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Les insupportables pleurnicheries des maires de France

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L’ouverture du congrès annuel des maires de France, dont l’association est présidée par le chiraquien François Baroin, a donné lieu à un concert de pleurniches insupportables, digne d’un enterrement sicilien ou mauresque et qui vous ferait passer la mort de Sardanapale pour un spectacle de Disney. En coeur, tous ces maires regrettent la baisse des dotations de l’Etat et accusent l’Union Européenne d’être responsable de cet appauvrissement. On a cru rêver en lisant la longue énumération des plaintes jaculatoires qui ont occupé la journée.

Un petit redressement des réalités s’imposait.

Des recrutements en veux-tu en voilà!

Les maires de France évitent bien entendu d’expliquer le revers de la médaille: leurs recrutements colossaux et mal gérés qui conduisent, depuis plusieurs années, à augmenter sans fin la part de la masse salariale dans les dépenses totales des collectivités. En 2009, les salaires des fonctionnaires représentaient 29% des dépenses. En 2015, cette part est passée à 33%: soit une hausse de près de 15% en six ans (de 67 à 80 milliards d’euros).

Une productivité du fonctionnaire laissée en jachère

À quoi servent ces recrutements incessants? Les maires adorent affirmer qu’ils sont dus aux transferts de charge imposés par l’Etat. Toutefois, le rapport Laurent a récemment souligné l’absence de mesure du temps de travail réel dans la fonction publique. En réalité, les maires sont incapables de dire combien de temps travaillent exactement les fonctionnaires qu’ils recrutent.

Le rapport Laurent évoque notamment le cas d’une employée d’une petite commune qui travaille environ deux semaines de moins que la durée annuelle réglementaire:

Source: rapport Laurent
Source: rapport Laurent

Il ne serait peut-être pas inutile que les maires commencent par manager leurs services et exigent de leurs fonctionnaires qu’ils travaillent au moins autant que la durée légale ne le prévoit… La baisse des dotations deviendrait sans doute un peu moins douloureuse.

Dans le cas cité ci-dessus, elle permettrait de baisser la masse salariale d’environ 5%, soit 4 milliards d’euros si l’on extrapole à l’ensemble de la fonction publique territoriale.

Une profusion d’intercommunalités

Si les maires ont beaucoup recruté ces dernières années, ils ont eu une bonne raison pour le faire: ils ont multiplié les strates d’administration dans leurs territoires, créant autant de nouvelles instances où des fonctionnaires sont indispensables pour rédiger des milliers de papiers, de formulaires, de notes, de réglementations absconses.

Au 1er janvier 2014, la France ne comptait pas seulement 36.000 communes. Elle s’était aussi dotée de 12.159 établissements publics de coopération intercommunale, tous plus complexes les uns que les autres (certains avec une fiscalité propre, d’autres non). Autrement dit, pour trois communes, la France compte une intercommunalité qui les chapeaute. Cette folie est la première explication de l’explosion des dépenses communales en France.

Le refus obstiné de la fusion a un prix

Le bon sens consisterait bien entendu à aligner la France sur les pratiques de ses grands voisins industrialisés, qui ont tous fortement diminué le nombre de leurs communes (400 en Grande-Bretagne, par exemple). Mais cette solution de bon sens, qui permet de diminuer fortement les coûts en mutualisant les services, revient à une dépossession des élus. Comment? moins d’élus en France? quelle horreur!

La résistance farouche des élus à cette option de bon sens s’explique par la sempiternelle résistance des élites françaises au changement et à la perte de leurs privilèges.

25 commentaires

  1. Pierre dit

    La boucle est bouclée. Après le ministre du budget fraudeur/planqueur en suisse, voici le sinistre des finances, pseudo chouchou des médias, celui qui est « en marche » tel Jésus… fraudeur à l’ISF !

    http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2016/05/31/20002-20160531ARTFIG00312-emmanuel-macron-paiera-desormais-l-isf.php

    On aura tout vu. Le discours est délicieux : « je suis en règle moua môsieur ! »… mais oui mon chéri, sauf que tu as sous estimé la valeur de ton immo afin de te soustraire à l’ISF, à tel point que tu dois déposer une déclaration « rectificative » sur 2013 et 2014… C’est balo hein ?

    « Un an et demi de discussion » avec le Fisc, dit il comme pour se défausser et pour 10 000 euros ! …Eh ben mon cochon, ça dû être épique comme « discussion », hein ? Et si tous les redevables pardon tous les con-tribuables faisaient la même chose… il faudrait embaucher non ? Des inspecteurs pour « discuter » le bout de gras.

