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Paris: la ville où plus rien n’est possible

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Article écrit pour le Figaro et mis à jour le 8 juin à 20h45.

Il fut un temps où les Parisiens aimaient Paris non parce qu’elle était la capitale de l’entre-soi bien-pensant, mais parce qu’elle était une ville fourmillante où tout était possible.

Elle était en quelque sorte la terre promise des Rastignac, où l’on pouvait arriver avec de vieilles bottes sans chaussettes et espérer réussir par sa grâce et son talent. Elle était aussi bonne mère: une ville qui autorisait tout (et pas forcément le pire), où tous les modes de vie avaient droit de cité, sans que les bonnes âmes ne flicassent les libres penseurs et les libertins. On s’y mélangeait gaiment et respectueusement, riches et pauvres, milliardaires et culs-terreux, Chrétiens, Juifs et Musulmans, athées et bouddhistes, libres penseurs et cagots, laborieux, artistes et rentiers. Tout ce petit monde se partageait Paris avec le sentiment d’une immense chance: celle de participer à une grande aventure humaine, pleine de souffle, mais aussi de promesses et de souvenirs, où chacun était une brique dans un mur magique de plusieurs milliers d’années.

Peu à peu, Paris perd sa magie et se range dans le conformisme gris d’une petite bourgeoisie qui se croit originale mais qui confond le caprice immédiat et l’ambition, l’opinion des salons et la vision historique, le préjugé et l’intelligence, l’avenir collectif et la somme des projets individuels. Et sans qu’on n’y prenne garde, sans qu’on ne le voie, cette somme des projets individuels qui dirige la Ville devient le tout d’une impossibilité grandissante.

Traverser Paris quand on est banlieusard: bientôt impossible!

Par exemple, Anne Hidalgo a le projet de rendre aux piétons les berges de la Seine, projet anticipé par la crue impromptue du fleuve. À la fin du Paris Plages de cet été, les quais resteront fermés aux automobilistes, y compris le tunnel des Tuileries, rénové en 2010 pour 10 millions d’euros. Comme c’est beau! Paris libérée de ces banlieusards qui travaillent à la Défense ou dans le Triangle d’Or, et qui habitent un minable pavillon dans la banlieue Est. Quelle horreur! des traîne-misères, des gagne-petits qui viennent polluer la capitale!

Marie-Antoinette aurait dit: s’ils n’ont pas de pain, qu’ils mangent de la brioche! Anne Hidalgo répond: s’ils ne sont pas contents, qu’ils habitent à Paris!

Traverser Paris avec une vieille guimbarde: bientôt impossible!

Par exemple, Anne Hidalgo interdira bientôt les véhicules antérieurs à 1997 dans les rues de Paris. Comme c’est beau! On en finit enfin avec la pollution mortifère due aux voitures de plus de 10 ans. Ceux qui souillaient nos rues bien propres avec leurs vieilles guimbardes en seront pour leur grade. Et s’ils n’ont pas les moyens de suivre, tant pis pour eux. Qu’ils déménagent en banlieue, où la pollution au moteur brinquebalant est un sport national!

Et moi qui rêvais de fêter mon anniversaire de mariage en offrant à ma femme un Paris by night en Ford Mustang décapotée! encore raté. Et adieu le remake du travelling débridé d’À bout de souffle place de la Concorde.

Rencontrer une divorcée blanche dans les rues de Paris: bientôt impossible!

Par exemple, vendredi dernier, je croisai, au jardin d’enfants municipal (mais très cher) fréquenté par ma fille la maman quadragénaire et pleine de charme de l’une de ses copines. En papotant, je m’aperçois que cette maman est infirmière et divorcée. Son loyer l’étouffe et la met dans la gêne. Pourtant, elle travaille honorablement, mais la vie à Paris lui devient de plus en plus pesante et contraignante. Pour elle, la capitale est une nasse: avec son salaire, elle ne peut déménager dans un quartier où les écoles publiques sont fréquentables. Elle se sait condamnée désormais, sous peine de déménager loin de son travail, à inscrire sa fille de trois ans dans une école où le racket, la violence, la sous-éducation, la déstructuration des esprits, la tolérance quotidienne aux violences ethniques, sont le régime commun.

