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Erdogan: comment l’Europe se vend au salafisme

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Erdogan, le président turc islamiste, a franchi un nouveau pas dans le totalitarisme, en ordonnant l’expropriation manu militari du journal d’opposition Zaman. Après l’ouverture d’instructions judiciaires contre les journalistes de Cumhuriyet, cette décision confirme le dangereux dérapage autoritaire du gouvernement turc, devant lequel l’Union Européenne se prosterne de façon hallucinante.

Erdogan, l’ennemi de la démocratie

Depuis plusieurs mois, la soumission de l’Europe à Erdogan est accablante, et le despote turc n’a désormais plus aucune raison de retenir ses impulsions dictatoriales.

L’été dernier, déjà, Erdogan avait probablement utilisé Daesh pour organiser un attentat contre l’opposition kurde en passe de le priver de sa réélection. La mise sous tension de l’opinion turque quelques jours avant le scrutin lui avait permis de gagner et de préparer sa prise de contrôle sur le pays.

Dans la foulée, les assassinats politiques et l’intimidation face à la presse ont donné le ton de ses intentions: la Turquie doit devenir un Etat islamiste, mettant ainsi un terme à un siècle de révolution laïque.

L’expropriation de Zaman constitue une étape supplémentaire. Le journal est contrôlé par l’imam Güllen, qui dispose d’une assise financière suffisante pour défier le pouvoir d’Erdogan. Son éviction, qui constitue une hallucinante voie de fait, réduit encore le périmètre des libertés en Turquie.

Erdogan, le chouchou de l’Union Européenne

On comparera de façon instructive cette information sur la violation de la liberté de la presse, avec le titre d’une dépêche publiée hier:

Bruxelles cherche à sauver Schengen et cajole la Turquie

Pendant qu’Erdogan envoie sa police occuper les journaux d’opposition, l’Union Européenne lui fait les yeux doux et lui débloque des fonds. Cette soumission est d’autant plus hallucinante qu’Erdogan ne ménage pas ses partenaires européens.

La politique étrangère européenne, fondée sur un affaiblissement du régime syrien en s’appuyant sur les Turcs touche ici au paradoxe. Officiellement, nous luttons contre le tyran Assad, mais nous y parvenons en soutenant le tyran Erdogan.

Rappelons ici qu’Assad a eu l’inconvénient de ne pas obéir aux Etats-Unis, mais d’être laïque, alors qu’Erdogan soutient les Américains, mais instaure un régime islamiste.

Erdogan massacre ses Kurdes en tout quiétude

La soumission de la communauté internationale à Erdogan a un avantage majeur: elle lui permet de massacrer au calme ses populations kurdes insoumises. Alors que l’Europe n’a pas de mots assez durs pour dénoncer les bombardements de populations civiles par le régime syrien, elle occulte totalement le sort des Kurdes sous la botte d’Erdogan. Deux poids, deux mesures.

Dans les villes kurdes du sud de la Turquie, l’affrontement militaire est bien pire que ce que nous imaginons:

Manifestement, peu d’Européens semblent émus par cette situation, et certainement pas Angela Merkel, la généreuse bienfaitrice des réfugiés, qui reste sourde au sort de ces pauvres Kurdes.

Erdogan bien décidé à utiliser l’arme des migrants contre l’Europe

Dans le même temps, Erdogan compte bien, comme en 2015, continuer son oeuvre de déstabilisation de l’Europe en y déversant des flots de réfugiés pilotés par des mafias dont la police turque se nourrit allègrement.

Il refuse consciencieusement toute solution permettant de limiter les flux de réfugiés, tout en exigeant des sommes colossales de l’Union Européenne. Comme prévu, 2016 devrait donner lieu à des arrivées massives de réfugiés en Europe.

Dans le même temps, il devrait obtenir l’entrée des citoyens turcs sans visa dans l’Union. Ce petit coup de pouce au reluisant allié turc permettra d’accélérer la venue d’immigrés économiques sur le territoire de l’Union.

A quel jeu l’Europe joue-t-elle en Turquie?

Tous ces faits consternants interrogent sur le sens de la politique européenne. Pourquoi faire la guerre aux Etats laïcs du Moyen-Orient tout en soutenant les régimes islamistes qui font tout pour nous déstabiliser?

La question est sans réponse claire aujourd’hui.

