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Quand l’INSEE occulte les problèmes des TPE

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Les Très Petites Entreprises (TPE), c’est-à-dire les entreprises de moins de 10 salariés, n’intéressent pas l’INSEE (ni le reste des pouvoirs publics) et c’est bien dommage. Une étude d’Eurostat sur les emplois vacants dans l’Union Européenne vient de le prouver.

Alors que les salariés des TPE représentent 20% de l’emploi salarié total (soit 3 millions de personnes), l’INSEE « oublie » de mesurer parmi eux le nombre d’emplois vacants. C’est bien dommage, car ce chiffre illustre à merveille la tension sur le marché du travail: plus le nombre d’emplois vacants est élevé, plus le marché s’approche du plein emploi. L’oubli de l’INSEE rend donc impossible la comparaison effective des performances françaises avec celles de ses voisins.

À titre d’exemple, les statistiques d’Eurostat donnent les chiffres suivants sur l’ensemble de l’Union:

Source: Eurostat
Source: Eurostat

Comme on le voit sur ce tableau, la Belgique, la République Tchèque, l’Allemagne, la Suède, la Grande-Bretagne, la Finlande, les Pays-Bas, ont entre un poste sur quarante et un poste sur cinquante qui est vacant…

En revanche, des pays semblent totalement sinistrés du point de vue de l’emploi: la Grèce, le Portugal, l’Espagne, la Pologne, l’Irlande, entre autres.

Et sans les TPE, la France en queue de classement

Pour ce qui concerne la France, le taux officiel pour les entreprises de plus de 10 salariés est de 0,8% de postes vacants, soit un poste libre pour 120 postes à peu près, un score trois fois moindre qu’en Belgique ou en Allemagne. Cette statistique en dit long sur les ravages du marché du travail en France où la vacance d’emplois est rare.

On apprécierait néanmoins de connaître le taux de vacances en intégrant les TPE, puisqu’à une époque le MEDEF soutenait que la France disposait de plus de 500.000 emplois non pourvus alors que le gouvernement soutenait qu’il en existait 300.000. En extrapolant les chiffres partiels de l’INSEE, l’estimation juste semble plutôt de l’ordre de 150.000, chiffre avancé en son temps par François Hollande.

Dans tous les cas, ces estimations à vue d’oeil montrent bien l’insuffisant dynamisme du marché du travail en France.

7 commentaires

  1. Deres dit

    Dans les faits, de nombreuses mesures récentes hors du cadre de la lutte contre le chômage vont au contraire dans le sens d’une augmentation du chômage, souvent par désincitation des français à la mobilité.

    Quelques exemples :
    – Hausse des droits de mutations et des contraintes via les diagnostics immobiliers ce qui devrait limiter les mouvements des travailleurs donc leur propension à accepter des emplois nécessitant un déménagement
    – Contrôle des loyers renforcé, favorable encore une fois à ceux qui ne déménagent pas
    – Hausse continue du prix d’utilisation des véhicules via des mesures indirectes (TIPP, contrôle technique, …) limitant la mobilité des travailleurs
    – Destruction de la fluidité du réseau routier (limitation de vitesse, suppression de parking, dos-d’âne, rond-point, impossibilité de contournement des bouchons, …) ce qui augmente notablement les temps de trajets en voiture
    – Et bien entendu hausse des taxes indirectes sur le travail payé par les entreprises via des obligations toujours plus grande comme le compte pénibilité, le compte formation, les obligations de sureté, la taxe transport en île-de-France et la future hausse des heures syndicales (qui sera effective de toute façon quel que soit le destin de la loi travail).

    • Citoyen dit

      Effectivement, tout est mis en œuvre dans ce pays pour dissuader insidieusement la création de richesse, et l’emploi qui en est la conséquence.
      La question qui se pose est : Les pouvoirs publics, en ont-ils conscience ? … Ce n’est même pas certain !
      Et de plus, en ont-ils quelque chose à faire ? … A partir du moment où ils vivent sur le dos des contribuables et sur la dette, le résultat ne change rien à leur situation…. Il est donc fort probable, qu’ils n’en aient strictement rien à faire.

    • Jiff dit

      Excellentezobservations (<= aurtograf™ © nvb 2016), auquelles ont pourrait également ajouter:

      * La négation croissante de la propriété privée avec le squatting d'appartements institutionnalisé,
      * L'ajustice à double-variateur, 4 boîtes de vitesses et triple arbre à came (héhé) en tête (selon que vous serez puissant ou misérable… – Comme quoi, rien n’a vraiment bougé depuis le XVIIème de Jean, ce que l’on constate tous les jours en franchissant l’entrée d’une quelconque administration),
      * Les lois liberticides (mais ne faisant que légaliser une décennie d’écoutes généralisées totalement illégales),
      * Des polioticiens qui sont tous, et sans aucune exception, des étatistes, ce qui augure bien mal de l’avenir (si tant est que ce pays en ait un qui soit différent de celui de la Grèce…),
      * L’incapacité crasse de tous les politocards à se projeter dans l’avenir (c’est-à-dire au-delà de la fin de leur mandat), alors que ce pays nécessiterait un visionnaire éclairé comptant en décennies (ce qui, avec des gens qui n’ont pas l’électricité à tous les étages, est dur à trouver),
      * Les seuils sociaux, qui impliquent qu’un salarié de plus équivaut à un surcoût de presque 3%,
      * Les +400,000 réglements, cerfas, contraintes, etc, qui pèsent de tout leurs poids sur les entreprises (faut bien donner du grain (des autres) à moudre aux ponctionnaires, ma pov’dame, nous disent, par exemple, les urSSaf lorsqu’il s’agirait de supprimer le délai de 2 ans pour encaisser les cotisations au mois le mois),
      * Etc, etc, etc.

      Il est grand temps de jeter les vieilleries afin de boucler des valises plus légères pour un voyage en aller-simple…

  2. Pylm dit

    Toutes les actions de nos gouvernants et de nos institutions depuis 40 ans ont eu pour effet d’accroître le chômage. Entre l’augmentation des taxes et les boucs émissaires, on se retrouve dans une impasse dont il faudra longtemps pour sortir, parce que les français préfèrent les idéologies aux réalités.

  3. Roger dit

    Il faut ,une bonne fois pour toute prendre conscience, que ni la droite ni le gauche changera les choses
    Mobilisons nous ,et faisons comme l’Italie :le mouvement cinq étoiles .
    Il faut à la tête d’un gouvernement ,une personne qui a bossé ,une personne qui à entrepris,une personne qui bosse 2x35heures par semaine
    Bref ,une personne du peuple,surtout pas un « politicard » de métier .
    Et croyez moi ,il n’y a pas besoin d’un bac +12 pour comprendre certaines choses,et biensûr pas besoin d’avoir fais l’ENA
    A méditer,il y a des personnes tout à fait valable en France .

  4. Phil dit

    Les français ne sont pas prêt à abandonner leurs petits privilèges de noblesse. Et cela ne date pas d’hier. Souvenez vous de Raymond Barre. Déjà dans son temps, il disait que la France n’était pas prête à ça.

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