Accueil » La déclaration commune Merkel-Hollande-Renzi

La déclaration commune Merkel-Hollande-Renzi

Cet article a été lu 7146 fois

Je publie ici la déclaration commune de ce soir sur l’avenir de l’Europe, par Angela Merkel, Matteo Renzi et François Hollande.
BERLIN, 27 juin (Reuters) - La France, l'Allemagne et 
l'Italie estiment qu'il "n'y a pas de temps à perdre" pour 
répondre à la décision du Royaume-Uni de quitter l'Union 
européenne, dans une déclaration commune diffusé à l'issue d'un 
sommet à trois à Berlin.  
    Voici ce texte : 
    "Le 23 juin 2016, la majorité du peuple britannique a 
exprimé le souhait de quitter l'Union européenne. La France, 
l'Allemagne et l'Italie respectent cette décision. Nous 
regrettons que le Royaume-Uni ne sera plus notre partenaire au 
sein de l'Union européenne. 
    "Nous avons pleinement confiance dans le fait que l'Union 
européenne est assez forte pour apporter aujourd'hui les bonnes 
réponses. Il n'y a pas de temps à perdre. 
    "Aujourd'hui, nous exprimons notre ferme engagement pour 
l'unité de l'Europe. Nous sommes fermement convaincus que 
l'Union européenne est essentielle pour rendre nos pays plus 
forts en agissant ensemble, avec nos institutions communes, afin 
de garantir le progrès économique et social de nos peuples et 
d'affirmer le rôle de l'Europe dans le monde. 
    "Depuis près de soixante ans, l'Union européenne constitue 
une communauté unique de droits, de libertés et de valeurs 
communes. Elle nous permet de sauvegarder notre modèle social 
européen, qui associe à la réussite économique et la protection 
sociale. Elle nous permet de préserver la diversité culturelle. 
    "Le marché unique, nos politiques communes et l'euro n'ont 
pas d'équivalent dans le monde. Ces réalisations sont le 
fondement de notre prospérité.  
    "Ensemble nous défendons nos intérêts et des échanges libres 
et équitables dans le monde. Ensemble nous progressons dans 
notre politique énergétique et ensemble nous contribuons à la 
protection du climat au niveau mondial. Ensemble nous 
contribuons à la stabilité et au développement dans le monde et 
nous promouvons la liberté. 
    "Nous sommes tout aussi fermement convaincus que l'Union 
européenne ne peut à nouveau aller de l'avant que si elle 
continue à s'appuyer sur le soutien de ses citoyens. 
    "Pour cela, l'Union européenne doit répondre aux 
préoccupations exprimées par les peuples en clarifiant ses 
objectifs et son fonctionnement.  
    "Elle devrait être plus forte sur les priorités 
essentielles, là où les Européens doivent unir leurs forces, et 
moins présente là où les États membres sont mieux placés pour 
agir. Elle doit rester placée sous le contrôle démocratique de 
ses citoyens et doit être plus intelligible. Elle doit agir plus 
rapidement, en particulier pour mettre en œuvre des programmes 
et des projets qui apportent des bénéfices directs aux citoyens. 
    "Dans un monde qui change, l'Union européenne devrait 
préserver ses acquis essentiels et se concentrer sur les défis 
auxquels les Européens sont aujourd'hui confrontés, comme les 
migrations à l'échelle mondiale et les nouvelles menaces, en 
particulier le terrorisme international, qu'aucun État membre ne 
peut faire face efficacement seul.  
    "Elle doit également renforcer la capacité des Européens à 
répondre à une concurrence internationale qui s'accroit tout en 
renforçant l'économie sociale de marché européenne. 
    "En conséquence, nous proposons trois priorités essentielles 
pour une action renforcée et approfondie fondée sur des 
objectifs concrets : 
     
    "* La sécurité intérieure et extérieure : l'Europe est 
confrontée à des défis immenses ; ils  requièrent un 
renforcement de ses moyens communs afin de protéger ses 
frontières extérieures et de contribuer à la paix et à la 
stabilité dans son voisinage, en particulier en Méditerranée, en 
Afrique et au Moyen-Orient.  
    "Nous ne gagnerons la lutte contre le terrorisme en Europe 
que si nous agissons en étant unis. Le terrorisme ne sera vaincu 
que si nous montrons que nous sommes capables de reconstruire un 
esprit de communauté ; d'investir dans nos villes, contre la 
marginalisation sociale. 
    "Nous nous montrerons à la hauteur de nos responsabilités si 
nous développons notre défense européenne et prenons les 
engagements nécessaires pour nos opérations conjointes, ainsi 
que pour nos capacités et notre industrie militaires. Le 
potentiel d'une véritable politique étrangère, de sécurité et de 
défense commune n'a pas encore été pleinement exploité. 
     