15 commentaires

  1. Vous avez tout à fait raison de dénoncer la politique agressive et dangereuse de la Turquie. Ouvertement alliée de l’Etat islamique elle lance ses populations de migrants à l’assaut de l’Europe qu’elle menace.
    La « négociation » avec l’Allemagne de la pauvre Merkel est un scandale, et rien ne nous engage dans ce marché de dupes: ni les visas, ni l’adhésion (personne n’en veut), ni les milliards qu’on devrait lui verser pour financer sur son sol des camps provisoires qu’elle gère depuis cinq ans.
    Engagé dans une dérive autoritaire, et encouragé par le crépusculaire hussein qui croit toujours que les frères musulmans sont une solution pour le moyen orient, elle semble vouloir restaurer l’ottoman d’antan. Cela devient déplaisant.

  2. « La question est sans réponse claire aujourd’hui. »

    Je ne vous comprends pas. La réponse est au contraire limpide : détestation de ce que nous sommes et soumission à l’islam. Tout, plutôt que de nous assumer et que de prendre nos responsabilités nationales, c’est-à-dire plutôt que de constater l’échec du projet européiste, et si ce « tout » signifie ‘l’islam le plus radical », où est le problème ?

    Cela fait des années que les mêmes nous répètent tant et plus que « l’islam est une religion de paix et d’amour », alors pourquoi ne voudriez vous pas vous soumettre « à la paix et à l’amour » ?

    C’est très cohérent, et très clair.

    Bien sûr, cette politique n’a aucun rapport avec la réalité. L’islam est une religion violente et sanguinaire, en un mot : terroriste. Mais attendre des idéologues qu’ils tiennent compte de la réalité, c’est comme attendre d’un alcoolique qu’il carbure au Vichy Saint Yorre.

    • yoananda dit

      je ne pense pas que les européens réfléchissent en terme de religion, c’est tout l’inverse, c’est un point aveugle pour eux.
      ils pensent en terme de ressources (pétrolières, gazières, humaines, sécurité).
      La Turquie je suppose doit fournir certaines ressources (des jeunes hommes pour l’Allemagne en déclin démographique). Le Qatar du gaz, l’Arabie Saoudite du pétrole.
      Et je crois que pour eux, tout ce qui est bon pour la croissance est bon tout court.
      C’est le dogme libéral : en cas de croissance et de prospérité économique, la religion n’a aucun poids. Ils rejoignent en cela les gauchistes/socialistes : c’est la misère sociale qui rends les gens religieux.

      Donc pour eux la religion n’est pas un problème en soi. Ils ne pensent qu’en terme de croissance économique.
      Et, comme dans le cochon, tout est bon pour la croissance.

      Si Assad refuse un pipeline, c’est un méchant. Qu’il soit laïque ou pas. Il est anti-croissance, notre croissance du moins.

      Voila …
      En fait, je n’en sait rien, j’essaye de devenir, comme chacun ici, pourquoi tant d’incohérences.

      Comme je lis la littérature libérale, je sais que les libéraux pensent ainsi. Les questions identitaires ne les effleurent même pas. Tout est économique pour eux. Tout.
      Je pense que les technocrates de l’Europe, ne voient le monde qu’à travers de leurs statistiques. Ils regardent, y compris les pays étrangers, à travers leurs grilles de chiffres. Et la religion n’est qu’un accessoire de vente pour eux.

      Je ne crois pas qu’ils veuillent se faire islamiser. C’est plutôt un complexe de supériorité, comme le Juppé. Ils se croient immunisés … les cons !

  3. Pardon de reprendre la parole, en envoyant balader le jugement que je qualifierait d' »éthylique » de Boizard.

    Les réfugiés syriens ne sont pas, à l’origine, le fait de la Turquie, qui pour l’instant les accueille (3 Millions de syriens vivent en Turquie à l’heure actuelle), mais le fait direct de la guerre civile syrienne, directement causée par la dictature syrienne, qui n’est absolument pas laïque mais simultanément religieuse et ethnique. La secte alaouite, aux confins de l’absurdité anti arabe de la région (la pureté raciale phénicienne y jouant, et oui, un rôle) règne en maitre par la terreur sur le territoire qu’elle controle. La haine qu’elle génère est telle que sa défaite militaire finira, c’est ce qui la motive, par des massacres de masse à la hauteur de la grande religion d’amour et de paix qui anime la spiritualité de toute la région.
    En attendant, une guerre civile impitoyable digne des haines raciales et religieuses les pires que l’on puisse imaginer a lieu sous nos yeux ébahis. La tentation de l’arrêter par la force (l’alliance France USA de 2013) fut vite maitrisée, les peuples de la région, rétifs aux idéaux démocratiques, ayant vocation à se gouverner en toute liberté sans intervention de l’extérieur, c’est ce que tout le monde dit.

