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Ces anciens trotskistes qui naufragent le PS et la France

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Dans la compréhension du naufrage socialiste auquel nous assistons dans les grandes largeurs et, au-delà, du naufrage français dans son ensemble, un élément est trop peu souligné: la prise de contrôle du parti par un groupe de trotskistes dont l’influence est proche du cataclysme. Un petit décodage est indispensable pour mettre en lumière comment l’intérêt général est aujourd’hui mis en danger par un système de connivences où le calcul à la petite semaine tient lieu de vision pour le pays.

Jean-Christophe Cambadélis, le plus vieux

Né en 1951, Jean-Christophe Cambadélis a l’un des parcours les plus atypiques des trotskistes dominants au sein du Parti Socialiste, dont il est aussi le plus ancien aujourd’hui. S’il est le plus vieux, sa notoriété au sein de l’OCI ne se développe pas avant 1975, après une longue grève à Villetaneuse, qu’il a animée.

Le mouvement lambertiste est fondé par Pierre Boussel, alias Lambert, en 1953 sous le nom d’Organisation Communiste Internationaliste (OCI). Ce mouvement trotskiste défend des positions historiques comme la distinction structurelle entre parti et syndicat (qui explique les approches de la loi Travail par ses membres passés depuis au Parti Socialiste), ou un internationalisme antimilitariste qui porte en germe le multiculturalisme actuel.

À partir des années 70, il est chargé de réunifier l’UNEF et de mener une stratégie d’entrisme au sein du Parti Socialiste, qu’il rejoint en 1986 avec 400 autres militants trotskistes. Il est élu député en 1988. Son bilan, en tant que parlementaire, est inexistant.

Jean-Marie Le Guen, l’historique

Le Guen est né en 1953. Il fréquente Boussel, alias Lambert, dans les années 70, mais aussi Cambadélis. Il est officiellement médecin, mais il est absorbé par ses occupations politiques, comme son ami Jean-Loup Salzmann, devenu par la suite président de l’université de Saint-Denis, où il s’appuie sur le communautarisme pour être élu.

En 1980, il devient vice-président de la MNEF, dont il sera salarié de 1982 à 1997. Il est aussi leader du Mouvement des Jeunes Socialistes et de l’UNEF-ID. Il partage une spécialité avec Cambadélis: le verrouillage des organisations. Un sport de haut vol dans le monde trotskiste.

Julien Dray, le minoritaire

Né en 1955, Dray n’est pas lambertiste. Il se murmure qu’il a bien essayé, mais que cela n’a jamais marché. Il préfère militer à la Ligue Communiste, puis à la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR), qui préfigure l’actuel Nouveau Parti Anti-Capitaliste. Il est l’un des responsables du Mouvement d’Action Syndicale, le MAS, qui participe, à titre minoritaire, à la création de l’UNEF-ID en 1980.

Il y fréquente Jean-Marie Le Guen et Jean-Christophe Cambadélis.

En 1981, il est exclu de la LCR et rejoint le Parti Socialiste après, paraît-il, avoir tenté de prendre la présidence de l’UNEF-ID en échange de son ralliement à l’OCI.

Les deux points communs de la bande des trois

Quelles sont alors les principales caractéristiques de cette bande des trois? Dès cette époque, les qualités qu’on leur connaît aujourd’hui sont révélées.

Premièrement, ce sont des professionnels des appareils politiques. Ils sont capables de prendre possession d’un parti, d’une salle, d’une réunion. Cette faculté leur est pour ainsi dire naturelle.

Deuxièmement, ils sont marqués par un formidable opportunisme politique, où la vision marxiste-léniniste est un emballage au service d’un calcul tactique permanent. Leur pensée est celle de la prise de pouvoir, sans forcément savoir ce qu’il faut en faire une fois qu’on y est.

Pourquoi sont-ils si puissants au sein du PS aujourd’hui?

La bonne étoile de la bande des trois (tous marqués, au demeurant, par des affaires judiciaires portant sur leur enrichissement personnel) est intimement liée à la disparition des militants au sein du PS. Le Parti Socialiste a besoin d’organisateurs, de gestionnaires politiques, c’est-à-dire de personnalités capables de remplir une salle, d’organiser un mouvement, de conduire une campagne électorale.

