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Lutte contre le terrorisme ou lutte contre les citoyens?

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Lutte contre le terrorisme, que de crimes on commet en ton nom! les positions de Bernard Cazeneuve sur les messageries chiffrées viennent d’en donner une nouvelle illustration. D’une manière générale, notre psychorigide ministre de l’Intérieur reste fidèle à la ligne du gouvernement profond qui veut que, pour protéger les libertés des fichés S, on mette en péril les libertés de tous les citoyens honnêtes.

La lutte contre le terrorisme passe par l’Europe

Le psychorigide Cazeneuve ne se sent plus pisser. Alors que tout le monde peine à trouver une idée pour relancer l’Europe, il a apporté son écot de sérieux et de tyrannie pour sauver notre glorieuse Union, synonyme de paix et de démocratie: légiférer pour obliger les opérateurs à livrer le secret des conversations sur les messageries cryptées.

Il suggère que « la Commission européenne étudie la possibilité d’un acte législatif pour rapprocher les droits et les obligations de tous les opérateurs »

Rapprocher les droits et les obligations! ça sonne comme un bruit de botte dans une caserne.

Le couple franco-allemand ressuscité

Comble d’ironie, Cazeneuve recevait son homologue allemand, Thomas de Maizière, pour en parler. Les deux compères de la collaboration franco-allemande (elle n’a plus rien de honteux depuis le traité de l’Elysée) se sont même offert le luxe d’une conférence de presse commune à l’issue de leur partie de belote sous les lambris de la République, pour déclarer:

« Nous proposons donc aujourd’hui, avec Thomas de Maizière, que la Commission européenne étudie la possibilité d’un acte législatif rapprochant les droits et les obligations de tous les opérateurs proposant des produits ou des services de télécommunications ou Internet dans l’Union européenne, que leur siège juridique soit ou non en Europe. Si un tel acte législatif était adopté, cela nous permettrait, au niveau européen, d’imposer des obligations à des opérateurs qui se révéleraient non coopératifs, notamment pour retirer des contenus illicites ou déchiffrer des messages, exclusivement dans le cadre d’enquêtes judiciaires ».

Ach! So! Nous foulons les moyens de les faire parleeeerrrr! Mais comme le souligne l’excellent Guillaume Champeau de Télérama, on voit mal ce que cette invocation à la pluie cache concrètement.

Le psychorigide Cazeneuve mis en garde

La prise de position du psychorigide Cazeneuve ne manque pas de surprendre, tant les mises en garde sont fortes de la part des interlocuteurs autorisés sur ce sujet. Libération a dévoilé cet été une note de l’Agence Nationale de Sécurité des Systèmes d’Information (ANSSI) qui se livre à une charge en règle contre l’introduction de « back doors », de « portes cachées » dans les systèmes de cryptage:

Dans ce document non classifié, l’Anssi ne cache pas ses craintes en cas d’introduction de backdoors qui «aurait pour effet désastreux un affaiblissement des mécanismes cryptographiques employés. Or il est techniquement impossible d’assurer que ce dispositif ne bénéficiera qu’aux personnes autorisées». Autrement dit, pas uniquement à la puissance publique, mais potentiellement aux cybercriminels, voire à des Etats étrangers. En conclusion, Poupard souligne qu’un tel«affaiblissement généralisé serait attentatoire à la sécurité numérique et aux libertés de l’immense majorité des utilisateurs respectueux des règles tout en étant rapidement inefficace vis-à-vis de la minorité ciblée».

On ne peut être plus clair: Cazeneuve, à la demande de nos services de renseignement sur la haute compétence desquels chacun se fera une idée, va rendre Internet aussi discret et confidentiel qu’une conversation dans un café de la place Tien An Men.

Un psychorigide Cazeneuve averti en vaut-il deux?

Manifestement, l’avis autorisé de l’ANSSI n’a pas convaincu le psychorigide Cazeneuve d’envoyer ses services de renseignement aux pelotes (une fois de plus, les fonctionnaires tiennent les politiques, et non l’inverse). D’autres interlocuteurs autorisés y sont donc allés de leur refrain pour expliquer au ministre qu’il utilisait un marteau liberticide pour combattre des moustiques terroristes dans un magasin de porcelaine. On lira sur ce point la tribune commune de la présidente de la CNIL, Isabelle Falque-Perrotin, et de quelques autres, tous en charge par le pouvoir de missions qui les obligent à ne pas garder le silence.

Les grotesques leçons de Cazeneuve sur l’Etat de droit

Pourtant, ces manoeuvres liberticides n’ont pas empêché le même psychorigide ministre de repousser les propositions de l’opposition sur les fichés S, au nom du respect de l’Etat de droit:

« Nous ne pouvons pas sortir de l’Etat de droit pour protéger l’Etat de droit » (Bernard Cazeneuve).

Cazeneuve protège la liberté des fichés S…

Nous revenons ici à l’alternative simple qui se pose depuis que les services de renseignement se montrent incapables de neutraliser systématiquement les fichés S: faut-il ou non procéder à rétention préventive de ceux-ci, à la manière de la IIIè République qui avait exporté les Communards en Nouvelle-Calédonie ou au Maghreb? On a bien compris ici le choix qui est fait au nom d’un prétendu Etat de droit par l’équipe au pouvoir: on ne touche pas, au nom des libertés, aux suspects identifiés comme des nuisances toxiques pour la sécurité nationale.