Travailler dans l’angoisse de retrouver chaque soir son enfant victime de violences, ou chômer loin de tout, tel est le dilemme de la classe moyenne parisienne contemporaine! Dans le plus grand mépris d’Anne Hidalgo et de son porte-flingues Bruno Julliard, pour qui cette mère est une suppôt potentielle du Front National, de la droite, de l’opposition, du fascisme en France, qu’il faut écarter le plus tôt possible des listes électorales.

D’ailleurs, aucun logement social n’est jamais proposé à cette maman qui vit aujourd’hui dans un studio et qui rêve de donner une chambre à sa fille.

Traverser une rue sans voir un enfant en bas âge dormir dehors: bientôt impossible!

Par exemple, depuis deux ans au moins, l’Est parisien est envahi par des familles qui dorment dans la rue, avec leurs enfants en bas âge (des nourrissons, des enfants de deux ou trois ans) qui dorment sur des matelas de fortune à même le sol, comme si, entre Paris et Bombay, il n’existait plus de différence. D’où viennent ces enfants des rues qui, d’un coup d’un seul, nous projettent dans les favelas brésiliennes? d’un camp de Roms? d’un réseau de mafieux? d’une déchéance globale de la capitale?

Nul ne sait. Mais Anne Hidalgo a décidé d’enkyster le mal, de l’étendre à l’ensemble de la capitale, en ouvrant les portes d’un camp de migrants sur le territoire même de la ville, dont on connaît la signification à court terme: pullulement d’enfants partout, partout et encore partout, profusion de réseaux mafieux qui organiseront le quadrillage des quartiers, la mendicité, la prostitution, le vol, à leur plus grand profit. Et bien entendu, profusion de maladies en tous genres, éradiquées il y a cinquante ans, et qui reviendront en masse, comme la tuberculose.

Rêver Paris: bientôt impossible!

Digne émule de Jean Tibéri, fidèle élève de cette école des seconds couteaux qui n’ont pas d’idées et se fient à la dernière mode dans les salons pour agir, Anne Hidalgo a entrepris d’achever le rêve parisien, largement mis à mal par la municipalisation de la Ville, par sa normalisation comme dirait François Hollande, alors qu’elle est tout sauf une cité normale.

Bientôt, Paris ne sera plus un rêve pour personne, plus le rêve interdit de ceux qui n’ont rien sauf leur faim au corps pour réussir, plus le rêve des talents et des espoirs, plus le rêve des appétits débordants, trop grands pour un monde trop petit. Elle sera simplement la morne résidence protégée des minorités petites bourgeoises qui jouent aux victimes discriminées, aux petites choses, et qui gouvernent tout à la hauteur de leurs vues victimaires. Pas de restaurants ouverts après 22h30. Pas de diversité sociale et ethnique dans les rues: les Blancs d’un côté, les autres dans leurs ghettos. Pas de banlieusards dans les rues. Pas de vieilles bagnoles qui font rêver. Pas de gens moyens: soit les riches, soit les pauvres.

Jour après jour, Paris perd son âme et son silence n’est plus troublé que par le concert électro des minorités homo, trans, ethniques, spécistes, végétariennes, qui nous érigent tant de statues de commandeurs que déambuler dans la magie de la Ville est devenu impossible.

