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L’agaçant fantasme de l’islamophobie française

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L’islamophobie est le grand terme à la mode pour stigmatiser les discours sur la nécessaire acceptation des principes républicains par la minorité musulmane de France. Oser affirmer aujourd’hui que l’Islam en France ne peut s’émanciper des règles républicaines, laïques et démocratiques est volontiers taxé, par la « gauche (prétendument) humaniste » de réaction raciste, de mauvaise manière faite aux musulmans, et de trahison de tous nos idéaux. Mettre en garde contre les dérives sectaires, sexistes, radicales, les discours négateurs de nos traditions, propagés dans des fractions de plus en plus importantes de la communauté musulmane est encore pire: c’est forcément du racisme social qui est à l’oeuvre, de la xénophobie pure.

L’islamophobie dans le lexique de la stigmatisation

La stigmatisation est une technique d’argumentation bien connue. Au lieu d’aborder les faits et les dires, on préfère prêter à l’interlocuteur une intention négative et discréditer son propos en le plaçant sous une accusation générale qui permet de le rejeter en bloc. L’accusation d’islamophobie procède de ce réflexe, comme l’accusation du complotisme ailleurs, ou de racisme, ou de libéralisme, ou d’antisémitisme, ou d’homophobie.

Il existe, dans le débat public français, une dizaine de mots avec quelques superlatifs pour en qualifier le degré, qui permettent de faire taire les opposants.

C’est le cas du mot « libéralisme », qui pointe son nez dès que l’on sort d’une apologie bêlante de l’Etat et la fiscalité à tout crin. Il se décline en ultra-libéralisme ou néo-libéralisme selon les cas. Ces petites cases permettent de condamner sans examen rationnel.

L’islamophobie procède de la même logique. Est islamophobe celui qui pointe les défauts de l’Islam. On se souviendra par exemple de la tempête soulevée à Libération en décembre 2015 par un article considérant que le port de l’abaya par une jeune musulmane dans le métro à Paris constituait une défaite pour le féminisme. Le recours à la stigmatisation est ici inévitable: comme il est évident et rationnel que le port de l’abaya est dégradant pour la femme, seule l’insulte et l’accusation d’hérésie permettent de « traiter » le contradicteur. L’auteur de l’article fut immanquablement traité de raciste.

L’islamophobie et le deux poids deux mesures

L’exemple de l’article sur l’abaya illustre à merveille l’asymétrie de comportement, au sein de la gauche humaniste, vis-à-vis de l’oppression.

Les Français sont quotidiennement assaillis de statistiques sur la discrimination dont les femmes sont victimes en France. Le portrait en creux dessiné du Français est celui d’un horrible macho qui refuse de voir les femmes accéder au pouvoir, qui bat sa femme, la tue, l’exploite, la domine. Il ne viendrait à l’esprit de personne de considérer ce traitement médiatique stéréotypé comme l’expression d’un racisme anti-français.

Ceux qui s’avisent d’aborder le sujet à propos des sociétés musulmanes ou des pratiques musulmanes en France ne bénéficient pas de la même bienveillance. La querelle interminable à propos de Kamel Daoud l’a montré. Oser dire que le traitement de la femme dans le monde musulman n’est pas conforme au principe d’égalité appelle forcément à un procès digne de l’Inquisition.

A titre d’exemple, je lis dans la presse africaine cet article:

islamophobie

Manifestement, nos grands débats sur l’égalité homme-femme et le respect des règles républicaines en France n’ont pas atteint le continent africain.

Il faudra quand même bien qu’on nous explique un jour les raisons pour lesquelles, dans les réflexes de la gauche humaniste, les vérités en-deçà des Pyrénées sont des erreurs au-delà.

L’islamophobie et la haine de soi en Occident

Il faut évidemment une énorme dose de détestation de soi pour penser qu’affirmer nos valeurs revient à détester celle des autres.

Car que reproche-t-on au juste aux « islamophobes » en Occident? D’aimer notre héritage, de croire aux valeurs démocratiques, à la liberté, à l’égalité, à la fraternité. De vouloir préserver une culture millénaire qui a apporté progrès et lumière à l’ensemble de l’humanité.

