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Abdeslam et la guerre d’Algérie: pourquoi il faut revisiter l’histoire

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Le 19 mars est la date choisie par François Hollande pour « commémorer » la fin de la guerre d’Algérie. L’ironie de l’histoire veut que cette maladroite commémoration survienne le lendemain de l’arrestation de Salah Abdeslam à Molenbeek, après plusieurs mois de planques dans les réseaux islamistes ou musulmans qui gangrènent la capitale de l’Union, et le lendemain d’un accord avec la Turquie qui en dit long sur le désarroi européen face au fait migratoire. Plus les mois passent, et plus l’évidence s’impose: l’Histoire telle qu’elle nous est racontée depuis 1962 vise à justifier, sous des prétextes qui vont d’une culpabilité abusivement nourrie jusqu’à une haine de nous-mêmes, des situations où des innocents sont massacrés dans nos rues parce qu’ils assistent à des concerts, parce qu’ils boivent des bières en terrasse ou tout simplement parce qu’ils font la fête.

Pourquoi le story-telling de la guerre d’Algérie

Pour que les consciences françaises et européennes soient quasiment anesthésiées et presque consentantes face aux bouleversements critiques qui les menacent, il faut qu’elles aient été travaillées en profondeur depuis de nombreuses années. Ce travail de sape permet d’accepter comme des évidences défendables ce qui constitue des crimes inacceptables ou des complicités de crimes. Cette longue préparation des esprits a reposé sur une guerre idéologique visant à présenter l’histoire de l’Europe, et spécialement l’histoire de la France contemporaine, sous un jour qui justifie l’injustifiable.

Dans cet ensemble, la guerre d’Algérie occupe une place à part. Elle est l’élément-clé qui doit, chaque jour, rappeler l’ignominie des Français et les renvoyer à une culpabilité sans limite, à une haine de soi les contraignant à accepter aujourd’hui toutes les humiliations ou toutes les agressions sur la base d’un principe simple: le Français est coupable de tout, même lorsqu’il est victime.

Telle est la fonction idéologique de l’histoire de la colonisation: diaboliser la France pour justifier qu’elle soit chaque jour mise plus bas que terre et dans l’impossibilité morale de refuser le traitement qui lui est réservé. Ce type de réflexe historique est caractéristique des postures telles que celle de « l’historien » Benjamin Stora, qui entretient le mythe selon lequel tout attachement à la France procède d’une nostalgie colonialiste.

Dans cette logique, il est d’ailleurs intéressant de voir comment l’analyse historique est le faux nez d’une démarche purement idéologique. La vérité des faits n’en est pas l’enjeu. Le recours à l’histoire est une simple caution pour diffuser une vision du monde contemporain au service d’une cause qu’on ne puisse contester puisqu’habillée par une apparence scientifique: les Européens sont des méchants et leurs anciens colonisés sont des gentils.

Les bobards de l’Algérie algérienne

Dans cet ensemble, l’histoire idéologique sert donc une soupe extrêmement attendue et fixée une bonne fois pour toutes dans le marbre des croyances. On y lit que les Français ont opprimé les populations algériennes, que celles-ci se sont révoltées contre l’occupant, et que le bien a fini par triompher du mal. Mais comme le mal était profond, la colonisation française a durablement déstructuré la société algérienne, de telle sorte que tout ce qui va bien en Algérie aujourd’hui provient de l’indépendance, et tout ce qui ne va pas est une sorte d’atavisme de la période coloniale.

Dans cette histoire si simple à comprendre, la date du 19 mars relève du « compromis mémoriel ». Ce jour-là, le 19 mars 1962, la France a perdu la guerre d’Algérie et enclenché le processus de l’Algérie indépendante. Pour tous les adeptes de l’histoire idéologique, ce moment-là est heureux: la France est à terre et le combattant de la liberté triomphe.

Que le régime du FLN soit une dictature sans partage qui n’a rien à voir avec la démocratie est évidemment un fait à écarter. Je reprendrai ici volontiers l’interview de Benjamin Stora par Mediapart en 2012:

<Question de Mediapart> Même si François Hollande a déjà appelé, il y a quelques mois, à davantage de démocratie en Algérie

C’est encore une autre question. Il y a aussi le problème des droits de l’homme et de la démocratie politique. Mais peut-on ouvrir tous les dossiers en même temps ? La tâche apparaît alors comme herculéenne. Si on ouvre tout en même temps, on ne résout rien vraiment. Le dossier qui, à mon sens, peut permettre de rejouer un très grand rôle, c’est d’abord celui de la mémoire. Il faut trouver des gestes d’apaisement mémoriel. Ce qui n’interdit pas d’ouvrir d’autres perspectives sur la géopolitique méditerranéenne ou la Françafrique.