    « Ma maison en Provence elle vaut 1000 euros »
    « Ah non là monsieur ça va pas être possible »
    « Si si je vous assure ! Je l’ai achetée 2 millions mais en fait c’est une ruine ça vaut 1000 euros »
    « Non, non bon sang, je vous dis que c’est trop visible là, on va vous remarquer, faites un effort ! »
    « Bon okay okay, alors, je mets quoi ? 1500 euros ? »

    Ce pays donne le vertige…. Foutons tous les dehors.

    • Samwell Gabegie dit

      N’importe quoi.

      D’abord ce n’est pas « son » immobilier, c’est celui de sa femme.

      Ensuite faire des déclarations rectificatives est tout sauf de la fraude. Quand vous déclarez votre revenu, vous fraudez l’IR ?

      > « Un an et demi de discussion » avec le Fisc, dit il comme pour se défausser et pour 10 000 euros ! »
      Vous croyez que ça prend combien de temps ce genre de questions ? Une après-midi ?

      • Pierre dit

        Tiens un troll !

        Rassurez-nous…. vous êtes payé, j’espère ? !

        Un conseil : cultivez-vous un brin avant d’écrire des sottises. Vous gagnerez en crédibilité auprès de vos employeurs.

        Et qui sait…. vous pourrez éventuellement obtenir une promotion au sein du bureau des trolls.

        Bon courage.

          • Pierre dit

            Je sais bien.

            Mais un pseudo commentateur qui ignore, ou plutôt fait semblant d’ignorer que :
            -l’ISF s’applique aux biens du… foyer

            et qui affirme que :
            -sous-estimer une valeur, sur laquelle est forcément calculée un impôt comme l’ISF, ce n’est pas de la fraude, car on la déclare (la valeur)… sans oublier que la dite sous estimation conduit comme par hasard à l’exonération de l’ISF (et non pas une réduction du montant de l’impôt dû).

            … et qui fait abstraction… de l’identité du fraudeur : le Ministre de l’Economie !

            … j’appelle ça un type qui travaille, mais vraiment très mal. Genre le petit jeune qui commence dans la profession.

            Rappelons que même l’UE finance des programmes très spéciaux pour écrire de « bons » commentaires, et pour fliquer les réseaux sociaux. La Chine aussi, et fut sans doute pionnière dans le domaine (allez écrire un post critique contre Pékin dans un forum connu)…
            Les USA également mais de manière encore plus technologique (avec des bots etc.)

            Moncon qui prétend vouloir se présenter à l’élection présidentielle (!)… a dit à sa femme : « Liliane fais les valises, et envoie une déclaration rectificative au fisc, on va leur payer leur saleté d’ISF, sinon je vais me faire gauler, ça ferait mauvais genre avec ma raie sur le côté ».

            Pas de bol : comme il irrite de très nombreuses personnes, et à raison, le missile est sorti dans la presse…

            Ca plus les tshirt, les costards, ça commence à faire beaucoup Manu.

            Ciao. Tu nous aura fait bien rigolé.

      • Pierre dit

        Ce qui est drôle… c’est qu’on est sûr de ne pas se tromper avec ce genre de personne…

        Pauvre Moncon, paf, 24h après son ISF… une autre preuve de l’épidémie « j’ai oublié » qui fait des ravages chez les politiciens, mêmes les « nouveaux » et même ceux qui « marchent » tel Jésus sur les flots.

        Il a « oublié » de déclarer sa fonction d’administrateur dans une société privée, dans sa «déclaration d’intérêt» à la «haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATPV)».

        Pas de bol, hein. Le « sort » s’acharne sur lui.

        Pauvre petit Emmanuel. La terre entière lui en veut, et veut « salir son action » (si, si, c’est ce qu’il a déclaré hier).

  2. DLG dit

    Tres sincèrement, moins d’élus, c’est aussi moins de démocratie locale. Si vous souhaitez désintéresser davantage les français de la politique et donner davantage d’influence aux maires très politisées des grandes communes (cad des grandes villes) et leur magouilles telles celles proverbiales de la citée phocéenne, ou comme vous les avez exposées ici, les turpitudes de la municipalité parisienne, voila une bonne idée. Et je ne parle meme pas de l’influence néfaste que cela aura sur la scene politique nationale avec l’affaire des parrainages et de la récente et funeste loi Urvoas. Je doute de plus très fortement que cela soit bien accueilli par les français. Qu’il faille en revanche se pencher sérieusement sur l’explosion des coûts de fonctionnent des municipalités (très réel), de l’efficacité réelle des fonctionnaires territoriaux et du clientélisme qui gangrene sérieusement les pratiques d’un nombre important de maires ou encore qu’il faille, selon moi, jeter aux orties toutes ces absurdités que sont les intercommunalités, oui. L’on pourrait de meme se pencher sur la pertinence de l’echelon régionale et du lobbyisme de l’UE en cette matière, au detriment des acquis de la revolution que sont les départements, avec l’affaire des euro-regions qui pointe le bout de son nez, couplée avec les demandes incessantes de ratification de la charte des langues régionales & minoritaires. Ceci dit, je m’étonne de vous voir faire l’éloge du « big is beautiful » et du « jardin a la française » en matière de communes quand vous vous escrimez a défendre l’inverse en matière d’entreprises et d’organisation de la protection sociale…