Et que reprochent les « islamophobes » aux musulmans? de porter, par la religion, un projet politique qui entre en collision avec notre conception de la démocratie. Rappelons-le, l’Islam est entré dans l’âge des Lumières avec la conviction que la modernité passait naturellement par une subordination de la société à la religion. C’est la grande différence entre le monde arabo-musulman et le monde européen. Dans l’un, le progrès de la société est passé par une sécularisation de la société. Dans l’autre, le progrès suppose l’inverse.

Il est fascinant de voir que ce constat historique dressé par des intellectuels arabes fait l’objet d’un procès en sorcellerie en Europe. Mais peut-être n’y a-t-il plus de place pour la raison dans la gauche rationaliste. Cette dernière a cru s’émanciper de ses racines religieuses, mais son discours est tout entier dicté par une culpabilité très chrétienne de ce qu’elle est.

La solution viendra-t-elle du monde musulman?

Alors que les intellectuels européens se mettent la rate au court-bouillon pour nier des évidences connues de tous, la solution au problème du radicalisme musulman viendra peut-être du monde musulman lui-même. C’est en tout cas ce que semble dire la presse du Maghreb à propos du régime égyptien. Je recommande chaleureusement la lecture de cet article qui en dit long sur le décalage de perception entre ceux qui s’assument et ceux qui se détestent.

31 commentaires

  1. yoananda dit

    Le dernier paragraphe est très naïf.
    L’Islam en France (et en occident) :
    * n’a jamais été au pouvoir, n’a jamais du rendre de comptes
    * est un outil pour obtenir plus qu’ils ne pourraient par l’effort et le travail
    * une réponse à notre propre décadence : pourquoi prendraient-ils modèle sur notre système de haine de soi

    Peut-être que l’Islam se déracidalisera ici ou ailleurs, puis se re-radicalisera autre part, comme c’est le cas depuis 14 siècles.
    Mais pour que l’Islam se remette en question globalement il va falloir plus qu’un échec des frères musulmans (qui pourront toujours prétendre avoir été empêchés de gouverner). Il va falloir une défaite cuisante et globale.
    Parce que, je ne sais si vous êtes au courant, mais le Coran est la parole de Dieu révélée … allez reformer ça !
    Sans parler des appels au meurtre des juifs, chrétiens, homosexuel qu’il contient.
    Sans parler du prophète sanguinaire et pédophile « le beau modèle ».

    Pourquoi se priveraient-ils de l’Islam alors qu’on est en train de tout leur donner en son nom et qu’ils n’ont qu’à se servir.

    Ne tombez pas dans le piège des maîtres de la novlangue qui veulent vous faire croire que l’Islam est compatible avec les valeurs de la république. Ils ne savent pas de quoi ils parlent.

    Ou alors … peut-être qu’ils ont raison. Après tout la république est née d’un génocide elle aussi.
    Et peut-être que c’est à nous d’en tirer les bonnes conclusions : la république n’est pas compatible avec la France … pas plus que l’Islam. Que les 2 aillent vivre ensemble ailleurs si ça leur chante. Que Manuel Valls et Hollande aillent s’exiler en Arabie Saoudite, chez leurs amis « compatibles ». Ca nous fera des vacances.

  2. Très intéressantes questions et un article algérien tout à fait passionnant.
    D’abord, oui le problème est la confrérie des frères musulmans et le renouveau « islamique » du XXème siècle qu’il anime. De là vient vient le fascisme islamique qui s’identifie à la totalité de l’activisme et du « réformisme » musulman, djihadisme compris (il en est la version jeune dynamique, les « frères » étant plutôt des oncles vieillissants).
    Ce qui est actif en Europe et en France, ce sont eux. Ils ont leurs idiots utiles qui au nom de l’antiracisme (Edwy Pleynel, Raphael Liogier, en sont des dignes représentants) on forgé le mot « islamophobie » et l’appliquent à leurs ennemis.
    Ils veulent non pas soumettre la France entière, mais simplement les ghettos immigrés qu’ils encouragent et c’est déjà trop. Le communautarisme qu’ils défendent doit être combattu et leur religion ridicule et régressive strictement limitée à l’espace privé.
    Un autre point est que cette idéologie là est celle de la Turquie qui rançonne l’innocente et sentimentale Allemagne.
    L’Europe doit se défendre contre ces gens.

