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Les entreprises ne préfèrent pas les grosses!

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Au chapitre des innombrables discriminations pratiquées par les entreprises au moment du recrutement, le défenseur des droits vient de faire une révélation, conjointement à l’Organisation du Travail: les employeurs fuient les femmes obèses, et accessoirement les hommes du même calibre. Il paraît même qu’Emmanuel Macron va lancer une campagne de testing pour vérifier cette accusation.

On imagine déjà la question: si vous avez le choix entre recruter Macron et recruter Larcher pour un job de jeune premier, lequel choisissez-vous?

Les entreprises n’aiment pas les grosses

Selon la neuvième édition du baromètre sur la perception des discriminations dans l’emploi, 8 chômeurs interrogés sur 10 pensent que leur apparence physique a une influence sur le recruteur et qu’avoir une corpulence ou un style vestimentaire « hors normes » constitue un facteur de discrimination. Comme c’est bizarre! un punk à chien couvert de tatouages et une crête bleue sur la tête aurait moins de chance d’être embauché dans un poste commercial qu’une jeune fille en tailleur et en chignon? La société française est vraiment devenue scandaleuse, et nos entreprises sont un ramassis de discriminateurs en série.

Inversement, on se demande bien pourquoi un recruteur qui a le choix entre un candidat homme en bonne santé et une candidate femme obèse choisit le premier plutôt que la seconde pour un emploi de transporteur, de livreur cycliste ou de bûcheron. Ces discriminations sont insupportables.

Selon le même baromètre, 10 % des femmes au chômage déclarent avoir été discriminés à l’embauche à cause de leur apparence physique. On notera bien entendu qu’il s’agit d’une déclaration des intéressées, sans aucun élément de preuve à l’encontre des employeurs. Les esprits malicieux traduiront immédiatement: si seules 10% des chômeuses se disent victimes de discrimination au physique, c’est que le phénomène n’est pas si répandu qu’on ne nous le fait croire.

Les entreprises sommées de faire tout et son contraire

On ajoutera donc le baromètre du défenseur des droits au chapitre des innombrables injonctions paradoxales qui pèsent sur les entreprises et leur vie quotidienne.

Ainsi, les entreprises ne doivent pas discriminer les candidats selon leur physique, mais elles doivent aussi faire de la prévention en matière de santé, au titre de leur responsabilité sociale. Elles doivent donc recruter indifféremment des obèses ou des anorexiques, puis mettre en place une ergonomie de travail sous le contrôle de la médecine du même nom destinée à éviter les risques d’accident. Elles doivent ensuite prévoir des menus minceur à la cantine, respecter des principes diététiques, et enfin aménager les horaires de travail pour que les personnes en surpoids puissent prendre les transports aux heures où elles auront de la place. Et comme les obèses sont particulièrement exposées au risque d’accidents cardio-vasculaires, elles se doteront d’un nombre suffisant de défibrillateurs pour limiter le risque de mortalité.

Le plus courageux, bien sûr, est de recruter des odalisques à des postes d’accueil du public, voire d’hôtesses. L’exposition au risque de harcèlement moral est alors maximale. Que la tenue soit trop ajustée, qu’elle découvre de façon trop généreuse des bourrelets inconvenants, et la salariée demandera immédiatement réparation pour ces humiliations constantes et répétées.

Les entreprises face à la tyrannie des minorités

Le baromètre ne dit curieusement rien des cumuls de discrimination. Ainsi, qu’une Noire ou qu’une Arabe ait le malheur d’être obèse, et nul ne sait si sa candidature a plutôt été écartée parce qu’elle était obèse ou parce qu’elle était arabe. Pour peu que la même obèse soit venue voilée à un entretien de recrutement pour un poste d’hôtesse d’accueil ou de maître-nageuse, elle pourra même invoquer l’islamophobie.

On voit bien que, au rythme aberrant où va la société française, sous la tyrannie des minorités qui sévit et qui l’obsède, plus personne ne s’interroge sur les compétences des individus. Si la femme arabe, obèse, voilée, n’a pas été recrutée comme maître nageuse, c’est peut-être tout simplement parce que l’entretien a montré qu’elle ne savait pas nager, ou qu’elle nageait moins bien que les autres candidates. Cette question-là n’est même plus posée. Seules les apparences et l’étiquette d’un bien-vivre ensemble totalement illusoire comptent. On dit illusoire, car on voit mal comment pourrait durablement fonctionner une société où les compétences sont moins importantes que le respect de critères purement formels dont la visée est politique et pas économique.

Le chef d’entreprise qui tient à se mettre en conformité avec toutes ces prescriptions doit faire un double choix. Premièrement, il peut d’emblée renoncer à chercher des clients et à gérer son entreprise: le respect des innombrables principes que lui impose sa « responsabilité sociale » est à la fois si chronophage et si contraignant qu’il absorbe toute l’énergie du dirigeant. Deuxièmement, le mieux pour lui est de ne plus recruter aucun Français blanc d’obédience chrétienne ou laïque, de corpulence normale, diplômé, hétérosexuel, avec enfant et dépourvu de tout handicap. Sa préférence pour ce type d’individu le tend en effet suspect de ne pas aimer l’égalité des chances et d’appartenir au groupe des méchants racistes qui n’aiment pas la différence.

Et c’est bien le paradoxe que nous vivons: l’amour sacré des différences pousse peu à peu à l’exclusion de la majorité.

 

9 commentaires

  1. Pierre dit

    Très bon billet !