Beurk! Voilà comment fonctionne la machine idéologique. Les Français sont des méchants et cette seule question doit être abordée. Les violations des Droits de l’Homme et de la démocratie en Algérie depuis 1962 existent sans doute, mais c’est une affaire secondaire, un problème qui n’a pas besoin d’être évoqué tout de suite. Commençons par nous flageller pour des crimes commis il y a soixante ans, quatre-vingts ans, cent ans, et peut-être un jour pourrons-nous nous inquiéter des crimes commis aujourd’hui.

Dans cette grande mascarade pontifiante au nom du savoir universitaire, les massacres de harkis sont évidemment occultés ou remis en cause, et les massacres de masse à Oran en juillet 1962, perpétrés par le FLN contre des pieds noirs, sont passés sous silence. Les méchants, c’est nous! Il est donc forcément interdit, sous peine de nostalgie colonialiste, de rappeler que les « libérateurs » de l’Algérie ont pu, après le cessez-le-feu, massacrer à tour de bras des civils abandonnés par la France.

Le mythe de l’Algérie algérienne

Le corpus historique qui nous est proposé évite surtout la question qui fâche: de quelle colonisation parle-t-on quand on dénonce le colonialisme? Dans une histoire à courte vue, la version officielle explique en effet que de méchants Français ont colonisé la gentille Algérie à partir de 1830, en volant des terres et en déplaçant des centaines de milliers de paysans, au besoin en les massacrant massivement quand ils se rebellaient.

Bien entendu, cette histoire officielle fait l’impasse sur les multiples peuplements que l’Algérie a connus depuis deux mille ans. Dans cet immense brassage, les analyses génomiques montrent que les racines arabes représentent 20% de la population algérienne (moins de 10% au Maroc), et les racines « berbères » près de la moitié. Autrement dit, les Arabes sont autant des colons en Algérie que nous n’avons pu l’être.

Pourtant, les revendications berbères ont été systématiquement étouffées au sein du FLN, qui a falsifié l’histoire en faisant croire que l’Algérie était un pays arabe qui devait être placé sous culture arabe. Il a fallu attendre les années 90 pour que le gouvernement algérien commence à reconnaître l’existence d’une « minorité » berbère ne parlant pas l’arabe, à laquelle il fallait reconnaître des droits.

Autrement dit, la guerre d’Algérie n’a pas vu s’affronter un peuple et un colonisateur. Elle est plutôt la dispute entre deux colonisateurs rivaux: les Européens d’un côté, les Arabes de l’autre, qui se sont déchiré pour la maîtrise d’un territoire sur lequel leurs droits historiques étaient très contestables. Quand on examine le destin de l’Algérie depuis 1962, on peut évidemment se demander quelle est la colonisation la plus heureuse pour ce pays.

Abdeslam et le peuplement algérien en Europe

Ces questions prennent évidemment une signification particulière au regard des attentats de 2015, qui s’ajoutent à une série connue depuis l’émergence du FIS en Algérie. L’arrestation de Salah Abdeslam renforce même le sujet. Fils d’un Algérien installé en Belgique, il s’est caché pendant plusieurs mois dans une commune bruxelloise grâce à des soutiens au sein de la communauté maghrébine. La presse belge révèle que sa planque se situait dans un logement social de la commune de Molenbeek, loué par des proches.

Voici donc des populations immigrées qui sont reçues en Europe, qui sont accueillies, qui bénéficient d’un logement à bas prix financé par la communauté, et qui s’organisent pour soutenir des terroristes aveugles comme les habitants de la Casbah d’Alger pouvaient le faire dans les années 50. En ce jour de commémoration, il est évidemment impossible de ne pas faire le rapprochement entre les modes opératoires à travers notre histoire récente.

Cette permanence des modes opératoires n’est pas un problème en soi. Ce qui gêne, ce qui embarrasse, ce qui agace, c’est le message envoyé par les institutions de nos pays démocratiques à ceux qui préfèrent aider les bourreaux à se cacher plutôt qu’aider les victimes à obtenir justice. Là où il faudrait un message ferme, une ligne claire, sur la nécessité de choisir le bon camp, la commémoration du 19 mars brouille le message.

Au fond, le 19 mars, François Hollande commémore notre conscience coupable de colon, et sa défaite face aux mouvements de « libération » dont l’exemple inspire les Abdeslam et consors. Car ne nous y trompons pas, les revendications de l’Etat Islamique pour justifier le terrorisme en Europe, et singulièrement en France, s’appuient toutes sur l’idée que nous sommes des « croisés » qui colonisent le monde islamique et que nous devons être punis de ce comportement.

