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Pourquoi il n’y a pas eu de Podemos français

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Pourquoi n’y a-t-il pas de Podemos français? c’est-à-dire de parti politique émanant plus ou moins spontanément de la société civile. Cette question qui revient régulièrement dans l’actualité trouve bien entendu des réponses dans des éléments de contexte « macro »: l’existence d’une offre « plébéienne » (Front National, Front de Gauche) concurrente en constitue l’une des explications.

Mais certains éléments plus « micro » doivent aussi être pris en compte. J’en propose une illustration ici avec le récit d’une tentative à Bayonne de montage de la Nuit Debout remarquablement mise en échec par des techniques éprouvées que j’avais déjà pu voir à l’oeuvre au Parti Pirate.

Comment noyauter une initiative

Je reprends ici les meilleurs moments du récit de Sophie Hautenauve:

Donc, pour en revenir à Nuitdebout, comme j’ai des compétences en marketing internet, à une sortie de réunion où « ils » avaient encore une fois dit que ça ne marcherai jamais à Bayonne, on va boire un pot à 5 et je dis « bon ben comme d’habitude les syndicats et les politiques nous ont trahis, chiche on fait une nuitdebout sans eux, et voilà qu’on commence à faire un rétroplanning pour une opération de com qui nous mène au 13 avril et je rajoute deux jours pour être sûre (en plus le 15 ça tombait un vendredi je trouvais ça mieux) et allons-y alonzo, on décide de lancer un événement Facebook…

J’ai créé la page entre 2 et 4 heures du matin et le temps que je mette quelques images et paramètre quelques trucs il y avait déjà 12 personnes (de moi inconnues) qui s’étaient inscrites à l’événement, parce que, comme je l’avais pressenti, les gens ici avaient vraiment envie de s’exprimer… (…)

On a du faire beaucoup de papiers aussi, avec je ne sais quel organisme de la sécurité intérieure et la préfecture qui demandait quelqu’un qui se porte garant sur ses biens en cas de dégradation et la police qui nous avait interdit la sono ce qui fait qu’on s’était équipé en mégaphones etc, ce qui nous est revenu quand même un peu cher, pour des pauvres. (…)

À quelques jours de l’événement on se sentait un peu dépassé par l’événement, avec des messages arrivant de toute part et des interviews partout, y compris sur les chaînes espagnoles et les radios basques locales.
Bing certains journalistes m’informent qu’il y a un mec qui repasse derrière moi dans les rédactions et qui dit que je ne suis pas habilitée à parler, que c’est lui le porte parole de notre événement, qu’il s’appelle Joseph Boussion (mais il a d’autres pseudos), que c’est un parisien qui a une maison de vacances dans le coin. Effectivement quelqu’un de ce nom m’avait contactée pour me dire que si je le laissais gérer la page Facebook il m’ajouterait sur la Google map (^^) de Nuitdebout.fr – de toutes façons on avait plein de gens qui voulaient participer et que je laissais rentrer dans la page Fbook ou dans le Twitter et qui pétaient les plombs de voir que je les mettais que « admin » et pas « superadmin », mais j’ai vu tant de censure dans tant de causes je m’étais promis de rien lâcher, donc ce type, je n’y ai pas trop prêté attention, ça m’irritait juste.
Ma copine s’est renseignée, c’est un politicard professionnel, il était porte parole de Nouvelle Donne pour les européennes, puis il a démissionné pour être aux régionales sous l’étiquette « la vague citoyenne » et autre chose pour les départementales (et là il vient de monter un autre parti mardi dernier « construisons notre avenir » pour être candidat aux législatives, ‪#‎lasoupeestbonne‬)…

Comme j’avais peur des débordements (il me semblait qu’on allait quand même être nombreux) j’avais écrit à toutes les orgas et associations pour demander un coup de main mais soit on ne me répondait pas, soit on me disait que personne n’était disponible ce jour-là, on verra dans la suite du récit que ce n’était pas vrai… (…)

