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C3S: quand le MEDEF suicide les patrons

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Derrière l’obscure affaire de la contribution de solidarité des sociétés (la mystérieuse C3S) dont le MEDEF demande scandaleusement la suppression, se cache un débat capital pour les chefs d’entreprise: leur liberté de ne plus adhérer au RSI. Encore une illustration de la préférence réelle du MEDEF pour un paritarisme qui épuise les entreprises, mais qui lui permet de gouverner contre les intérêts et les aspirations des entrepreneurs.

Un débat technique qui occulte les problèmes politiques

En apparence, et pour le commun des mortels, le débat sur la suppression de la contribution de solidarité des sociétés est totalement incompréhensible et indifférent. On supprime un impôt parmi d’autres et rien de plus. Dans l’illisible système fiscal français, plus personne ne sait vraiment à quoi sert tel ou tel impôt, et plus personne n’en perçoit le sens civique.

Pourtant, les patrons, une fois n’est pas coutume, ont intérêt à maintenir cet impôt qui leur préserve une ultime porte de sortie hors du RSI (un jour, un jour viendra…)

La C3S fut inventée en 1970

C’est en 1970 qu’une loi crée la contribution de solidarité des sociétés:

C3S

L’objectif de cette loi était d’abonder les comptes du régime maladie des indépendants. Il consistait donc à instaurer une solidarité spécifique entre les entreprises, pour financer leur régime spécifique.

Les dangers de la suppression de la C3S

Supprimer la C3S comme le demandent le MEDEF, l’AFEP et le Cercle de l’Industrie, a une contrepartie évidente: préparer l’absorption définitive du RSI dans le régime général de la sécurité sociale, et donc la mise au pilori du droit commun pour tous les indépendants.

Concrètement, les indépendants, dans le système futur, verront leurs cotisations augmenter pour financer les grands délires du régime général (les taxis sur 300 km payés à prix d’or, les 35 heures dans les hôpitaux, etc.) sans que leurs prestations ne s’améliorent véritablement. Autre contrepartie: les patrons ne pourront définitivement plus échapper au monopole de la Sécurité sociale.

Quand le MEDEF tue les libérés de la Sécu

Autrement dit, le MEDEF, qui vient d’écrire à François Hollande pour obtenir la suppression de la C3S, sacrifie une fois de plus les intérêts des indépendants, dont il n’a cure, pour défendre les intérêts des grandes entreprises, toutes ou presque issues de connivences avec la sphère publique ou dépendantes de commande publique. Tous les chefs d’entreprise qui comptent sur les mouvements patronaux pour les aider dans leur lutte contre le monopole du RSI sont une fois de plus trahis.

Le MEDEF est bien le mouvement le moins libéral de France…

5 commentaires

  1. Pierre dit

    La « fonte » du RSI dans le Grand Tout du Régime général, est en effet inéluctable.

    Pour deux raisons :
    -c’est conforme à l’idéologie soviétoïde, centralisatrice des sociopathes qui prétendent nous « gouverner »
    -mais surtout plus prosaïquement, ça permet de mettre du rouge à lèvre sur le cadavre… De dissimuler la faillite.

    Le même phénomène est à l’oeuvre avec les complémentaires retraites « cadres » : la fusion Agirc et Arrco.

    Idem pour les « mutuelles étudiantes », en faillite là aussi…. Les mélanger à la Sécu permet de gagner un peu de temps (et de bailouter les copains au passage, ça fait toujours du bien).

    Il y a sans doute également une forme de pensée magique qui s’apparente au « culte de cargo » : le « too big to fail ».

    Les crapules doivent se dire, en croisant les doigts, que plus c’est gros, plus ça durera…

  2. Citoyen dit

    Pour traiter le sujet avec humour… la gestion du RSI est tellement calamiteuse pour les indépendants qui y sont affiliés, que le MEDEF, animé des meilleures intentions, veut les faire rentrer dans le régime général pour qu’ils soient mieux protégés ….

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