Identité des logiques, identité des modes opératoires: la revendication arabo-musulmane contre les colons, les croisés, les Franj, les Roumis, a besoin d’être contrée, pour le peuplement algérien en Europe, par un discours sans ambiguïté. Et la célébration du 19 mars est tout sauf claire.

Le faux pas du sommet européen avec la Turquie

Le même jour, l’Union Européenne a elle-même envoyé un message d’ambiguïté à la Turquie et à ses partenaires islamistes lors du sommet portant sur l’accueil des « réfugiés ». Voici le texte sorti de la discussion:

Le Conseil européen prend note de la communication de la Commission intitulée « Prochaines étapes opérationnelles de la coopération UE-Turquie dans le domaine de la migration », en particulier pour ce qui est de la manière dont une demande d’asile émanant d’un migrant qui part de la Turquie pour gagner la Grèce peut être déclarée irrecevable, sur la base du concept du « premier pays d’asile » ou du « pays tiers sûr », conformément au droit européen et au droit international.

L’Europe a donc pris une non-décision hier sur les migrants! Elle a rappelé le non-accord du 7 mars et s’est au fond contenté de valider l’accord bilatéral entre la Grèce et la Turquie du mois de novembre 2015. Contrairement aux affirmations répandues dans la presse, le sommet a débouché sur un échec.

Les flux migratoires devraient continuer cette année, faute d’un arbitrage et d’une stratégie claire. Là encore, la paralysie européenne est dictée par l’absurdité allemande, qui veut imposer à l’Europe de porter un fardeau qui n’est pas le sien.

Ce message est désastreux. Il conforte les populations musulmanes d’Europe dans le sentiment qu’ils sont nos créanciers, que nous portons le poids d’une dette, et que s’ils ne savent plus très bien ils aident ceux nous frappent, nous, nous le savons forcément.

34 commentaires

  1. Il y a dans votre manière de voir quelque chose comme la nostalgie dont est porteur Stora.
    En fait il y a ambiguité: comme si malgré tout, la colonisation ayant réussi, les maghrébins se civilisant doucement, on aurait pu vivre ensemble une grande société cosmopolite, chacun pouvant vivre ou il veut dans le respect mutuel des 3 grandes religions de paix.
    En fait, la colonisation fut cruelle, raciste et surtout inutile pour tout le monde: ni la France, ni l’Algérie n’en ont rien tiré de vraiment utile, si l’on met de coté les maudits gisements de gaz et de pétrole qui ont stérilisé la société algérienne depuis sa libération.
    L’immigration est une sorte colonisation tout aussi inutile et dispendieuse pour tout le monde. C’est cela la leçon de l’histoire: hors destruction de ceux qu’on remplace comme l’ont fait les turcs ou les américains, il n’y a pas de migration ou de colonisation pacifiée qui tienne. Les nations ne peuvent vivre que libres, et les peuples que chez eux.

    Le mécanisme pervers de « la réparation de la colonisation » dont vous parlez est parfaitement réel et dangereux comme vous le dites. Simplement il s’appuie pour faire mal sur ce qui reste du sentiment nostalgique dont je parlais, comme si l’échec de cette histoire n’était pas inéluctable.

    Au nom de l’égoïsme des nations, il faut affirmer que la colonisation fut une erreur, et que le départ des européens avec abandon de leurs biens et des infrastructures, dont le pétrole, dont ils n’ont pas tiré profit, vaut libération de toute créance. La reconnaissance symétrique de l’échec de l’immigration africaine et son arrêt voire son retour doit s’en déduire.

  2. yoananda dit

    Contrairement à ce que dit François Carmignola, la colonisation, au dela de sa justification raciste de l’époque réponds à une nécessité : mettre fin au pirateries musulmanes sur la rive sud de la méditerranée.
    Quand à la décolonisation, il ne faut pas oublier qu’en plus d’être déjà un échec du « vivrensemble », elle a été choisie car loin de rapporter à la France, elle nous coûtait bras. Toutes ces infrastructures ont été payées par « nous » (nos ancêtres) et ont tout de même permis une hausse du niveau de vie en Algérie.
    Vu sous cet angle, le gaz et pétrole à bas prix sont un maigre dédommagement.
    Mais à la rigueur, qu’ils se le gardent si ça peut les faire rentrer chez eux.
    On n’est pas fait pour vivrensemble, c’est ainsi, et les tentatives républicaines de création de l’homme supérieur anti-raciste généreux à tout va, altruiste, de robot humain technocratique sont vaines. Et les larmes de Cazeneuve n’y pourront rien changer.

