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Migrants: le Sénat alerte sur les hotspots

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Pour contrecarrer la propagande eurocratique sur les hotspots, comme solution à la crise migratoire, on lira avec intérêt le rapport du Sénat sur le sujet. En voici quelques passages utiles sur les hotspots grecs:

De l’avis des personnes rencontrées dans le hotspot de Moria et malgré l’arrestation et le déferrement aux autorités judiciaires de personnes soupçonnées de lien avec des activités terroristes ou autres crimes et délits, le point faible du dispositif reste les contrôles lors de l’identification, considérés comme insuffisamment poussés pour assurer la sécurité de l’Union européenne. Serait en cause notamment un défaut d’exploitation et de recoupement des informations recueillies par la police grecque et Frontex avec celles contenues dans le Système d’information Schengen (SIS) ou celles détenues par Europol. Le trafic de faux documents ferait également florès, étant en cause non seulement les titres de voyage présentés par les migrants mais également le « sauf-conduit » délivré par les autorités grecques (cf. infra), à la sécurisation duquel travaille actuellement l’Union européenne.

Avant tout, la mission d’orientation des migrants reste à cette heure théorique. Tout migrant enregistré sur l’île se voit attribuer un « sauf-conduit » pour le continent valant également « injonction de quitter le territoire », dont les délais varient en fonction de la nationalité du titulaire – 6 mois pour les Syriens, 1 mois pour les autres nationalités. Moyennant 60 euros – le coût de la traversée en ferry -, toute personne en possession de ce « sauf-conduit » peut donc rejoindre le continent et poursuivre son chemin vers les Balkans, sans demander l’asile aux autorités grecques ni s’en retourner dans son pays d’origine.

L’éloignement des migrants en situation irrégulière ne concerne en effet qu’une infime minorité. Selon les chiffres fournis par les autorités grecques à la Commission européenne, seuls 16 131 retours forcés auraient été effectués en 2015, majoritairement à destination de l’Albanie. À la fermeture de la quasi-totalité des places en centres de rétention administrative s’ajoutent, en effet, les difficultés rencontrées par la Grèce
– comme par l’ensemble des États de l’Union européenne – pour obtenir l’application par certains États tiers des accords de réadmission signés avec les autorités européennes.

Quant aux retours volontaires aidés, seuls 3 460 auraient eu lieu en 2015 et 503 au mois de janvier 2016, dont la grande majorité – 352, soit près de 70 % – à destination du Maroc, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Si l’on songe que le hotspot est la principale réponse apportée par l’Union à l’arrivée de migrants, on mesure immédiatement que nous sommes bien loin d’avoir réglé le sujet!

3 commentaires

  1. Le simple fait que l’on s’inquiète sur les faiblesses du dispositif de blocage des migrations aux frontières extérieures de l’Europe est bon signe: jusqu’ici les faiblesses citées concernaient la capacité à accueillir.
    Nous sommes donc sur une trajectoire qui mène à l’inéluctable.
    Un point à aborder: les hots spots doivent être construit HORS d’Europe. Par exemple, en Turquie.
    Cela s’appelle le NOWAY, et il faut l’instaurer. Le plus tôt possible.

  2. Gordion dit

    … »Tout migrant enregistré sur l’île se voit attribuer un « sauf-conduit » pour le continent valant également « injonction de quitter le territoire », dont les délais varient en fonction de la nationalité du titulaire – 6 mois pour les Syriens, 1 mois pour les autres nationalités. Moyennant 60 euros – le coût de la traversée en ferry -, toute personne en possession de ce « sauf-conduit » peut donc rejoindre le continent et poursuivre son chemin vers les Balkans, sans demander l’asile aux autorités grecques ni s’en retourner dans son pays d’origine. »…

    Nous voilà donc rassurés, il ne fait aucun doute que les injonctions vont accélérer leur retour en Turquie. Comme d’ailleurs les injonctions à l’encontre des immigrés en situation irrégulière en France.

    Pour faire preuve d’humanité, l’UE devrait également leur octroyer une aide juridique pour qu’ils puissent contester la validité de cette injonction près la CEDH, non?

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