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Pariez sur une crise systémique à la rentrée

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Faut-il craindre une nouvelle crise systémique ? Depuis la Grande Crise de 2008, la question est devenue une sorte de marronnier de l’été, tant l’incertitude est structurelle dans l’ensemble de l’appareil économique. En outre, peu d’étés se sont déroulés depuis cette date sans que des incidents graves ne surviennent.

Après la crise de l’euro en 2011, le monde a ainsi connu l’effondrement boursier en Chine, les quasi-faillites de la Grèce, etc. Ces incidents n’ont toutefois pas débouché jusqu’ici sur des mises en danger mondiales, même si nombre d’observateurs sont convaincus qu’un nouveau krach est inévitable.

Peut-il arriver cet automne? Plusieurs éléments le laissent à penser et des paris raisonnables peuvent être pris sur un événement douloureux entre septembre et novembre.

L’Europe toujours malade de ses banques

À la différence des États-Unis où le complexe militaro-industriel est plus puissant que le lobby bancaire, l’Europe s’est totalement jetée dans les bras de la finance sans se préoccuper d’industrie de défense. Ce suicide programmé s’est opéré il y a une quarantaine d’années environ, lorsque les élites continentales (et françaises au premier chef) ont décrété la ringardise de l’industrie et la modernité de la banque.

Les banques sont devenues toutes puissantes en Europe, et notamment en France où la majorité des responsables politiques est fascinée par le pouvoir de l’argent, pendant que la technostructure rêve chaque matin en se rasant d’être recrutée à prix d’or par une grande banque ou par une banque d’affaires pour y monétiser son carnet d’adresses. Cette idolâtrie a ouvert des boulevards aux banquiers pour un grand n’importe quoi, et notamment des bilans gonflés à l’hélium avec des fondamentaux défaillants.

Le 29 juillet, l’autorité bancaire européenne doit publier le bilan des stress tests réalisés cette année. On sait que ces publications font d’ordinaire oeuvre de pudibonderie. Elles devraient néanmoins souligner l’insuffisance en fonds propres des banques italiennes. Beaucoup d’initiés pensent que le régulateur européen fera oeuvre utile en cachant pudiquement la situation dans un certain nombre d’autres pays européens.

Mais que se passe-t-il en Italie?

Certains avancent le chiffre de 340 milliards d’euros de créances douteuses pour les banques italiennes. Autrement dit, les banques italiennes ont accordé des crédits qui risquent de ne pas être remboursés pour un montant de cette taille, équivalent au budget de l’Etat en France.

Traduction: l’Italie pourrait avoir à faire face à un choc interne de même ampleur qu’une banqueroute de l’Etat en France.

Bien sûr, le financier sait que la peur fait venir le danger, et tout le monde s’emploie à conjurer l’un et l’autre en disant que tout cela n’est rien. L’Italien Angeloni, responsable de la supervision bancaire à la BCE, a cherché à minimiser le phénomène dans une interview à la presse italienne:

"Certaines banques sont handicapées par un niveau élevé de 
prêts non-performants. Le problème peut être géré mais ne doit 
pas être sous-estimé", a dit Angeloni à Il Sole 24 Ore dans un 
entretien publié vendredi.

« Le problème peut être géré »… Entendez: le contribuable doit mettre la main à la poche pour réparer les folies bancaires, comme d’habitude.

Ce faisant, la Commission Européenne a autorisé le gouvernement italien à actionner un fonds public de 150 milliards € pour garantir les liquidités bancaires. Les spécialistes savent que cette opération de passe-passe qui consiste à demander au contribuable de payer un impôt réinjecté sous forme d’argent au guichet fréquenté par le client des banques est une étape importante dans l’enfoncement au coeur des sables mouvants.

L’Allemagne n’est pas épargnée

En Allemagne, la situation n’est pas meilleure, contrairement aux délires prussophiles de l’élite française. Le FMI, il y a quelques jours, n’a pas hésité à mettre les pays dans le plat en publiant une étude sur les G-SIBs, c’est-à-dire les établissements bancaires de taille systémique, comportant ce texte:

« Au sein des G-SIBs, Deutsche Bank apparaît comme le plus plus important contributeur net en termes de risques systémiques suivi par HSBC et Credit Suisse », précise le FMI.