Donc le 15, notre grand soir, le 46 mars, on arrive sur la place à une demi douzaine avec nos trois mégaphones autorisés par la police et des tableaux et des feutres et des prospectus à distribuer en basque et en Français, avec l’odj et les gestes à connaître en assemblée…
On arrive donc avec une heure d’avance , et oh, divine surprise, il y avait une sono qui crachait du reggae à fond la caisse, sono qui appartenait (on l’a photographiée) à un syndicat qui nous avait refusé un coup de main, et un service d’ordre, en la présence du groupe (qui lui aussi officiellement n’était pas disponible ce jour là) soit-disant anarchiste « Indar Beltza » représenté par Monsieur Alain Thirion, un retraité de l’armée qui fume des cigares à 30 euros pièces et bien sûr monsieur Joseph Boussion aux commandes…. (…)

En plus personne n’y comprenait rien, des amis me disaient « ah, finalement tu as eu l’autorisation pour une sono, c’est bien » moi j’étais perdue, pour parler il fallait s’inscrire à une liste, et ils n’autorisaient pas tout le monde, la première prise de parole c’était le syndicat CGT cheminot, j’ai poussé une gueulante en disant que c’était un mouvement qui venait d’internet mais bon, que pouvais-je faire ? Il y avait vraiment beaucoup de monde et des gens qui ne viennent jamais dans les manifs (la presse a dit 200 personnes mais mon ex a compté plus de 300) j’ai immédiatement essayé de joindre le TCHAT nuitdebout qui m’a dit de me démerder… Les gens qui avaient le contrôle de leur sono faisaient passer qui ils voulaient à condition (on a enregistré l’audio) une même personne (un homme bien sûr) est passé 4 fois au nom de 4 causes différentes mais toutes représentées par des associations subventionnées (par contre le porte parole du Dal nouvellement créé n’a pas eu le droit de parler, ni les lgbt) bref… À 18h30 monsieur Boussion a annoncé que les prises de paroles c’était fini pour aujourd’hui et que si l’on voulait encore parler il faudrait venir le lendemain à la gare où les cheminots en lutte avaient besoin de notre soutien.

Mais qui a peur d’un Podemos français?

Chacun pense, bien évidemment, ce qu’il veut d’un Podemos français. Simplement, à la question: pourquoi n’a-t-il pas « poussé » en France, il me semble que le récit de Sophie Hautenauve apporte des réponses simples et factuelles.

Premièrement: la préfecture refuse à certains le droit de se réunir avec de la sono, mais en autorise d’autres. On le prendra comme on voudra, mais il existe une partialité et une préférence de l’Etat, et singulièrement de la police, pour des mouvements structurés et contrôlés.

Deuxièmement: ces mouvements structurés sont farcis de gens qui présentent ce que j’appelais au Parti Pirate des « anomalies statistiques ». Dans le cas cité par Sophie Hautenauve, l’anomalie statistique s’appelle Boussion ou Thirion. Tous ces gens ont des parcours personnels étonnants, et cumulent généralement des contraires, comme être ancien militaire reconverti dans un mouvement anarchiste et menant un train qui surprend ses interlocuteurs.

Troisièmement: ces poissons pilotes d’on ne sait qui, qui bénéficient de la part de la police d’une véritable bienveillance, sont toujours aidés par les mêmes. A Bayonne, c’est la CGT Cheminots qui vient prêter main forte aux noyauteurs pour verrouiller la prise de parole. A Paris, j’ai suffisamment évoqué le rôle du Front de Gauche et de proches du Parti Socialiste.

Quatrièmement: les noyauteurs commencent leur métier par coeur. Il y a un poste stratégique à tenir en réunion, celui de secrétaire de séance, qui distribue la parole.

Ces quelques indices mettent sur la piste des vieilles techniques qui expliquent concrètement pourquoi les Podemos qui auraient pu apparaître en France sont tous morts dans l’oeuf.