    • ikomal dit

      la piraterie en 1830 ? soyons sérieux… lutter contre la piraterie ne requière pas de piller (littéralement) le trésor des autorités du pays dont les prétendus pirates sont soi-disant originaires…
      L’affaire, qui n’est pas encore une colonisation, commence par un coup de force du souverain français contre son créancier, le dey d’Alger, sous un prétexte des plus futiles (un coup de chasse mouche sur le nez d’un « consul de France », affairiste dépourvu de tout autorité) et un rendement financier des plus avantageux (les pertes humaines, des deux cotés, étant compté pour rien, bien sûr…)
      http://www.herodote.net/14_juin_1830-evenement-18300614.php
      Par contre il est vrai que la décolonisation a été une excellente affaire pour la France : L’Algérie coutait proportionnellement autant que Mayotte aujourd’hui (c’est à dire 10 ou 100 fois plus), plus les dépenses de guerre, alors que la décolonisation a permis de récupéré les Pied-noirs

  3. Nous sommes à peu prés d’accord, sauf que pour faire cesser la piraterie, il n’y avait pas besoin de coloniser.

    Au sujet de l’accord avec la Turquie, il me semble entériner que l’Europe ne veut plus de réfugiés et instaure un mécanisme de « push back » (on pourrait dire « back pressure ») qui doit arrêter le flux. C’est toujours ça.

    De toutes façons, la route des Balkans est coupée, on en est, encore une fois, à gérer un pays dont le dirigeant communiste fait le malin à Paris contre la loi El Khomery avec son copain français.
    L’histoire des visas turcs n’est pas complètement acquise, quand aux 6 milliards, ils ne sont pas versés.

    La volonté de continuer à laisser pourrir la situation est l’une des raisons du départ de la Russie. C’est maintenant à l’Europe de choisir ses alliances.

    • yoananda dit

      « il n’y avait pas besoin de coloniser ».

      Facile à dire …
      il y avait besoin de quoi alors ? de bon sentiments ?
      la piraterie ce n’est pas « hey steuplé t’a pas 100 boules à me filer pour que je prennes le bus »
      la piraterie c’est mise en esclavage des hommes, traites de femmes blanches très prisées chez les arabes, et le vol des marchandise PENDANT DES SIECLES (en gros, environ 1000 ans, depuis le début de l’Islam jusqu’à la colonisation).
      A mon avis, après 1000 ans, on peut perdre un tout petit peu patience.
      Comment empêcher les musulmans de revenir et de recommencer si ce n’est en prenant possession des terres ?

      • Beau débat historique. La piraterie sur les cotes du nord de l’Afrique est très ancienne (César lui même en fut victime, et d’ailleurs s’en vengea). La lutte contre celle ci aussi.
        Le bombardement de Tripoli en 1685 nous permit de récupérer comme partie de la rançon, du marbre de Leptis Magna qui décora Saint Sulpice (fascinant non? ). Puis l’Empire Ottoman dissuada Louis XV de continuer ses bombardements là. Même si le débarquement armé sur ces cotes là était nécessaire, l’invasion de l’intérieur certainement pas. Les Turcs ne s’y sont pas trompés, eux.
        Pour en rajouter sur les drames de l’esclavage, et pour stimuler votre sentimentalité à la Taubira, je rappellerais aussi que les esclaves blancs étaient parfois castrés pour les soumettre et en faire des bêtes de sommes, très appréciées « par les arabes ».

  4. Seb dit

    Merci pour cette analyse historique que je partage à 100 % mais il serait bon de se projeter… Tous ces mensonges historiques vont éclater à la figure de l’Algérie à la mort de Boutelflika.. C’est une bombe à retardement à nos portes. ça manoeuvre du côté des chinois et des américains aussi étant donné l’importance de ce pays en termes d’hydrocarbures… Comment nous préparons à cela ?

  5. Je me permets de faire un copier-coller d’un billet de mon blog directement inspiré par votre article :

    **************
    Rappelons quelques vérités élémentaires à travers le déluge de mots creux dont les medias nous tympanisent pour nous abrutir et obscurcir les réalités, à travers les « c’est plus compliqué que ça » des gauchistes. Non. Bien au contraire, quand c’est une question de vie ou de mort, rien n’est compliqué, on va à l’essentiel :

    ♘ pour commettre des attentats islamistes, il faut des musulmans. Sans immigration musulmane massive, c’est-à-dire sans invasion migratoire musulmane, pas de Charlie et pas de Bataclan, pas de voiles dans les rues, pas de quartiers perdus, pas d’installation de la guerre civile.

    ♘ un pays, c’est une réalité physique et juridique. Ce n’est pas une idée, comme essaient de nous le faire croire les droitsdelhommistes. Un pays est caractérisé par ses frontières. Un pays qui ne défend pas ses frontières cesse d’exister. C’est ce qui fait dire à Donald Trump, à propos du mur à la frontière mexicaine qu’il propose, que les Américains doivent décider s’ils ont un pays ou non.