    • yoananda dit

      Ils veulent soumettre QUE les ghettos immigrés ???
      lol
      vous avez déjà écouté Tarik Ramadan ? il veut soumettre tout l’occident. Il le proclame. Et il est une tête de pont.

      La France est une cible prioritaire, parce qu’elle écarte les cuisses bien grand et que c’est une occasion historique à ne pas rater pour eux.

      Vous êtes bizarre Mr Carmignola. Vous mélangez une certain lucidité par moment avec certains fantasmes « rassurants » …
      Vous regardez, mais vous refusez de voir.
      Je dis ça sans animosité, c’est juste surprenant le décalage entre certaines de vos affirmations et d’autres 🙂

      • @yoananda
        Je le fais exprès: c’est parce que l’ennemi a un visage, un nom et des ambitions à la hauteur de sa médiocrité qu’il cesse d’être un fantasme métaphysique paranoïaque et qu’on peut mieux le combattre.

        Vous êtes convaincu par Tariq Ramadan vous ? Certainement pas, et pas plus que votre petite soeur ou que la mienne. Par contre, il a pour ambition de mettre sous voile et au ramadan obligatoire tout ce qui a une tête d’africain, arabe et noir et qui lui est sensible à sa propagande. C’est ça le problème: l’islamisme est un racisme !
        Ce que vous appelez la soumission de l’Occident c’est le respect de cette chose là, son acceptation, et pour des raisons authentiquement racistes d’ailleurs.
        Et bien qualifier de fasciste le complot commutautariste pour les voiles dans les universités, les privations de nourriture, les mutilations sexuelles à l’adolescence, et l’égorgement d’animaux, c’est les attaquer là il convient: dans leurs ambitions et dans leurs croyances, qui s’adressent en priorité à des populations fragiles, discriminées et influençables.
        Qualifier d’idiots utiles et de propagandistes payés par le qatar les « islamo fascistes » Liogier et Pleynel fait partie d’une lutte politique contre un ennemi identifié, pas d’une détestation de la boboitude.
        Par exemple, l’article de Badinter sur la liberté religieuse au travail doit être dénoncé: il vient directement d’un accord avec la banalisation communautariste musulmane qui est, non pas une volonté naïve d’intégrer de sympathiques travailleurs immigrés, mais un gage donné à un groupe de pression menaçant.
        Quand on négocie avec la Turquie, on n’aide pas un pays voisin ami à traiter ses problème de réfugiés, mais on cède à une menace directe de la part du principal bénéficiaire d’une idéologie fasciste en expansion.

        Et tout à l’avenant: je crois vraiment que se contenter de condamner une attitude faible de notre propre part face à un vague quasiment inéluctable, c’est se priver de qualifier notre ennemi, qui a un visage, des armes et une stratégie.

        La force des propagandistes contre l' »islamophobie » est qu’il veulent, en banalisant un mot qui fait quasiment plaisir à ceux à qui ils le décernent, l’assimiler à un racisme et rendre par là l’islam communautariste respectable. L’emploi de ce mot est une attitude de combat qu’il faut identifier pour ce qu’elle est, la marque de l’ennemi. Il faut d’abord refuser le mot et le qualifier de charabia puis assimiler publiquement ceux qui l’emploient à des bigots islamo fascistes, puis à des envoyés d’Erdogan.

  3. yoananda dit

    Le problème ce n’est pas les accusations d’islamophobie.
    Le problème c’est le détournement de la loi Gayssot, et sa fameuse version populaire « Le racisme n’est pas une opinion mais un délit ».
    Le problème c’est que les juges s’érigent police de la pensée, comme en témoignent, par exemple, les procès d’Eric Zemmour.

    Ce n’est pas l’Islam qui me fait peur, mais la république, ses ministres, ses juges.

    Ils prouvent, jours après jours, qu’ils ne défendent pas les intérêts des français, c’est tout l’inverse.
    Ils défendent les intérêts de n’importe qui qui dispose d’un porte monnaie assez large.
    Tout ce qui les intéressent c’est « combien ça rapporte », et jusque la, ça rapporte plus de culpabiliser ce couillon de français qui paye ses impôts docilement.

    • @yoananda
      C’est bien que j’avais compris: vous voulez vous faire la guerre à vous même. Et bien vous avez tort, hors macération masochiste, c’est bien l’ennemi identifié qu’il faut combattre et non pas son propre pays.