19 commentaires

  1. Il y a une autre raison: l’absence (ou la relative modération) d’une corruption généralisée à l’espagnole. Ces mouvements ne sont issus que de l’affaiblissement général d’une opinion perdue incapable de prendre parti. Car quand la moralité publique s’effondre, on se replie sur les valeurs familiales et cela donne la lamentable course poursuite entre cons et salauds que vous décrivez.

    • SOPHIE dit

      Une corruption endémique en Pays Basque Français et je dirais même dans toute l’Aquitaine (je connais moins les autres régions) avec pleins de micro-scandales à répétition (micro, car jamais répercutés par la presse, mais les informations arrivent à circuler un peu par mail) avec « la cité du vin » « le grand stade de Bordeaux » « les enveloppes d’argent liquide aux bâtiments de France sous peine de classement en périlosité des bâtiments », le scandale du TGV, les parkings Vinci de Pau, le futur scandale des attributions HLM en Côte Basque etc, etc, je n’ai pas assez de mes deux mains pour compter toutes les histoires de corruption au sujet desquelles nous comptions parler ce soir-là et dont l’intervention musclée et sonorisée des professionnels de la politique nous a empêché de débattre…
      Donc surtout ne pas dire qu’il n’y a pas de corruption en Pays Basque, elle est endémique et tellement rentrée dans les moeurs qu’elle est même intégrée dans la double comptabilité des associations de gestion comptable ^^, avec ceci de particulier chez nous qu’il y a « le milieu basque » les Conseils Généraux (PS) ET aussi l’évéché, de nombreux catholiques « de gauche » (la religion est très prégnante par ici) s’émouvant du pillage de l’Evéché de Bayonne Lescar Oloron par Monseigneur Aillet, l’évèque de Bayonne, grand argentier de la « manif pour tous » qui rempli toutes nos paroisses de ses sbires de la Confrérie Saint Martin (Eric, quand tu sors de chez toi tu vois des hommes en robe blanche et moi ce sont des soutanes noires, c’est tout aussi perturbant)

      Je remercie Éric Vaeraghe de s’être penché sur mon petit témoignage écrit dans l’émotion (il reste des fautes, hélas) à un moment où je subissais des pressions terribles pour abandonner la gestion de nos outils de communication – la même chose s’est passée dans d’autres villes avec d’autres interlocuteurs, nous essayons de nous organiser

      • @Sophie
        Nous sommes bien d’accord… Ce que vous décrivez est parfaitement bénin, et consacre donc votre échec.
        La corruption n’est pas générale, elle se trouve simplement localisée à gauche, dans votre camp d’origine, dévoyé au delà de tout. Cahuzac, Strauss Kahn, Macron, plus toute l’infrastructure de l’imposition, et bien sur la caste des fonctionnaires qu’on va mettre au travail l’année prochaine. Un grand espoir se manifeste confusément: on va VOUS foutre en l’air !
        Car les nuits debout sont la forme la plus innocente, la plus juvénile de la lèpre de tous les « idéaux » étatistes et moraux que vous représentez par nature, inculture, naïveté et stupidité: vous êtes notre ruine et nous vous dominerons. Ah ! le sang jusqu’au genoux de la répression de 1848…

        Cette exagération ultra libérale vous horrifie ? Si cela pouvait être le cas, et vous faire réaliser à quel point vous êtes éloignée du monde… Vos parents ont clamé «  »crs-ss » pour faire bouger le gaullisme, et ruiner leur pays et je n’aurais pas le droit de vous arracher le coeur et de chier sur la tombe de mitterand ?