 

17 commentaires

  1. Deres dit

    Quand à Paris Habitat que vous avez déjà évoqué, j’ai bien noté dans les articles de presse que la révocation du directeur général lui permettra quand même de toucher une parachute doré même si plus raisonnable, que l’on parle d’une enquête interne et surtout pas de plainte de la mairie pour abus de bien social et que rien n’est prévu pour diminuer le niveau très élevé des rémunérations. En réalité, Paris Habitat est juste sanctionné car ses magouilles ont été détectés, ce qui est inacceptable pour les autres magouilleurs, pas pour les magouilles elles-même, qui sont la norme dans ce genre d’institution.

  2. Michel dit

    Savoureux article! Mais Paris fait-il exception? Votre constat pourrait être étendu à bien d’autres villes de taille moyenne à grande en Europe. Molenbeek à Bruxelles était surnommé le petit Manchester belge. Seraing, Herstal et tant d’autres quartiers de Liège et environs foisonnaient jadis, comme Paris, d’artisans, de petits commerçants, d’artistes populaires … et de vie. Parodiant Rutebeuf, je pourrais dire: « Que sont mes quartiers devenus, que j’avais tant parcourus et aimés? L’argent, je crois, me les a ôtés, l’amour est morte… ». Paradoxalement, la vie subsiste encore dans les territoires perdus de la République et du Royaume. Pas besoin de chercher de responsables: nous le sommes tous: on nous a grugés mais nous nous sommes grugés nous-mêmes aussi! Il est temps de mettre un terme à cette aventure destructrice …

  3. yoananda dit

    Si ce n’était que Paris qui sombrait …
    le quart-monde, ça fait un moment qu’il s’est déjà installé (exemple: dans le bois de Vincennes depuis la crise de 2008 en fait).
    Que Paris soit « divers » et « multi-culturel », grand bien lui fasse.
    Mais l’imposer au reste de la France qui n’en demandait pas tant …
    C’est le pays entier qui sombre.

    En ce qui me concerne, la France n’est plus. J’ai juste une poignée d’années d’avance sur l’histoire. Car la France de demain est déjà en préparation par les choix fait aujourd’hui.
    Il ne reste que des français, ici ou la, hébétés … qui réalisent petit à petit qu’on leur a volé leur pays.

    J’ai fait mon deuil.

  4. Citoyen dit

    Eh oui !
    « Quelle horreur! des traîne-misères, des gagne-petits qui viennent polluer la capitale! »
    Même que, grâce à la racaille socialo, Paris est devenu la cour des miracles à grande échelle …
    Ce sera une curiosité pour les touristes.
    Enfin, surtout pour ceux qui considèrent que visiter les bas fonds présente un intérêt.

  5. Pierre dit

    Etrangement, il faut aller consulter la presse… anglaise pour avoir les photos de l’évacuation du camps du jardin Eole ce matin (alerte à la tuberculose).

    C’est édifiant.

    Voilà le Paris du gang Hidalgo et de tous leurs complices. Le Paris violé par la démence migratoire.

    http://tinyurl.com/jf6og9a

    • Oblabla dit

      Pierre, fou ce lien vers la presse anglaise! Même si on s’en doutait, voir ces images est hallucinant et démontre que ce pays a perdu tout sens commun.

  6. Vous avez raison, moi aussi j’ai aimé Paris et, de plus en plus, je déteste les Parisiens.

    Mais, comme le fait remarquer un de vos commentateurs, c’est de plus le cas de toutes les grandes métropoles occidentales : on cherche les raisons pour un Anglais de ne pas détester Londres, pour un Américain New-York et pour un Allemand Berlin.

  7. Freiherr dit

    Parisien depuis trois générations, et de l’Est parisien, j’ai fait ce constat l’année dernière et rompu la tradition familiale au moment où mon fils devait commencer la maternelle. Après 46 ans de résidence parisienne quasi-ininterrompue (Erasmus et service militaire), j’ai vu le Paris populo disparaître mais d’autres populations et socio-types le remplacer.

    Résultat, le grand écart vers une commune de l’Ouest parisien, maison et petit jardin, et aucun traumatisme à ce jour … !