    ♘ les hommes ne sont pas interchangeables. Tout homme n’a pas vocation et légitimité à devenir français ou allemand. De plus, les musulmans sont un cas particulier : l’islam s’est construite en opposition avec la chrétienté. S’il y a bien une population inassimilable, c’est eux.

    ♘ l’alternative à la nation, c’est la tribu. Ceux qui veulent détruire les nations au nom d’une prétendue fraternité universelle travaillent en réalité à rétablir les relations tribales, c’est nettement moins sexy (digression : c’est une des raisons pour lesquelles le christianisme intelligent ne nie pas les nations. Voir l’histoire de la tour de Babel).

    ♘ on peut très bien vivre sans immigration ou avec une immigration très restreinte, voir les exemples du Japon et de l’Australie.

    ♘ en conséquence, les politiciens qui encouragent, favorisent ou laissent faire l’invasion migratoire (voir la loi du 18 février) menacent l’existence même de la France. Ce sont des traitres au sens le plus fort du mot et ils devraient subir les peines associées à la trahison.

    C’est pourquoi j’approuve Eric Zemmour, qui, depuis peu, ne tourne plus autour du pot et répond systématiquement quand on lui parle de l’accueil de l’invasion migratoire : « Je ne veux pas les accueillir, je me fous des conditions de leur accueil. Je veux les repousser, les expulser. Nous n’avons pas de devoir envers l’humanité entière, nous avons des devoirs envers la France et le peuple français qui ne veut pas disparaître ».
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  6. déception positive dit

    « Dans une histoire à courte vue, la version officielle explique en effet que de méchants Français ont colonisé la gentille Algérie à partir de 1830 » ….pourquoi pas… sauf que en 1830…. l’Algérie n’existait pas… tout simplement pas.

    Il n’existait que des villes côtières dite barbaresques et un arrière pays laissé en friche par l’empire turc depuis 3 siècles. C’est après la conquête qu’un officier supérieur français (je n’ai plus son nom en tête) s’est dit qu’il fallait donner un nom à ces territoires pour pouvoir les gérer et qu’il inventa le nom « Algérie »; jusqu’ à son nom c’est un pays qui a été entièrement fabriqué par les français alors qu’on arrête de nos rabâcher les oreilles avec un nationalisme algérien construit de toute pièce au 20° siècle par les tenants de l’internationale communiste. A débours le Maroc, lui, était déjà un royaume organisé et indépendant du temps de Charlemagne.

  7. Gordion dit

    @ Eric Verhaeghe, et les commentateurs: je partage vos propos. Et ces rappels historiques, à resituer dans le contexte d’expansion géographique des grandes puissances, me siéent.
    @Franck Boizard: le suicide démographique de l’Occident est, partiellement, la cause de l’immigration voulue ou non par les fondateurs de l’UE post-1945. Nous le savons tous.
    Vous citez le Japon qui est à l’abri de l’immigration de masse. Vrai à ce jour, mais le suicide démographique japonais obligera ce pays à ouvrir les portes. Souhaitons qu’il le fasse intelligemment. L’Australie est, je crois, le modèle à suivre pour préserver la souveraineté nationale – stricts quotas, fixation des clandestins dans des hotspots comme à Honh Kong prédédemment, définition et protection du Homeland. Il est vrai que la géographie ne saurait mentir, et que les Australiens exploitent à merveilles les principes de la protection de l’île-continent qu’ils ont hérités de leurs ancêtres britanniques…

      • Gordion dit

        Le Japon a la population la plus âgée au monde, taux de natalité l’un des plus bas. Sa population de 127 millions est en chute libre. Et risque de passer sous les 100 millions. On peut jouer sur les mots, suicide démographique,ou pas.
        Le Japon sera bien obligé de résoudre ce problème.

        • ikomal dit

          résoudre ce « problème » ? oui, et c’est déjà fait : robotisation massive.
          Si tant est que ça soit un problème ! Les japonais ont toujours considéré que leur pays était surpeuplé, c’est même une des raisons de leur expansion guerrière
          quelques chiffres historiques : http://www.persee.fr/doc/pop_0032-4663_1951_num_6_2_2481
          1602 : 17 millions
          1726 : 26 millions
          1767 : édit (inappliqué) contre les méthodes brutales de contrôle de la population : avortement, infanticide, abandon d’enfant, suicide et « euthanasie » des vieux.
          1853 : population identique à 1726. Dans l’intervalle, 22 famines dévastatrices en 150 ans, une tous les 7 ans en moyenne. Ouverture, ère meiji
          1870 : 33 millions
          1894 : 42 millions
          1914 : 52 millions
          etc.
          densité actuelle : 340 hab/km² … sachant que les 3/4 du pays sont inhospitaliers et que la densité réelle dans les zones habitée est de 1500 hab/km² !
          Le Japon mourra-t-il de revenir, éventuellement, à la population du XIXème siècle ? aucun risque