        • SOPHIE dit

          Bonsoir 🙂
          Tout d’abord merci de votre réponse mais je tenais à rectifier quelques points…
          Tout d’abord je ne crois pas que mes parents (père à l’époque très engagé dans la JOC et mère femme au foyer) aient jamais crié « CRS SS » (c’est même franchement rigolo de penser cela) ou aient même participé à une quelconque manifestations soixante huitarde… Si j’ajoute que le seul parti où mon père ai adhéré (à ma connaissance) était le Parti Radical et que monsieur Servan Schreiber (auquel mon géniteur s’était mis à ressembler comme un clone) me faisait sauter sur ses genoux quand il venait à la maison, vous comprendrez peut-être mieux mon environnement familial (on avait Debré, aussi, qui venait boire le café)… Ceci étant dit je récuse aussi le terme d’ « inculte » me concernant, nonobstant quelques diplômes je m’estime suffisamment cultivée pour, effectivement, me sentir un peu déconnectée quand je parle à des gens « normaux »… Effectivement je souffre d’une certaine naïveté tant dans ma vie personnelle que dans ma vie politique, ayant tendance à croire facilement – et c’est un gros défaut de mon caractère – un mensonge dit avec conviction. Je ne peux répondre à votre accusation de stupidité ne sachant pas exactement ce que vous entendez par ce terme, veuillez préciser svp, mon entourage me dépeignant comme une personne plutôt réactive…
          Pour en revenir à la nuitdebout Bayonne, je ne pense pas que la majorité des personnes étant venus ce 46 mars étaient des gens affiliés à quoi que ce soit (@Eric, je n’arrive pas à mettre de photos dans les com), plutôt des quadras quincas auditeurs de RMC… avec un bon fond de poujadisme imho après collation des messages reçus en mp…
          Et… Que dire d’autre ? Non je n’ai pas envie qu’on m’arrache le coeur et la liberté des uns s’arrêtant ou commence celle des autres, je pense que mon désir de continuer à vivre doit être respecté, quand à votre désir de « chier sur des tombes » je pense que c’est un problème que vous devriez aborder avec un psy, à moins que vous n’adhériez à un groupement du type de celui de monsieur Thirion, ils font plein de trucs du genre (#punkisnotdead) mais quant à moi je préfère déféquer dans les sanisettes publiques (ou à la maison bien sûr) et garder mes options politiques pour la presse, ou les blogs quand personne ne veut (et peu le veulent) m’accorder une place dans un journal.
          Quant à la corruption qui serait réservée aux membres de tel ou tel parti ^^ il me semble que j’ai donné assez d’exemples aquitains (64 PS, Pau modem, Bordeaux ump) pour voir que ce n’est pas qu’un problème d’orientation politique (si tant est que l’orientation politique soit autre chose que partager des bonnes bouffes avec de vieux copains du lycée) C’est justement une des choses que j’apprécie dans les Podemos Espagnols, la dénonciation de « la caste », tous ces gens qui ont fait leurs études ensemble et se retrouvent une fois adultes dans les cénacles de la politique et de la presse, parfois sur des positions idéologiques totalement différentes, bien qu’une fois les caméras éteintes tout le monde se retrouve en bonne entente au restau, au match (tiens j’ai oublié de parler de la corruption dans le sport, vive le Biarritz Olympique) ou aux putes.
          Bonne soirée

