ensuite renvoyé par bâteau, pour finir vendu en filets en… Ecosse.

        http://tinyurl.com/nwgaobt

        Parfait exemple de cette fameuse “mondialisation” qui n’est rien d’autre qu’une infection mentale à l’échelle planétaire.

        Ca ne tourne pas rond, vous ne pouvez pas dire le contraire.

        Comme je le dis en intro, on ne peut pas comparer la nourriture avec… du textile, ou du charbon.

        Certes les 3 se vendent et s’achètent, mais la nourriture demeure à part.

        Enfin, je suis pour une version “classique” des flux imports / exports.

        J’exporte ce que les autres ne peuvent pas produire eux-mêmes.
        J’importe ce que je n’ai pas chez moi, pas du tout, ou hors saison.

        La France ne devrait pas importer un kilo de viande… à part du boeuf de Kobé par exemple.

        La France ne devrait pas importer un kilo de fraise espagnole… sauf si les Français veulent en bouffer au mois d’avril et son prêts à payer pour (voire les cerises de pays exotiques, vendues début mai à prix d’or à Paris) etc.

        • Deres dit

          Dans le sud de la France, on mange bien de la viande produit dans le nord. Cela ne vous choque pourtant pas … Alors, pourquoi le nord ne pourrait-il pas manger de la viande allemande produit plus près de lui ?

          • Pierre dit

            Vous chipotez… Je peux répondre que Aubrac a de superbes bestiaux, et hop, c’est au “milieu”, comme ça Nord et Sud peuvent s’y approvisionner.

    • Y dit

      Et les fournisseurs de produits pour les agriculteurs: leurs produits ne seraient ils pas plus chers du fait des taxes et autres impôts que ces sociétés paient…? Si les coûts de production, du fait des multiples taxes et cotisations sont plus élevés qu’ailleurs, ils est évident que la marge des éleveurs diminue voir disparaît…..
      D’un autre côté, en détruisant les routes et autres bâtiments publics, ces méme éleveurs entraînent une augmentation des impôts et taxes nécessaires pour réparer leurs bêtises..
      Non seulement ils réclament des subventions et donc des impôts pour les autres mais en plus ils entraînent, par leur destruction de biens publics, de nouveaux impôts et taxes…toujours pour les autres!
      Ils ne revendiquent pas, ils prennent les consommateurs (de porc et de routes) pour des c……
      ´

  5. Stanislas Poitevin, publiciste, auteur de manuels pour la préparation des concours administratifs dit

    Une exception : l’élevage des gros porcs se porte bien … le gros truand dénommé Placé vient d’être placé à la Réforme de l’Etat.
    Et le gros cloporte Baylet “le veau sous la mère” redevient ministre.

  6. fox40 dit

    La suppression des quotas était inéluctable. La demande en produits laitiers va continuer à croître et il faudrait que l’UE soit absente? Alors qu’elle est competitive sur le marché mondial. Pour rappel, en 2009, nous avons eu une période de prix bas, malgré un système de quota.
    Si la tendance sera une hausse des prix du lait, il ne faut pas exclure des périodes de baisse comme actuellement. Il faut donc s’y préparer. Je regrette la pauvre culture économique de bien des producteurs, qui sont bien incapables de connaître leurs prix de revient et par conséquent, investissent sans mesure.

  7. VM dit

    La situation actuelle est le résultat de 40 ans de collectivisme et de contamination de la pensée par des mythes écolo romantiques. Au Rang des premiers coupables il faut compter José Bové grâce à qui toute exploitation agricole assez grande pour être rentable est considérée comme suppôt du grand capitan. Tiens au fait mac do achéte 100% de sa viande en France qui lle dit ?

  8. Robert Marchenoir dit

    Comme d’habitude, l’injection du couplet pro-Kremlin n’a strictement rien à voir avec le reste de votre exposé. Elle le contredit même directement.

    Vous rappelez, fort justement, à l’encontre du discours “souverainiste” et protectionniste, que les agriculteurs français doivent certes supporter la concurrence des importations, mais qu’ils ne se privent pas d’exporter — et massivement.