          • Gordion dit

            Je vois que vous avez travaillé la question.. Vos arguments sont pertinents, toutefois robotisation massive signifie investissements importants. Donc le retour sur investissement est à mesurer avec les gains de productivité qui en résultent. Leur coût devra être comparé avec le coût d’embauche de personnel supplémentaire – que les entreprises auront du mal à trouver à cause des déséquilibres démographiques -. Qu’est ce qui est moins cher pour augmenter la productivité, la robotisation massive, ou les embauches ?
            Un peu des deux in fine, et donc le problème de la main d’œuvre se posera.

          • yoananda dit

            bravo !
            c’est ce que je soupçonnais sans avoir les chiffres.

            Cette religion de la croissance à tout prix, (comme si, à 7 milliards d’être humains sur la planète, c’était un drame d’arrêter la croissance démographique) est un cancer mental qui nous tue à petit feu.

            Surtout qu’on a des solutions (robotisation, médecine régénérative, etc…) et que l’avenir c’est de vivre de plus en plus vieux et de mieux en mieux.
            Sachant que contrairement à ce qu’on dit, les vieux ne valent pas « moins » que les jeunes, ils compensent la gnaque par l’expérience.

            Donc je le redis : jusqu’à preuve du contraire, c’est nous qui nous suicidons et pas les japonais.

            C’est la que se situe au fond le vrai débat à mon avis.

    • yoananda dit

      « le suicide démographique japonais obligera ce pays à ouvrir les portes »
      personne ne peut le dire, mais je suis prêt à parier le contraire.

      Et quoi ?
      Parce que la France se suicide moins peut-être ? Importer de l’africain par charter empêche la dénatalité du français de souche ?
      Et quand la france entière sera noire, ce sera toujours « la france » et une république, pour vous ?

      Notre suicide démographique français (de souche) bien réel lui, mais masqué par l’apport d’immigration va nous obliger à fermer les portes.
      Et la aussi je suis prêt à parier le contraire.

      C’est la religion de la croissance qui nous tue.

      • Le seul problème économique d’une population en baisse est qu’il y a moins de monde pour rembourser les dettes. Mais, une dette, on peut la répudier, ça s’est déjà vu.

        La baisse pacifique de la population n’est pas vraiment un problème.

        • Gordion dit

          Certes, et la dette japonaise est majoritairement détenue par les nationaux.
          Je serais prudent sur la répudiation de la dette, surtout dans une économie mondialisée.
          A suivre

          • yoananda dit

            Répudier la dette, c’est ruiner beaucoup de monde. Après tout ce sont les emprunts qui font les dépôts.
            On n’est plus au temps de la « relique barbare » ! lol
            Je pense qu’une bonne partie des vieux serait directement impacté dans leur épargne…
            Le fait qu’on soit en régime mondialisé et qu’il n’y ait pas de solidarité de fait entre peuples complique la chose, mais il n’en reste pas moins qu’il s’agit d’un problème générationnel.
            Le soucis c’est que la dette est de plus en payée par le rendement du capital plutôt que du travail.

            L’inflation serait peut-être une solution plus douce que la répudiation.
            Même si je suis contre pour certaines raisons trop longue à expliquer ici, le revenu universel pourrait permettre d’égaliser un peu ça et d’éteindre une partie de la dette.

            C’est en tout cas un sujet pour les économistes 😉

            Mais une chose est sûre : le ponzi de l’immigration n’est sûrement pas la solution à ce problème épineux. N’importe comment qu’on retourne la chose, l’immigration l’aggrave sur le long terme (mais peut soulager sur le court terme).

  8. Samir KARA dit

    M. Verhaeghe, j’apprécie habituellement ce que vous écrivez. Vous êtes souvent audacieux et sincère. Mais concernant l’Algérie, vous atteignez vos limites. A trop vouloir aller à contre-courant, on peut en arriver à dire de sacrées conneries. Pour parler d’un sujet, il faut un tant soit peu le maîtriser. Vous en êtes très loin. L’Algérie est une grosse tâche sur l’histoire de France. A la vue de votre ignorance, quelques lignes de ma part ne vous instruiront en rien et ne vous convaincront pas du contraire . Je vous invite à vous plonger dans les 132 ans de la présence française en Algérie. Les livres sur la question abondent. Travaillez votre sujet M. Verhaeghe !