« Le poids relatif de Deutsche Bank souligne l’importance de la gestion des risques, de la supervision intensive des G-SIBs et du suivi rapproché de leurs expositions transfrontalières », poursuit le Fonds qui estime nécessaire de mettre en place rapidement des mesures pour assurer la liquidation des banques en difficulté.

S’agissant des « mesures à mettre en place », les banquiers de la Deutsche Bank ont leur idée. L’économiste en chef de la banque a donné une interview au Welt am Sonntag  où il demande un plan européen de sauvetage des banques de 150 milliards €.

« Europa ist schwer krank »: l’échec de la BCE

« L’Europe est très malade » dit ce chef économiste. Encore passe-t-il sous silence la dangereuse politique d’exposition au risque menée par la Banque Centrale Européenne depuis plus d’un an. Tout le monde se gausse de l’échec remarquable de cette politique qui a consisté à gonfler de 50% le bilan de la Banque sans aucun effet sur l’économie du continent.

On rappellera ici que la BCE a officiellement décidé de lâcher des liquidités (son fameux « Quantitative Easing ») pour réanimer une inflation mourante (le mandat de la BCE est de maintenir l’inflation autour de 2%). Voici l’histoire de l’inflation en Europe depuis 10 ans selon Eurostat:

crise systémique

Autrement dit, les interventions massives décidées en mars 2015 n’ont produit aucun effet notable, si ce n’est qu’elles évitent (peut-être) la déflation à prix d’or. La BCE chasse le moustique avec une enclume. Le résultat de cette politique est assez bien reflété dans le graphique produit par la banque Natixis:

crise systémique

La ligne mauve montre bien que, depuis mars 2015, les liquidités en Europe ont littéralement explosé sans que ce déluge d’euros n’ait le moindre impact manifeste sur l’activité.

En revanche, cette folie a un inconvénient: en cas de retournement sévère du marché, amplifié par l’expansion du shadow banking, la BCE sera incapable de réagir. Son bilan sera en effet alourdi par des créances douteuses et elle ne pourra jouer son rôle de créancier en dernier ressort.

Bref, les banques européennes sont au bord de l’effondrement, et la BCE n’a aucune marge de manoeuvre pour les soutenir.

En route vers la crise systémique

Ces éléments ne signifient pas qu’une crise systémique interviendra à coup sûr à la rentrée. Ils signifient en revanche que la probabilité que cette crise survienne est encore plus forte que les années passées, et que la crise sera d’autant plus violente qu’elle aura tardé à survenir.

Il ne faut pas ici sous-estimer l’impact politique de cette crise, qui pourrait intervenir au pire moment pour le continent.

Les difficultés internes de l’Europe connaissent en effet un tournant, ou une rencontre de séries différentes comme aurait dit le philosophe de l’Histoire Cournot. D’une manière globale, le gouvernement profond européen se raidit d’autant plus qu’il est fortement contesté par les peuples. D’autre part, une menace nouvelle liée aux mouvements démographiques apparaît. Enfin, les tensions militaires existent, notamment avec la Russie.

Qui paiera la crise systémique? Vous!

Je ne pouvais évidemment finir cet article sans glisser la petite remarque qui tue. En cas de crise bancaire majeure, l’Union n’a pas formalisé de règle pour les garanties de dépôt. Autrement dit, un scénario à la chypriote où les faillites bancaires seraient évitées par une mobilisation totale ou partielle des avoirs des clients n’est pas exclue. Un récent rapport du Sénat fait un point utile sur le sujet:

Dès l’origine, la proposition de garantie des dépôts a fait l’objet d’une forte contestation de la part de certains États membres, dont l’Allemagne et la Finlande, qui ont déploré l’absence d’analyse d’impact initiale de la part de la Commission et contesté la base juridique retenue (l’article 114 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne). Une contestation identique de la base juridique avait été formulée lors de la négociation du deuxième pilier sur la résolution et conduit à l’élaboration d’un accord intergouvernemental pour traiter du Fonds de résolution unique. À nouveau, les arguments avancés présentent la proposition non pas comme un rapprochement des législations mais comme un transfert de ressources et, partant, comme un sujet de nature fiscale nécessitant un vote à l’unanimité. Cette contestation est de nature à soutenir la demande de recours à un accord intergouvernemental au motif qu’un règlement sur la base de l’article 114 ne peut valablement autoriser un transfert budgétaire.