Les anciens trotskistes ont appris tout cela à l’OCI, à l’UNEF-ID ou à la MNEF. Ce sont des qualités indispensables pour cacher la misère dans un parti sinistré.

Pourquoi Hollande et Valls ont-ils besoin d’eux?

La principale qualité de la bande des trois tient à leur capacité à verrouiller une organisation. Or le PS, même s’il ne compte plus beaucoup de militants, reste truffé d’ennemis remuants. Les Frondeurs en sont la caricature. En plaçant Le Guen aux relations parlementaires et Cambadélis à la tête du parti, le duo de l’exécutif met le parti et les parlementaires sous surveillance et sous contrôle.

Cambadélis et Le Guen, qui ont appris à faire le coup de poing à l’OCI, savent se faire respecter des « petits ».

Que perdent Hollande et Valls avec eux?

Cambadélis et Le Guen fonctionnent à l’ancienne, ce qui veut dire plusieurs choses.

Premièrement, en bons marxistes-trotskistes, leur approche de toute réalité tangible est fondée sur un rapport de force. Les ruées récurrentes au sein du groupe socialiste à l’Assemblée en sont la conséquence la plus visible. Le recours au 49-3 sur la loi Travail aussi.

Deuxièmement, les trois compères ont un réflexe politique tragique: réserver le pouvoir à une élite éclairée et toute-puissante, fermée à toute contradiction. Cette rupture s’est encore sentie dans l’incapacité de l’exécutif à comprendre l’attente d’un signe ou d’une inflexion sur la question du terrorisme.

Troisièmement, ce sont de redoutables opportunistes. L’image qu’ils donnent de la politique est cataclysmique. Qui plus estn elle déteint sur l’ensemble du parti.

Que perd le pays avec eux?

Tout!

Dans la crise du « Vivre Ensemble » que nous traversons, les trotskistes du PS sont, avec Claude Bartolone, sont qui ont électoralement le plus à perdre si le multiculturalisme devait être jeté aux orties. Ils utilisent donc leur pouvoir pour bloquer toute remise en cause des doctrines lénifiantes dont les dérives terroristes illustrent la toxicité.

François Hollande a besoin d’eux pour 2017, mais ils contribueront à le plomber méchamment. Rappelons qu’en 2010, tout ce petit monde soutenait… Dominique Strauss-Khan. Looseurs jusqu’au bout!

19 commentaires

  1. PIN Jacques dit

    On sent que depuis les sorties post-Brexit de BHL sur la démocratie directe, celle de Le Guen sur la liberté de critiquer le gouvernement, et pas plus tard qu’hier, le ballon d’essai pour limiter la liberté des médias patentés de diffuser des informations sur les terroristes (ce qui, par parenthèse, laisserait la place aux plus folles rumeurs sur la « toile », dont se régaleraient tous les propagandistes de l’EI), il doit y avoir en ce moment-même, une belle brochette de Terminators de la démocratie dans le microcosme Parisien. Il serait temps de les stopper net.

  2. Pierre dit

    Et quid du père Mélenchon ?

    Lui aussi bon trotskard… rejoignant le PS… devenant « sénateur » (!) avant de jouer les rabatteurs 1er / 2nd tour pour le compte du PS.

    Quel petit monde !

    Mais vous avez raison de souligner que leur « efficacité » (très réelle à l’époque) et leur génie de l’entrisme, désormais tournent à vide… En ce sens, ils ont vieilli, et n’ont pas su se réinventer.

    Ils sont secs. Des petits vieux.

    Cette collection stupéfiante de crapules et magouilleurs fleure bon les années… 70.

    Mais pour le 21ème siècle, ils sont devenus superfétatoires.

    Ainsi, ils passent totalement à côté de la vraie fracture du 21ème siècle : identité, globalisation, et des questions qui en découlent : immigration, frontières etc.