…en tuant la liberté des honnête citoyens

Si on ne peut sortir de l’Etat de droit lorsqu’il s’agit d’entraver les fichés S, en revanche, lorsqu’il s’agit des citoyens honnêtes, tous les moyens sont bons pour transformer leurs libertés en croquette pour chat. L’opération de Cazeneuve sur les messageries chiffrées le montrent: tuons le secret de celles-ci pour neutraliser quelques personnes, donc, privons tous les citoyens de vie privée, pour épargner celle des suspects avérés. Logique!

Une fois de plus, la lutte contre le terrorisme, confiée aux policiers (comme si la sécurité n’était pas une chose trop sérieuse pour leur être laissée) se transforme en une lutte contre la liberté de tous…

4 commentaires

  1. Citoyen dit

    Ce que Cazevide semble ne pas percuter, est au niveau technique. Pour que les opérateurs aient « envie de collaborer » avec ses services ineptes (si l’envie leur en prenait), il faudrait déjà qu’ils en aient les moyens. Or, il y a bien des méthodes de cryptages, pour lesquelles ils ne peuvent avoir accès au contenu, même avec la meilleure volonté du monde (ce qui ne veut pas dire que les censés terroristes les utilisent …. mais tout de même). Et donc, la seule possibilité qui reste, à ceux à qui il manque des cases, pour donnent l’impression qu’ils servent à quelque chose, serait de dire : à partir du moment où l’on ne comprend pas le contenu d’une transmission informatique, on la supprime…. ça va en faire des enchantés !… à commencer par les militaires ….
    «  »Une fois de plus, la lutte contre le terrorisme, confiée aux policiers (comme si la sécurité n’était pas une chose trop sérieuse pour leur être laissée) se transforme en une lutte contre la liberté de tous… «  »
    Eh oui …. Le principe est aussi débile que le racket sur la route (faut-il s’en étonner ?) … Faute de savoir identifier ceux qui ne savent pas conduire, on tape sur tout le monde de manière indifférenciée …. et on passe à coté du sujet … Donc, concernant les paquets qui se trimbalent sur le net, rien de nouveau.

  2. yoananda dit

    Comment font 2 fichés S pour communiquer au nez et la barbe du gouvernement ?
    Est-ce qu’ils prennent une messagerie cryptée ?
    Ho que non.
    Il passent par les portables de leurs femmes, non surveillées, à cause de l’état de droit …

    La messe est dite.

    De toute manière, le gouvernement a été clair : il va falloir s’habituer aux attentats, car c’est l’état de droit qui prime avant la vie des gens.
    Hé oui, on est en guerre il parait.

    Je ne sais pas combien de temps il faudra aux peuple (disons une certaine masse critique dans le peuple du moins) pour réaliser que l’ennemi c’est l’état et qu’une fois désentravé, la question islamique se réglera toute seule (je n’ai pas dit « dans la joie et la bonne humeur » non plus … mais bon).

    Nous ne sommes plus dans un état de droit de facto (police débordée, justice à 2 vitesses, passe droits pour les riches et les insolvables, enclaves islamiques), il est donc essentiel que la fiction de l’état de droit continue pour que le peuple ne se soulève pas et n’ailles pas couper les têtes des dirigeants stipendiés.
    Je crains que même en n’étant plus aux manettes, ne viennent un temps ou Hollande et sa clique ne soient jugés pour haute trahison. J’espère pour eux qu’ils ont prévu un lieu de fuite hors de la France …

  3. Deres dit

    De toute façon, nos gouvernements socialistes ne résolvent jamais les problèmes qui les font vivre. les attentats permettent à Hollande de prendre sa fameuse posture haut dessus de la mêlée de président de la République. Il est évident qu’il a tout intérêt à que cette situation continue à exister. Idem pour le chômage. Il faut des résultats, mais pas trop, les français sous dépendance étatique complète étant un terreau d’électeurs fertiles en attente d’augmentation de minimums sociaux.

  4. Patrick Stan dit

    O combien j’approuve le commentaire de Yoananda ci-dessus. Tant que les Français de souche ne comprendront pas que l’Etat ne fait rien contre l’islam et que le plus grand ennemi de la France, ce sont ceux qui nous dirigent, les islamistes feront ce qu’ils voudront sur notre sol. Et qu’on ne vienne pas me dire que, parmi les immigrés, les migrants et le reste, il n’y a pas de terroristes. Les « cellules dormantes », vous connaissez ? Et bien, la France chrétienne en est pourrie. Et ce ne sont pas des discours qu’il nous faut ; ce sont des actes. Commençons par renvoyer les immigrés et les migrants dans les pays d’où ils sont venus. Pourquoi ne vont-ils pas chercher refuge dans des pays arabes ? Parce qu’ils sont bien trop choyés en France ! Coupons-leur les vivres, comme disait mon père ….. Plus d’allocations, plus de logements, plus de travail au noir …. la liste est longue. Mais supprimons tout cela ….. et la France redeviendra peut-être ce qu’elle était : un grand Etat.

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