          • On saute sur les genoux de JJSS, et on ne fait partie d’aucune caste et tous ses copains de lycée sont purs, toute la corruption concernant comme par hasard l’évêque (…) du mariage pour tous, la cité du vin, et le grand stade, à Bordeaux sans doute, ville plutôt bien gérée par un maire de droite (et dieu sait si je n’aime pas tellement Alain Juppé) dans une région de gauche et au combien.
            C’est quoi les problèmes de Bayonne ? Les murges ?
            Je maintiens ce que je dis pour ce qui concerne le public de nuit debout: des paumés persuadés de la vilenie du monde entier, en rupture avec la politique traditionnelle et prêts à foutre en l’air leur pays en votant pour bien plus paumé qu’eux et bien plus corrompus que ce qu’ils dénoncent. Podemos et 5 étoiles ont fait évolué en bien la société de leurs pays à votre avis ?
            Heureusement, la France semble protégé de cette lèpre pour les raisons que je dis. De fait, elle est l’effet de la dégénérescence des démocratie. Comme par hasard, l’Espagne et l’Italie furent fascistes…
            La stupidité est une inertie des propos et des actes. C’est ce qui caractérise nuit debout et donc ses organisateurs.
            Revenons à la gauche: la corruption c’est la trahison politique pure et simple (c’est ce que la gauche elle même reproche à Hollande), la protection du cynisme (Cahuzac, Strauss Kahn, Thevenoud), et surtout l’intolérable hypocrisie de ces incapables qui contemplent la ruine de leur pays en disant « ça va mieux » et en ne faisant rien.
            Si vous avez du dynamisme à revendre, fondez une entreprise, cela en fera profiter vos clients.

  2. Pierre dit

    Pour le coup, c’est un peu trop « par le petit bout de la lorgnette »…

    Le facteur principal c’est bien entendu ce que vous appelez (curieusement) l’offre « plébéienne », c’est à dire le vote FN, qui est plus prosaïquement le vote « quenelle », le vote « allez vous faire voir », le vote « Merde ! », dans le pays de Cambronne.

    Ca permet de se défouler. C’est bon pour le moral.

    Mais il y a un autre facteur… qui explique que « Podemos » n’a pas (encore) pris en France… c’est bien sûr la situation macro-économique.

    Il est absurde d’en faire abstraction.

    Quand Podemos a explosé en Espagne, ce pays dansait littéralement au-dessus du volcan. Idem en Grèce. En Italie. Je sais que la mémoire fait souvent défaut mais « quand même » comme dirait notre Catalan, les pays du sud étaient en train de sombrer lors de la Grande Crise Financière…. Les taux souverains explosaient…. C’était la faillite. Tout le système financier était sur le point de sombrer, les états, puis les banques, puis toute l’économie par contagion… Avec à la clé une baisse brutale du niveau de vie.

    Août 2011.

    Puis le coup d’état contre Berlusconi, contre Papandréou… La crise était à son comble.

    Et puis vint Draghi (nommé en janvier par Merkel et Sarkozy, qui avaient vu le coup venir et qui savaient que Trichet n’était pas à la hauteur) le mafieux italien couillu, avec son formidable « put », remisant celui de son maître Greenspan au rang d’aimable jouet pour enfant.

    Fin (temporaire) de la partie. Boudu sauvé des eaux.

    Donc je résume : la France n’a pas eu (encore) son Podémos, car… les Français n’ont ABSOLUMENT PAS souffert de la Grande Crise.

    Attendez un peu lorsque les soupes popu se multiplieront… Là vous verrez que la Marie-Chantal à Bayonne ne sera plus noyautée par la CGT, la préfecture ou les RG… Ces derniers seront les premiers à foutre le feu dans la rue.

    Un pays protégé par la BCE, car too big to fail, protégée par un secteur « public » qui bouffe plus de la moitié du PIB, qui s’endette de 80 milliards par an pour payer les factures courantes, avec des millions de fonctionnaires et assimilés, plus leurs familles, plus les retraités du privé et du public… tous ces gens VIVENT TRES BIEN, merci pour eux.

    Pourquoi voulez-vous qui brûlent des voitures en écoutant des chants péruviens ?

    Certes, ils aimeraient bien un p’tit plus, ils se plaignent toujours. Mais pour eux la Grande crise n’a, répétons-le, jamais existé. A part sur les écrans de télé, lors des reportages à l’étranger.

    Les seules vraies victimes…. ce sont les 6 millions de chômeurs… Mais on les traite socialement, et au bout du bout, après la fin des Assedic, un RSA, un stage, une formation permet de les calmer.