    Leur internationalisme historique, obtus, borné, et gravé dans le marbre, les ridiculise, et les rend totalement inopérants.

    Bref, le prestige a disparu. La réussite aussi.

    Les poubelles de l’histoire s’ouvrent sous leurs pieds.

    • léon dit

      Oui, on dit ça tous les dix ans « Les poubelles de l’histoire s’ouvrent sous leurs pieds. »
      Et puis rien ne bouge, on les retrouve à la génération d’après, les mêmes en plus jeunes (et en plus cons).

      • Anne-Juliette dit

        Heureusement qu’il se tait on lui doit la situation dans laquelle nous sommes . Il n’a pas eu le courage de se battre sur la laïcité et d’interdire le foulard. Il a été d’une telle prétention qu’avec les mêmes il nous a fait perdre le pouvoir l’éthique et les principes .

        • Bertin dit

          Vous êtes tombée dans l’histoire du foulard qui vous a enfumée, mais vous n’avez pas vu le diner du CRIF ou le président de cette association juive donne ses ordres aux ministres et qui décide du prochain Président de la République ,la loi Fabius Gayssot qui interdit aux historiens français de réviser l’histoire et beaucoup de choses encore que le foulard vous a rendu aveugle !

  3. PIN Jacques dit

    Seule consolation: à titre individuel, il vaut peut-être mieux avoir Le Guen comme ministre des relations avec le parlement que comme médecin traitant.

  4. Comme vous avez raison ! Ce qu’il y a de bien, c’est que ce sont tous de beaux hommes, chéris des dames, et en pleine forme physique.
    Il faut qu’ils fassent attention: dès l’année prochaine, retraités pour toujours, il vont se mettre à attendre le coup de pic à glace que l’ignominie de leur vie de crapule mérite. Qu’ils sachent qu’on est plusieurs sur le coup, et qu’en plus on ira chier sur leurs tombes.

  5. Jules Moch dit

    Vous oubliez le culte de la violence politique chez ces hommes là. Quelque uns de leurs martyrs: Pierre Goldman,Batisti,La bande action direct… leur Christ Che Guevara. Le militantisme total de DAESH les troublent. et les frustrent, la révolution mondiale islamiste est autonome, l’histoire s’écrit sans eux!

  6. cincinatus dit

    E ric est gentil ,il aurait pu rajouter une longue liste de pontes et journalistes du monde des médias (certains sont en place depuis 40 ans et plus, bel exemple de l’emprise d’une soi disant élite possessive installée dans les pouvoirs)
    sur Trotski et la prise du pouvoir contre un régime (Kérensky) issu d’élections par les Soviets ,ne pas oublier que ce pouvoir était à 85% entre les mains de non Russes ,il suffit de faire une recherche sur Wikipédia sur les noms des leaders de la Révolution d’Octobre pour le voir Les crimes de l’époque Soviétique ne sont pas uniquement le fait de dirigeants russes c’est plutôt le contraire

  7. Roro dit

    J’ai été trotskyste…. je pourrais vous en dire pas mal sur ces hurluberlus ( j’utilise ce mot pour éviter l’insulte, ils sont un vrai danger ).

    Les trotskystes sont des terroristes. Il y a une vraie règle biologique dans l’exercice de la violence: les violents se respectent entre eux. La victime est toujours le « gogo », le dindon de la farce. Entre policiers et voleurs ( ici lire: « entre terroristes institutionnalisés et terroristes illégaux » ) la raison du jeu, la victime, est anecdotique. Elle est le prétexte.

    D’où la relation entre PS et islam….

    • Jules Moch dit

      D’ailleurs, au niveau syndical, ils sont présentés comme » les durs », admirés par les chefs( souvent d’anciens délinquants syndicaux récompensés par la direction) ,ces gens là frappent l’homme à terre , humilient, mentent… les modérés comme  » les mous ». L’antidote, ma ligne de conduite, être violement modéré ; ma devise: « les bastos c’est plus facile à donner qu’à recevoir;ma référence Clausewitz, c’est le soldat discipliné ( qui sait ce qu’il à a faire) qui a l’esprit de groupe qui gagne les guerres. Et ça marche, quand tu les triquent ils pensent que tu as le bras long , alors que tu n’appliques que la maxime de Machiavel  » souvent la ruse est dans l’honnêteté ». Bref, il faut être Jésuite pour les faire tourner en bourrique!

  8. Citoyen dit

    Article très à propos, vu la décomposition du PS.
    Cambadélis et Le Guen, sont des modèles du genre, mais sont loin d »être les seuls.
    Solférino est le creuset d’un ramassis de socialo-trotsko-bolchos, qui essaime beaucoup, comme le merluchon.
    Leur seul projet d’existence, étant de trouver les moyens de se goinfrer sur le dos des contribuables, toute leur action tourne autour des moyens à mettre en œuvre pour y parvenir. Et il faut reconnaitre qu’avec le temps, ils ont réussi à affiner la méthode.
    Ce qui explique, qu’ils n’arrêtent pas de se bouffer la gueule autour de la gamelle, comme étant le centre de leur occupation.

  9. Dame Ginette dit

    Merci pour cette analyse clairvoyante : la France est loin de sortir de l’ornière trostko-communiste…
    Mais que penser du pape, de Junker et Merkel qui n’en démordent pas et appellent de leurs voeux toujours plus de pauvres migrants moyen-orientaux au sein d’une Europe stupéfaite ? Sont-ce, eux aussi des membres de la secte ultra-gauche ?
    (Je n’ai pas fait l’ENA, je ne suis qu’une sans-dent qui ne comprend pas le chaos vers lequel les « élites » nous dirigent).

    • pierre dit

      Concernant Merkel, la réponse semble évidente : ses parents sont passés… à l’est. Elle fut élevée, groomed, en RDA.
      Fille de pasteur, passés à l’est donc, et membre des jeunesses communistes (komsomol).

      CQFD.

      Les jeunes ne peuvent pas comprendre… L’abréviation « Stasi » a été oubliée. C’est une époque qui semble si lointaine.

      Et pourtant. Une telle éducation, dans un tel contexte politique et familial, LAISSE FORCEMENT des traces, des automatismes, des biais cognitifs.

      Sa carrière à l' »ouest » fut ensuite météoritique.

      Consciemment ou inconsciemment, elle travaille d’arrache-pied à la destruction de l’Europe, et des nations.

      Elle suit un programme globaliste, pro immigrationniste, centralisateur (vu ses origines, pas besoin de se forcer !), étatiste, elle est à la botte de Washington (relations Russie etc.).

      Autre preuve : sa duplicité permanente (et là on reconnaît le formatage RDA). C’est une as du double-speak orwélien.

      Toutes ses paroles croisées à ses actes depuis 2008, prouvent cela.

      Ca en devient même carricatural. Elle dit d’abord systématiquement « Nein » (d’ou sa réputation, totalement grotesque, de femme de fer »).

      Ensuite, peut-être. Et enfin, elle « fait » (bailout, Grèce, crises des taux souverains, BCE, Euro, etc. c’est un véritable festival).

  10. Boudart dit

    Bravo les Medefards, vous êtes vraiment tous d’indécrottables ultra libéraux qui voudraient reformer le code du travail pour encore mieux exploiter les pauvres besogneux tentent de survivre avec un SMIC…
    J’aime bien votre papier sur les anciens troskos passés au PS, c’est bien vu. Moi qui bien à gauche, je vous assure que ça m’a choqué de voir ces parcours de retourneurs de vestes.
    Cela dit, pourquoi ne faites vous pas la même type d’article avec les hommes politiques de droite qui dans leur passé ont fricoté avec avec l’extrême droite voire des mouvements encore pires.
    Pour Rappel, Chirac était un ex Rad-Soc, Longuet qui a écrit le premier programme du FN, sans compter tous les anciens membres d’Occident et du club de l’horloge. Il y en a pléthore pourtant…
    Ceux-là vous n’avez rien à en dire ?
    Peut-être que cela vous embêterait aux entournures pour vos prochaines publications dans le Figaro ou sur Atlantico.
    Le combat continue camarade !!

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