    • @Samir Kara
      Naturellement l’Algérie ne tache pas du tout l’histoire de la Turquie, ni d’ailleurs celle l’Arabie saoudite, zone d’origine de l’invasion qui ruina l’Afrique du Nord. Je vous accorde que les Vandales venaient d’Europe, mais au moins ils n’étaient pas français. Au fait le clan Bouteflika il est originaire d’où pour être aussi corrompu et oppresseur ?

      Le rappel du caractère non arabe de l’Algérie est strictement exact. Je serais curieux de savoir votre théorie à ce sujet.

    • ikomal dit

      L’Algérie, c’est juste un mot, une délimitation administrative artificielle comme l’État Français en a le secret, Cf. le récent découpage des régions. D’ailleurs c’est effectivement du même tonneau : Oran, Alger, le pays Berbère, et plus loin encore les déserts touaregs ont encore moins de rapport entre eux que l’Alsace, le Lorraine, et la Champagne. Ce sera peut-être un pays un jour, qui sait, mais c’est encore bien loin d’être le cas.
      L’Algérie est fille de la France, depuis la « pacification », jusque au FLN, pur produit de l’idéologie socialiste régnant dans l’appareil de formation, français, dont tous les dirigeant sont issus, jusqu’à ses mœurs politiques authentiquement socialistes, bourrage et mépris des urnes et du peuple inclus. C’est une tache ? certainement, c’est même un crime … contre la France ! L’Algérie, elle, ne peut que s’en féliciter, pour le meilleur et pour le pire elle y doit son existence même.
      Travaillez votre sujet M. Kara. Pour parler d’un sujet, il faut un tant soit peu le maîtriser. Vous en êtes très loin. Les êtres humains vivant sur son territoire sont une grosse tâche sur l’histoire de l’Algérie. A la vue de votre ignorance, quelques lignes de ma part ne vous instruiront en rien et ne vous convaincront pas du contraire .

    • Ntute dit

      Travaillez vous aussi votre sujet, Samir. L’analyse de Mr Verhaeghe me semble moins partisane que la vôtre qui se contente d’un môt très subjectif: tache. Tache il y a, certes, avec le lâche abandon des populations dévouées à la France, et deuxième tache, celle , comme ce 19 mars, de célébrer une date synonime de massacres de civils.
      Après, que la France ai eu tort ou pas tort de coloniser l’Algérie il y a presque deux siècles, tort ou pas tort de choisir l’indépendance de l’Algérie il y a 50 ans, cela n’est plus d’actualité. C’est du passé, et il y aura toujours de la place pour les suppositions.
      Mais, que l’on décide aujourd’hui de fêter avec présence de notre armée, de jeunes militaires, de ministres and Président de la République, un accord associé à une conduite honteuse, traître, criminelle par une immense lâcheté et non par inconscience ( les suites d’un retrait non géré de nos armées étaient bien connues depuis celui d’Indochine), cela c’est effectivement une tache sur l’image et l’histoire de la France. Une très grosse tache. Malheureusement cette minable commémoration, qui n’aurait mérité que des sifflets et des huées, découragés par la distance imposée au maigre public et les flonflons de la fanfare militaire, est un signe de notre faiblesse, liée peut-être au fait que tous ces gouvernants, intellos et autres, compromis en tous sens, ne savent plus reconnaitre ni la culpabilité, ni la responsabilité, ni ce ceux qui méritent le respect.
      Il faudra peut-être bientôt ressortir le mot collaboration des oubliettes.

    • VQE dit

      @ Samir Kara
      Un seul chiffre :
      En 1830, 1 à 1,5 millions d’habitants dans ce qui sera ultérieurement l’Algérie.
      En 1962 – avant le 19 mars, s’entend – , pas loin de 10 millions de « français musulmans »
      Une population qui croit d’un facteur compris entre 5 et 9 en 132 ans dénote sans aucun conteste une terrible, horrible, constante et ravageuse politique de répression aveugle.
      Euh, wait…

  9. Samir KARA dit

    Il suffit de comparer le Maroc et l’Algérie. Le Maroc doit beaucoup à la France et à Lyautey. Ce dernier a restauré l’unité du peuple marocain autour de son roi et posé les bases solides du Maroc moderne. On peut dire que s’agissant du Maroc, le colonialisme (en l’espèce le protectorat) présente un bilan largement positif.