Bref, en attendant que l’Allemagne cède (son angoisse est de demander aux épargnants allemands de financer les faillites des autres, l’inverse ne la gênant bien entendu pas), chaque pays agira selon son bon vouloir. Et rien n’empêcherait une saisie directe des avoirs des particuliers par les Etats.

Bon été à tous!

10 commentaires

  1. Pierre dit

    Ce sujet est mon dada. Et je suis un grand pessimiste (sur les questions migratoires et démographiques par exemple)…

    Or, sur ce sujet macro économique, je vois au contraire la vie… en rose.

    Un rose cynique bien entendu

    Ma prédiction : cet automne ? Il ne se passera rien, au niveau économique.

    Explications.

    -cela fait des années que les banques italiennes sont gavées de dettes pourries. Et alors ? Cela commence certes à trop se voir, donc la BCE « whatever it takes » arrangera le coup. C’est quoi 350 milliards de nos jours ? Rappel : un seul programme de la BCE, comme le LTRO c’est 1000 milliards .

    Je te créé une structure de « defeasance » (les Français sont des spécialistes)… je te colle les 350 milliards dedans… Et d’un trait de plume, le bilan des banques italiennes rutile à nouveau. La BCE achètera directement et indirectement les titres de la structure, emballé pesé.

    -Chaque année, depuis 8 ans, on nous dit : « l’Allemagne n’acceptera jamais ». Notre hôte ici-même l’a répété à plusieurs reprises. Or l’Allemagne a accepté A CHAQUE FOIS, les pires saloperies et manips financières. Pas le choix. L’Euro doit être sauvé, « whatever it takes ».

    La DB est sans doute la banque la plus systémique de la planète (avec son Mont-Blanc de dérivés). L’Allemagne donc suivra, comme sa Cour Constitutionnelle de Karlruhe, soit disante dure et indépendante (ah ah ah c’est bon de rire)… A SYSTEMATIQUEMENT SUIVI.

    -rien de neuf sous le soleil. Il y a un pays au monde, important, qui fait depuis 25 ans ce que font la BCE et la FED, en plus grand, en plus tordu. Le Japon.
    Et que voit-on au Japon à part « toujours plus » ? Rien. Ils continuent. La BOJ est ce que la BCE va devenir dans les prochaines années.

    Répétons : 25 ans… La Crise de 2008 ça fait « juste » 8 ans… voyez… ça laisse de la marge.

    -vous affirmez, comme de très nombreux analystes : « regardez ces torrents de cash ne font rien, ne suffisent pas à redémarrer la machine, c’est un échec patent ».

    Rien de plus faux. Démonstration : si je pars de -5 et que j’ajoute +5, vous voyez quoi ? Zéro. Vous en concluez que mon +5 n’a eu « aucun effet tangible ». Ce qui est absurde d’un point de vue arithmétique.

    Les QE et tous les autres programmes « non conventionnels » des banques centrales , ainsi que toutes les politiques publiques basées sur l’endettement, les déficits… FONCTIONNENT.

    Ils évitent de vivre un -5, et permettent au Système de survivre. CQFD.

    La mécanique est identique sur l’inflation : « bouh le QE ça marche pas, l’inflation est au plus bas, Draghi est un guignol et Yellen est une sorcière ». C’est un contresens absolu. Le -5 +5 qui font 0 forment ici la même illusion d’optique.

    Alors concrètement, que va t’il se passer ? Avec leur incroyable ingénuité, ils ont déjà lâché le morceau : Le « QE fiscal », ou si vous préférez l' »helicopter money » de Bernanke.

    Malgré les montagnes de dettes, de déficits… ILS VONT BAISSER LES IMPOTS.

    Et hop… au lieu d’une « crise systémique », vous obtiendrez…. un « zéro ». Et plusieurs années de gagnées pour le Système.

    Pourtant, vous serez encore nombreux à dire que « ça ne marche pas » et que les banques centrales sont en échec.

    Un indice pour connaître la date de -vraie- fin du Système : la guerre.

    Quand la vraie guerre, bien sale, bien générale, sera déclenchée, là nous saurons que le Système s’éteint, d’où le reset.

    Historiquement le « reset » est une des fonctions premières de la guerre.

    • karl Schiller dit

      Malheureusement ç est vrai. Et les tractations de la guerre ont commencé depuis un moment (Ukraine Syrie. ..) la paix on l’a doit à Poutine et son sang froid.