      • DLG dit

        Je n’ai certes pas dis cela, mais je doute fort que la fusion des communes renforce les convictions démocrates de ces élus, bien au contraire. Quand aux intercommunalités il me semblait que ma position a leur encontre rejoignait la votre, par consequent je ne comprend guère votre seconde remarque. La mutualisation des services de certaines communes, souhaitable dans un nombre important de cas, n’implique pas pour autant la nécessité de la suppression/fusion desdites communes, bien qu’il soit vrai que les fusions ne sont pas a rejeter par principe, pas plus qu’il faille en faire l’alpha et l’omega de la bonne gestion locale.

        • Je crains que cette affaire soit vraiment une question de logique: il y a des intercommunalités et des coûts de gestion importants dans les communes parce que celles-ci n’atteignent pas la taille critique. Et l’expérience montre que cette situation s’explique parce que les élus locaux aiment trop leur petit pouvoir et détestent le partager, y compris avec les citoyens. La seule voie pour approfondir la démocratie locale est de donner un coup de pied structurel dans la fourmilière.

  3. gérard dit

    Entièrement d’accord avec l’article,les maires sont une honte,incapables de gérer l’intéret commun ,de résister a la pression d’une petite clique d’administrés intéressés.Baroin déclarait il y a un an d’un air menaçant que les impots locaux augmenteraient inévitablement.Ce genre de politicard est a vomir.

  4. karl dit

    Le pays du millefeuille. Les français adorent manger… ç est pour ça que la plupart de nos politiques ont des casseroles de chef… accrochez vous bien mes chers con citoyens…

  5. Pylm dit

    La Suède a divisé le nombre de communes par 10 il y a déjà plusieurs années, et cela marche très bien.
    Il faut aussi supprimer les départements.

  6. Alain De Vos dit

    Médiocre maire, médiocre président de métropole… ils nous la jouent avec des structures supplémentaires, ils font des investissements inconsidérés. ce sont des personnes immatures. Ils pensent qu’on les croit. On les croit incapables de savoir manager, gérer : en général, ils paradent beaucoup et souvent! pauvres mer…deux

  7. Sleazy dit

    Pour comprendre la vie d’une commune et saisir leurs problèmes, en tant que adjoint dans une mairie d’un village de 4000 habitants dans le sud de la France pendant six ans, j’ai écrit :
     » Maires à la dérives et dérives des maires »
    les ambitions d’un maire, les coups fourrés, le copinage, les décisions prises tout seul dans son bureau, la concurrence acharnée des villages voisins, la fête doit être la belle de toutes, les marchés de Noël délabrés, les projets pharaoniques, l’emploi des enfants des copains et toutes les solutions à la hussarde d’un maire. A ce livre Dupont Aignan écrit que dans sa commune il ne se passe pas de telles choses et pourtant dans sa réponse, il est choquant de voir ses méthodes. De nombreux maires de petites communes ont crié au scandale de révéler de telles démarches.

  8. bdemontis dit

    La résistance à la fusion de communes s’explique aussi par de nombreuses contraintes qui frappent les communes de plus de 3.500 habitants — à commencer par les 25% de logements sociaux. Les habitants de La Genevraye voient la catastrophe qui frappe les Bourronais-Marlottins, et refusent toute fusion de commune qui les ferait passer le seuil de la loi SRU, seuil abaissé d’ailleurs à 1.500 habitants en Ile-de-France.

  9. ikomal dit

    Le problème ce n’est pas le nombre ou la taille des communes, c’est qu’elles font trop de choses. Trop d’obligations et trop de compétences, et trop de facilité à taxer le peuple.