    Naturellement le désordre génère une fuite des populations civiles. De nationalité syrienne, mais hélas sunnite, donc hors des préférences raciales du chef de ce pays oriental complexe, elles fuient en Turquie, puis en Europe le malheur de leur défaite militaire.

    Pour conclure, dire, ou penser, que l’Europe a une responsabilité quelconque dans ces migrations du fait qu’elle s’opposerait à sa cause principale (le fameux état « laique » dont vous parlez) me parait tout à fait faux.

    J’avoue avoir une position complexe, à la fois pro-russe mais anti-syrien mais j’essaye de comprendre sans me sentir obligé de prendre parti. La Turquie est par exemple clairement anti syrienne, tout en étant notre ennemi, cela est clair. La Russie, que l’on devrait ménager soutient Assad, mais pourrait très bien s’accomoder de son remplacant pourvu que ses intérêts soient préservés. Cela pourrait se négocier et reste une issue pour une raisonnable politique européenne à mener en 2017.

    Ainsi, je reste persuadé que si Assad avait été balayé en 2013, la situation serait meilleure: on pourrait se consacrer à détruire l’Etat islamique, ce que ne font absolument pas ni la Russie, ni la Syrie, ni les états du golfe. La situation actuelle est de fait la pire: l’Etat islamique se consolide dans sa zone, tout comme Assad dans son coin. Un nouvel équilibre se met en place et la Turquie en profite à terme: elle reste la seule force sunnite capable de sauver/menacer l’Arabie Saoudite d’un raid puissant de l’Etat islamique vers le sud.
    Car le problème est que tant que l’Europe ne fait rien, ou pire, fait alliance avec la Turquie, la Russie ne défendra pas l’Arabie Saoudite ! Les buts de guerre de l’Iran sont atteints: un arc chiite puissant et la levée de l’ambargo commercial. Si la Turquie, pour compenser, s’installe en Arabie, et bien cela ne sera que le retour à 1914, que tout le monde souhaite.

    • yoananda dit

      Si Assad avait été balayé, le pipeline gazier sunnite vers l’Europe aurait été mis en place, et nous serions encore plus soumis à leur islamisme « de paix et d’amour ».
      Je préfères de loin le gaz des orthodoxes Russes. Combien de terroristes orthodoxes se sont fait sauter sur notre territoires rappelez moi ?

    • Gordion dit

      Comme à votre habitude, nous avons droit au couplet des dictatures fascistes arabes, et à leurs représentants, tel Assad. Libre à vous de préférer les dictatures théocratiques genre Riyad.

      Votre affirmation de la cause de la guerre civile en Syrie, due à Assad, mérite d’être tempérée avec un peu de recul géopolitique, qui semble vous manquer.

      Il ne vous aura pas échappé que, suite aux printemps arabes précédents, complétés par le brillant résultat de l’élimination de Kaddafi en Libye, les EU – je vous recommande d’excellents articles parus dans la presse américaine – via la CIA, le GID saoudien et le MIT turc, ont entrepris de déstabiliser le régime Assad inféodé à la Russie. Du très classique – cf. Talibnas en Afghanistan, contras Nicaragua, etc – selon les stratégies de la guerre froide.

      Selon les néoconservateurs américains, la stratégie du « containment » consiste à opposer un arc sunnite à l’arc chiite, soutenu par la Russie et la Chine. Toujours du classique, les conflits inter-religieux qui sont concomitants ne font que compliquer la situation.

      Il était attendu qu’Assad – qui a un accord de défense avec la Russie – réagirait au soulèvement de l’opposition sunnite soutenue par les puissances sunnites de la région selon les bonnes vieilles méthodes arabes, i.e. par un bain de sang. Et qu’en l’occurrence , il serait soutenu par les Russes. Ou son successeur. Les Russes ne lâcheront pas la Syrie.