      @pierre
      Même si bien sur l’islam est porté par, et veut utiliser, l’immigration c’est d’ailleurs ce que je dis, le combattre signifie l’affaiblir. Un article algérien cité ici même montre que le tout simple athéisme peut avoir droit de cité pour des algériens qui réalisent l’influence pernicieuse et idéologue de la religion de paix.

      Il faut donc encourager la dissociation entre immigration et islam, et persuader l’afrique de revenir chez elle s’occuper de SES affaires nationales, au lieu de croire à un internationalisme musulman qui lui permettrait de vivre n’importe où. L’immigration c’est à nous, les nationaux, de choisir son niveau en fonction de nos intérêts, et d’en augmenter le cout pour le migrant. Nous devons l’obliger à oublier ses belles traditions dont sa fameuse religion, décrétée, et oui c’est raciste, régressive, inutile, envahissante et pernicieuse.

      • yoananda dit

        Vous comprenez bien.

        Si la république est compatible avec l’Islam, c’est que la république n’est pas compatible avec la France et les français.
        Cette république qui nous a vendu au plus offrant, je n’en veux plus.
        Que Valls aille mettre ses valeurs républicaines en pratique ailleurs, chez ses amis Saoudiens par exemple.

        Ne me sortez pas le coup du « ce n’est qu’une minorité, la plupart des républicains sont des gens modérés ».
        Sinon moi aussi je vais faire le coup des racistes modérés : la plupart des racistes sont des gens modérés qui n’aspirent qu’a vivre tranquille chacun chez soi, pas d’amalgame avec une poignée de déséquilibrés qui n’ont rien à voir avec le vrai racisme, idéologie de paix et d’amour.

        La république et son génocide Vendéen n’a rien à envier aux islamistes et leur nombreux génocides (80 millions d’indiens par exemple, pour n’en citer qu’un).

        • J’aime bien votre « vrai racisme, idéologie de paix et d’amour », je le ressortirais.
          Sinon, le débat sur la république n’a rien à voir avec les guerres à mener et justement, qu’importe que l’on tue des vendéens si ceux ci veulent aider les anglais à nous envahir. La nation, mon cher, désigne ses ennemis, et ceux là ne sont pas français.
          Valls n’est qu’un catalan hystérique en quête de l’indépendance qu’on lui donnera en le renvoyant et si l’on ne réclamera pas les légions d’honneur données indument par le taré bègue au nom étranger qui nous sert de pilote de scooter.

  4. pierre dit

    Article passionnant, et lucide.

    Une fois de plus, cela permet de mesurer votre cheminement personnel.

    Il faudrait toutefois parcourir les derniers 100 mètres…

    Une fois que vous avez identifié l’islam, et les problèmes, les dangers qu’il pose à notre société… la question est : d’où vient cet islam ?

    Pas de génération spontanée dans ce cas.

    La réponse me semble ne souffrir aucune contestation : immigration.

    Des millions de « musulmans » se sont installés en France, et en Europe.

    Donc si vous voulez contenir et supprimer ensuite la menace de l’islam, il faut adresser la question de l’immigration.

    On y revient toujours…

    Et qui dit immigration dit frontières… et qui dit frontières (absence de), dit… UE.

    La boucle est bouclée.

    • yoananda dit

      Il manque le dernier mètre aux derniers 100m 😉

      En effet, on peut dire que l’Islam est quasi-exclusivement le fait de l’immigration (africaine) si on excepte les quelques français qui n’ont pas fuir les cités et qui se sont fait phagocyter.

      Mais l’immigration elle vient d’où ? Qui la favorise contre vents et marées ?
      La république ! Qui ne cesse de se gargariser de sa générosité (avec l’argent des autres bien sûr).
      L’UE. Le mondialisme apatride et leurs instances locales qui prennent la France pour un hôtel.

    • Durand dit

      « qui dit frontières (absence de), dit… UE » (pierre)

      L’immigration africaine/musulmane en France a commencé bien avant la mise en place de Schengen (1995 si je ne me trompe pas), et dépend principalement des politiques nationales. En France : citoyenneté bradée à tout va, santé gratis pour tous, logements sociaux, allocs…
      Ce n’est pas un hasard si les pays de l’UE sont très diversement touchés par l’immigration.