    Le cheptel est tenu. Un chômeur, ça flippe, ça vit la peur au ventre, bref, ça ferme sa gueule.

    On en reparle dans quelques années…

    • SOPHIE dit

      Ici Marie Chantal de Bayonne, un embryon de réponse: pour nous les seules vraies victimes sont les travailleurs pauvres non représentés, les petits artisans et les auto-entrepreneurs, les « contrats aidés » qui n’auront jamais de retraite, les travailleurs.euses à temps partiel de la grande distribution… Tous ces gens « insérés » qui sont trop pauvres pour faire autre chose que survivre…

      • pierre dit

        Ne le prenez pas mal… je forçais le trait pour montrer votre inexpérience de débutante face aux « camarades » vieux loups de mer, as de l’entrisme et de la récup’.

        Ce n’était pas méchant de ma part.

        Je souhaite simplement boucler sur le sujet, en réaffirmant que votre lutte est parfaitement vaine tant que vous n’élargissez pas votre analyse au niveau macro-économique.

        Attaquez-vous à la source du pouvoir qui vous opprime : l’argent.

        Ce que j’appelle la rapine.

        Il y a 2 sources : les impôts/taxes et l’endettement.

        Réduisez les recettes des premiers, et augmentez le second, afin d’obtenir un effet ciseau disruptif maximum.

        C’est UNIQUEMENT en poussant le système au bout de sa logique (« toujours plus ») que vous parviendrez à l’abattre.

        Exemple concret : si on réduisait chacun notre consommation/investissements de 20 %… Le trou provoqué dans les recettes de la TVA serait un coup mortel à la mafia bien privée qui se fait appeler « état ».

        Idem pour les revenus : vous êtes indépendant, médecin, commerçant ? Passez à la semaine de 4 ou 3 jours. Au-delà vous apportez du carburant à la machine étatique et mafieuse.

        Nous n’arriverons pas à forcer l’état à devenir « modeste »… C’est seulement en lui coupant l’arrivée d’oxygène que l’on parviendra à l’asphyxier.

        Donc oubliez les bonnets péruviens, les marches blanches, les initiatives « citoyennes », les « débats » festifs, les sonos, les concerts de casseroles… ça c’est le folklore. Ca ne mène à rien.

        Attaquez directement le coeur du système.

      • Vous vous moquez de qui? Vous savez que nous avons deux fois plus de fonctionnaires par habitant (90/50) que l’Allemagne ? Deux fois plus de chômeurs ? Et vous considérer comme vraies victimes les travailleurs pauvres, pour mieux nous faire comprendre qu’il faut soit les mettre au chômage soit les embaucher comme fonctionnaire ?
        Et bien notre désaccord est total: c’est l’inverse qu’il faut faire !

    • SOPHIE dit

      Je pense que vous avez oublié deux choses dans votre analyse de la passivité française: l’alcool et les médicaments psychotropes délivrés à haute dose et remboursés par la sécu… La France est le premier pays européens en consommation de psychotropes, et on en prescrit pour n’importe quoi, un bon valium avec une binouze, ça calme toute envie de se révolter

  3. Citoyen dit

    «  »Pourquoi n’y a-t-il pas de Podemos français? c’est-à-dire de parti politique émanant plus ou moins spontanément de la société civile » »
    Je vous trouve bien indulgent, vis à vis de ce qu’ils sont.
    Podemos n’est que le regroupement de groupuscules dispersés, ou égarés d’extrême-gauche. Ils ne sont rien de plus que ce qu’a tenté de faire le merluchon en France.
    Alors pour ce qui est d’un « parti politique émanant plus ou moins spontanément de la société civile » il faudra repasser.
    Si la mayonnaise à pu prendre, c’est que ça s’est fait à un moment où le pays était économiquement au fond du trou. Et dans ces conditions, toutes les solutions peuvent prendre corps, y compris les plus débiles.
    Mais comme partout, ces coalition n’ont qu’une seule vocation : à exploser … Vu que les composantes qui les constituent ne manquent pas de se bouffer la gueule … Surtout quand la soupe est bonne !… Voyez chez les verts.