    L’Algérie n’a pas eu la chance d’accueillir Lyautey qui y fut pratiquement interdit ce séjour. Ce pays fut la victime des errements et dévoiements de tous les gouvernements pour la plupart corrompus qui se sont succédés à Paris. Le lobby colonial apparut rapidement et n’eut aucun mal à soumettre la classe politique parisienne. Le peuple algérien subit ainsi les enfumades, les tentatives d’exterminations, les spoliations, épidémies, massacres, famines. De même que furent combattues toutes les tentatives de la population de faire entendre sa voix à travers par exemple des personnages qui prônaient des solutions politiques comme Ferhat Abbas ou Messali Hadj. En 1945, on fit donner les canons pour réprimer des manifestations au prix de dizaines de milliers de morts En 1954, veille de insurrection armée, la population musulmane vivait dans une effroyable misère. Les historiens parlent de clochardisation du peuple . Le trop tardif plan de Constantine n’y changea rien. Pour parachever son oeuvre grandiose durant les 132 années precedentes , l’État français abandonna le pays à une organisation le FLN, défaite sur le terrain (qu’il avait truffé de nombre de ses agents…) en quelques mois.
    Magnifique bilan en effet que même Eric Verhaegue arrive à défendre……..

    • Et bien ce que vous dites est presque entièrement exact et se trouve être en gros la vérité historique.

      Mais pas pour la répression en 1945: alors que le mythe fondateur de l’Algérie (le FLN etc) parle de 45 000 morts, on s’accorde sur beaucoup moins, disons 5000.

      Il faut aussi un peu tempérer l' »effroyable misère », elle était celle du tiers monde de l’époque, je ne vous raconte pas celle des égyptiens qui eurent pourtant Mehemet Ali en 1830. Et puis le pétrole mon cher, le pétrole, quel cadeau d’adieu ! Qu’est ce qui en a été fait ?

      Quoiqu’il en soit, la date du 19 Mars est tout à fait inappropriée: l’échec absolu de la velléité gaulliste (mais y croyait il vraiment ?) de maintenir des français en Algérie est tout de même patente. On n’humilie pas de cette manière des citoyens français, quels qu’ils soient en considérant non advenu leur massacre et leur exil.

  10. jules moch dit

    La gauche extrême incapable de faire masse dans la rue et les urnes , a mobilisé une masse d’agitateurs professionnels, salariés des fac qui se parent de la connaissance pour imposer leur point de vu et leurs mythes.
    Exemple; pendant longtemps le mythe Charonne , plus de 200 morts, en réalité entre 1 et moins de quarante; la force du mythe , Papon était préfet de police!

  11. JLF dit

    Bravo Eric pour ce message, comme tu le sais je partage ce point de vue depuis bien longtemps.
    Sur la colonisation de l’Algérie je propose à tes lecteurs de consulter le site « études coloniales »
    réalisé par le professeur d’histoire Pervillé. Dans ce site où se confrontent toutes les opinions sur
    la colonisation, on trouvera des éclaircissements sur, le 8 Mai 45, la manifestation du 17 Octobre
    61; le massacre du 5 juillet 62 à Oran, le coût de la colonisation pour la France etc.
    Evidemment certains seront déçus de ne pas y voir que B Stora, ancien trotskiste, dont la seule pensée
    a été la haine de la France…Il a encore du mal a dire qu’il est français: je suis « juif berbere »,
    c’est factuellement vrai, mais veut tout dire. C’est aussi vrai que sous la pression des « vrais » historiens, il a
    modifié son discours (un peu) devant le flux d’informations apporté par des études sérieuses et par l’évolution
    des mentalités.
    Le discours sur la colonisation de l’Algérie est celui de la démission du pays légal. Que le pays réel se réveille!

  12. BEOTIEN dit

     » Européens sont des méchants et leurs anciens colonisés sont des gentils. »

    Une fois de plus vos affects vous égarent. Quel salmigondis, là où il importe prioritairement de garder les idées claires et de rendre à César et à Dieu…

    Les colonisateurs sont tout aussi évidemment des « méchants » que n’importe quel salopard qui viendrait s’approprier votre maison au prétexte qu’il est mieux armé que vous. Ce qui, tout aussi évidemment, ne fait pas automatiquement des colonisés des gentils (notamment pas les pirates barbaresques qui s’en prenaient à nos vaisseaux de commerce). Mais nous disculpe en rien, en tant que nation (et surtout pas au prétexte que les arabes auraient colonisé les même terres que nous et que la guerre d’Algérie seraient de concurrence entre eux et nous – le comble de l’absurde par méconnaissance du fait que parmi ceux qui nous combattaient pour l’indépendance figuraient aussi des Berbères) des fautes de nos ancêtres. Et, nous épargne encore moins d’avoir à en subir les conséquences. Mais ne nous créé pas pour autant obligation d’en subir les revanches, et encore moins les tentatives de nous coloniser à notre tour.

    Bref, ce qu’au lieu de clarifier, vous compliquez à loisir, n’est que la très prosaïque et très légitime défense de notre territoire contre ceux qui prétendent s’en emparer, peu ou prou.

    D’où… « Aux armes citoyens… » point barre !

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