      Dernier exemple en date :
      http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2016/03/08/31001-20160308ARTFIG00241-immigration-cette-loi-votee-en-catimini-qui-elargit-le-droit-du-sol.php
      C’est la faute à l’UE, peut-être ?? Si la France n’était pas dans l’UE, nous n’aurions pas eu cette loi ? Sortir de l’UE abrogerait cette loi et les autres du même tonneau ? Il faut arrêter le délire…
      Les électeurs en France élisent des socialistes presque une fois sur deux depuis 1981. L’UE, l’Allemagne, Bruxelles, Mario Draghi, etc., n’y peuvent rien.

      • pierre dit

        Vous devriez réviser votre histoire…

        Giscard a été… contraint de faire passer le regroupement familial.

        Pourquoi ?

        Article 8 de la Convention européenne des Droits de l’Homme… Convention ratifiée par Poher en 1973 !

        Convention signée en 1950…Mais JAMAIS ratifiée par le pouvoir gaulliste, et pour cause.

        Le péché originel, que vous le vouliez ou non, fut « européen », enfin « bruxellois ».

        Je ne nie pas que les traîtres français ont ensuite appuyé sur l’accélérateur… Mais le pouvoir des juges, les « associations » ont utilisé le juridisme européen pour faire avancer leurs projets.

        Mais aujourd’hui, le pouvoir français n’existant quasiment plus, l’invasion est organisée, planifiée depuis Bruxelles.

        • Durand dit

          Je vous donne des faits. Vous semblez aveuglé par une idéologie anti-UE irrationnelle dont l’apothéose est : « le pouvoir français n’existant quasiment plus, l’invasion est organisée, planifiée depuis Bruxelles ».
          Votre argument « démontre » que tous les pays de l’UE doivent être dans une situation comparable à la France, ce qui est faux. Un pays peut tout à fait appartenir à l’UE et appliquer le droit du sang, ne distribuer aucune aide aux étrangers, et n’avoir presque aucun musulman sur son territoire : c’est un fait.

          J’ai été voir votre article 8. Il me semble pour le moins capillotracté d’y voir une obligation au regroupement familial tel que pratiqué en France (et encore bien plus capillotracté d’y voir la cause de ce qui nous est tombé dessus comme musulmans). Je laisse chacun en juger par lui-même :
          http://www.echr.coe.int/Documents/Convention_FRA.pdf

          Cela dit, je ne dis pas que l’UE est parfaite. Pour moi, l’UE est aujourd’hui tout à fait secondaire. La France pourrait quitter l’UE demain, que ça ne m’embêterait qu’assez modérément. Beaucoup plus embêtés que moi seraient ceux qui nous avaient expliqué que l’UE était la cause de nos problèmes, tandis que nous verrions la France continuer à sombrer sans plus pouvoir incriminer l’UE.

          • Durand dit

            Addendum à mon dernier commentaire :
            Je m’aperçois en plus que cette Convention européenne des droits de l’homme n’a qu’un lointain rapport avec l’UE (en a-t-elle même un ?). Elle a été ratifiée entre autres par : la Russie, l’Islande, la Turquie, l’Ukraine, la Norvège, les pays des Balkans, l’Azerbaïdjan…

          • Bien que parfaitement d’accord avec l’esprit de ce que vous dites et avec la nature de votre critique à l’égard des positions anti UE excessives, et d’ailleurs merci de le dire de cette manière, je me permettrais tout de même de faire remarquer que la CEDH n’est pas qu’une convention; c’est une cour de justice qui est sensée préparer une jurisprudence pour les justices nationales, ce qui en soi me semble problématique. Deux problèmes fondamentaux:
            – l’Azerbaidjan a un juge à la CEDH et moi ça m’embête un peu.
            – la CEDH a pris position sur des sujets qui justifient qu’un pays comme la France demande à s’en retirer:
            GPA, syndicats dans l’armée, accueil sanitaires d’étrangers.

            On en est au point que l’Etat français, désireux d’instaurer, au moins dans un premier temps, un état d’urgence national justifié par un fait divers embêtant, ait du informer cette fameuse cour qu’elle ne pourrait juger d’infractions manifestes à ses principes survenues pendant la période.

