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Revenu universel: débat le 29 mars!

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Je participe à un débat organisé par Perspectives Libres le mardi 29 mars à 20h sur le revenu universel. Le rendez-vous est à 20 heures au Coppée, 1 boulevard du Montparnasse. Ce sera l’occasion de revenir sur cette idée pleine d’avenir et qui suscite un intérêt grandissant.

Je rappelle ici que je suis favorable à une transformation globale de la protection sociale par la mise en place du revenu universel. Le système que je propose est simple: suppression des cotisations sociales, mise en place d’une contribution sociale universelle sur l’ensemble des revenus (qui pourrait aussi absorber l’impôt sur le revenu) et versement d’une allocation universelle à chaque Français de la naissance à la mort pour assurer les risques vieillesse et maladie.

Autrement dit, un couple avec deux enfants percevrait une somme mensuelle d’environ 2.400 euros pour couvrir son risque maladie et son risque retraite. Cette somme serait obligatoirement allouée à des assurances sociales, dont le montant et les garanties seraient laissées au libre choix des assurés.

De la sécurité sociale actuelle, il ne resterait que la prise en charge gratuite des maladies graves par le système de soins. Là encore, je propose que la prise en charge actuelle soit majorée d’environ 15% par rapport à l’existant.

 

14 commentaires

  1. Alain De Vos dit

    Cela n’empêche pas de travailler et d’avoir un salaire, des ressources. C’est simplement une autre façon de gérer l’argent avec plus de rationalité.

  2. Je ne dis pas cela. Je dis qu’avec ce revenu, sans travailler du tout, on peut vivre, voire bien vivre, à condition de ne pas s’assurer, ni épargner. Ce choix est assumé actuellement, dans les parties de la société à chômage fort, emplois précaires et aides multiples.
    Le choix actuel en faveur de l’assistance est assumé explicitement (ou quasi explicitement) pour des raisons morales, la société française estimant que pour le travailleur pauvre, le travail pénible qu’il effectue est une injustice qui doit être réparée par le financement public de son inactivité.
    Naturellement, le besoin de travaux pénibles est assumé par des travailleurs illégaux, par définition hors du schéma moral décrit, du moins pendant les dix ans où on le rentabilise, l’obtention automatique de papiers à partir de cette durée le mettant immédiatement à égalité avec les autres.
    On peut noter que la possibilité pour les sans papiers de disposer de soins et de transports gratuits (le transport gratuit n’a été abandonné que récemment en Ile de France), sans parler évidemment des prestations versées quoiqu’il arrive aux enfants, obère un peu la situation et permet donc, mécaniquement, d’accroitre le volume des bas salaires hors prestations sociales assumées par les entreprises.

    Un choix inverse est assumé par la Grande Bretagne et l’Allemagne, et plus généralement par tous les pays en plein emploi (5% de chômage) et en croissance (>2%): l’injustice de la pauvreté y est assumée, pour le bénéfice de la société dans son ensemble qui ayant une activité plus grande, peut augmenter les salaires et déclencher les cycles économiques bien connus qui distinguent les économies du tiers monde des autres.

    Pour en revenir à Eric Verhaeghe, quel mécanisme propose t il pour empêcher les passagers clandestins ?

    • Sévère dit

      Vous racontez n’importe quoi.
      Le chômage structurel, et l’immigration massive sont les contreparties du SMIC et d’autres restrictions légales.
      Quand votre production est de 7€/h, il est irrationnel [1] d’employer au tarif légal de 9€/h.

      Sinon, concernant ce billet: tactiquement mais pas moralement d’accord avec Eric Verhaeghe: le RU est une étape dans la libéralisation progressive de la République islamico-soviétique de France. Voudrait-on passer immédiatement passer à la case « Libertarianisme » que les partis communistes (PCF, FG, FN) monteraient a 85% …

      [1] Si le postulat économique de départ est la croissance et non « créer des emplois» pour raisons électoralistes ou idéologiques.

