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Les fonctionnaires gagnent 20% de plus que les salariés

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L’INSEE vient de produire une étude sur le salaire des fonctionnaires qui mérite d’être lue attentivement pour en comprendre le sel. Elle révèle en effet que les titulaires de la fonction publique ont vu leur rémunération augmenter de 1,5% entre 2013 et 2014.

La fausse baisse des fonctionnaires

L’étude de l’INSEE tente une sorte d’enfumage en annonçant un chiffre largement repris par une partie de la presse: le salaire des fonctionnaires aurait baissé. En fait, ce chiffre concerne l’ensemble des agents publics, y compris les innombrables cargaisons de CDD qui alimentent chaque jour les flots de recrutement public.

Il est à noter que ces légions de précaires bénéficient de rémunérations qui sont globalement à la baisse et dissimulent la situation des fonctionnaires placés sous statut.

La vraie hausse des fonctionnaires titulaires

Si l’on analyse l’évolution de la rémunération des fonctionnaires titulaires, la réalité devient très différente. Voici les éléments donnés par l’INSEE:

fonctionnaires

Le tableau montre clairement que le salaire net moyen des fonctionnaires augmente en réalité de 1,6% (avec une inflation de 0,5%) pour atteindre 2.702€. La hausse est particulièrement forte en catégorie C, avec une pointe de 2,1%, qui accroît le différentiel entre salariés du privé et salariés du public à niveau hiérarchique équivalent.

La hausse est encore plus forte dans les établissements publics administratifs, ces « filiales » du service public, qui connaissent une hausse de 2%.

Alors que les salariés du privé en place chez le même employeur durant deux années consécutives gagnent en moyenne 2.330 euros nets par mois, cette rémunération grimpe donc à 2.702 euros nets, soit un différentiel de 472 euros mensuels. Soit un différentiel de 20%.

Ces petites nuances statistiques ne manqueront pas d’alimenter les polémiques à l’approche d’une année électorale où les fonctionnaires devraient faire l’objet de toutes les attentions de la part de la majorité parlementaire actuelle.

19 commentaires

  1. Arnaud Duval auteur et conférencier dit

    20 % de plus en salaire … et combien de moins en temps de travail effectif ?

    Arnaud Duval Auteur de TESTEZ VOTRE LOGIQUE aux Editions Eyrolles

    • karl Schiller dit

      A l instar de notre normal 1 zéro résultat pour un coût mirobolant. Dans le secteur dit public (l armée mexicaine ) il y a 50% d emplois non nécessaires et la moitié du reste sont des emplois festifs ou fictifs. Une injustice sociale pour faire plaisir aux amis. Le virus vient de la transformation de la politique en métier rentable…

  2. Joseph Favreau juriste dit

    Au Ministère de l’Education nationale (110 rue de Grenelle, et de multiples autres implantations), pendant quarante ans, j’ai subi des agents qui ne travaillaient pas une heure par jour, et pas un jour sur deux. + Incroyable, mais vrai : des individus, fonctionnaires ou contractuels, qui ne fournissaient pas une heure de travail en six mois. Evidemment, beaucoup changeaient de service tous les six mois … et à chaque fois avec une promotion, grâce à l’appui des syndicats !
    Pauvre Education nationale, et pauvre France !!
    Joseph Favreau Officier des Palmes académiques

  3. Bertrand LAFORGE dit

    Comment avoir une analyse pertinente de tout cela sans intégrer a minima :
    – l’évolution de la répartition des niveaux de qualifications entre public et privé
    – l’évolution de la pyramide des âges
    – la partie au black de la rémunération du secteur privé qui est parfois majeure comme dans le secteur du bâtiment ou de l’artisanat

    Responsable d’un service technique au sein d’une université à Paris, je vois les difficultés que nous avons à recruter des techniciens en mécanique, en électronique et en informatique car les salaires que nous proposons ne sont pas du tout compétitifs par rapport au privé.