    Imaginez l’accumulation des traits de minorité :
    -femme
    -obèse
    -maghrébine
    -et lesbienne

    D’ici à ce qu’elle soit en plus un peu gauchiste sur les bords…

    Ca fait beaucoup pour un seul individu ! 😉

    Plus sérieusement, on peut faire le parallèle avec le propriétaire d’un logement en location. Lui aussi, avec plusieurs dossiers, il doit « choisir », exactement comme un patron qui embauche.

    Avec 2 dossiers équivalents, en terme de revenu disponible, comment « choisir » ? Sur le patronyme ? Chut, ça c’est interdit, ce n’est pas « républicain ». L’apparence physique ?

    In fine, c’est bien une affaire de « goût », mais oui comme pour les couleurs ou la bouffe. Mais dans notre société devenue démente, atteinte de sida mental, tout devrait être calculé scientifiquement, en particulier pour lutter contre les « discriminations ».

    Mais même choisir ce qu’on va diner, ou quel film on va regarder ce soir est une « discrimination ».

    Revenons dans l’entreprise. A force de lutter contre les discriminations, et à force de refuser de voir les vrais problèmes, oui c’est vrai… on met en oeuvre des stratégies d' »évitement », sur la religion par exemple.

    La démonstration est imparable :
    -on sait que seule la religion musulmane pose problème en entreprise, avec une série de prescriptions, d’interdits problématiques, et les pratiquants sont en outre très souvent revendicatifs

    -ce n’est pas le cas avec un catho, un protestant, un juif (sauf quelques cas extrêmes), un boudhiste, un sikh

    -un patron dès lors fera bien entendu une discrimination (si il a le choix), afin de minimiser son risque.

    Gérer une entreprise, c’est gérer ses risques.

    C’est une lapalissade.

    Et pour qu’on ne m’accuse pas d’islamophobie primaire, j’ajoute :
    -embaucher une femme de 30 ans représente un risque plus élevé qu’un homme de 30 ans ou qu’une femme de 45. A cause des maternités ! … Une salariée enceinte, pour peu que sa grossesse soit « difficile » et que son médecin soit compréhensif, dans une petite PME c’est une catastrophe. Shocking ! Odieux ! Sexiste ! Oui je sais, mais c’est un fait.

    -embaucher un salarié de 55 ans est un risque très important. Pourquoi ? A cause de toutes les lois idiotes qui surprotègent ces personnes, et rendent leur licenciement plus difficile, et plus coûteux. Là encore, gestion du risque, évidence. Et in fine évitement. Les chiffres du chômage sont là pour le prouver.

    -embaucher une personne souffrant de maladie chronique est bien entendu un risque élevé.

    On peut ainsi multiplier les exemples, les variations.

    C’est pourquoi, et pour désamorcer cette hystérie au sujet des « discrimination », je propose de parler à la place de « gestion du risque », qui est un comportement parfaitement sain et rationnel, que ce soit dans la vie quotidienne, ou au sein d’une entreprise.

  2. Sergio dit

    Dans le même ordre d’idées, il est inconcevable aujourd’hui qu’un salarié soit plus fatigué en sortant du boulot qu’en
    arrivant !
    On n’arrête pas le progrès…

  3. Lou XYZ dit

    A mourir de rire.
    Et quid de la discrimination contre ceux qui n’ont pas fait de grandes écoles ?
    Ds les entreprises du CAC 40, les cabinets ministériels etc. un obèse énarque ou polytechnicien sera toujours préféré à un autodidacte ou un universitaire qui est mince.
    Problème, Macron est énarque. C’est pas demain la veille qu’il instituera des testings pour éliminer ce biais de recrutement.
    Lou

  4. ikomal dit

    J’ai une solution (mais va-t-elle plaire ? …. 😉 )
    Ils suffit de les prendre en contrat « zéro heure ». Elles viennent, elles font le taf ? c’est noté on les rappellera.
    elles ne viennent pas, ou ne font pas le taf ? dommage, on appellera quelqu’un d’autre la prochaine fois …
    Perso je suis impressionné de voir l’énergie de Beth Dito sur scène, et j’en est vu d’un calibre à peine moindre en remontrer à des jeunes sportifs dans des métiers où on bouge. A les voir sur photo on n’y croirais pas. Mais pour le voir ils faut essayer, et pour essayer il faut avoir le droit à l’erreur.

  5. Pylm dit

    L’absurdité n’a pas de limites. Nous avons un problème avec l’inspectrice du travail parce que depuis 5 ans, nous n’avons que 3 femmes dans les 10 plus gros salaires (sur 58 salariés). Sur ces 10 plus gros salaires, il y a 6 commerciaux, dont une seule commerciale. Les bases de rémunération sont les mêmes, mais en fait les 6 meilleurs salaires des commerciaux correspondent en gros à leur ancienneté et pas à leurs sexes. J’ai fait demander à l’inspectrice s’il fallait virer les meilleurs commerciaux hommes. Réponse, débrouillez vous, mais moi je vais vous taxer…
    On avait une handicapée qui ne pouvait plus venir en transport en commun. Ma RH a demandé si elle pouvait se faire rembourser le taxi quotidien (80 €) pour l’aller et retour au bureau par l’agence de soutien aux handicapés. Réponse négative. On a dû faire une rupture conventionnelle alors que nous souhaitions que la salariée reste.
    Depuis, j’ai vu que cette agence a aménagé luxueusement un immeuble à 1.5 km du nôtre… Et nous notre taxe a bien sûr augmenté.

    • Gordion dit

      La prochaine loi à venir sera une obligation des entreprises d’embaucher un quota de « non-comprenants », dont la définition sera établie à la sortie du système scolaire. QI<100, QI<105, etc. Comme pour les tranches fiscales. A ajouter au compte pénibilité, au compte individuel de formation.

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