  8. poloka dit

    Alors là ,que de conformisme parigot tête de veau comme disent les provinciaux, qui rigolent bien en ce moment en voyant les inondations comme une punition divine,alors qu’en 1910 (j’étais déjà là ) ils compatissaient et solidarisaient à fond !!!

  9. Eric dit

    Arrêtez de pleurnicher car vous refusez de vous attaquer à la racine de tous ces maux, à savoir la République, régime oligarchique qui prive les Français de leur inaliénable souveraineté. Dans une France démocratique, il n’y aurait pas de partis politiques (comme vous êtes accros à ces saloperies !) et le Parlement serait démocratique : un Parlement dont les membres impermanents seraient tirés au sort en fonction des carences législatives. Par exemple, en cas de carence législative dans le domaine de l’agriculture quelques dizaines d’agriculteurs seraient tirés au sort parmi tous les agriculteurs de France et ces tirés au sort auraient pour mission de rédiger un projet de loi qui devrait ensuite être approuvé par la majorité des Français lors d’une votation pour devenir une loi.

  10. Aeio dit

    Mouais,on trouve ce genre de jeremiades depuis que paris existe. Les « Migrants » quelle affaire! C’est a qui en verra le plus et sera le plus « remplacé »! C’est votre esprit qui a ete colonisé, par ceux qui depuis 40 ans, on introduit le virus du declinisme en France. Cherchez et vous trouverez qui et pourquoi,vous a transformé en Zombies hébétés annonant « migrants…musulmans…migrants.. »de l’aube a la nuit. Que vont ils faire de cette armée de pantins depressifs…j’ai ma petite idée!

  11. Nico dit

    Arrêtez donc de pleurnicher et bougez vous le cul. Attendre en chouinant que ça change ça n’a jamais trop bien marché. Tristes sires que vous êtes… et qui cite Balzac se renseigne sur l’époque, des crève-la-faim de tous âges partout dans les rues, des barrières aux portes de Paris, un peu plus tard Haussmann qui invente les avenues bien larges pour pouvoir tirer au canon sur la foule, le 19e siècle quoi… ce « nostalgisme » ignorant est pathétique.
    Paris la grande et cosmopolite sera toujours la plus belle.
    Et quand vous en serez partis, elle ne brillera pas plus.

  12. Johnny dit

    Ne serait-ce pas la prolifération des chaines de magasins plutot que la politique ecologique d’Anne Hidalgo qui contribue a cette perte de mixite social ! Loin d’approuver toutes ses actions, je pense qu’un assainissement des quais est en effet necessaire. De plus, la mise en place de bus electrique, de pistes cyclables, d’autolib’, l’agrandissement des lignes de metro ainsi que le projet du grand Paris semblent aller vers une circulation plus fluide et moins polluante.
    En revanche, le fait de pouvoir trouver, par exemple, une fnac, un H&M, ou un Mcdo n’importe ou est en train de tuer les commercant et, in fine, la vie de quartier. Comment un epicier ou un traiteur peut-il rivaliser avec un carrefour market ? De serieuses mesures sont a prendre afin de revaloriser l’artisanat. Cela fera le plus grand bien, a Paris evidemment, mais a la France entière egallement !

  13. Benoist Jean Marc dit

    Merci pour ce bel article que j’approuve completement et qui est aussi mon ressenti! Arrivé à Paris à 17ans, Paris m’a offert une suite de rencontres, d’opportunités de travail fantastique, de condition moyenne je me suis retrouvé à travailler pour la haute couture, à fréquenter des intellectuels et artistes en tout genre avec tous ce sentiment de partager la magie de Paris … Aujourd’hui, bien que ça ait commencé il y à 10 ans ,comme vous, je ne trouve plus qu’une ville vide de sens, uniformisée..sans âme… sauf des centaines de migrants sur des cartons en bas de chez moi….une ville de rêve!!!
    Bien cordialement

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