    • SOPHIE dit

      Aucun rapport entre Podemos et Merluchon (lol) le parti de gauche étant un parti pyramidal avec des décisions politiques dégoulinant de l’unique tête pensante vers les militants, alors que Podemos est une organisation horizontale (ou du moins tente de l’être) avec des consultations directes quotidiennes des militants sur tel ou tel sujet grâce à des applications informatiques (c’est, avec le parti pirate dans certains pays – pas en France, hélas – le seul parti à faire cela, mais cette singularité est systématiquement occultée par la presse).

      • Citoyen dit

        pyramidal ?…. organisation horizontale ?…. Bigre !
        Qu’ils soient debout (pour passer la nuit), ou couchés, voir même assis, et même en réseau, les inepties des trotskos-bolchos sont toujours des inepties.
        Et ces mouvements sont noyautés par les trotskos-bolchos, quand ils n’en sont pas à l’origine. Sauf à être d’une extrême naïveté, il n’y a strictement rien à en attendre de plus que les inepties habituelles répétées comme des mantras.
        il suffit d’observer Lordon ne serait-ce que dix secondes pour en avoir fait le tour.

  4. Gachet-Mauroz Philippe dit

    Je suis admiratif Sophie, de votre engagement, et de l’intelligence de vos propos.
    Pour avoir vue quelques nuits debouts sur Lyon, je suis pas surpris que l’élan n’ai pu germer davantage…
    On a l’impression que notr culture (notre éducation?) nous a rendu bien soumis, bien gentil, bien ramolli
    l, y avait des idées, souvent bonnes, mais ,personnes pour les mettre en en page, les synthétiser, personne pour prendre la tête du mouvement (même en collégialité), si bien que le mêmes idees revenaient, encore et encore.
    Pas de moyens, pas de locaux, pas de stratégie, pas de chefs, juste un flot de parole
    On aurait une sorte de psychothérapie de groupe, on a vidé son sac et on se sent mieux…
    Au mieux certains auront appris à prendre la parole en public…
    Il faut bien avouer qu’il n’y a pas de réel élan populaire pour moi, les gens n’ont pas assez faim, pas assez froid, leur survie n’est pas en jeu juste irrité dans leur intellect par le comportement des politiciens, mais bon tant que joséphine est là pour les rassurer sur TF1, ou JPP le midi, tant qu’il y aura des bouchons sur péages d’autoroute les retours de week end, notre PODEMOS aura du mal à éclore

  5. déception positive dit

    Le vrai problème c’est qu’en France, on ne fonctionne que si il y a des subventions. En politique plus encore que dans n’importe quel autre champ. Après les scandales des année 70/80 du dernier siècle, mais déjà les années 30, c’était théoriquement pour sauvegarder la Démocratie. Mais on fial çà l’a complétement fossilisé. Le champ politique est verrouillé par des appareils qui portent encore le nom de partis politiques mythiques (PC, PS, Radicaux, Gaullistes (si tenté que le PR ait encore quelque chose à voir avec cet héritage) et qui survivent derrière l’image d’avoir porté, à une période historique donnée, l’espoir de la Nation mais qui, depuis longtemps vide de sens, ne sont plus capables de faire autre chose que de jouer au jeu du « cadavre exquis » où, peut importe la proposition, il suffit finalement que le texte formé soit grammaticalement correct.