            Pour faire court: cette cour là doit nous rester étrangère. Les droits de l’homme doivent rester une affaire française, et j’emmerde l’Azerbaïdjan.

          • pierre dit

            Je n’ai jamais dit que TOUS les pays de l’UE étaient logés à la même enseigne. Il y va de l’histoire.

            Ainsi il y a forcément moins d’immigrés Afrique / Afrique nord dans les pays de l’Est qu’en France (colonisation etc.)

            Pour ne prendre qu’un exemple : la Hongrie qui est vent debout contre Bruxelles… La Hongrie a adhéré à l’UE en 2004 !

            Ceci plus cela conduit forcément au caléidoscope qui semble tant vous troubler.

            Un indice : même si la Hongrie est un petit pays, récent membre de l’UE… on voit que la pression est très forte de Bruxelles pour les EMPECHER de tenir leur référendum sur l’immigration…

            La Hongrie est tout simplement moins infectée que les vieux et grands pays de l’UE… Les Hongrois estiment avoir -encore- leur mot à dire quant aux étrangers qu’ils veulent accueillir…. Ou pas.

            Bref du bon sens qui tâche… Voilà pourquoi Viktor Orban est l’homme à abattre.

            Dire que la France n’a plus de pouvoir souverain ce n’est pas une éxagération… Le juridisme européen empêche tous mouvements…

            Un gouvernement français… ne pourrait RIEN faire en raison de la multiciplité des « traités ».

            Reformulons : vous pensez que Hollande « gouverne » la France, sérieusement ?

            En clair, si vous souhaitez retrouver votre souveraineté pour adresser le problème de l’immigration (en autres)… vous devez tout simplement quitter l’UE, et dénoncer une avalanche de « traités ».

            C’est une toile d’araignée, vicieuse, tissée sur des dizaines d’années…De Gaulle a résisté pendant longtemps, mais ensuite ce fut openbar.

            Bref, je suis d’accord avec vous : les Français sont des veaux et se sont laissés faire sur plusieurs décennies, sans comprendre la « big picture »…

            Imaginons un sursaut national (on peut toujours rêver)… rien ne pourrait être fait au sein de l’UE, de l’Euro !

            Ergo : l’ennemi est bien l’UE et les Bruxellois.

          • Durand dit

            @pierre

            Pardon mais ce que vous écrivez est au mieux confus. Au pire, à côté de la plaque ou faux. Vous me faîtes penser à Asselineau. Il serait trop long de tout reprendre. Quelques points :

            « Ainsi il y a forcément moins d’immigrés Afrique / Afrique nord dans les pays de l’Est qu’en France (colonisation etc.) »

            Pourquoi « forcément » ? Ce n’est pas clair. Il est un peu facile d’invoquer la colonisation : l’Allemagne n’a pas colonisé la Turquie, et ne parlons pas de la Suède ou de la Suisse. Quoi qu’il en soit, je note que vous admettez ici que l’UE n’est pas le facteur qui cause le problème que nous avons en France.

            Le « caléidoscope » ne me trouble pas puisque je soutiens que le problème se situe au niveau national.

            Je n’ai pas compris l’utilité du passage sur la Hongrie.

            « Un gouvernement français… ne pourrait RIEN faire en raison de la multiciplité des traités. »

            Vous restez flou. Vous balancez des généralités qu’il faudrait croire sur parole. C’est apparemment de l’idéologie. Oui ou non soutenez-vous que c’est l’UE qui empêche la France d’adopter un droit relatif à l’acquisition de la citoyenneté aussi restrictif que le pays de l’UE le plus restrictif en la matière (je ne sais pas lequel c’est mais de toute façon, ils sont à peu près tous plus restrictifs que nous) ? Oui ou non soutenez-vous que c’est l’UE qui nous oblige à construire des logements sociaux et de les attribuer à (entre autres) des immigrés ? Etc.

            Ma conclusion est la suivante : Même si elle peut être critiquable, l’UE est un faux problème. Bondir sur l’UE à tout bout de champ, à propos de n’importe quel sujet (rappel du sujet ici : « L’agaçant fantasme de l’islamophobie française ») est contre-productif. C’est un gaspillage de temps pour vous comme pour les lecteurs, dont vous détournez l’attention des vrais problèmes. Ce qui est dommage.