      Rien de neuf donc, les EU instrumentalisent l’opposition sunnite, une partie des Kurdes, et l’OTAN est derrière. Mais, le soutien n’est jamais franc et massif, preuve en est le « recul d’Obama » quant à une intervention massive en Syrie. Outre le fait qu’une résolution aux NU n’aurait eu aucune chance d’être votée, Obama grand pacifiste post-Bush ne voulait pas prendre le risque d’une confrontation directe avec la Russie, qui elle, je vous le rappelle, a un accord gouvernemental avec la Syrie. Donc juridiquement, Obama n’est pas « legit », et serait apparu comme un agresseur. La France, elle, s’est retrouvée piégée par le duo belliciste Hollande-Fabius.

      Je vous renvoie aux analyses d’Alain Rodier – site Atlantico – sur l’instrumentalisation des pays, ethnies du MO par les grandes puissances traditionnelles, auxquelles s’ajoutent maintenant les nouvelles puissances régionales. Le fait religieux n’est pas la principale raison du conflit syrien, contrairement à ce que vous pouvez affirmer.

      Votre soi-disant souhait qu’Assad ait pu être balayé par un intervention OTAN est une absurdité politique et juridique. Obama n’a pas été élu pour agir comme Bush en 2003.

      Quant à vos dires sur la nature de la secte alaouite représentée par Assad, je vous recommande la lecture des ouvrages de JF.Colosimo, historien des religions, et de spécialistes sur la question – le Suisse Sami Aldib par exemple. Je n’ai pas la prétention d’avoir votre jugement téméraire sur l’alaouisme, c’est plus compliqué que cela.

      Et F.Boizard a parfaitement résumé la situation religieuse.

      • Moui mais je ne vois pas du tout ce que vous voulez dire exactement:
        – le name dropping sans référence à une thèse n’est pas très intéressant: votre suisse sorti de nulle part est un gugusse marrant au moins aussi déconnant que moi (il a traduit la constitution suisse en Arabe et prétend que le coran a été écrit par un rabbin). Que pense-t-il des alaouites, s’il vous plait ? Au fait pour les alaouites, wikipédia c’est bien aussi, comme source d’informations.

        – Pour en revenir à Assad, le qualifier de « laïque » et d' »Arabe » est un non sens total. Il n’est ni l’un ni l’autre et se trouve par ailleurs un buveur de sang particulièrement répugnant. Sa famille d’assassins nous a tué des soldats, et a mis en oeuvre la destruction du Liban par le terrorisme pendant trente ans.

        – comparer les dictatures est parfaitement inutile et dénué de sens, et m’accuser de préférer la saoudienne à la syrienne n’a pas grand intérêt, en tout cas ne joue pas faveur de votre préférence à vous.

        – Il est sur qu’Obama n’a pas été élu pour intervenir, mais pour faire l’inverse: abandonner la région à la folie d’une effroyable guerre bien plus meurtrière (250 000 morts) que le conflit de basse intensité que Bush avait assez bien géré (25 000 morts). Obama, prénommé Hussein, a de plus pris position en faveur des frères musulmans pendant tous les printemps arabes: il en est pratiquement un allié.

        – Je crois effectivement qu’une déstabilisation de l’Arabie Saoudite est en cours et qu’incapable et corrompue elle pourrait s’effondrer laissant la voie libre à une Turquie menaçante et expansionniste, seule puissance sunnite d’une région que l’abandon de l’occident (c’est à dire le contraire de son intervention) a fait exploser. Je maintiens que la Turquie pourrait très bien remettre de l’ordre dans la région et revenir à 1914. Qui d’autre pourrait s’en charger ? Hollande et Merkel ?

        – L’organisation des frères musulmans constitue la véritable menace islamique dans le monde: arme idéologique de la Turquie, elle essaye de métastaser partout et bien sur en Europe. Les organisation « frères » encouragent bien évidemment les migrations (et au combien, connaissez vous l’ONG de Tariq Ramadan
        https://francoiscarmignola.wordpress.com/2015/12/21/les-reseaux-musulmans-europeens/ ? )
        et s’en servent déjà pour subvertir l’Europe, tout cela au service de la Turquie, vous le voyez ces jours ci.

        – 2 faits patents, parfaitement objectif, visibles et apparents:
        a) les migrations de ces six derniers mois sont organisées par la Turquie pour faire chanter l’Europe.
        b) la Turquie est un allié militaire et économique de l’Etat islamique.

