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Où manger de la viande à Paris? Au Vaisseau Vert

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Article paru sur neandertalis.org

Le Vaisseau Vert porte un nom un peu inattendu pour une maison qui consacre à la viande de boeuf un plateau entier. Il suggérerait plus volontiers la mer ou les rivières. Pourtant, son Angus d’Abderdeen vaut le détour tant le chef japonais, Masahide Ikuta, y domine à merveille les cuissons et les saveurs.

Mais c’est aller un peu vite en besogne que d’évoquer le plat de résistance sans avoir respecter les formes d’usage.

On saluera d’abord l’ambiance et la décoration peut-être un peu trop tamisées et intimistes.

Le cadre prête, en tout cas, aux confidences et aux discussions serrées. La demi-pénombre qui y règne évite toute perturbation inutile des sens, et l’élégance du lieu conviendra également aux repas d’affaires un peu sensibles ou qui ont besoin de temps et de calme pour progresser.

La carte propose un large éventail de cocktails à ne pas manquer, comme le Rhubarb Sophie, qui propose une acidité bien tempérée avec de la vodka, de la rhubarbe comme son nom l’indique, et un assortiment de produits inattendus, comme de la courgette…

Vaisseau Vert

Après cette petite entrée en matière, nous sommes directement passés au plat de résistance: la planche de boeuf Angus d’Aberdeen. Si le chef, qui a fait ses armes chez Antoine Westermann à Strasbourg, puis dans de belles maisons parisiennes comme l’Ami Jean, Septime ou la Table de Verjus, n’exagère pas sur la quantité, on se félicitera néanmoins du produit, qui est parfait sous tous rapports.

Vaisseau Vert

Non seulement la viande maturée quatre semaines fond dans la bouche, mais la cuisson est parfaite et la présentation irréprochable. Selon nos informations, il arrive aussi à Masahide Ikuta de proposer de la Limousine maturée 6 semaines: un produit que nous ne manquerons pas de tester à l’occasion.

L’accompagnement du produit ne fait rien perdre aux papilles gustatives. La poêlée de champignons de Paris offre une belle fraîcheur, mais on accordera une mention spéciale au gratin de blettes, dont la précision de cuisson et la richesse de saveurs atteint la perfection. Même les plus grands ennemis de la blette seront séduits.

Pour enrichir cet ensemble, la carte des vins est élaborée avec un soin très actif.

Vaisseau vert

La syrah de La Truffière 2012, de Grignan-les-Adhémar, met agréablement la tendresse de la viande en valeur.

Le repas se termine en beauté avec des desserts au Mascarpone d’une légèreté agréable au palais.

L’addition est un peu salée (compter 80 euros par personne avec les boissons) mais se justifie tout à fait par la qualité des produits et la précision des saveurs.

6 commentaires

  1. michel dit

    Et en entrée, une vidéo sur le traitement des animaux de boucherie dans les abattoirs (français ou autres)… Bon appétit! . On juge vraiment un homme à la façon dont il traite les animaux et le jugement n’est guère flatteur pour la majorité des mammifères de l’espèce « homo sapiens » . Très peu « sapiens » en réalité… 🙂

      • michel dit

        Ce serait parfait et le restaurant ferait faillite. C’est l’ignorance -dans laquelle on tient la masse docile des « consommateurs »- de la façon d’aménager les plats qu’on leur sert, de fabriquer les chemises à 5 euros qu’on leur vend , etc… qui permet au système de se maintenir. J’appelle cela le syndrôme de la chasse d’eau: on la tire et tout est propre: on ne voit pas le gros caca qui se déverse dans le cours d’eau voisin. La pleine conscience éclaire le monde, les voleurs qui attirent Pinocchio à la foire l’obscurcissent 🙂
        Ceci dit, je bien conscient de provoquer un peu: le boeuf irlandais n’est pas l’animal le plus maltraité.

      • Citoyen dit

        Mine de rien, « le bœuf est vivant à l’entrée du restaurant », est une formule qui m’irait très bien, vu qu’elle laisse supposer que l’on pourrait choisir et tailler soi-même son morceaux !
        En même temps, il n’aurait pas eu le temps de maturer, ce qui est bien dommage…
        Par contre, manger du champignon de Paris et de la blette (même bien préparés) à 80 euros le repas, franchement ça sent l’arnaque. Ailleurs, ils éclateraient de rire, tant ça fait repas du pauvre, mais au boboland, pardon à Paris, les cuisines nouvelles pour gogos n’étonnent plus personne, tellement c’est rentré dans les meurs.

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