    Ils survivent donc grâce au subventionnement organisé et, ce faisant empoisonnent la société, car, au nom de la démocratie ils fonctionnent ne fonctionnent plus que des subventions de l’Etat (donc à l’extrême moins il y a d’adhérents de base mieux ils se portent car il n’y a alors pas de contestations possible). Droite/Gauche ne signifie donc plus rien en terme d’existence . Les apparatchiks, quelque soit leur couleur politique affichée, vivent en fait tous ensemble dans un entre soi finalement très restreint; celui de ceux qui se partagent les subventions et, en cas d’accident, les parachutes dorés de la république (inspecteur général de ceci ou de cela, élus régionaux irresponsables ou sénateur car sur scrutin de liste, sinon président d’associations ou de fondations d’état (exemple caricatural: Jack Lang passant entre des gouttes parfois pas très propres et, une fois enfin jeté par le suffrage universel, finalement nommé ambassadeur itinérant chargé, rien moins, que de la piraterie en 2012,en attendant d’être nommé président de l’Institut du monde arabe l’année suivante). Et en fait ils s’épaulent mutuellement (même quand ils sont apparemment de bords opposés) l’essentiel étant de sauver leur situation commune : connaissez vous beaucoup d’hommes ou de femmes politiques capables d’envisager de retourner à la vie civile et d’y reprendre vrai un boulot. Donc dès que pourrait apparaître un espace politique (au sens noble du terme) nouveau il faut le noyauter ou l’inféoder et c’est aussi vrai à Droite qu’à Gauche (voire l’histoire sans gloire de l’udi créée par en 2012 par Borloo pour essayer de structurer en France l’équivalent du ciudanos espagnol et, rapidement devenu après sont départ, le paillasson de l’UMP).
    Et, ceci est inscrit profondément dans la mentalité des élites françaises. C’est pourquoi la France est, une fois de plus dans sa longue histoire, bloquée en terme d’évolution et d’adaptation et qu’elle n’a malheureusement jamais su avancer autrement que par à-coups (Révolution ou s’en remettre à un homme providentiel ou… plus souvent l’une puis l’autre) En tout cas merci à ceux qui, au moins, essaient de trouver une alternative car révolution ou homme providentiel cela se termine souvent mal) et donc respect SOPHIE et donc non…Marie Chantal de Bayonne… car même si c’est raté encore cette fois ci, qui sait, peut être qu’un jour la mayonnaise prendra mais de toutes façons ce sera le plus loin possible des fossiles et de leurs ragnagnas si bien connus par le sens populaire (à leur mode d’aujourd’hui, ils diront populiste) pour faire rater la mayonnaise

  6. Gédécé dit

    Il va falloir songer à se soigner. Prétendre que la CGT ou le front de gauche tente de noyauter ND pour l’empêcher de prospérer est totalement grotesque. Par contre, on peut s’interroger sur la soudaine sollicitude d’un libéral tel que vous, dont je suis attentivement la carrière, à l’endroit de ND, dont les visées sont hostiles à votre idéologie. Surtout quand je constate que ce n’est pas la première fois que je vous prends en flagrant délit de propager des hoax provenant d’extrème droite, comme je l’ai déjà prouvé ici : https://gauchedecombat.net/2016/02/08/atlantico-ment-et-reprend-les-theses-complotistes-dextreme-droite/

  7. Durand dit

    Sophie, vous m’êtes sympathique mais quelque chose m’atterre énormément : c’est qu’à 50 ans et après être passée au NPA (j’ai jeté un oeil à votre blog), vous semblez découvrir le communisme.
    Oui, *BIEN SUR* que ces organisations sont dirigistes, vous croyez peut-être que si elles veulent donner tout pouvoir à l’Etat, c’est pour vous laisser la liberté de faire ce que vous voulez ???

    La vérité, c’est qu’un mouvement comme celui que vous avez essayé d’initier n’est possible que dans une société suffisamment libérale. Société libérale que vous avez toujours combattue, apparemment. Votre échec me semble donc un juste retour des choses, sur le mode « Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes ».

    Par ailleurs, non, il n’est pas du tout « tout aussi perturbant » de voir des soutanes que des « hommes en robe blanche » en France, j’espère que vous ne mettrez pas 50 années de plus à vous en rendre compte.

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