    • simple citoyen dit

      « la partie au black de la rémunération du secteur privé qui est parfois majeure comme dans le secteur du bâtiment ou de l’artisanat »… je ne sais pas où vous vivez ni de quoi, mais voilà très longtemps que je n’ai plus entendu personne parler de black et encore moins de « compléments » de salaires ainsi versés.
      Par contre je découvre encore souvent, au détour d’une conversation anodine tel ou tel petit avantage, telle ou telle concession qui rendent la vie des uns plus facile sans qu’ils aient toujours conscience ensuite de ce que les autres moins bien servis qu’eux endurent.
      Les français ne regardaient guère ce que gagnaient les fonctionnaires à partir du moment où ce qui leur avait été vendu, le pacte tacite auquel il est encore souvent fait référence, était une rémunération certes peu attractive, mais une sécurité de l’emploi à vie. C’est l’inversion d’un des termes de cet équilibre qui a totalement dénaturé le contrat passé avec la nation.

    • vitevu dit

      Pour avoir été contractuel plus de 20 ans, dans toutes les fonctions publiques (en systèmes d’information), et en charge de recruter des collaborateurs par la voie administrative ou non, je précise:
      – Un contractuel est payé sur 12 mois, sur l’indice équivalent emploi de la grille, sans aucun des « avantages » des fonctionnaires. Avantages à minima constitué par le SFT, les primes (prime informatique, prime de travaux, prime de recherche, prime de chauffage, prime sur les emplois non pourvus durant l’année…), l’avancement automatique de carrière, les jours pour enfant malade (jeu classique du « combien il m’en reste? »), jours de carence, etc… Et sur 12 mois potentiellement renouvelables, une fois, dont l’information de renouvellement n’est transmise souvent que dans les 15 derniers jours. Donc pour en trouver, il faut soit donner des indices fictifs permettant de requalifier l’emploi, soit tomber sur des individus ayant pris une claque professionnelle et ayant besoin de rebondir.
      – Un titulaire, pour être recruté, doit faire l’objet d’un concours (interne, externe). Ouverture, publicité, épreuves, jury et période d’entrée en fonction assez immuable (septembre), amène des délais « intéressants ». Il faut que le concours amène des élus, que ceux-ci viennent dans votre établissement (gué-guerre sur les primes entre établissements pour attirer les mieux classés), voire gérer des délais de mutation.
      Donc, en général, c’est quand même assez galère pour trouver quelqu’un. Du moins si on cherche quelqu’un de productif, car en mutation interne, détachement ou autre on peut trouver. Mais en général cela remplit juste l’ETP…

  4. Marc Benassy dit

    On parle des fonctionnaires en general alors que l’etude ne porte apparemment que sur la fonction publique de l’Etat. Or dans les 2 autres fonctions publiques (territoriale et hospitaliere) le salaire moyen est beaucoup plus faible car oa structure des emplois n’est pas du tout la meme. Et il faudrait aussi parler de l’interessement des salaries et des autres avantages en nature dans le prive.

    • Pierre dit

      Ces « comparaisons » pour mieux réduire la distorsion… reposent toujours sur une rhétorique assez faible.

      En effet… l' »intéressement » dans une société privée…. c’est ponctuel. Le salarié n’a AUCUNE garantie que cet intéressement lui sera versé chaque année, jusqu’à sa retraite. Ca dépend des résultats. Et les résultats… ça dépend de beaucoup de choses.

      Alors que le fonctionnaire a la garantie, le fameux statut, il bénéficiera d’un avancement… au temps qui passe. Sans oublier la sécurité de son emploi (à moins d’égorger son voisin de bureau, en criant Allah Snack Bar et encore).

      Eh oui, avec 5,5 millions de chômeurs et de sous employés, cette « différence », majeure, devrait suffire à faire taire tous les collabos.

      Donc arrêtez de vouloir minimiser, rogner, tourner autour du pot de Nutella : les fonctionnaires (d’état) forment une mafia (privée) dangereuse, surpayée, en surnombre, et qui vit en parasite de son hôte.

      Alors bien entendu, rien ne changera, et surtout pas en 2017 (spéciale dédicace à l’ami François).

      Sauf qu’à la fin, merci l’arithmétique, ce Système grotesque, obscène tellement il est devenu injuste, implosera.

      Game over.

      Après « la Grande Bouffe » et « Que la Fête Commence »…. ce sera « La Fête est finie ».

      Ou plutôt « Mad Max ».

      Voire « La Nuit des morts vivants ».

  5. Sergio dit

    A B. Laforge, Vous osez parler du black dans le privé, vous n’avez pas honte !!! vous avez des statistiques ? ou vous êtes bien informé pour en avoir profité ? et du niveau de qualification, vous rigolez, vous parlez du niveau d »études, ce n’est pas le niveau de qualification qui bien supérieur dans le privé avec l’expérience acquise, ce qui n’est pas le cas dans le public sauf rare exception.
    vous évoquer votre difficulté à recruter des techniciens de l’industrie, évidemment vieille habitude de la caste dominante tout ce qui est technique est encore assimilé au travail manuel donc dévalorisé.

