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3 raisons de voter Hollande en 2017

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François Hollande a de nouveau donné le spectacle de la vacuité fabuleuse qui caractérise le pouvoir présidentiel depuis son élection. En écoutant les litanies auxquelles il s’est livré dans un contexte de désillusion et d’impopularité forte (confirmées par les réactions en ligne sur les réseaux sociaux), il devient évident que tous ceux qui attendent la chute du régime ont trois bonnes raisons de voter Hollande aux prochaines présidentielles.

Comment Hollande symbolise l’impuissance du pouvoir politique

Une fois de plus, François Hollande a donné le spectacle d’un pouvoir totalement incapable de modifier la réalité du pays et totalement incapable de le reconnaître. Face aux difficultés sociales, politiques, économiques, les Français qui avaient encore un espoir sur ce qu’ils pouvaient attendre du pouvoir sont cette fois définitivement fixés: après quatre ans de mandat, François Hollande est plutôt satisfait de son bilan, et personne non seulement ne le croit ni le comprend, mais ne peut même imaginer qu’il ne partage pas le bon diagnostic sur le désastre en cours. Manifestement, le gouvernement ne peut rien pour nous.

Pourtant, les éléments du diagnostic sont assez faciles à relever. Le chômage explose alors qu’il diminue chez nos voisins, la croissance stagne, le pays se paupérise. Partout, la contestation monte et la recherche du sens est immense.

Voter Hollande en 2017, c’est, sur tous ces points, le choix sûr de continuer à se mentir. Le navire continuera à s’enfoncer, mais le commandant de bord répétera inlassablement des messages rassurants aux passagers coincés dans la cale.

Comment Hollande symbolise la réaction nobiliaire

Il fallait entendre Hollande répondre à la cheffe d’entreprise sur les questions micro-économiques pour mesurer une fois de plus la rupture entre le pouvoir politique et la réalité des Français. Là encore, si certains imaginaient que l’occupant de l’Elysée avait la faculté de comprendre leurs préoccupations, ils ne peuvent plus avoir aucun doute aujourd’hui. Ce qui fait la vie quotidienne des Français est un mystère structurel pour le Président de la République. Ce n’est pas une question de mauvaise volonté, c’est une question d’ignorance.

Ainsi va la Vè République: les élus sont loin du peuple, au-dessus du peuple, et n’en connaissent pas la condition. Ils s’en portent très bien.

Donc… voter Hollande en 2017, c’est se promettre une longue continuité dans ce ton condescendant, méprisant, cette surdité mal cachée, ces regards évasifs et ennuyés lorsque les élus, dignes héritiers des aristocrates d’Ancien Régime, sont sommés de répondre aux questions portant sur la vie quotidienne des citoyens. Se salir les mains, quelle horreur!

Comment Hollande symbolise la médiocrité

Il fut une époque où la fonction présidentielle était revêtue d’un prestige, d’une autorité, d’une forme de sacralité, dont la familiarité avec laquelle les participants à l’émission se sont adressés au Président a montré qu’elle était réduite à néant. Hollande ne s’en était pas caché: il serait un Président normal, c’est-à-dire un homme sans qualité pour ce poste. Les Français seraient donc mal venus à jouer les surpris: l’impétrant les avait prévenus. Ils savaient à l’avance les sorties chez sa maîtresse avec un casque de Vespa sur la tête, le manque de charisme, l’absence de vision, le vide des idées, la soumission à l’Allemagne.

Voter en Hollande en 2017 permet de précipiter la chute du régime, parce qu’elle désacralise le pouvoir, l’affecte d’une terrible banalité. À ce jeu-là, Hollande est d’ailleurs en position de force. Sa médiocrité impose une sorte de baisse générale du niveau politique français, et oblige tous ses concurrents à s’aligner sur une sorte d’offre au rabais, où le calcul tactique compte plus que le projet politique.

Continuons avec lui: s’il parvient à terminer son premier mandat, il est acquis qu’il ne terminera pas le suivant, et qu’il aura précipité la chute du régime.

26 commentaires

  1. Pierre dit

    Enfin… vous êtes parvenu à la seule conclusion rationnelle, logique, au bout de 40 ans d’enfumage (« les réformes ») : c’est à dire « faire tomber le régime ».

    Créer quelque chose de nouveau, et si possible de meilleur (sans garantie, restons humbles) implique nécessairement de détruire l’ancien, lorsque cet ancien verrouille par instinct de survie tout changement.

    Continuer à pérorer au sujet des « réformes », tout en demeurant dans le cadre institutionnel actuel (une ripoublique bien pourri au service d’une mafia bien privée), est un non-sens absolu.

    Et si l’on doit voter Hollande pour donner un coup de pouce à l’entropie, à la destruction créatrice, alors il faut bien entendu le faire.

    Là encore, c’est parfaitement logique.

    Hollande est de ce point de vue une bénédiction.

    Tragique.