        – Le djihadisme terroriste n’est pas un danger militaire en soi, mais une arme terroriste qu’utilisent les « gentils » parmi les musulmans (les frères) pour mieux se poser en intermédiaires qui eux « comprennent » et peuvent « déradicaliser » cet islam là. Toute la prise en charge du « déminage » des attentats par les tenants de la grande religion de paix se fait à leur profit.
        J’insiste là dessus: le pire des ennemis n’est pas l’Etat islamique, mais bien l’idéologie totalitaire des frères musulmans, comparable au communisme du bon vieux temps, et au service de la Turquie impérialiste.

        – La Russie veut préserver ses intérêts et se tient en retrait, au service de l’Europe dès que celle ci sera gentille avec elle. En attendant, croyez vous qu’elle combatte ou veule combattre l’Etat islamique ou les migrations ? Tu parles…

        Pardon de me citer moi même, mais j’avais élaboré sur ces questions:
        https://francoiscarmignola.wordpress.com/2016/01/24/geopolitique-au-moyen-orient/
        https://francoiscarmignola.wordpress.com/2015/09/06/laffaire-bush-sarkozy/
        https://francoiscarmignola.wordpress.com/2015/09/02/lesbos/

  4. cincinatus dit

    et pendant ce temps Hollande décore en catamini le très démocrate prince héritier séoudien de la Légion d’honneur
    C’est curieux la plupart des merdias n’ont pas donné cette info:
    SOUMISSION???

  5. Gordion dit

    Constats clairs. Erdoğan pousse son avantage avant le sommet Turquie-UE, le cas Zaman nous ayany déjà fait oublier le cas Cumhuriyet. L’UE étant en position de faiblesse pour ce Levantin, il tirera sur la corde.

    Quant aux Kurdes, ils sont les victimes collatérales de la diplomatie des grands puissances. Et ce depuis le traité de Lausanne, 1923. Erdoğan se verrait bien célébrer le centenaire de la République turque, en tant que nouveau sultan, et n’est pas près de bouger sur la question kurde.

    En outre, les Kurdes du PYD/YPG sont de facto alliés à Bachar, aux Russes – voir ce que les US feront à Rmelan, Nord-Est Syrie – et à l’Iran. Donc la communauté kurde en Allemagne, et ailleurs, n’est pas audible en UE, qui soutient la coalition turco-saoudi-américaine.

    Votre dernier paragraphe pose une question. La réponse en est hélas connue, cf.F.Boizard. J’ajouterai à la soumission à l’islamisme, la soumission atlantiste.

  6. Les kurdes sont désunis et désordonnés, et aussi primitifs comme on en a pas idée: ce qu’il y a de pire comme montagnards traditionalistes adeptes de la vendetta et du terrorisme léniniste le plus borné. De quoi donner raison aux turcs, c’est dire. Militairement ils sont plutôt faibles, à peine capable de garder Kobané.

    Erdogan fait le malin tant qu’il le peut, du moins jusqu’à ce qu’on lui dise NON.
    Le parlement européen a passé la journée à hurler, toutes tendances confondues, contre la proposition d’accord.
    Les frontières de la Hongrie, de la Macédoine, de la Slovénie et de l’Autriche sont maintenant hermétiquement fermées et la Grèce vient de se rendre compte qu’elle doit se défendre contre son ennemi héréditaire au lieu de l’amener sur son sol par paquet de cent milles. Vous pensez vraiment que le tout puissant Juncker va proposer d’ouvrir le Luxembourg ?

    Pour ce qui concerne la Russie, elle se venge clairement du dédain de l’Europe en laissant les migrants l’envahir, voire en provoquant l’exode. Elle ne combattra pas l’Etat islamique et laissera la Turquie s’en arranger. Cela jusqu’à ce qu’un dirigeant européen (un français, suivez mon regard, c’est pour bientôt) sache se réconcilier avec elle. A partir de là, l’Europe aura un bras armé sur place et fera ce qu’il faut: destruction effective de l’Etat islamique, éviction d’Assad, et établissement d’un Kurdistan par le retour au traité de Sèvres (1920) et réattribution à la Syrie du sandjak d’Alexandrette, euh d’Antioche.
    La Turquie va devoir se mordre ce que je pense d’avoir voulu rétablir le califat: la laïcité ou Antioche il faudra choisir.
    Tout doit être mis en oeuvre pour humilier l’ottoman musulman et n’oublions pas que la russie (à son époque soviétique) aida Ataturk. Elle est maintenant vexée pour son avion, et il lui faut laver l’affront. Profitons en !

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