  6. Alain De Vos dit

    Il est indéniable que la situation s’est renversé par rapport aux années 60 où il était dit que l’on gagnait mieux sa vie dans une entreprise privée. De puis le nombre de fonctionnaires a augmenté et ils sont bien plus payés que dans le privé. Il suffit d’être à l’affût lors de repas … pour recevoir l’information. On le sait la France et les Français n’aiment pas créer d’entreprises et préfèrent des boulots dans des établissements publics bien à l’abri des tourments de la vie des entreprises. Effectivement le pacte a été rompu. Il serait fort souhaitable que d’ici 10 ans ce soit l’inverse et que la pléthore d’emplois dans le public soit révisée sans faire appel à des cdd pour masquer les faits. Un tri est nécessaire, un vrai et pas dans des postes ou il y a des besoins réels : santé, infirmières et formation, des enseignants…

  7. Citoyen dit

    C’est à la fois hallucinant et ahurissant !
    Non pas qu’ils gagnent 20% en plus que ceux qui les nourrissent, puisque là, il faudrait comparer toutes choses égales, dans les répartitions des qualifications, et du service rendu, ce qui serait très difficile …
    Non, ce qui est hallucinant, c’est l’aspect statistique de la progression, et donc la dérive du système, qui fait que non seulement ils gagnent plus que ceux qui les nourrissent, mais qu’en terme de masse salariale c’est encore pire, puisque ils bénéficient d’augmentations que n’ont pas les autres, auxquelles il faut ajouter l’augmentation du nombre de bénéficiaires, ce qui double la progression du coût de cette masse salariale, quand dans le même temps la masse salariale de ceux qui les nourrissent se rétrécit !… On appelle ça, aller droit dans le mur !
    A un moment donné, il va bien falloir ouvrir les yeux, et s’apercevoir que le système n’est plus viable ! …. Et que les goinfrer avec de la dette, a des limites …. Rien n’est moins sûr.
    Comme le dit H16 sur son blog : Ce Pays Est Foutu ! …. et encore, il est en dessous de la réalité.

  8. La problématique du fonctionnariat est une aporie, sinon l’aporie de la démocratie. 50 % constitue l’étiage du profit que tire la partie de la population française qui profite directement ou indirectement (membre de la famille ou proche d’un fonctionnaire national, régional, ou employé du secteur public) de la spoliation.
    Si on fait la bêtise de laisser passer fillon, ce sera une boucherie !
    Ah le gout de la chair humaine ! Je vais en rêver 6 mois et m’en repaitre à loisir ensuite.

  9. Sergio dit

    En lisant tous les commentaires très majoritairement d’accord pour reconnaitre l’iniquité du système et le risque à terme d’explosion de la société, il faut préciser que ce ne sont pas les « fonctionnaires » en tant que personnes qui sont attaqués
    mais bien les politiques et technocrates (50 ans de lâcheté) qui sont responsables de cette situation insupportable.

  10. Caton dit

    Le chiffre de 20% me surprend…

    Ma femme est enseignante contractuelle. Après 8 ans dans l’éducation nationale, en ayant assez des lycéens, elle est partie dans le privé pendant deux ans et enseigné en BTS et en licence pro. 20 heures de cours, plus les préparations, pour 1.350 euros net par mois, et deux mois de chômage par an.
    Elle est revenue dans l’éducation nationale depuis 5 ans. 18 heures face à des collégiens, quasiment pas de préparations — le niveau n’est pas très élevé — toujours contractuelle, et 2.200 euros par mois, 12 mois par an, soit 95% de plus pour beaucoup moins de travail.

    Vous êtes sûr de vos 20%?

  11. miko45 dit

    Etes-vous sûr de la lecture que vous faites du tableau? Il me semble plutôt que les autres salariés dont parle les tableaux de la note de l’INSEE sont : « Les agents non fonctionnaires (contractuels, bénéficiaires de contrats aidés ou « autres catégories de contrat ») ». En tout cas, c’est ce que précisent ses auteurs. Il ne s’agit donc absolument pas de l’ensemble des salariés français…

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