    • Citoyen dit

      Vision très cynique, quoique très pertinente, à laquelle j’adhère assez bien. Les banques sont devenues tellement pourries, en accumulant des dettes pourries, que les banques centrales n’ont plus d’autre choix que de les maintenir en lévitation, puisqu »en même temps elle stockent la dette des état, sinon le château de cartes s’effondre. Je te tiens, tu me tiens par la barbichette … en fait, ils se tiennent mutuellement par les …. noix, et y trouvent un intérêt commun… Et il sont disposés à faire n’importe quoi pour maintenir le système en lévitation aussi loin que possible …. avant le crash final. Donc, ça peut encore durer.

  2. Pierre dit

    Permettez-moi d’insister, tant le sujet est important et tant l’intoxication est grande.

    Depuis 2008, nous vivons en régime « non conventionnel » (en fait ça a commencé avant, en 2001 avec le Greenspan’s put).

    Les banques centrales contrôlent le monde.

    Or depuis 2008, il est de bon ton de dire qu’au fond tous ces programmes (LTRO, QE, toutes les lettres de l’alphabet) ce sont des trucs de banquiers, c’est « virtuel », ça n’a pas ou peu d’effet sur l’économie réelle.

    C’est ce qu’on veut vous faire croire. A tout prix.

    La démonstration du contraire est pourtant évidente, et s’appuie sur mon « -5 +5 = 0 ».

    Exemple concret :
    -je suis une banque italienne, j’ai trop prêté à n’importe qui… 25 % de mes créances… ne seront jamais recouvrées.
    -je suis donc en faillite : mes fonds propres ne couvrent pas les pertes
    -je dois donc d’abord liquider mes actionnaires
    -licencier mes employés
    -vendre en fire sale mes actifs (mais dans la panique engendrée, mes « actifs » sont à poil : des dettes pourries, radioactives dont personne ne veut)
    -j’ai toutefois des actifs qui valent encore quelque chose : des dettes « souveraines »…. Pendant les années fastes, je me suis gavé de titres de mon souverain. Ca lui faisait plaisir, ça m’assurait un lobying efficace, et je me suis fait un pognon fou.
    -je suis obligé de vendre ce papier : les prix baissent, donc… les taux d’intérêts montent (relation inversée pour les obligations)
    -ça fait mauvais genre, et rappelle au monde entier que mon souverain (l’état italien) est totalement à poil :panique
    -je dois arrêter mes soutiens à l’économie (en plus de la mafia, des politiciens corrompus, et des projets foireux, je prêtais aussi de l’argent, je donnais des facilités de caisse malgré tout à des VRAIS BUSINESS, des bonnes PME)
    -ces dernières se trouvent subitement en difficulté. Certaines vont fermer, licencier. A cause de moi.
    -mes déposants bien entendu prennent peur, et s’en vont : c’est le bank run
    -mes capitaux propres sont ratiboisés, je ne peux plus faire face : c’est la faillite, je meurs
    -l’onde de choc se propage (car je fais partie d’un système, donc je ne suis pas la seule banque dans de mauvais draps)
    -l’actif des uns c’est le passif des autres
    -d’autres institutions financières avaient confiance en moi et possèdent mes actions : ils sont ratiboisés… Leur bilan fait la gueule… La panique gagne leur propres books et actionnaires

    etc. etc.

    Voilà ce qui aurait dû se passer en 2008, en 2012 (crise des taux européens)…

    Dans un régime capitaliste normal, ça s’appelle la destruction créatrice. Ou si vous préférez : Darwin.
    J’ai fait des bêtises, je suis faible, je paye, je meurs.

    Le vide sera vite remplacé.

    Or c’est ce mécanisme ESSENTIEL qui a été « désactivé » par les banques centrales, en complicité avec les états, depuis des années, et même des décennies dans le cas du Japon (explosion bulle immo au Japon en 1990 quand la valeur de la seule Tokyo était plus élevée que les terrains en Californie).

    Revenons donc à notre banque italienne : ce que j’ai décrit c’est le « risque systémique »

    Maintenant, retour au Réel : la BCE intervient, et monte un programme doté d’un acronyme foireux : « LTRO » : ça consiste à donner (oui donner car une dette qui est perpétuellement roll over, c’est un donc) 1000 milliards aux banques européennes,, à un taux ridicule de 0,25. %.