    "* Une économie forte et une cohésion sociale forte : 
l'Europe doit tenir sa promesse de prospérité pour ses citoyens 
; il nous faut davantage de croissance pour lutter contre le 
chômage et créer des emplois, en particulier pour les jeunes, et 
davantage d'investissements pour assurer la force de nos 
économies dans la concurrence mondiale. 
    "Le succès du modèle économique et social européen, qui 
combine force économique et protection sociale, nécessite de 
définir le cadre de régulation approprié ; de meilleures 
politiques pour l'entrepreneuriat et la participation de tous à 
la vie active ; de renforcer la recherche, l'innovation et la 
formation, qui jouent un rôle clef car la richesse de l'Europe 
repose en premier lieu sur les connaissances et les capacités de 
ses citoyens ; de développer l'économie numérique en Europe pour 
de meilleurs services, une industrie modernisée et des emplois ; 
d'exploiter pleinement le potentiel des politiques énergétiques 
et climatiques qui protègent l'environnement. 
    "Pour les pays qui ont l'euro en commun, de nouvelles étapes 
seront nécessaires, pour renforcer la croissance, la 
compétitivité, l'emploi et la convergence, y compris dans les 
domaines social et fiscal. 
     
    "Des programmes ambitieux pour la jeunesse : l'Europe ne 
réussira que si elle donne espoir à ses jeunes. Nous devons 
renforcer les initiatives européennes pour la formation, 
l'entrepreneuriat et l'accès à l'emploi dans toute l'Europe, 
tels que l'Initiative pour l'emploi des jeunes ou le programme 
Erasmus pour les étudiants, les apprentis et les jeunes 
professionnels. 
     
    "L'Union européenne représente nos valeurs communes : nous 
défendons la paix et la liberté, la démocratie et la primauté du 
droit, le respect mutuel et la responsabilité, la tolérance et 
la participation, la justice et la solidarité. Il est temps 
aujourd'hui de réaffirmer ces valeurs. 
    "Nous proposerons demain aux Chefs d'État et de gouvernement 
et aux Institutions européennes de lancer un processus, selon un 
calendrier strict et un ensemble précis d'engagements,  afin de 
répondre aux défis présentés par le résultat du référendum 
britannique et de développer des solutions concrètes pour un bon 
avenir aux Européens au sein de l'Union européenne. 
    "Une rencontre spéciale des dirigeants en septembre sera 
consacrée aux défis communs auxquels les 27 États membres sont 
confrontés et aux priorités essentielles sur lesquelles ils 
devront décider. Ils devraient aussi se mettre d'accord sur des 
projets concrets à réaliser en Europe dans les six prochains 
mois pour la croissance et la sécurité.  
    "Les travaux devraient débuter immédiatement afin de 
développer les initiatives nécessaires. Des contributions de 
personnalités internationales pourraient nourrir les discussions 
sur les perspectives de l'Europe dans un contexte global. 
    "Les réunions du Conseil européen d'octobre 2016 et de 
décembre 2016 devraient évaluer les progrès accomplis dans cette 
perspective et donner les directives nécessaires. 
    "Le  soixantième anniversaire du Traité de Rome le 25 mars 
2017 sera un moment important pour réaffirmer l'unité de 
l'Europe et notre engagement commun dans le projet européen."

26 commentaires

  1. pierre dit

    Quel pensum…

    La répétition hallucinée des mots-clés orwéliens : liberté, démocratie, sécurité, terrorisme, modèle social, jeunesse, etc.

    Et puis subitement… l’intrusion du Réel. Alors cela donne ceci :

    -« juillet et août : vacances, faut quand même pas déconner. Tu vas où Angela ? Et toi Matteo ? Et toi François ? »

    -« septembre : du lourd : on se programme bouffe, tous ensemble »

    -« octobre, décembre : on se refait une bouffe pour analyser ce qu’on a bouffé en septembre »

    -« mars 2017 : alors là on se fait une super grosse bouffe, car c’est un ani-ver-saire ! Le nôtre ! Youpiiiiiiii »

    Comme disait Georges : « What else ? »

    De la tragédie shakespearienne jeudi… ce texte 4 jours après nous fait passer à Benny Hill.

  2. yoananda dit

    Comme prévu, ils s’arque-boutent.
    ‘Si l’Europe ne marche pas, c’est parce qu’il faut plus d’Europe’. Bienvenu en EURSS.

    Comme prévu, les choses vont s’aggraver pour les malheureux eurozonards.

    « nous défendons la paix et la liberté, la démocratie et la primauté du droit, le respect mutuel et la responsabilité, la tolérance et
    la participation, la justice et la solidarité »
    Oui, on a bien compris que vous ne défendiez pas les peuples, qui sont la variable d’ajustement de vos grand idéaux.