        • yoananda dit

          Je suis un poil mitigé : il est vrai que l’UE et l’Euro sont des excuses bien pratiques pour éviter de regarder nos problèmes en face.

          Mais nos problèmes, sont, entre autres, l’UE et l’Euro ! lol

          Je rejoint Pierre quand même.

          Comme l’a très bien expliquée Marie France Garrault, nous avons abandonné tous les pouvoirs régaliens à l’Europe, dont les membres non élus font désormais nos lois, valident notre budget, décident des taux d’emprunts, etc…

          L’euro est un piège diabolique qui veut nous forcer à une union fiscale entre peuples au modes de vies très différents.

          Reste qu’en France, nous avons aussi nos propres problèmes il est vrai (amplifiés par l’Euro) : sous-compétitivité, pléthore de fonctionnaires (dont certains ne sont la que pour faire baisser les chiffres du chômage).

          Mais il faut bien comprendre ceci, car c’est fondamental : les dirigeants ont vendu la France au mondialisme (tout découle de la, l’ultra-libéralisme, la théorie du genre, le mariage anti-famille, etc…) dont l’Europe est la tête de pont.

          • Durand dit

            @yoananda : du concret SVP…

            L’euro n’est pas un piège, c’est une unité, comme le mètre ou le gramme. C’est un de mes thèmes favoris mais ça nous entraînerait trop loin du sujet.

            Mais il faut bien comprendre ceci, car c’est fondamental : les dirigeants sont élus par les électeurs. Tout découle de là. Et donc, même si je ne prétends pas que nous ayons une grande influence en écrivant des commentaires sur des blogs, autant nous concentrer sur les sujets les plus cruciaux, dont l’UE ne fait pas partie (cf. mes précédents commentaires).

          • @Durand
            Vous avez mille fois raison de défendre l’Euro et l’Europe de cette façon. Bravo.
            @Yoananda
            Je crois au contraire que le libéralisme que vous dénoncez est précisément ce que les pays d’Europe n’ont pas appliqué, pour leur malheur. Espagne, Portugal, France, Grèce, Italie tous les pays du sud se sont goinfré d’emprunts et de politiques laxistes pendant dix ans et sont dans un état pitoyable aujourd’hui. Seuls quelques pays, les meilleurs de classe aujourd’hui, se sont réformés et en tirent les bénéfices. Ce sont les politiques libérales d’adaptation au réel qui créent la prospérité, que l’on soit dans ou hors de l’Euro: voilà la grande leçon.

            Au sujet de l’Italie: elle se réforme plus et mieux que nous ces temps ci, cela ne vous fait pas honte ?

        • yoananda dit

          @Durand
          du concret ? Je n’ai pas bien compris de quoi vous parlez (même après relecture rapide).
          Pour les élections, je crois que vous sous-estimez le pouvoir de l’ingénierie sociale, mais, d’un autre coté, c’est très difficile à évaluer concrètement. Pour moi, ce n’est qu’une mascarade de démocratie. Ceci dit, je ne dédouane pas la responsabilité du peuple non plus, c’est juste que je ne la situe pas au même endroit.

          @Carmignola
          Oui, je suis d’accord pour dire que les pays qui s’essayent au libéralisme économique s’en tirent mieux, avec ou sans Euro. Mais je persiste à dire que l’Euro est un facteur aggravant.
          Voici un exemple. Je simplifie hein, je ne parle que d’un facteur précis.
          En France impossible de baisser les salaires des fonctionnaires pour des raisons sociales. En raison de la situation économique actuelle déflationniste, impossible de monter les salaires dans le privé. Du coup ils baissent (chômage, pression à l’embauche). Du coup le poids RELATIF du public sur le privé augmente.

          En vrai la déflation ne pose aucun problème théorique : si mon salaire baisse, mais que le prix de ma maison, de ma bouffe, de ma voiture baissent encore plus, pas de soucis, mon pouvoir d’achat augmente. Mais on sait bien que l’humain est ainsi fait qu’il ne peut envisager de baisse de son salaire à la fin du mois. Donc il faut ruser.