    Immédiatement je retrouve le sourire. Moi banque italienne, j’en demande 200 milliards. J’ai reçu le message de mon patron Draghi en échange de cette aide : je dois me gaver de dette souveraine italienne, afin de faire baisser les taux. Je m’exécute.
    L’opération est juteuse : plus j’achète plus les taux baissent (ça commence à 6 % et plus)… et plus les prix augmentent… Mon bilan, comme par magie, s’améliore…. J’enregistre un tsunami de profits comptables, qui « effacent » mes pertes sur les prêts pourris.

    -mes actionnaires sont sauvés
    -je garde mes employés
    -qui peuvent continuer à acheter des voitures neuves (allemandes) et à prendre des crédits (chez moi) pour acheter des maisons de merde hors de prix
    -ils continuent de partir en vacances en France, dépensent leurs salaires en euros à Paris
    -l’immobilier continue de monter : les retraités rentiers sont contents
    -je continue à financer des PME
    -qui payent des taxes en retour à l’état italien

    etc. etc.

    Voilà.

    Et il y a encore des gens ayant fait des études qui osent dire que le LTRO et autres QE à la mode BCE, FED, BOJ, BOE, c’est « virtuel », et que ça n’a aucun effet sur l’économie réelle ?

    Mais bon sang : réveillez-vous.

    • Alain De Vos dit

      Peut-on penser que lors de la crise des supprimes venant des USA en Europe, il aurait mieux valu laisser les banques se débrouiller seules et cela aurait par effet naturel assainit la situation et elles n’auraient pas reçu un viatique pour désormais se croire au-dessus de tout?

      • yoananda dit

        On peut le penser.
        Mais il y avait d’autres solutions. Sauver l’épargne, les investisseurs, mais pas les spéculateurs, mettre 2/3 banquiers en prison.
        Et sûrement plein d’autres raisons.

        Mais les causes de la crise sont plus profondes.
        En réalité, c’est tout le capitalisme qui est en panne (rendement décroissants à l’échelle planétaire) pour plusieurs raisons :
        * transition démographique (trop de vieux, trop de retraites)
        * difficultés d’extraction des ressources (qui n’a rien à voir avec leur rareté)
        * complexité des institutions (ça coûte un bras de maintenir à flot tout ça et chaque problème, on crée plus de complexité)
        * manque d’innovation réelle (je parle de véritables innovations, comme le moteur à explosion, l’électricité, les avions,, pas des gadgets comme l’iphone)
        * politique dysgénique au nom des droits de l’homme, décadence, consumérisme, infantilisme
        * transhumanisme, technocratie, aliénation, etc…

        Donc de toute manière, la crise des subprimes à bon dos. Le vers est dans le fruit depuis 30 ans en réalité, et, pour ceux qui s’en donnent la peine, tous les signaux se sont accumulés tranquillement pour créer une tempête parfaite.

        Sauver les banques ne fait que prolonger l’agonie, mais … c’est tout ce qu’on peut s’offrir pour l’instant.

        • Alain De Vos dit

          pourriez-vous creuser l’idée qu’aider les banques n’est pas la bonne idée?

          – car le rôle d’une banque est de fournir des moyens financiers pour développer des entreprises et des moyens de consommation à des consommateurs
          – les banques n’ont pas à spéculer (comment cesser cela?)
          – les banques n’ont pas vocation à diriger l’économie

  3. yoananda dit

    Même si je suis d’accord avec Pierre (what ever it takes) nous avons :
    – la crise démographique et son lot de terroristes (sommet de l’iceberg)
    – la crise bancaire (l’épargne et les retraites vont prendre cher)
    – la crise du nucléaire (celle la me fait plus flipper encore que les autres)
    Et je ne parle même pas des autres crises sous-marines dont les médias main stream ne parlent même plus.

  4. Pierre dit

    Je ne veux pas rouler des mécaniques, mais le lendemain de mon commentaire sur les banques italiennes et la structure de « défaisance » pour y planquer / blanchir les 350 milliards pourris… voici ce qu’on peut lire sur ZeroHedge :

    « overnight a white knight may have emerged for Italy, because as the Telegraph revealed that JPMorgan has been appointed by the Italian government to work on plans to set up a bank to buy troubled loans from the country’s lenders at approximately 20% of face value. »

    Voilà ! Case closed. On appelle ça, avec une grande ironie : une « bad bank ».

    Le Système gagne, une fois de plus.

    La « crise systémique » ? Elle ne passera pas par l’Italie (pour le moment du moins).

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