    Puis, vous affectez de croire que la fermeture (provisoire) du marché russe est une catastrophe pour les agriculteurs français (et en particulier pour les éleveurs de porcs dont on nous a rebattu les oreilles).

    Il faut donc croire que seuls les Français et les Russes mangent du porc à travers le monde. Ou bien que les éleveurs français ne sont pas abonnés au téléphone, que l’accès à Internet leur est interdit, qu’on leur refuse un passeport, et qu’ils sont par conséquent dans l’incapacité de vendre leurs produits à d’autres pays. Ou encore que la part du marché russe dans le chiffre d’affaires de l’agriculture française est une Loi de la Nature gravée dans le Marbre d’un Oukase conservé dans un coffre-fort au Kremlin.

    Tout cela est faux, je vous rassure.

    Bon, évidemment, ça nécessite de se sortir les doigts, au lieu de bloquer les routes et d’incendier les préfectures en pleurnichant après maman-Etat à chaque fois que quelque chose va mal. Comme le font les agriculteurs français sans interruption depuis 1945.

    Puis-je vous rappeler, également, que c’est la Russie qui s’oppose aux exportations agricoles de nos paysans, et pas l’inverse. C’est donc Vladimir Poutine que vous devriez agonir de vos récriminations sur ce sujet, et non François Hollande.

    Mais évidemment, comme tous les poutinophiles, vous avez adopté le bon vieux réflexe communiste, qui consiste à rejeter sur ses victimes la responsabilité du préjudice qu’on leur inflige.

    Si vous êtes indigné à ce point par la fermeture des frontières russes aux produits agricoles français, commencez donc par demander publiquement à votre ami Poutine de retirer ses troupes du Donbass ukrainien, de rendre la Crimée à l’Ukraine, de rendre l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie à la Géorgie, d’envoyer répondre de ses actes, devant un tribunal britannique, le député russe Andreï Lougovoï qui a assassiné de ses mains, à Londres, le citoyen britannique Alexandre Litvinenko en l’empoisonnant au polonium, etc, etc. Bref, de respecter la souveraineté des autres pays, au lieu de passer son temps à piétiner le droit international avec ses menées impérialistes.

    Puisque vous avez l’air de vous intéresser à la politique étrangère.

    Au demeurant, il est grotesque et hypocrite de mettre sur le même plan les problèmes économiques structurels de l’agriculture française, et une question de politique étrangère comme la nécessaire opposition au militarisme soviétique (j’emploie cet adjectif à dessein).

    Quand il s’agit des intérêts fondamentaux de la France, on ne se réfugie pas derrière les misérables intérêts économiques, contigents et passagers, d’une minuscule partie de la population française (1 % ? 0,5 % ?).

    L’expansionnisme annexionniste du tsaricule du Kremlin est un épisode récent, l’incapacité de l’agriculture française à exister par ses propres moyens a au moins un demi-siècle. Il est donc parfaitement malhonnête d’établir un lien entre les deux.

    Et encore une fois, il n’y a aucune loi, humaine, économique ou divine, qui empêche les agriculteurs français de remplacer le marché russe qu’ils ont (temporairement) perdu, par d’autres marchés, et même par des marchés plus avantageux et plus sûrs, qui ne seront pas soumis aux caprices d’un tyran étranger imprévisible, prompt à faire du chantage à tous ceux qu’il a le culot de revendiquer comme ses alliés.

    Tous les chefs d’entreprise font cela dans tous les secteurs : on perd un marché, on cherche à en gagner un autre ailleurs. C’est la vie quotidienne d’un patron.

    Seulement, les agriculteurs français ne sont pas des chefs d’entreprise : ce sont des fonctionnaires. Il ont drouâ à vendre x tonnes de camelote aux Russes tous les ans ad vitam aeternam, puisque c’est ce qu’ils faisaient hier.

    Et ils trouvent de nombreux soutiens en France, où il semble subsister autant de communistes qu’en Russie. Y compris (comme c’est bizarre), chez des gens comme vous, qui font pourtant mine de défendre l’entrepreneuriat et la libre entreprise.