  10. déception positive dit

    Certes il y a du ménage à faire mais vous en venez ainsi à faire l’éloge d’une l’intercommunalité tout aussi incertaine que que nos nouvelles « grandes régions » sans base démocratique . Ok, je vais juste vous poser une question pour faire avancer un peu votre réflexion et celle de vos lecteurs dans le champ de la démocratie. Vous connaissez probablement le nom du Maire de votre commune et vous pouvez éventuellement trouver facilement à pouvoir le rencontrer en tant que « citoyen électeur » dans le cadre de ses permanences mais connaissez vous le nom et même l’existence des conseillers communautaires qui sont censés vous représenter dans les communautés d’agglo ou de communes (bien sûr élus sur la base d’un scrutin de liste (sauf dans les petites commune ou le conseiller communautaire est le Maire) si parfait pour n’avoir aucune responsabilité personnelle devant l’électeur)? Vous ne savez probablement pas non plus que la plupart de ces conseillers n’ont bien souvent pas les moyens de suivre les dossiers. Ainsi combien de conseils communautaires ou d’agglo ne sont rien de plus que des chambres d’enregistrement des décisions d’un exécutif travaillant sans opposition véritable? Tant et si bien que nombre d’apparatchiks politiques catégorie B au niveau national préfèrent aujourd’hui arriver à pouvoir être Président de communauté (avec l’indemnité qui va avec évidemment) sans s’enquiquiner avec les responsabilités de Maire et méprisent suffisamment leur conseil, théoriquement organe décisionnel, au point d’arriver à « torcher » un conseil d’agglo en moins de 3/4 d’heure (y compris les votes du budget). Je ne vais donner aucun nom mais vous pouvez en trouver en cherchant un peu.

    En terme de démocratie dans une société malade comme la notre (il n’y a pratiquement plus de contrepouvoir légitime en France) il faut toujours se demander si on n’est pas en train de proposer de jeter le bébé avec l’eau du bain. C’est d’ailleurs l’absence de ce type de questionnement qui explique probablement toute la faillite des réformes du pouvoir actuel tout comme du précédent et cette impression de donner une parfaite représentation de la parabole des aveugles .

  11. Non, non, la solution consiste à faire ce qui est fait: la réduction par l’Etat de toutes les dotations, de façon à faire diminuer la masse salariale, monstrueusement gaspillée, comme il est dit.
    Au passage, si les mairies se décidaient à REFUSER d’appliquer la réforme de l’éducation sur les rythmes scolaires, cela ferait aussi des économies. Je ne comprends pas pourquoi il n’essayent pas cela. De fait ils s’endettent comme des porcs, bien sur.

    Ce sera cela solution: il faut d’ores et déjà menacer de peines de prisons les responsables des faillites municipales qui vont se succéder quand les taux vont remonter. C’est le moyen de diminuer le nombre d’élus et de terroriser les autres. Ca vous émeut de voir le nombre de braves types pas corrompus du tout se voir mis en prison pour avoir ruiné leur ville en toute innocence ? Moi pas. Il faut que tous ces cons se mettent à avoir peur.

  12. Pour ce qui concerne certaines propositions de certains candidats à la présidentielle, il existe une volonté de rendre les intercommunalités libres de la construction des logements sociaux, dont le seuil sera abaissé, avec aussi la volonté d’empêcher de par la loi les concentrations de ceux ci, suivez mon regard. Naturellement ALUR et SRU sont respectivement abrogée instantanément et entièrement réécrite. Je ne sais pas si Juppé reprend cela aussi à Fillon, mais ça devrait bouger sur ces questions.
    La population de Paris, du fait de cette politique là, est en train d’augmenter, on se demande comment (le mot « comment » pouvant s’interpréter de manières diverses). On en est aux camps déjà aux camps de réfugiés en pleine ville, après le camp de SDF (…) dans le XVIème.
    Au fait un nom sur ces question mérite toutes les attentions: il s’agit de Ian Brossat. Petite crapule communiste déjantée, il officie sur ces questions avec carte blanche pour encore cinq ans…

  13. Lorelei dit

    Il faudrait quand même m’expliquer à quoi sert une mairie qui n’est ouverte que 2 demi-journées par semaine, dans un village de 600 habitants, sachant que les mairies des petits villages d’à côté (2-3 km de distance) sont ouvertes également 2 jours par semaine.
    Personne pour dire qu’on regroupe tout dans 1 commune avec 1 maire et qu’on réduise les frais? Ce n’est pas comme si on enlevait la poste ou le médecin, il n’y en a pas.
    On pourrait arriver à un service communal à temps plein. Un « service », pas un truc où on trouve porte close parce que ce n’est pas le bon jour ou que la secrétaire de mairie était malade ce jour-là.

  14. Citoyen dit

    Des sous ! … Des sous !! … Des sous !!! …
    Quand on a toujours vécu sur l’argent gratuit des autres, et que ça vient à manquer, comprenez bien que c’est extrêmement frustrant.
    D’autant que, ne s’y étant pas préparé, l’on se trouve fort dépourvu, le jour où ça tombe.
    La grande question existentielle est : Si les zélus ne peuvent plus distribuer l’argent des autres …. Comment vont-ils se faire élire ? Là est la question …

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