  3. Gordion dit

    Sur quels critères la gravité des maladies sera-t-elle fondée?

    Qui décidera, et comment le suivi médical et financier sera-t-il géré? Et contrôlé, car il faudra bien un organisme de contrôle?

    Enfin, qui sera bénéficiaire du revenu universel? Salariés en poste, chômeurs? Et naturellement, quid des gens qui bénéficient de soins gratuits en ce moment – clandestins, demandeurs d’asile, leurs ayant-droits, etc.

    Je fais l’hypothèse que les professions libérales, artisans, agriculteurs, auto-entrepreneurs auront un système à part?

  4. Pardon, mais je n’ai toujours pas de réponse à ma question: comment empêcher les plus pauvres de ne pas s’assurer, en vivant sans rien faire du revenu minimal ou ce qui est équivalent en le consommant si ils perçoivent un salaire normal ?

  5. Je réponds moi même: le versement est « obligatoirement » (en tout ou partie) consacré à l’assurance sociale et à la retraite.
    http://www.eric-verhaeghe.fr/le-revenu-universel-avenir-de-la-securite-sociale/
    (au 30 Septembre 2015)

    C’est là ou la différence avec le système actuel n’est pas complètement claire: il y a bien étatisation de quelque chose, c’est à dire de la distribution, de la gestion des sommes, celles ci ne pouvant passer par la main de l’impécunieux passager clandestin dont je parlais. Disons donc que la sécurité sociale ou ce qui en tient lieu demande à l’assuré de donner le nom de la caisse privatisée qui va toucher la prestation. D’autre part pour éviter les diverses distorsions qu’on croit possible, l’Etat intervient à divers degrés, sans parler sans doute et bien sur du prêt en dernier ressort, ces sociétés d’assurances là ne pouvant faire de mauvaises affaires.

    Bref, il semble que cette organisation, tout en étant incontestablement plus libérale que l’actuelle n’en est pas forcément très différente, et d’ailleurs vous le reconnaissez plus ou moins.
    Il existe une approche moins ambitieuse mais de principe similaire, en tout cas à mes yeux, et qui consiste à unifier les minimas sociaux et les assistances « motivées » variées. Car avant de parler de santé, il faut bien parler de revenu minimal et vous n’en parlez pas clairement.

    Plutôt que des réhabillages variés, le problème de l’assistance et de l’assurance sociale actuelle est qu’elle ne peut être soutenue durablement. En gros, elle est trop chère, et le problème, avant que de la rendre juste ou commode, est de réduire son coût.
    Le problème fondamental est qu’il est impossible d’assurer des soins sans limites à tout le monde. Le système d’assurance sociale qui convient est celui qui matérialisera cette contrainte de manière raisonnable et qui se mettra en position de faire en sorte que l’on maitrise la quantité de moyens matériels mis obligatoirement à disposition de la santé.

    Cette question du coût est centrale à deux titres: d’une part pour les plus pauvres dont les revenus du à l’assistanat permanent ne doivent pas pouvoir dépasser les minimums obtenus par un emploi salarié, et aussi pour les plus « riches », qui ne doivent pas devoir s’assurer trop cher afin de payer des soins « de qualité » exagérément gourmands. C’est le problème US par exemple, dont la santé est bien trop couteuse, en tout cas plus que la notre.

  6. BEOTIEN dit

    Questions de fond :

    1. En quoi changer des tuyaux par lesquels lui parvient son financement, améliorera la productivité d’un système de santé qui est déjà considérablement meilleure que celles de la majorité des pays développés (même en excluant celle, calamiteuse, des USA)* ?

    Est-ce votre hargne irrationnelle contre la « sécu » ou votre aveuglement idéologique qui vous font oublier que dans l’esprit de ses concepteurs, la finalité du revenu universel n’est pas de modifier le financement de la couverture sociale ?

    Mais (pour faire simple)…

    a. Pour les humanistes, de permettre à chacun d’exprimer ses potentialités émancipés de la tyrannie économique.

    b. Pour les « libéraux » (ou les tenants du « tout économique »), au delà du fantasmatique et vain espoir d’amélioration de la productivité par la concurrence**, d’éviter d’enrayer l’économie de pays dont le système de production de moins en moins consommateur de main oeuvre tend mécaniquement à priver une part toujours croissante de leurs populations tout en concentrant toujours plus des flux monétaires vers ceux dont la thésaurisation en ralentit la rotation (comme disait Marcel Dassaut sur le sujet « je ne peux manger plus d’un poulet par jour ! »).

    * Sauf si le but final est une forme d’eugénisme dissimulé visant à se débarrasser des « assistés » plus rapidement qu’aujourd’hui.

    ** Il faut vraiment ne jamais avoir mis les pieds dans des hôpitaux pour croire qu’il s’agit de lieux de sinécure pour glandeurs et autres feignasses budgetivors, alors que ceux qui y travaillent ont accumulé une colosssale créance d’heures supplémentaires impayées. Et ignorer que sans la fraude à L’URSSAF des entreprises et autres rétifs à cotiser, le « trou de la secu » ne serait pas ce qu’il est (de même l’endettement de notre pays sans la fraude et « l’optimisation fiscale » qui représentent plusieurs fois le service du RSA… notamment).

    PS : ne pourriez – vous prévoir, comme sur la plupart des forums, un système d’alerte lors de réponse à un post. Les participants y gagneraient en motivation à… participer et vous, forcément, en audience.

    • « Changer les tuyaux » est fondamental, car la déresponsabilisation actuelle du système vient du fait qu’il repose sur une affiliation obligatoire à un régime unique, avec une cotisation obligatoire. Maintenez l’obligation de s’assurer, mais en instaurant le libre choix de l’assureur et la concurrence sur les cotisations, et vous aurez amélioré le système.
      Pour le reste, mon blog n’est pas un forum et n’a pas de problème d’audience. Mais… merci de vous en soucier.

  7. Franck dit

    Cher Monsieur Verhaeghe, sauf votre respect, est-ce qu’au final, la somme des inconvénients n’excédera-t-elle pas celle des avantages ?

    Une idée trans-courant, une idée intéressante, qui rappelle furieusement la fausse bonne idée des 35 heures, défendue et mise en oeuvre en son temps par Gilles de Robien (droite socialiste) et parachevée par Martine Aubry (gauche socialiste). On voit le résultat 15,20 ans après.

    Smic, 5ème semaine, 39 heures, 35 heures, csg, crds, rmi, rsa, j’en passe et bientôt l’hélicoptère monétaire, nouvelle idée du même acabit avant celle du revenu universel, toutes des idées qui, il me semble, ont mis la France à genoux ou la mettront définitivement par terre. Vaste débat.

    A lire à contrario un intéressant article publié dans Contrepoints en décembre dernier : Quels seraient les problèmes pratiques posés par une allocation universelle ?
    https://www.contrepoints.org/2015/12/28/234032-revenu-de-base-quelle-demagogie

    Article qui conclut ainsi : La dangereuse pente

    …/ … « Si la population a l’illusion qu’elle ne paye pas la taxe finançant l’allocation (« ce sont ces salauds d’actionnaires qui payent ! »), elle votera pour une augmentation progressive de l’allocation. Plus elle augmentera, plus la somme obtenue sans travail augmentera, plus le « bonus » obtenu en travaillant sera faible, car amputé d’une somme de taxes toujours plus élevée, moins il sera intéressant de travailler. Moins de personnes qui travaillent, c’est un nombre plus faible de gens à taxer, donc pour compenser il faudra encore augmenter les taxes, qui à leur tour décourageront encore plus le travail. Ce cercle vicieux pourrait amener à l’effondrement total de l’économie. »

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