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Terrorisme: déjouez les sophismes de la bien-pensance

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Pour éviter les questions qui fâchent en matière de lutte contre le terrorisme, le gouvernement et les bien-pensants qui le soutiennent multiplient les sophismes, c’est-à-dire les raisonnements faux mais qui paraissent juste. En voici une petite anthologie illustrée.

Jean-Marie Colombani et sa pente savonneuse

Dans une tribune publiée par Slate (le pure player dirigé par Jacques Attali), Jean-Marie Colombani, qui reprend ici mot pour mot les propos de François Hollande, explique qu’il faut soutenir le gouvernement, sans quoi:

le danger est, cette fois, celui d’une dislocation de la société française

Ce type de sophisme s’appelle une pente savonneuse: si vous demandez des comptes au gouvernement, la société va voler en éclat. La technique consiste donc à ne pas répondre sur le fond, mais à laisser craindre le pire. Cette technique est proche d’une forme d’argumentum ad consequentiam appelée appel à la terreur: Continuez comme ça, et les 7 plaies d’Egypte s’abattront sur vous.

Comment répondre à la pente savonneuse?

Évaluez les politiques publiques en matière de terrorisme conduit-il à une dislocation de la société française? C’est plutôt le contraire qui la disloque: accepter sans broncher des politiques qui provoquent la mort de centaines d’innocents, et protéger les incompétents qui les mènent.

Mediapart et sa reduction ad hitlerum

Dans un article marqué du sceau de la modérationMediapart explique que les critiques contre le gouvernement émanent de la droite et de l’extrême-droite:

Dans la foulée du massacre de la promenade des Anglais, la droite et l’extrême droite ont dénoncé « l’impuissance de l’exécutif », et réclamé que « la vérité » soit enfin assumée.

La technique est simple et bien connue: elle consiste à suggérer que tous ceux qui demandent une évaluation de la politique anti-terroriste sont liés à l’extrême-droite, sous-entendu sont des avocats ou des suppôts du nazisme. Ce sophisme s’appelle la reductio ad Hitlerum, qui est une forme de déshonneur par association.

Comment répondre à ce sophisme?

L’argument est plutôt simple. Il consiste à rappeler que les démocrates ne peuvent indéfiniment laisser l’extrême-droite être la seule à utiliser les libertés publiques qui nous sont reconnues par la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. L’article 15 de celle-ci garantit à chacun la possibilité de demander des comptes au gouvernement.

Valls et son argumentum ad odium

Dans une interview au Journal du Dimanche, Manuel Valls utilise deux types de sophisme:

«Chacun connaît ma détermination, l’autorité est pour moi une valeur essentielle. Mais remettre en cause l’État de droit, remettre en cause nos valeurs serait le plus grand renoncement». Et d’ajouter : «La réponse à l’État islamique ne peut pas être la « trumpisation » des esprits.»

Le premier, qui consiste à accuser ses détracteurs de remettre en cause l’Etat de droit, est une généralisation abusive. On s’arrêtera surtout sur la « trumpisation » des esprits, qui procède de l’argumentum ad odium. Tous ceux qui ne pensent pas comme moi sont « trumpisés ». La technique est proche du déshonneur par association.

Comment répondre à Valls?

Il faut inlassablement répéter que c’est l’absence de réponse sur le fond qui conduit à des effets indésirables comme la « trumpisation » des esprits. Si les politiques acceptaient de rendre des comptes sur leurs choix et leurs décisions, les esprits ne seraient pas obligés de se radicaliser.

11 commentaires

  1. Beaugrand dit

    La pauvre valseuse aura l’air d’un gland en novembre si Trump est élu et il devra bouffer son chapeau en prime ! Remarquez qu’il a déjà l’air d’un gland, le nabot catalan tremblotant …

  2. karl Schiller dit

    Le peuple est coincé entre les incompétents qui gouvernent par la peur du pire pour cacher leur responsabilite (pour ne pas dire la complicité ) et l opposition d opérette qui a montré son incompétence. Tout ce laxisme va conduire à plus de violence et de réactions extrêmes. Les victimes seront toujours celles qui n ont aucun intérêt (ni vache ni cochon dans le conflit ). Il est regrettable qu’ un pays comme la France ne dispose pas d homme d état. Ç est à dire rigoureusement juste et clairvoyant. J ai l impression que ceux qui ont encouragé jadis l immigration à outrance sont passé à la seconde étape à savoir chauffer la cocotte pour provoquer la guerre civile.

  3. yoananda dit

    Ils ont pourtant raison avec leurs sophismes, parce qu’il s’agit de prophéties auto-réalisatrices.
    Ils ont fait tellement de saloperies, que « si on savait », ils finiraient sur l’échafaud.
    C’est tout.
    Faut pas chercher plus loin.
    La république est née comme ça, après avoir coupé quelques têtes.
    Ils sont républicains.
    CQFD.

  4. Citoyen dit

    HAha !… c’est pas mal le sophisme façon Colombani :
    Le clown (et sa clique de malfaisants) est le problème de ce pays, et donc, il est le seul à pouvoir apporter la solution !
    Et la solution qu’il propose au problème qu’il pose, c’est quoi ? Il propose de se suicider ?

    Par ailleurs, oui, il serait temps que « chacun demande des comptes au gouvernement », puisque les contribuables le paient pour faire un travail que semble-t-il, il n’est pas en mesure d’assumer. Et quand quelqu’un n’est pas en mesure de faire le travail pour lequel il est payé, la réponse à donner n’est pas difficile à trouver.

  5. Hermodore dit

    Et surtout le sophisme qui sous-tend tous les autres: « puisque nous avons été élus, nous sommes l’autorité ». Sauf que l’autorité est accordée, ou refusée, au regard des actions accomplies, pas des élections. Et là: boum! J’appelle ça l’argument de la charrue avant les bœufs.

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