          La seule manière de sortir de ce bourbier, ce serait la dévaluation. Car la dévaluation permet de baisser les salaires des fonctionnaires en douce : on baisse (comparé à l’international) ceux de tout le monde d’un coup (=dévaluation) et on laisse remonter ceux du privé. Ce qui revient au même que si on avait baissé les salaires des fonctionnaires, mais ces imbéciles n’y verraient que du feu.
          Avec l’Euro on ne peut pas, parce que l’austérité c’est le maaaaal.

          • Durand dit

            @yoananda
            « du concret ? Je n’ai pas bien compris de quoi vous parlez »

            Par exemple : « L’euro est un piège diabolique » et « les dirigeants ont vendu la France au mondialisme ». Ce sont des assertions vagues et infondées (infondées si on relit la présente page web, je ne dis pas qu’il n’existe aucun fondement nulle part).
            D’une façon générale :
            1. Votre commentaire suffit à convaincre ceux qui sont déjà convaincus.
            2. On peut difficilement répondre de façon convaincante à une absence d’argument. On peut dire « non ce n’est pas vrai », un partout la balle au centre, mais ça n’enrichit guère le débat.

          • Une seule solution la dévaluation… Ce pont aux ânes de la mélanchonomique est évidemment complètement faux. La dévaluation s’attaque au patrimoine et le rend fragile, il est une manière de se vendre soi même pour se sauver provisoirement, il n’est qu’un coup de pute. Toute la conduite sage des états a pour objet de la rendre impossible en favorisant évidemment son contraire, car il n’y a de prospérité qu’à vendre en monnaie forte le maximum de biens si désirables qu’on les veut à n’importe quel prix.

          • yoananda dit

            @Durand
            malheureusement, je ne peux pas passer mon temps à tout ré-argumenter pour chaque interlocuteur. Je fais souvent l’effort de … mais il vrai que je prends certaines choses acquis.
            L’Euro piège c’est Attali lui même qui l’avoue. Ensuite il y a de nombreux économistes qui le disent : une monnaie unique ne peut exister que dans une zone monétaire optimale, ce que n’est pas l’Europe (trop de différence de compétitivité entre les pays).
            Les dirigeants français vendus au mondialisme, la, désolé, c’est tellement évident, que je ne sais même pas comment l’argumenter. Ce serait comme si vous me demandiez de vous prouver que le ciel est bleue, je répondrais, ben regarde le et constate par toi même…

            @Carmignola
            je n’ai pas dit que j’étais pour la dévaluation, seulement que socialement, ça marche.

  5. zelectron dit

    J’hallucine (approprié?) qu’il faille que les tribunaux, qui n’ont aucune vocation médicale, s’obligent à statuer (condamner) les ceusses qui sont atteints de cette gravissime affection.

    Comme toutes les autres phobies, ça se soigne avec des médicaments y compris hallucinogènes, c’est la sécurité sociale qui va être contente du bond inouï des dépenses entrainées par les remboursements de ces soins.

    Pour ma part je m’en tiens à un anti-islamisme franc, qui notez le bien n’est pas (encore) interdit !

    nb il y a des cas d’islamophobie aggravée incurable, là c’est la pièce capitonnée, avec camisole de force et piqures tranquillisantes fréquentes advitam (quel drôle de nom)

  6. De Greef dit

    <> De l’Ayatollah Khomeyni.
    Pour ma part aussi longtemps que l’islam ne voudra, ou ne parviendra, pas à séparer le politique du religieux il restera incompatible avec la démocratie et notre République.
    Continuez à philosopher, dormez braves gens, mais vos réveils seront très douloureux.

  7. Comme dit Finkielkraut en substance : comment une phobie pourrait-elle devenir un délit ?
    Non, en vérité, l’islamophobie est une chance pour la France. Rien à faire : action-réaction, thèse-antithèse etc ne peuvent pas se dissocier. L’islamophobie est un contrepoids. Face au multiculturalisme assumé, vanté par l’Etat, (au communautarisme qui ne dit pas son nom) face à la propagande continuelle en faveur des autres cultures et notamment musulmanes, face aux manœuvres savamment préparées pour donner plus de place aux immigrés musulmans, relever tous les problèmes que cela pose, pointer les conflits et drames qui se produisent, accueillir la parole de ceux qui souffrent de ces coexistences problématiques, cela me semble salutaire et propre à favoriser la réflexion. Sinon, cela relève de la bêtise.

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