    Toutes ces fausses indignations me rappellent beaucoup une autre tarte à la crème de la propagande communiste : si Cuba est dans la misère, c’est la faute à l’embargo américain. Bien sûr, Cuba et les Etats-Unis sont les deux seuls pays existant dans le monde ! Cuba ne peut rien acheter ailleurs qu’aux Etats-Unis, et il ne peut vendre à personne d’autre en dehors de l’Amérique !

    En réalité, si les Cubains sont dans une pauvreté crasse, ce n’est pas la faute de l’embargo américain : c’est parce que Cuba est un pays communiste.

    De même, si les agriculteurs français (parmi d’innombrables corporations) ont des difficultés, ce n’est pas la faute de l’embargo russe : c’est parce que la France est un pays communiste.

    Remarquez aussi qu’aux yeux des poutinistes / crypto-communistes, ce sont les Etats-Unis qui sont responsables des difficultés de Cuba, en raison de l’embargo qu’ils lui imposent ; mais aux yeux des mêmes, ce n’est pas la Russie qui est responsable des difficultés de l’agriculture française, en raison de l’embargo qu’elle lui impose : c’est l’Etat français ! Le coupable, c’est la victime !

    Quoi qu’il arrive, c’est la faute aux Etats-Unis et c’est la faute à l’Occident. La Russie, elle, n’est jamais responsable de rien !

    Encore une magnifique illustration du deux poids, deux mesures de l’idéologie communiste que sur ce point, vous incarnez parfaitement.

  9. Deres dit

    Les problèmes agricoles français ne sont pas spécifiques de l’agriculture. Dans les faits, ce sont toutes les filières productrices qui souffrent dans ce pays. Seulement, les agriculteurs, surtout ceux de l’Ouest sont plus organisés en syndicats pour faire des manifestations et du boucan aux oreilles des politiques. Dans le même temps, combien de petites PME industrielles souffrant des mêmes maux ( excès des charges, taxes trop importantes, réglementations excessives et variants en permanence, temps perdu à quémander des aides ou crédit d’impôts, …) ont fait faillite dans un silence assourdissant ? Les syndicats patronaux, le MEDEF, sont en fait dominés par les grand groupes, de connivence avec le gouvernement pour qui cela ne va pas trop mal. Les messages de détresse ne sont donc jamais remontés.

  10. Jacques dit

    “Le premier s’appelle l’embargo russe, qui a brutalement réduit les débouchés agricoles européens de 10%. Cet embargo est une réponse aux sanctions décidées par l’Union contre la Russie dans le cadre de la crise ukrainienne. Sur ce point, la France s’est contentée de suivre l’Allemagne, mais François Hollande est politiquement responsable de la décision” Vous voulez rire ?? La France en particulier Fabius a joué un rôle bien plus proactif dans la prise de sanctions économiques contre la Russie que l’Allemagne. La France a été le premier pays à pousser l’UE à prendre des sanctions. Je trouve injuste d’accuser l’UE et l’Allemagne