    Le monstre européen finira par mourir. La seule question : va-t-on encore entraîner le monde dans une catastrophe mondiale ?

    La convergence fiscale … lol, j’aimerai bien voir les Allemands payer pour les autres pays, ou … pour faire bonne mesure, les Français renoncer à leur privilèges.

    • Durand dit

      « La convergence fiscale … lol, j’aimerai bien voir les Allemands payer pour les autres pays »

      C’est ce qu’ils font déjà.
      Comprenez-vous « convergence fiscale » ?

  3. @pil votre thèse a du sens: c’est maintenant l’enjeu des 3 prochains mois, avec ou sans Johnson, mais sans Farage.

    En tout cas, le pauvre Hollande fidèle à sa tendance fondamentale, qui d’aller, ridicule, se faire humilier au nom de la France, chaque fois qu’il en a l’occasion, n’a pas raté son voyage à Berlin: Nein pour la sortie rapide de l’Angleterre, Nein pour de l’argent en plus pour « intégrer davantage ».

    • pil dit

      Même si la lettre concernant l’article 50 est envoyée, le Brexit n’est pas certain, un gentleman’s agreement serait tellement plus simple pour tout le monde, quitte à s’assoir discrètement sur quelques principes.

      • ikomal dit

        je pense aussi que ça va se terminer par une formule de compromis, sur le modèle suisse ou suédois. Le RU veut sortir pour UNE raison, une seule : souveraineté. C’est à Westminster que tout ce qui se passe en Angleterre doit se décider, pas à Bruxelles. Cette exigence n’implique nullement que tout ce qui a été construit soit jeté à la mer, seulement quelques petits détails concernant essentiellement le droit des étrangers et certaines normes « bruxelloises » — que tout le monde trouve aberrantes , pas seulement les anglais.
        Conceptuellement c’est assez simple : mettre fin au traité « pour l’avenir » tout en conservant l’essentiel des disposition du passé, moins quelques éléments. Juridiquement c’est du boulot et ça demande du temps, c’est tout.

      • Durand dit

        « quitte à s’assoir discrètement sur quelques principes » (pil)

        Quelques principes, ça c’est joliment dit ! Ni plus ni moins qu’ignorer le résultat du référendum, avec taux de participation record, faut-il le rappeler.
        Le plus amusant est que les anti-UE nous bassinent sans arrêt avec « l’UE anti-démocratique », « l’UERSS », etc. Et alors que les anglais ont enfin l’occasion de quitter l’URSS dictatoriale orwélienne, ils décident qu’il n’y a rien de plus urgent à faire que de partir trois mois en vacances.

        Pendant que le Brexit file à l’anglaise, karl Schiller écrit « La preuve que l UK est une vraie démocratie », Jelulot écrit « Rule, Britannia! », Pierre écrit « L’UE bruxelloise se dissout devant vous », Eric Verhaeghe décrit la mort de l’Europe. Simple constat.

      • En tout cas la lettre ne sera envoyée qu’en Septembre.
        Hollande et Renzi auront imposé leurs vues à Merkel et Juncker aura tapé du poing sur la table, l’Europe sera approfondie et l’Espagne sera enfin à 3%. Ils sont rapides les européens, quand il s’agit d’agir.

  4. Simone Wapler dit

    « Nous avons pleinement confiance dans le fait que l’Union
    européenne est assez forte pour apporter aujourd’hui les bonnes
    réponses. »
    Ils ne savent même plus écrire français, les euro-kleptocrates en plus d’avoir une formulation orwellienne et un style hideux…

  5. MONTI Marjan dit

    Peut-être que c’est de la langue allemande traduite par un ordinateur !!!!

    Ils nous font quand même bien rire avec ce fameux article 50 ….. il faut l’avoir lu pour bien comprendre que l’Angleterre n’est pas encore sortie de l’Union Européenne …. toujours un pied dedans et un pied dehors ….

  6. Citoyen dit

    Après avoir bu un truc aussi insipide, c’est la nausée qui monte …
    Autant prendre deux comprimés et aller se recoucher. C’est plus sûr pour sa santé.
    Demain est un autre jour …

    Une question : ils s’y sont mis à combien pour pondre ça ?
    Et en plus, ils sont payés ???
    Tout s’explique ….

  7. Ntute dit

    Rien sur les questions sensibles de l’élargissement à la Turquie, des travailleurs détachés, du coût des institutions européenne, rien sur les relations avec le RU (ou désuni). La sortie des britanniques ne pose visiblement aucuns problèmes aux européens. Ils ont déjà oublié que l’Angleterre existait, ainsi que l’Ecosse.
    Cette déclaration est à peine un petit mea-culpa sur quelques rares points et aurait pu être faite dans n’importe quelles circonstances.
    Une utilisation aléatoire de l’indicatif futur et présent et du conditionnel. Le subjonctif a lui aussi fait sa sortie. Sans être maniaque cela donne un texte mou et inconsistant, et n’engageant encore une fois à rien.
    Une déclaration de trois chefs d’état dans une communauté de 27 ou 28, dans une rencontre mal définie, et sans les dirigeants européens… L’Europe existe t-elle vraiment? On ne peut qu’en douter.