  2. Thierry dit

    ce qui me laisse pantois c’est surtout l’inconscience du danger pour sa personne à présider au naufrage… parce que si l’eau envahit les cales en premier lieu, elle arrivera un jour à la passerelle…
    Versailles aussi s’est vidé et en un été, faisant tomber toutes les cloisons que l’on croyait étanches et laissant le monarque seul face à la colère…

  3. pil dit

    Le régime présidentiel de la constitution de 1958 revient à prendre le risque de donner les clés d’une Porsche à un handicapé psychomoteur. Tout le monde, quand bien même locataire de l’Elysée, n’est pas Fangio.

    La structure gaullienne du pouvoir providentiel élyséen a donné la capacité à une poignée de présidents médiocres de subtilement désosser le pays en 40 ans.

  4. « ’il aura précipité la chute du régime »

    Bof. Vous y croyez vraiment ?

    Si l’inefficacité et l’incompétence, la prévarication et la corruption, le mépris et la morgue, précipitaient la chute du régime, il serait tombé depuis longtemps.

    Tant que le pouvoir évite l’émergence d’une alternative politique, il est tranquille. Ce n’est pas Hollande ou Sarkozy qui feraient l’erreur de Louis XVI de manquer de fermeté face à une nouvelle force politique. L’UMPSFN est un système génial de ce point de vue : il étouffe toute possibilité d’opposition véritable.

    Bien sûr, on peut imaginer une catastrophe genre banqueroute qui les prendrait par surprise, mais c’est une perspective lointaine.

    Regardez l’Argentine : le régime est pourri depuis des décennies, le pays va de catastrophe en désastre et, pourtant, rien ne change vraiment.

    • Pierre dit

      Il semble difficile de comparer l’Argentine avec la France où le système est infiniment plus complexe, interconnecté, dispendieux, et au fond fragile.

      L’Argentine a toujours vécu « à la dure ».

      Entre les militaires, les gauchistes, le gang Kirchner… ils n’ont pas été gâtés. Comme vous le soulignez, ça tient, cahin, caha, parce que le pays a… l’habitude.

      Mais ici ?

      Fonctionnaires, retraités, plus tous les bénéficiaires d’aides sociales, factorisez par l’endettement, et multipliez par l’immigration… Imaginez une p’tite faillite (à l’argentine) dans un tel système ?

      Les dégâts seraient considérables… économiques, sociaux, et donc politiques.

      Donc ne perdons pas espoir : oui le régime peut être abattu.

      En précipitant sa mise en faillite financière (et en votant Hollande 😉 )

    • geof' dit

      bonjour, bonsoir,
      oui mais non…car comme disait le camarade Lavoisier, Rien ne se perd, rien ne se crée. il n’y aura pas de sursauts démocratiques mais plutôt des brèches, des émeutes, des manif’ violentes, un chômage massifié irréductible, puis des meurtres de petits bourgeois, des quartiers impénétrables, la mafia partout !!!
      Dire que rien ne bouge jamais, c’est inexact. Car il y a la cerise sur le gâteau : l’immigration des enfants de chœur venus d’Afrique.
      Geof’, communiste belge

  5. Seb dit

    Rassurez-vous, M Verhaeghe… On va peut-être pouvoir s’épargner de jouer les Machiavels. Je ne vois en effet pas parmi les prétendants les plus crédibles à la succession de Hollande celui qui aura la faculté d’éviter ou ne serait-ce que de retarder l’effondrement du régime. Sarkozy c’était la même vacuité simplement camouflée par un semblant de virilité donnant une illusion d’autorité.

      • FAIVRE dit

        UPR même combat, avez vous vu d’où vient Asselineau, même formation, même charisme, il faut s’attendre aux mêmes résultats, ne vous laissez pas leurrer par un discours anti européen. Il veut sa part du gâteau lui aussi, depuis le temps qu’il est au second plan de la politique, il veut passer devant maintenant.

  6. Ntute dit

    Il est vrai que l’on en est maintenant à espérer que les chiffres (dette, chomage, déficit) soit atrocement mauvais , non pas pour contrarier cette fatuité présidentielle (ce qui serait une petite mais piètre consolation), non pas pour nous donner raison (ce qui ne serait pas mieux dans le genre fatuité) mais pour précipiter ce qui nous attend un jour et semble être la seule bouée de sauvetage, une belle troika installée en France pour nous obliger, comme elle l’a fait au Portugal par exemple, à réformer, à encadrer les dépenses, à privatiser, à regarder les chiffres, etc.
    Evidemment en espérant que ces gens là soient compétents…

  7. Hermodore dit

    Il y a quand même un aspect positif à cette brillante démonstration d’impuissance totale à réussir quoi que ce soit, c’est que nombreux sont ceux qui croyaient jusqu’alors que l’État était la source de tous les bienfaits en ce bas monde, et que l’on pouvait tout lui demander, qui commencent à déchanter. Si cela pouvait permettre de desserrer l’étau qui étrangle toutes les libertés dans ce pays dévasté un collectivisme tous azimuths, et bien le « Bon à rien » du Palais pourrait (contre son bon gré, c’est vrai) se vanter (ça, il sait faire) d’avoir servi à quelque chose.
    Et peut-être irai-je même jusqu’à lui en savoir gré, car, grâce à un représentant éminent du fonctionnaire inutile et nuisible, on pourrait se débarrasser de bon nombre de ses alter-ego…

  8. Alain De Vos dit

    La libération des énergies est une nécessité indispensable pour faire sortir la France du trou dans lequel elle est.
    Il faut mener des réformes sur tous les fronts et renverser des points de vue convenus. Il faut aussi couper les branches pourries et les hommes qui vont avec. Pour cela il faut une sacrée équipe, n’est-ce pas?

    • geof' dit

      vous coupez des hommes, vous ?
      plus sérieusement : sortir du trou ? lequel ? celui de la fin de la croissance ? je suis électronicien : vous savez ce que peut faire un robot ? il y a une chance sur deux qu’il vous mette au chômage…; sans parler des matières premières qui s’épuisent – et non, je ne suis pas un gauchiste…enlevez vos œillères des années ’50 !!!
      geof’, communiste belge – les durs

  9. déception positive dit

    Je n’ai pas voulu m’infliger la représentation de cette vacuité car pour qui sait regarder on déjà peut déjà la voir dans bien d’autre spectacles. N’oubliez pas que la Présidence de la République n’est que la partie visible d’un système qui envoie ses métastases dans tous le pays depuis plus de 30 ans. A ce stade de la maladie , la chirurgie d’un changement de régime ou d’un changement d’homme n’est plus suffisante. Ne reste plus que la solution d’un traitement de cheval; une chimiothérapie intense capable de, peut être, guérir la bête mais sachant qu’on prend le risque de la tuer. Mais alors, qui va pouvoir administrer avec mesure la potion??? Compte tenu de l’effondrement de l’Europe que la faillite consommée et reconnue de la France entrainerait de facto on ne peut même pas envisager la reprise en main par une troïka comme pour la Grèce ou le Portugal. Alors quoi ? Une longue agonie avec les mouches venant poudre dans les yeux de la bête et dans tous ses orifices alors qu’elle respire encore ? Une spoliation de l’épargne privée, voire de la propriété comme c’est probablement déjà dans les cartons ? Les français encore compétents et volontaires amenés à devenir eux aussi des migrants pour fuir cette faillite et cette déprime collective qui finiraient par tout ronger ? Un changement de régime n’effacera pas la dette; un changement de régime ne rendra pas les français plus travailleurs après 20 ans d’abrutissement par les 35 heures; un changement de régime n’effacera pas l’illettrisme éventuellement aussi le manque de compétences et de culture qui abruti notre population progressivement et de plus en plus depuis maintenant plus de 20 ans (et qui commence d’ailleurs à se mesurer jusque dans l ‘arrogance de nos « élites »).

  10. Alain De Vos dit

    déception positive : « arrogance de nos élites », cela est un réel constat. Je vous invite à questionner votre député pour mesurer la réalité de votre propos.

  11. Abribus dit

    Hollande joue à merveille la partition voulue par les européistes et tous ceux qui l’ont amené à la fonction qu’il occupe actuellement. L’heure est à la destruction des fonctions de prestige de l’état car les puissances financières et politiques transnationales veulent créer des états unis d’Europe. La position stratégique de la France dans le bloc continental européen en fait un pays gênant s’il a trop de pouvoir, ce qui n’est certainement pas du goût des puissances anglo américaine qui ont déjà, et depuis longtemps déjà, choisi l’Allemagne comme vaisseau amiral de l’UESL (l’Union Européenne des Socialistes Libéraux).
    Hollande n’est rien d’autre qu’un VRP allant tapiner pour vendre des produits dans les pays exigés par cette oligarchie cosmopolite qui n’en a rien à foutre du peuple, voir le trouve particulièrement pénible, surtout les français.
    Voilà pourquoi j’avais voté NON en 2005.
    Mais si voter servait vraiment à quelque chose ça ferait longtemps que cela serait interdit, n’est ce pas?

  12. ps&ump dit

    Les français n’auront pas de choix que de voter PS en 2017 car il n’y a qu’eux et alternativement l’UMP qui pourront changer le pays même en fiasco. Les français devront s’habituer tout simplement…

  13. Laurent Franssen dit

    Il est plutot probable que les veaux de français supportent bon gré mal gré un président incapable, je doute fortement qu’ils soient capables de  » faire tomber le régime  » , quelles que soit les conditions.

  14. JLN dit

    Lol « un casque de Vespa sur la tête… » ça n’existe pas Grégoire un « casque de Vespa ».
    Quant au MP3 présidentiel – ce bidule à 3 roues pour handicapés – ce n’est pas une Vespa c’est un Piaggio.

    Le texte est intéressant mais je crois les Français très capables de supporter un deuxième mandat de Hollande.
    Comme dirait l’autre: « La révolution ? On verra après les soldes ! »

  15. Olivier dit

    Deux choses sont constantes:
    1- la longévité des organisations inefficaces.
    2- la vitesse avec laquelle elles tombent qd elles finissent par tomber.
    Sur ce constat, tout est possible pour Hollande ou les autres.

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