  11. Jacques dit

    Article injuste envers le gouvernement (pourtant, à la base, je ne suis pas fan d’Hollande). L’auteur oublie de parler du rôle extrêmement néfaste du PAC dans l’agriculture francaise.
    selon un vieux cadre supérieur du ministère de l’agriculture mis au placard (le cadre, pas l’opuscule), la PAC avait été et était encore (au moment où il écrivait), pour la France, un système conservateur pour figer la rente agricole et maintenir une sous-productivité soi-disant propice à l’emploi, et pour l’étranger y compris l’Allemagne (mais aussi l’Espagne, l’Italie du nord, etc.), un outil de financement de sa modernisation. La France était donc en train de créer sa propre concurrence, plutôt que suivre la voie de l’industrialisation.
    On comprends pourquoi ce monsieur était dans un placard …
    La philosophie agricole est la même que celle des taxis : le marché est captif et fixé, dans ces conditions ça ne sert à rien de se battre entre agriculteurs, il vaut mieux se le partager ; celui qui se modernise chasse un collègue pour prendre sa place, mais après on sera moins nombreux, on pèsera moins et pourra moins bien se défendre, la course à la productivité est donc une trahison. Sauf que … à l’étranger ils ont bien compris que le marché n’était pas fixé et qu’il avaient le droit, et la possibilité, de tailler des croupières à ces français assez stupides pour croire que tout leur était du et que leur part de marché était définitive. Certains autres français moins stupides ont d’ailleurs participé eux-mêmes à la curée, en s’installant à l’étranger.
    Et pour couronner le tout, on a rajouté des couches délirantes de protection environnementales (dans toute l’Europe) et de droit social (spécificité française) que les fermes industrielles supportent bien mieux que les petites et moyennes. Une ferme géante de mille vaches est moins gênante pour les voisins que son ancêtre traditionnel 20 fois plus petite.
    Bref : « plutôt crever que se moderniser ». 50 ans après la PAC, 15 ans après l’opuscule, le résultat est là : on crève. L’agriculteur nouveau doit miser 300 000 € pour avoir le droit de gagner un SMIC en bossant 70 h par semaine, si tout va bien (et « tout va bien », ce n’est pas tout le temps, n’est-ce pas …). tout ça pour quoi ? pour que maintenant en France le lait premier prix dans les supermarchés vienne d’Allemagne, ce qui aurait été inconcevable.
    Et quand les matières premières de base foutent le camp, les filières « de qualité » meurent aussi. Il n’est pas difficile de faire aussi bon que le roquefort ou le camembert en Silésie ou en Prusse.
    bottom line : c’est à la France de se réformer, pas aux autres de lui faire plaisir.

    quelques articles intéressants à lire: http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/07/10/31003-20150710ARTFIG00132-liberaliser-l-agriculture-le-seul-moyen-de-la-sauver.php
    http://www.ifrap.org/agriculture-et-energie/crise-de-lagriculture-quand-les-mesures-structurelles
    http://www.ifrap.org/agriculture-et-energie/eleveurs-francais-la-politique-publique-paralysee-par-les-denis-et-les-tabous
    http://www.ifrap.org/agriculture-et-energie/agriculture-les-degats-du-faux-long-termisme-politique
    Le secteur n’est pas tant victime d’une concurrence déloyale que de son impréparation et de son manque d’investissement. http://www.slate.fr/story/105661/elevage-le-mur-est-dans-le-pre

    Je trouve facile d’accuser le gouvernement francais alors que bcp d’autres acteurs portent une responsabilité dans cette crise. De plus, le problème dans l’agriculture francaise dépasse largement les deux éléments cités: l’embargo et la libéralisation. Là, ce n’est pas le fonds du problème de notre agriculture.

  12. BEOTIEN dit

    “La seule solution durable consiste à réorganiser la filière viande pour la rendre compétitive par rapport à nos voisins européens”

    Donc comme leurs concurrents Allemands, permettre à nos éleveurs de recours à des travailleurs étrangers payés 3 € de l’heure ? Ou faire encore baisser la qualité de la viande déjà peu brillantes, bourrée d’antibiotiques et autres saletés ?

  13. Jacques dit

    Sur RMC, un éleveur expliquait que la FNSEA avait laissé ses adhérents surproduire ce qui avait engendré un effondrement du prix. Les syndicats agricoles et leurs annexes – chambres d’agriculture (8 000 salariés), SAFER (1 000 salariés) – gèrent l’économie agricole du pays à la place des agriculteurs et décident de qui a le droit de s’installer pour exploiter une propriété agricole ou en acquérir une. Ils étouffent les agriculteurs sous les réglementations. Il faut simplifier ces règlements, supprimer les organismes qui en vivent et traiter par des aides sociales directes la situation des agriculteurs en difficulté.

  14. zelectron dit

    Les gens de “La Cooperative Agricole” insistent un peu trop sur le fait qu’elles ne sont pas “collectivistes” surtout quand on sait que leurs fondements sont inspirés depuis 1945 par la “grâce” du CNR (comité national de la résistance d’obédience communiste soviétique [stalinienne] sur le modèle du kolkhoze et avec un soupçon de sovkhoze. https://www.lacooperationagricole.coop/
    Il est curieux que leurs subventions aient quintuplées depuis l’avènement des soces au pouvoir !!!

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