    • Durand dit

      « Rien sur les questions sensibles de l’élargissement à la Turquie » (Ntute)

      Rien en effet, mais le Brexit serait un mauvais coup pour les partisans de l’entrée de la Turquie dans l’UE. La position traditionnelle du R-U à ce sujet était qu’il fallait élargir l’UE à la Turquie.

      « La sortie des britanniques ne pose visiblement aucuns problèmes aux européens. »

      En effet. Quel problème cela poserait-il ? Cela vous en pose un, à vous ?
      En cas de Brexit, après une phase transitoire d’ajustement économique, les choses se stabiliseraient et il n’y aurait pas de problème.

  8. bo dit

    « ….Une rencontre spéciale des dirigeants en septembre sera
    consacrée aux défis communs auxquels les 27 États membres sont
    confrontés et aux priorités essentielles sur lesquelles ils
    devront décider… »

    …. tiens donc il faut que l’un des plus riches des pays de l’Union exprime le souhait de sortir de ce merdier pour que ces minables petits dirigeants de nos pays européens découvrent qu’il y a un malaise et qu’il y a « des défis » à surmonter… mais qui donc dirigent l’Europe depuis 4 ou 5 ans et n’est toujours pas capable de nommer les vrais défis ??? N’est ce pas justement ces 3 personnages qui, certes, ne laisseront pas une place impérissable dans l’histoire. Ils sont en fin de mandat et voués à ce que leurs peuples respectifs ( pardon au nom de leur façon de se boucher les yeux et les oreilles avec leur pont aux ânes de populisme je suppose qu’il ne faut plus dire Peuple mais populo, de toute façon quand ils sont entre eux ils disent probablement  » les sans dents ») leur bottent le cul pour incompétence. Ceci étant je commence à être énervé de voir tous ces « PETITS MARQUIS » incultes de la post modernité qui voulant ne rien voir venir depuis plus de 10 ans veulent continuer à nous donner des leçons: nous affirmer , comme ce matin Elie Cohen sur France culture, que pour passer de l’Irlande à l’Irlande du nord il allait dorénavant falloir… un visa… rien que çà… et donc OK pour la désintégration de la Grande Bretagne et le rattachement de l’Irlande du nord à celle du sud pour faciliter les choses . Le sommet est probablement atteint par ce sous ministre espagnol qui, au même motif, évoque le rattachement de Gibraltar à l’Espagne !!! OK pauvre type mais qu’est ce que vous avez fait depuis 1713 et bien sûr au nom du même principe tu rends Ceuta et Melilla au Maroc n’est ce pas ??? A vouloir jouer ainsi les charognards pour punir ce peuple anglais révolté, ces crétins déboussolés se glissent dans le même tonneau que celui du duc de Brunswick, ce Prussien pourtant éclairé, qui, avec son manifeste écrit en réalité par des ultra de la noblesse française, n’aboutit, au contraire, qu’à radicaliser un peu plus la Révolution française pour finalement se débander dans la plaine de Valmy dès les premières canonnades des « sans dents » français (en se temps là ils disaient « sans culotte ». On sait que ce texte émane en réalité d’émigrés ultras ayant fui la Révolution mais le mal était fait et, des massacres de septembre au excès du jacobinisme en passant par les excès de Napoléon 1° puis la guerre de 1870 et ses conséquences, nous ne payons encore le prix . Il est véritablement temps qu’un Sage européen (ce serait bien qu’il soit Français) se lève et renvoie tous ces petits personnages excités à leurs études et, à la mesure de leur imbécillité brouillonne et en réalité anti européenne et rétrograde , leur impose de se taire: « Halte au feu »

  9. jmc dit

    « La France, l’Allemagne et l’Italie respectent cette décision. » => Quand je vois le déchaînement merdiatique et haineux de la presse contre le peuple anglais, je me demande où se trouve le respect.
    Comme le reste du texte est effectivement c’est sorti tout droit de la machine Pipeautron.

    • Durand dit

      « je me demande où se trouve le respect »

      Il se trouve sur le continent : dirigeants de l’UE et chefs d’Etats / de gouvernement appelant au respect de la volonté du peuple britannique exprimée par référendum le 23 juin. Victoire nette du « leave » à 51,9 % dans l’ensemble du R-U (53,4 % en Angleterre !).
      Brexit !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *