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Mois : juillet 2016

Terrorisme: quand la gauche la joue Totem et tabou

Article écrit pour Atlantico.

Ces derniers jours, la gauche multiplie les appels au silence dans les rangs. Le plus caractéristique d’entre eux fut celui de Jean-Marie Le Guen, qui considérait que les critiques incessantes sur le fonctionnement des services de l’Etat étaient une mise en danger de la démocratie. On aurait bien tort de limiter cette stigmatisation de la prise de parole à un simple accès d’autoritarisme. Elle révèle un malaise plus profond, l’expression d’un besoin de tabou caractéristique des univers en crise.

Il faut protéger le papa Etat

La gauche en dit long sur ce que l’Etat représente à ses yeux lorsqu’elle demande de ne pas le critiquer ou, pire, lorsqu’elle accuse ses détracteurs d’être des ennemis de la démocratie. On comprend bien l’argument qui est donné en creux: remettre l’Etat en cause, c’est saper le fondement de l’ordre, du sens, c’est défier la loi.

Il est très symptomatique de voir que la gauche a atteint ce stade antérieur à la pensée démocratique où la loi et l’Etat se confondent, comme si la norme en démocratie se résumait à l’expression de puissance comprise dans toute forme de bureaucratie.

Inconsciemment, bien sûr, c’est l’Etat comme figure du père qui se dessine dans ces propos. L’appel de Jean-Marie Le Guen au silence dans les rangs ne dit pas autre chose: arrêtez de critiquer le papa Etat! sinon, c’est le principe même de l’autorité qui va disparaître.

La gauche en pleine terreur primitive

Cette évolution de la sémantique politique n’a rien de très rassurant. Elle dévoile un pouvoir aux abois, déstabilisé dans son fondement, et en pleine perte de repère. Ce n’est plus un débat démocratique qui a lieu, avec une délibération rationnelle sur la performance des services de l’Etat ou sur la rationalité des choix opérés en matière de sécurité.

Peu à peu, nous avons glissé vers un débat d’une autre nature, où le pouvoir (auquel on aurait pu confier un grand « P ») exprime sa peur de perdre le contrôle de la situation. Il demande au village de se rassembler autour du Totem républicain et de redire sa foi dans les tabous traditionnels.

Non! il ne faut pas blasphémer! oui! il faut respecter silencieusement les grandes règles qui font les soubassements de la société. Ces grandes règles, on les connaît: ne pas défier l’autorité du papa Etat, accepter les lois traditionnelles, reconnaître l’autorité des chefs désignés selon la coutume.

Certains s’amuseront de voir que ce rappel au tabou primitif survient au moment où une femme remet en cause la parole d’un ministre. Comme si cet acte-là agissait symboliquement et inconsciemment comme une remise en cause de l’ordre ancestral tout entier.

Le besoin d’un ordre autoritaire?

En réponse à cette grande angoisse primitive exprimée par ceux qui sont chargés de l’autorité sur la communauté, faut-il craindre une fête expiatoire où seront désignés les boucs-émissaires du désordre intérieur? C’est un vieux réflexe primitif, en effet, de canaliser les peurs collectives sur une victime désignée pour exorciser tout ce dont on ne veut pas.

Incontestablement, la société française se trouve bien à cette croisée des chemins où, pour conjurer la peur d’une dislocation, la désignation d’un ennemi à l’origine de tous nos maux est tentante. Le problème est que personne pour l’instant ne s’est mis d’accord sur le nom du coupable. Mais il est incontestable que la société française a commencé à le chercher, et on peut craindre qu’elle ne finisse par en désigner un d’office.

Pour le vaincre, la gauche, on le sent bien, appelle de ses voeux un épisode autoritaire où le gouvernement ne serait plus embarrassé par cette masse de contestataires.

C’est dans ces moments-là qu’il faut rester le plus vigilant sur la question des libertés.

La gauche et la dictature

Plus que jamais, la gauche flirte avec des discours liberticides, où la bien-pensance tient lieu de censure. L’année des présidentielles ne devrait pas calmer le jeu. On voit bien le discours qui se prépare: Hollande ou le chaos.

Décidément, de la société primitive à la démocratie, il y a bien des changements de forme ou de sophistication institutionnelle. Mais les règles du débat public restent les mêmes.

Financement syndical: le Conseil d’Etat provoque un tsunami

La France est malade de son financement syndical. Pour compenser un taux d’adhésion très faible (et donc un manque de recettes apportées par les salariés), les syndicats français sont obligés de trouver des expédients ou des voies détournées. Le Conseil d’Etat vient de frapper un grand coup pour interdire l’une d’entre elles: la désignation.

Le financement syndical et la complémentaire santé

Dans la galaxie des circuits occultes grâce auxquels le rachitique syndicalisme français se finance, la protection sociale complémentaire occupe historiquement une place privilégiée. Lorsque les partenaires sociaux, en 1947, ont en effet décidé que 1,5% de la rémunération des cadres devait être consacrée à la prévoyance, ils ont ouvert la boîte de Pandore. C’est à cette époque que prend naissance un grand mouvement qui va lier le financement du syndicalisme à la protection sociale complémentaire.

La CONVENTION COLLECTIVE NATIONALE DE RETRAITE ET DE PRÉVOYANCE DES CADRES DU 14 MARS 1947 ET DÉLIBÉRATIONS PRISES POUR SON APPLICATION est d’abord un exercice de résistance à la mise en place de la sécurité sociale. Signée par les syndicats de cadre quelques mois après la mise en place du régime général, elle vise à redonner une marge de liberté à une catégorie socio-professionnelle qui ne souhaite pas se dissoudre dans un système de protection sociale monopolistique. L’article 7 de la CCN de 1947 prévoit que 1,5% des salaires des cadres est versé, par les employeurs, « à une institution de prévoyance ou à un organisme d’assurance ». Ce système préfigure les désignations qui ont permis à quelques acteurs de capter des branches entières en prévoyance et en santé.

Depuis 1947, les syndicats ont pris l’habitude d’obtenir des financements substantiels de la part des institutions de prévoyance désignées par des accords de branche comme assureurs de cette branche.

Initialement, la généralisation de la complémentaire santé, prévue par la loi du 14 juin 2013, devait abonder ce système en permettant aux branches professionnelles d’imposer un seul assureur (qui aurait « touché le gros lot ») par branche. Mais le Conseil Constitutionnel s’y est opposé par sa décision du 13 juin 2013, au nom de la libre concurrence.

Un violent conflit qui dure depuis plusieurs années

Le système de la désignation a commencé à devenir problématique lorsque certains acteurs du marché comme AG2R ont décidé d’en abuser pour accélérer artificiellement leur développement. À cette fin, AG2R a notamment multiplié les clauses de migration obligatoire dans les désignations.

La désignation consiste à désigner un assureur unique en santé ou en prévoyance pour l’ensemble d’une branche en interdisant aux entreprises de celles-ci de chercher un contrat moins cher ou plus avantageux que celui négocié par la branche elle-même.

La migration obligatoire oblige une entreprise de la branche a dénoncé un contrat santé ou prévoyance, même si elle l’a négocié avant la conclusion de la désignation. Cette dénonciation est obligatoire même si le contrat de l’entreprise est plus avantageux que le contrat de branche.

Depuis de nombreuses années, une série de contentieux a déchiré le paysage de la protection sociale complémentaire pour savoir si ce système était conforme au droit de la concurrence et au droit communautaire.

Les boulangers et la désignation

La boulangerie fait partie des branches où le recours obligatoire à un assureur unique (en l’espèce AG2R) a suscité les conflits les plus violents. Ceux-ci mêlent haines électorales au sein de la Confédération Nationale de la Boulangerie et conflits d’intérêt.

L’interview de Jean-Pierre Vallon, à Voiron, le rappelle:

Dans la pratique, c’est en 2007 que la Fédération des Boulangers a décidé de désigner AG2R comme assureur unique et obligatoire de la branche, avec un contrat dont le prix était jugé exorbitant par tous les connaisseurs du marché.

Comme l’indique Jean-Pierre Vallon, AG2R s’est livré à une véritable guerre juridique pour obliger les quelques centaines de boulangers (sur un total de plus de 25.000) qui avaient préféré un contrat plus avantageux à obéir à la désignation.

Les désignations et la question des conflits d’intérêt

Les jeux troubles qui ont entouré cette affaire sont au demeurant bien connus, au moins pour leur aspect le plus superficiel. Dans le cas de la boulangerie, l’accord qui a désigné AG2R comme assureur unique de la branche en santé (soit un marché annuel d’environ 300 millions d’euros) date de 2007. Il avait été négocié par Jean-Pierre Crouzet, président de la Confédération Nationale des Boulangers.

Pour comprendre le lien entre le financement syndical et les désignations, relisez mon article sur le sujet.

Le même Jean-Pierre Crouzet était alors administrateur d’Isica Prévoyance, l’institution de prévoyance membre du groupe AG2R qui gérait et gère le contrat des boulangers. Deux ans plus tard, en 2009, Crouzet est devenu président de l’Isica. Bref, le fournisseur et le client étaient les mêmes.

Sans surprise, on trouve donc sur le site de la Confédération un très bel encart publicitaire en faveur d’AG2R:

financement syndical

Elle est pas belle la vie?

Une lutte farouche contre les désignations

Face à l’accélération déraisonnable de ce système à la fin des années 2000, la résistance s’est organisée, et les contentieux ont commencé à fleurir dans un climat délétère. Longtemps tenus en échec par une jurisprudence communautaire en apparence défavorable, les adversaires de la désignation ont remporté quelques victoires majeures.

Le 29 mars 2013, l’Autorité de la Concurrence pointait la violation du droit de la concurrence par ce système de désignations. Le 13 juin 2013, le Conseil Constitutionnel affirmait que la liberté de l’entreprise était bafouée dès lors que le chef d’entreprise devait souscrire obligatoirement à un contrat qu’il n’avait pas négocié. Une décision préjudicielle de la Cour de Justice de l’Union Européenne du 17 décembre 2015 déclarait également qu’une désignation était contraire au droit communautaire si elle n’était pas précédée d’une publicité adéquate.

La décision du Conseil d’Etat

L’arrêt du Conseil d’Etat du 8 juillet 2016 a franchi un cap supplémentaire dans ce conflit juridique, en posant de façon claire une phrase qui clôt un important débat:

il ressort des pièces du dossier que le montant annuel des cotisations des employeurs et des salariés à ce régime est de l’ordre de 70 millions d’euros, soit 350 millions d’euros sur la durée de l’avenant ; qu’eu égard à l’importance du montant des cotisations et des prestations en jeu, à la taille nationale du marché considéré et à l’avantage que représente la désignation pour proposer d’autres services d’assurance, l’octroi du droit de gérer ce régime présente, en dépit de la nécessité pour les entreprises intéressées de s’adapter aux contraintes réglementaires existantes, un intérêt transfrontalier certain ; que, d’ailleurs, dans son arrêt C-437/09 du 3 mars 2011, la Cour de justice de l’Union européenne a estimé que si AG2R Prévoyance devait être regardée comme une entreprise exerçant une activité économique en tant qu’elle gère le régime de remboursement complémentaire de frais de soins de santé du secteur de la boulangerie artisanale française, ce qui est vérifié en l’espèce, elle détiendrait un monopole sur une partie substantielle du marché intérieur

La dernière phrase de la citation est importante. Elle souligne bien toute la dimension que prend désormais le dossier. Dans son arrêt, le Conseil d’Etat reconnaît qu’AG2R exerce une activité économique concurrentielle, et qu’à ce titre, la position monopolistique doit être combattue.

Voilà qui sent le roussi pour le financement syndical.

Le financement syndical après les désignations

Tout l’enjeu est aujourd’hui de savoir quelle sera la riposte syndicale sur ce sujet. La loi de financement de la sécurité sociale pour 2017 comportera probablement une ou deux dispositions qui devraient chercher à sauver les meubles.

Il n’en demeure pas moins que, en l’état du droit, une époque bénie pour le financement syndical risque bien de disparaître.

Terrorisme: Merkel rétablit la PropagandaStaffel

On s’en délecte! Dans le genre PropagandaStaffel pour traiter l’information du public en matière de terrorisme, Angela Merkel a convoqué les vieux démons allemands qui démontrent, une fois de plus, que les gouvernants français ne sont que des comiques dans l’art officiel de mentir.

Une vague de terrorisme en Allemagne…

Rappelons quand même quelques faits simples, évidents, incontestables.

Le 18 juillet, un réfugié afghan attaque les passagers d’un train, en Bavière, avec une hache. Il blesse gravement quatre personnes. L’acte est revendiqué par Daesh.

Le 22 juillet, un jeune germano-iranien tue neuf personnes à Munich, à coups de revolver Glock.

Le 24 juillet, un réfugié syrien poignarde, dans le Bade-Wurtemberg (sud de l’Allemagne), trois personnes, dont une femme qui décède.

Le 24 juillet toujours, un autre réfugié syrien se fait exploser à Ansbach, toujours en Bavière. L’attentat fait douze blessés, dont trois graves.

… que les autorités allemandes ne veulent pas voir

À la manière des autorités françaises au début des vagues terroristes, les autorités allemandes se livrent à une grande oeuvre de déni face aux évidences. Le cas de la fusillade de Munich, par exemple, est très instructif.

À peine la fusillade a-t-elle eu lieu que les pouvoirs publics allemands ont entrepris une opération de propagande: rassurer la population en expliquant qu’il ne s’agissait pas d’un attentat terroriste. La France a testé pour nous, avec sa théorie des loups solitaires dépressifs qui agissent sur un coup de tête.

Quelques jours avant Munich, le gouvernement français nous servait la même soupe: un dépressif isolé à tuer à Nice. Des journaux comme Libération s’en sont abreuvé. Puis, l’enquête montre qu’on a cherché à ne pas se faire peur. Finalement, on découvre que le grand dépressif préparait son coup depuis des mois et bénéficiait de nombreuses complicités.

Le même mécanisme se met en marche en Allemagne, où le jeune terroriste, d’abord qualifié de maniaque déséquilibré d’extrême-droite admirateur de Breivik et victime de harcèlement de ses petits camarades, a agi avec préméditation. On découvre maintenant que la police allemande arrête un probable complice du tueur de Munich, un Afghan âgé de 16 ans.

On peut prendre les paris: on s’apercevra dans quelques semaines que le tueur de Munich a été grossièrement instrumentalisé par les milieux islamistes pour tuer.

Merkel prise au piège de sa politique

On comprend pourquoi le gouvernement allemand, CSU comprise, a besoin de nier les évidences: les « réfugiés » qui sont liés à ces attentats lorsqu’ils ne les perpètrent pas eux-mêmes sont une bombe à retardement. Lorsqu’Angela Merkel a décidé de remplacer les flux d’immigrés balkaniques par des Syriens et autres, elle a pris une responsabilité probablement mal mesurée. Les loups sont, cet été-là, entrés dans la bergerie.

Pour comprendre la politique migratoire de Merkel, lire mon article de l’an dernier sur le sujet.

Reconnaître que ce choix fut mortifère est aujourd’hui très difficile. Il signerait une débâcle de la CDU-CSU aux prochaines législatives. Même en Allemagne, le calcul politicien est au coeur du pouvoir.

La piste turque tient toujours

Certains se demanderont pourquoi les islamikazes infiltrés il y a parfois plus d’un an en Allemagne à l’occasion de la grande hémorragie migratoire ont mis autant de temps à passer à l’acte.

Personne ne dispose aujourd’hui d’une réponse sûre. Mais mes lecteurs savent que je penche pour une explication très pragmatique que la réalité corrobore à ce stade: les islamikazes sont les bras armés d’Erdogan en Europe, qui les utilise pour déstabiliser nos démocraties. Et comme par hasard, cette vague d’attentats mal préparés survient immédiatement après qu’Angela Merkel a déclaré refuser définitivement l’entrée de la Turquie dans l’Union.

Lire mon article sur l’origine turco-saoudienne des attentats.

Le douloureux temps du réveil

L’Allemagne doit désormais entreprendre le même douloureux travail que le nôtre: celui du réveil. Ah! qu’il était doux et bon de s’imaginer à l’abri du terrorisme. Et comme il est pénible de comprendre qu’on en devient une cible, qu’il peut frapper partout.

Dans ce cheminement, le gouvernement allemand semble bien décider à freiner des quatre fers pour des raisons purement politiciennes. Et pour y arriver, une impressionnante machine de propagande interne se met en place.

Réjouissons-nous de tout cela! même avec des équipements perfectionnés pour sa police politique appelée DCRI, et des millions d’argent public déversés chaque année sur des médias aux ordres, la France reste, par rapport à l’Allemagne, un grand pays de liberté et de transparence.

L’attentat de Nice en passe de devenir une affaire d’Etat

Après l’attentat de Nice, ça craint méchamment du boudin pour Bernard Cazeneuve, lampiste officiel de François Hollande et de Manuel Valls. Même les petits cire-pompes du régime comme Slate, le site de Jacques Attali, sont en train de le lâcher en plein vol et sans parachute. L’atterrissage risque d’être douloureux!

Mais que s’est-il passé après l’attentat de Nice?

Petit à petit, c’est un imbroglio officiel qui se dessine – un de plus diront les mauvaises langues! pour une majorité parlementaire dont la cacophonie est une marque de fabrique. Il devient d’ailleurs de plus en plus difficile de comprendre ce qui s’est passé dans les heures qui ont suivi l’attentat.

Ce qui est acquis, à ce stade, est que les caméras de vidéosurveillance ont bien fonctionné à Nice, et qu’elles regorgent d’images de l’attentat. Le spectacle est si convainquant que François Hollande s’en est fait personnellement envoyer une copie du best-of le samedi qui a suivi la tragédie. Dès le week-end suivant le drame, l’Elysée pouvait donc constater l’épaisse différence entre les propos soutenus par son ministre de l’Intérieur (qui a toute sa confiance) et la réalité.

Dans la foulée, la Sous-Direction de l’Anti-Terrorisme (SDAT) a envoyé deux policiers auprès de Sandra Bertin, chef du centre de supervision urbain de la ville de Nice, pour regarder les images. La SDAT, sous le contrôle du Parquet (donc de François Molins), a demandé à Sandra Bertin de rédiger un rapport sur le dispositif présent ce soir-là, puis a demandé la destruction des images.

Les accusations de Sandra Bertin

Selon Sandra Bertin, cette opération a essentiellement visé à dissimuler la vérité sur les carences de la police nationale au moment de l’attentat, et à empêcher de les démontrer. Elle soutient que le cabinet du ministre lui-même a fait pression pour maquiller les faits. Voici ses propos:

« Le lendemain des attentats, le cabinet du ministre de l’Intérieur a envoyé un commissaire au CSU (centre de supervision urbain) qui m’a mise en ligne avec la Place Beauvau », raconte Sandra Bertin (…).

La chef du CSU dit avoir « eu affaire à une personne pressée qui m’a demandé un compte-rendu signalant des points de présence de la police municipale, les barrières, et de bien préciser que l’on voyait aussi la police nationale sur deux points dans le dispositif de sécurité ». (…)

« Je lui ai répondu que je n’écrirais que ce que j’avais vu. Or la police nationale était peut-être là, mais elle ne m’est pas apparue sur les vidéos. Cette personne m’a alors demandé d’envoyer par e-mail une version modifiable du rapport, pour +ne pas tout retaper+. J’ai été harcelée pendant une heure, on m’a ordonné de taper des positions spécifiques de la police nationale que je n’ai pas vues à l’écran. A tel point que j’ai dû physiquement renvoyer du CSU l’émissaire du ministère! », poursuit Mme Bertin.

« J’ai finalement envoyé par e-mail une version PDF non modifiable et une autre modifiable. Puis, quelques jours plus tard, la sous-direction antiterroriste m’a demandé d’effacer les bandes des six caméras que j’ai mentionnées dans mon rapport, celles qui ont filmé la tuerie. On nous a demandé, pour les besoins de l’enquête, d’extraire huit jours de bande sur 180 caméras. Et maintenant il faudrait en effacer certaines pour empêcher leur diffusion au public », ajoute-t-elle.

Voilà qui commence à faire sérieusement tache. Entre les demandes de trucage des positions et l’ordre de détruire les images en possession de la ville de Nice, on dirait que le Parquet n’est pas très loin de l’affaire d’Etat.

À ce stade, on notera que François Molins prend sur lui la responsabilité de ces demandes. Son insistance montre bien dans quel pétrin se trouve l’Elysée, et comment François Hollande multiplie les pare-feux pour éviter la contagion de l’incendie jusqu’au Château.

Cazeneuve patauge dans la salade niçoise

Pour Bernard Cazeneuve, à qui la clique socialiste a redit sa confiance et son amitié, comme un avant-goût de discours mortuaire, la situation va vite devenir intenable. Toujours psychorigide, notre brillant ministre de l’Intérieur a organisé son propre piège: il a déposé plainte pour diffamation contre la fameuse Sandra Bertin. Voilà ce qui s’appelle se tirer une balle dans le pied.

En effet… c’est donc un magistrat du siège qui va devoir jugé si oui ou non les accusations de la policière municipale contre le Parquet sont justifiées. Et le plaignant n’est autre que le ministre de l’Intérieur lui-même. Dans le remake de David contre Goliath, du gentil pot de terre face au méchant pot de fer, cette affaire devrait trouver une place digne d’Hollywood.

On s’amuse par avance des polémiques que la mairie de Nice pourra lancer à foison contre l’alliance des puissants qui veut étouffer une vérité qui la dérange. Personne ne sait quel peut-être l’abruti qui a proposé à Cazeneuve d’apporter une réponse judiciaire à l’attaque, mais il mérite en tout cas une médaille de premier ordre.

Ajoutons que dans le bourbier niçois où Cazeneuve saute à pieds joints, Sandra Bertin est aussi déléguée syndicale. Tous les ingrédients sont donc réunis pour un enlisement du ministre dans les sables mouvants. Même un bleu n’aurait pas agi de la sorte.

L’imposture Cazeneuve démasquée

Si Cazeneuve fait propre sur lui et se montre docile aux intérêts du gouvernement profond, son imposture apparaît de façon grandissante.

On se souvient ici de ses dénis sur l’affaire de Sivens, de sa façon de manquer d’empathie pour les victimes, de cette froide hostilité pour tous ces gêneurs qui demandent une police au service du citoyen. Mais, à l’époque, Cazeneuve faisait peur aux medias qui se sentaient obligés de lui cirer les pompes. L’exercice est de plus en plus difficile à mener.

Tant que les attentats du 13 novembre n’étaient pas survenus, on pouvait encore ranger dans la catégorie paranoïaque de « complotistes » tous ceux qui pointaient les circonstances troublantes de l’attentat contre Charlie Hebdo ou contre l’Hyper Casher. Depuis le 13 novembre, à mesure que les mois passent, cette disqualification des esprits critiques est de plus en plus difficile à justifier.

Cazeneuve ne l’a pas compris, et a continué à sortir ses salades comme si de rien n’était après l’attentat de Nice.

Le 16 juillet, Cazeneuve annonçait ainsi à la presse que l’auteur de l’attentat de Nice s’était radicalisé rapidement. Le Parquet (indépendant du pouvoir, bien entendu) était en charge de l’affaire, mais c’est le ministre de l’Intérieur qui commente le dossier. Pour dire une bêtise puisque, dès les premières heures, les enquêteurs comprenaient que le terroriste préméditait son acte depuis plusieurs mois.

Le 21 juillet, Cazeneuve accusait Libération de « complotisme », après des révélations sur les failles de la police. Le voilà, l’argument! tous ceux qui demandent des comptes à la police sont des complotistes.

Cette fois-ci, Cazeneuve devrait avoir droit au repas qu’il mérite: il mangera son chapeau. Et, souhaitons-le pour tous ceux qui en ont assez de cette caste au pouvoir pleine de morgue, il démissionnera.

Jean-Marie Le Guen bientôt conseiller d’Erdogan?

Jean-Marie Le Guen a commis, sur RTL, un nouvel argument, bien au-delà du sophisme habituel. Jusqu’ici, l’équipe Hollande s’était contentée de dire que demander des comptes à l’Etat sur sa gestion du terrorisme était une atteinte à l’unité nationale. Ce sophisme bien connu des rhétoriciens est d’ailleurs le discours que l’on tient d’ordinaire lorsqu’on n’a plus rien à dire.

Cette fois, Le Guen a franchi une sorte de mur du son dans le déni de démocratie en expliquant:

« Je veux bien qu’on aille sur ce terrain-là, mais dans ce cas, il n’y a plus d’État de droit dans le pays. Si un certain nombre de journalistes, de commentateurs, de responsables politiques mettent en cause le fonctionnement de la justice et des services administratifs de l’État, alors c’est une thèse qui est extrêmement dangereuse pour la démocratie » a estimé Jean-Marie Le Guen.

Le Guen, bonimenteur en chef de l’exécutif

L’équation est amusante: mettre en cause le fonctionnement de l’Etat, c’est contraire à la démocratie. Autrement dit, la démocratie, c’est obéir à l’Etat et ne lui demander aucun compte. La tyrannie survient au contraire quand les citoyens se mettent à critiquer l’Etat et ne plus lui obéir.

On rappellera juste les articles 14 et 15 de ce monument de tyrannie qu’est la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, qui brisa le très démocratique Ancien Régime et sa merveilleuse monarchie absolue:

Art. 14. –

Tous les Citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d’en suivre l’emploi, et d’en déterminer la quotité, l’assiette, le recouvrement et la durée.

Art. 15. –

La Société a le droit de demander compte à tout Agent public de son administration.

Allez, Jean-Marie, relis ce texte! puisque tu semblez l’avoir oublié.

Le Guen bientôt conseiller d’Erdogan?

Au rythme où il va, Le Guen pourra en tout cas retrouver un job en or en juin 2017, s’il devait ne pas être réélu. Avec sa conception brillantissime de la démocratie, il sera sans doute recruté à prix d’or par Erdogan. Le président turc a en effet un besoin urgent d’esprits éclairés pour le guider dans la vie de tous les jours.

Manifestement, Erdogan était trop enclin à la tyrannie et a laissé trop de libertés aux ennemis de la démocratie. Voilà qui lui a donné chaud au popotin et a failli lui coûter une destitution par l’armée. Heureusement, la démocratie reprend provisoirement son cours en Turquie, avec des milliers d’arrestations dans les milieux fascistes et plus de 10.000 confiscations de passeport, en attendant mieux.

Manifestement, Erdogan aura besoin de grands démocrates comme Le Guen pour rétablir durablement la démocratie et interdire à tous les fascistes de critiquer l’Etat.

Le Guen, symptôme de la réaction nobiliaire en France

Donc, un ministre de la République peut, sans démissionner dans la minute, expliquer que la démocratie, c’est ne pas critiquer l’Etat. Après l’avalanche d’insultes et de haine contre le suffrage universel à l’issue du referendum britannique, la classe politique française franchit une nouvelle étape dans son dévoilement. Elle ne se cache plus pour dire que, selon elle, la démocratie consiste à ne pas critiquer la classe dirigeante. Et que toute critique contre la classe dirigeante est la manifestation de la tyrannie.

Sous l’Ancien Régime, cette inversion des vérités s’était appelée la réaction nobiliaire. Menacée par une société nouvelle, l’aristocratie française, dans les années 1770 et 1780, s’était raidie sur ses privilèges en vilipendant le tiers état.

Merci, Jean-Marie, d’illustrer aussi parfaitement la nouvelle réaction nobiliaire.

 

L’hôpital public paie beaucoup mieux ses salariés que le privé

L’hôpital français est-il mal géré? En particulier, a-t-il une politique salariale globalement généreuse pour une productivité trop faible de son personnel? C’est que le panorama annuel de la DREES sur les établissements de santé en France laisse entrevoir.

L’hôpital public malade de sa politique salariale?

Mettons les pieds dans le plat: la politique salariale de l’hôpital public paraît singulièrement déséquilibrée et sous-optimale.

hôpital

Comme on le voit, la différence moyenne de salaire entre les hôpitaux publics et les cliniques privées lucratives est d’environ 10% au bénéfice des salariés de l’hôpital public. Une fois de plus, ce sont les personnels qui bénéficient de la garantie de l’emploi qui perçoivent les rémunérations les plus élevées.

Sur l’ensemble des catégories de personnel, ces différences se vérifient, sauf sur les cadres de direction où les cliniques privées font le choix de rémunérer leurs managers environ 15% de plus que dans le public.

Cette situation paradoxale crée un différentiel symptomatique. Dans le public, la différence entre la rémunération moyenne des cadres administratifs et celle des médecins s’élève à près de 16.000 euros annuels. Autrement dit, un médecin de l’hôpital public gagne en moyenne 33% de plus que son directeur général. Dans le privé, les managers sont mois payés que les médecins, mais ce différentiel est réduit à moins de 10% et tend à l’égalité.

L’élitisme médical de l’hôpital public en cause?

Si l’hôpital public paie moins bien ses médecins que les établissements privés à but non lucratif, il n’en reste pas moins qu’il leur accorde une situation extrêmement privilégiée. Un médecin de l’hôpital public gagne, en moyenne, 5.000 euros de plus qu’un médecin d’une clinique privée.

Cette situation un peu inattendue pose probablement un sujet de fond: l’hôpital public perd-il de la rentabilité et de l’efficacité en accordant trop de poids aux médecins et en minorant la fonction managériale? Le sujet mériterait d’être approfondi.

Terrorisme: l’histoire de l’Europe s’accélère

Article écrit pour atlantico, mis à jour le 23 juillet à 8h20.

L’histoire de l’Europe connaît en ce moment même une accélération comme on en connaît rarement au cours d’une génération. Il est trop tôt, bien sûr, pour en comprendre le sens et la nature, et pour en anticiper l’orientation finale. Et il est malheureusement très probable que la tragédie ne fasse que commencer.

Pas de répit après le Brexit

Assez curieusement, c’est par la démocratie même que la démocratie européenne a connu l’un de ses premiers bouleversements historiques. Avec le Brexit, l’Europe s’est réveillée brutalement d’un rêve heureux. Et soudain, elle a compris qu’elle avait mangé son pain blanc.

Désormais, les peuples ne dissimulent plus leur sentiment d’un excès d’inconvénients de l’Union Européenne qui surpasse la masse de ses avantages. L’Europe, cette évidence d’hier, cette grande allée toute droite dans le destin des peuples et de la civilisation, est devenue un labyrinthe incertain.

Et puis le terrorisme revient.

Nice et l’agonie du multiculturalisme

Après l’attentat de Nice, la réaction des populations s’est faite incertaine. Le « pas d’amalgame » semble avoir vécu. Les langues se délient. La prise de conscience se fait. Les mots viennent pour dire les choses qui dérangent. Le projet politique de l’Islam est interrogé. La capacité de l’Etat à assurer la sécurité est passée au crible. L’idéologie de l’unité à tout prix ne prend plus.

Rapidement, chacun sent bien que nous sommes à un tournant de notre histoire. Peu à peu, le sanglot de l’homme blanc s’assèche et fait place à une réaction identitaire encore timide, mais prometteuse: la civilisation européenne doit résister à la barbarie. Elle doit affirmer ses valeurs, ne plus céder de terrain. Et ceux qui s’y installent doivent les accepter.

Munich et ses inconnues

La tuerie dans un centre commercial de Munich n’a pas fini de produire ses effets. Pendant un temps, l’Allemagne a cru que trois hommes au moins y avaient passé la nuit après avoir tiré sur la foule. Les Allemands s’éveillent dans un univers où la tragédie peut se reproduire partout.

Quel impact cet épisode de peur peut-il avoir sur la lecture que les Allemands feront de l’ensemble européen? de la coopération communautaire? Personne ne le sait encore, mais la réaction pourrait être terrible. Au-delà des antiennes répétées par les germanophiles en France sur le mode « les Allemands ont changé », personne en réalité ne peut savoir si ses démons se réveilleront ou non.

L’Europe va-t-elle se réveiller?

D’une certaine façon, cette tragédie est une forme contemporaine d’ordalie, cette administration de la preuve prévue par le droit franc et germanique qui consistait à mettre une barre de fer rougi dans les mains du suspect pour lui faire avouer ses vérités. La tragédie du terrorisme, c’est l’épreuve de la conscience européenne.

L’Europe est-elle un idéal d’intellectuels et de technocrates animés par des vues théoriques coupées des réalités? Ou bien est-elle un présent vivant, un enjeu pour ses peuples? Ceux-ci exigeront-ils que l’Europe réagisse de façon concertée à la menace qui pèse sur elle? Les peuples demanderont-ils une transformation en profondeur du projet européen: moins de bureaucratie, plus d’action et de sécurité?

Les semaines à venir le diront.

L’Europe, au bord du gouffre, doit se réveiller

Incidemment, l’Europe n’a plus guère le choix. La construction communautaire, avec son cortège de bureaucrates, a endormi l’esprit combatif des Européens. Ce sont pourtant eux, les Européens de la rue, qui seront les derniers remparts contre la menace qui pèse désormais.

Il existe, dans la conscience européenne, une couche basse de la mémoire, une sorte de souvenir des vingt-cinq siècles qui se sont écoulés avant le nôtre. Cette mémoire est celle d’un promontoire prospère niché aux confins du territoire asiatique, ouvert sur un océan tempéré, généreux, où les peuplements ont souvent dû se défendre pour survivre face à de nouveaux arrivants.

Les Européens d’aujourd’hui se souviendront-ils de cet héritage? Le perpétueront-ils? Il le faut et nous devons l’y aider.

L’Europe connaît l’Islam depuis longtemps

D’ailleurs, la relation douloureuse avec l’Islam n’est pas un fait nouveau pour la conscience européenne. L’invasion de l’Espagne, la bataille de Poitiers, puis la menace ottomane, ont rôdé pendant plusieurs siècles la riposte chrétienne au Jihad. Nous avons su nous forger des certitudes et une détermination à agir au cours des siècles.

Certes, cette détermination a parfois pris des chemins détournés ou inverses. Il n’en reste pas moins que l’émergence d’un projet politique islamique sur le territoire européen n’est pas inédit et nous savons que nous pouvons y résister.

Les Européens doivent agir

Cette résistance suppose que l’Europe passe un cap. Celui-ci repose sur l’affirmation d’une conscience européenne, d’une nature aussi ancestrale que nouvelle. Les Européens n’ont plus le choix. Ils doivent tourner le dos à leur idéal d’une construction politique désincarnée, abstraite, et pacifique. Ils doivent assumer la tragédie d’habiter un appendice prospères aux confins d’un monde misérable.

Les Européens doivent oublier la construction communautaire et retrouver la mémoire durable d’un vrai projet continental, fondé sur le respect des libertés individuelles et sur la préservation de leur modèle de développement. Nous savons aujourd’hui que nous préférons le défendre dans la paix, mais que les rumeurs de la guerre commencent à nous parvenir.

Merkel plante Erdogan et récolte un carnage

Erdogan est-il le grand Manitou du terrorisme qui a frappé la France, et qui frappe maintenant l’Europe Occidentale? Il y a quelques mois, j’avais déjà évoqué cette hypothèse. L’attentat en cours à Munich permet une fois de plus de soulever la question.

Terrorisme: au tour de l’Allemagne

En quelques jours, l’Allemagne, qui a longtemps fait des mamours à Erdogan, se retrouve avec des attentats sur les bras.

Au lendemain de la tentative de coup d’Etat en Turquie, c’est un Afghan de 17 ans qui s’est attaqué à des passagers, dans un train, avec une hache (opération revendiquée par Daesh). Aujourd’hui, c’est la ville de Munich qui est transformée en champ de tir. Épargnée (curieusement) jusqu’ici par les attentats, l’Allemagne semble maintenant être une cible de premier ordre.

La veille, Merkel plante Erdogan

On ne nous en voudra pas de faire un parallèle avec une information incidente, mais qui corrobore une hypothèse tentante. Ce jeudi, Angela Merkel a plaidé pour une interruption des pourparlers d’adhésion de la Turquie dans l’Union.

Dans cet ordre d’idée, c’est le leader de la CSU, Horst Seehofer, qui s’est montré le plus virulent. La CSU est la branche bavaroise de la CDU, le parti de Merkel. Et la fusillade éclate en Bavière…

Des enchaînements troublants

En reprenant le cours totalement fou de l’histoire européenne depuis une semaine, c’est-à-dire depuis son extravagante accélération, les esprits raisonnables ne peuvent évidemment manquer de se poser quelques questions sur des « suites » étonnantes.

Le 13 juillet au matin, la consule de France à Istanbul annonçait la suppression des festivités du 14 juillet pour des « raisons de sécurité ».

Dans la foulée, les missions françaises en Turquie – ambassade de France à Ankara et consulat général – ont été fermées mercredi pour des raisons de sécurité, a annoncé l’ambassade de France.

L’annulation de la célébration de la fête nationale française dans les trois plus grandes villes de Turquie constitue une première, selon une source consulaire.

Le 13 juillet au soir, un attentat, dont on sait maintenant qu’il était prémédité de longue date, frappait Nice.

Le 14 juillet, une tentative de coup d’Etat avait lieu en Turquie. Erdogan n’a pas tardé à accuser des pays étrangers d’avoir fomenté cette opération. La France avait-elle fermé son ambassade en prévision de ce coup d’Etat? Erdogan était-il prévenu de sa préparation? Nul ne le sait encore.

Le 16 juillet, Jean-Marc Ayrault (qui est notre ministre des Affaires Étrangères) affirmait ouvertement ses doutes sur le soutien que la Turquie apportait à Daesh.

Erdogan a-t-il favorisé des arrivées massives de terroristes?

Rappelons en outre que, quelques jours avant ces événements funestes, une réunion a eu lieu à Moscou, notamment avec le Mossad, sur des infiltrations massives de terroristes armés par la frontière azérie et géorgienne. Une carte de la région montre que ces mouvements peuvent difficilement s’opérer sans que la Turquie ou l’Iran ne les soutiennent.

Erdogan

Il est évidemment trop tôt pour porter des affirmations implacables. Mais des indices concordants laissent en tout cas penser que le terrorisme que nous connaissons en Europe n’est non seulement pas étranger à la situation politique intérieure turque, mais même qu’il en constitue une forme d’exportation.

Les fonctionnaires gagnent 20% de plus que les salariés

L’INSEE vient de produire une étude sur le salaire des fonctionnaires qui mérite d’être lue attentivement pour en comprendre le sel. Elle révèle en effet que les titulaires de la fonction publique ont vu leur rémunération augmenter de 1,5% entre 2013 et 2014.

La fausse baisse des fonctionnaires

L’étude de l’INSEE tente une sorte d’enfumage en annonçant un chiffre largement repris par une partie de la presse: le salaire des fonctionnaires aurait baissé. En fait, ce chiffre concerne l’ensemble des agents publics, y compris les innombrables cargaisons de CDD qui alimentent chaque jour les flots de recrutement public.

Il est à noter que ces légions de précaires bénéficient de rémunérations qui sont globalement à la baisse et dissimulent la situation des fonctionnaires placés sous statut.

La vraie hausse des fonctionnaires titulaires

Si l’on analyse l’évolution de la rémunération des fonctionnaires titulaires, la réalité devient très différente. Voici les éléments donnés par l’INSEE:

fonctionnaires

Le tableau montre clairement que le salaire net moyen des fonctionnaires augmente en réalité de 1,6% (avec une inflation de 0,5%) pour atteindre 2.702€. La hausse est particulièrement forte en catégorie C, avec une pointe de 2,1%, qui accroît le différentiel entre salariés du privé et salariés du public à niveau hiérarchique équivalent.

La hausse est encore plus forte dans les établissements publics administratifs, ces « filiales » du service public, qui connaissent une hausse de 2%.

Alors que les salariés du privé en place chez le même employeur durant deux années consécutives gagnent en moyenne 2.330 euros nets par mois, cette rémunération grimpe donc à 2.702 euros nets, soit un différentiel de 472 euros mensuels. Soit un différentiel de 20%.

Ces petites nuances statistiques ne manqueront pas d’alimenter les polémiques à l’approche d’une année électorale où les fonctionnaires devraient faire l’objet de toutes les attentions de la part de la majorité parlementaire actuelle.

Comment Hollande carbonise Cazeneuve

On adore! C’est du travail de pro! Hollande, qui n’a jamais exercé la moindre responsabilité en France avec une réussite simplement minimal, excelle dans un et un seul art: celui de carboniser les lampistes pour garder les mains propres. Un art qui demande des pré-dispositions certaines, qu’il a parfaites à l’ENA puis au Parti Socialiste!

Hollande a mesuré la catastrophe de Nice

Pour Hollande, l’attentat de Nice constitue une bien méchante épine dans le pied. Pendant que son second couteau Cazeneuve expliquait avec la constance du professeur de catéchisme: « Il n’y a pas de faille dans notre dispositif, seuls les complotistes disent le contraire », François le bien coiffé était pris d’un doute. Et si les flics qui broutent la moquette de Cazeneuve avaient menti? Et si Estrosi avait raison? si les policiers nationaux avaient vraiment tiré au flanc à Nice ce soir-là?

Comme le révèle le Figaro, Hollande s’est fait envoyer dès samedi les images de la vidéosurveillance sur la Promenade des Anglais. Il sait, donc, ce qui s’est passé ce soir-là. En tout cas, il est l’un des mieux informés en France sur le sujet.

Hollande a-t-il demandé la destruction des images?

Comme l’indique encore le Figaro, la sous-direction anti-terroriste (SDAT) a demandé, dans la foulée de cette transmission, la destruction des épreuves. Une réquisition officielle a exigé des services de la ville de Nice une destruction des images tournées le 13 juillet par les caméras municipales.

Détruire des preuves? Il est très probable que la SDAT n’ait pas formulé cette demande sans une instruction écrite en très très haut lieu. Un scandale d’Etat commence.

Cazeneuve et Valls étaient-ils au courant de cette demande? Tout laisse à penser que non, car on voit mal pourquoi ils auraient maintenu un tir de barrage face à l’opposition avec aussi peu de munitions dans leur besace. Le plus vraisemblable est que Hollande, dès dimanche, ait compris que sa seule chance de survie face à l’ignoble incompétence de la préfectorale et de la police, était d’attirer les foudres de l’opinion sur Cazeneuve et Valls.

En douce, il a donc décidé de les laisser se débattre dans leurs sables mouvants.

Hollande fera-t-il payer les lampistes?

En tout cas, une explication est enfin donnée. On se demandait pourquoi un Cazeneuve, qui n’est pas énarque, pouvait afficher autant de morgue pour un bilan aussi nul. Et surtout, cette espèce de balai qu’il s’enfonce toujours bien droit avant de parler à la télévision, rien que pour égrener d’un ton docte des banalités affligeantes. Pourquoi avoir supporté tout cela pendant autant de temps?

Parce que, nous le savons maintenant, il était l’invité permanent du dîner de cons organisé par François Hollande.

Bernard Cazeneuve a désormais une mission officielle, la suprême, celle qui lui va d’ailleurs comme un gant: jouer le rôle de paratonnerre à fèces pour son Président adoré. C’est si bon, mon doux et bon maître!