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Fiscalité et croissance: une autre histoire du quinquennat Hollande

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La fiscalité, et singulièrement l’augmentation de la pression fiscale imposée par François Hollande, a-t-elle torpillée l’économie française en 2012 et a-t-elle sapé le début de reprise dont le pays était le témoin? À la lecture du cadrage macro-économique présenté par Sapin et Eckert, la question se pose forcément.

La fiscalité: le coeur d’un programme politique

L’histoire du quinquennat Hollande est d’abord l’histoire d’une augmentation brutale des impôts au nom du « redressement dans la justice ». Beaucoup ont oublié cette formulation grotesque de Jean-Marc Ayrault, mais elle fut pourtant au coeur de son discours de politique générale, en juillet 2012.

« Je viens devant vous chargé d’une mission particulière, celle que m’a confiée le président de la République, qui a fixé notre cap : conduire le redressement de notre pays dans la justice »

On en rit encore, et d’autant plus qu’à ce moment, François Hollande a écarté toute idée de réforme fiscale et abandonne séance tenante, dès son arrivée au pouvoir, la revue générale des politiques publiques lancée par Sarkozy pour réformer l’Etat et diminuer les dépenses publiques. Il ne reste donc aucune alternative à l’augmentation des impôts.

Le choc fiscal de la gauche

Dès lors, l’économie française va être soumise à un véritable choc fiscal que le dossier distribué par Michel Sapin illustre parfaitement:

pression fiscale

Comme on le voit sans difficulté, l’arrivée de la gauche se traduit par une augmentation du taux de prélèvement fiscale de 2 points de PIB, soit 40 milliards €. En 2013 et 2014, cette augmentation culmine d’ailleurs à 2,2 points par rapport à 2011, à 3,8 points par rapport à 2009, soit près de 80 milliards de prélèvements publics supplémentaires en l’espace de 4 ans.

En 4 ans, ce sont plus de 1.000 euros par Français et par an qui sont engloutis dans la dépense publique, sans que ces Français ne mesurent concrètement quelle amélioration du service est proposée en contrepartie.

L’impact du choc fiscal sur l’emploi

Il est évidemment très tentant de mettre en relation ce choc fiscal avec l’évolution de l’emploi sur la même période. Là encore, nos ministres ont distribué un graphique qu’il est tellement tentant de juxtaposer au graphique du choc fiscal:

fiscalité

Alors qu’en 2010 et 2011 l’économie française renoue avec les créations d’emplois, l’arrivée de la gauche au pouvoir, et les coups de massue qu’elle inflige aux marges des entreprises, vont casser durablement la dynamique. En trois ans, l’économie française supprime près de 200.000 emplois, et condamne donc les nouveaux arrivants (700.000 personnes par classe d’âge) à connaître le spectre du chômage et du déclassement.

Il faut attendre 2015 pour que l’emploi reparte timidement. Si les entreprises recréent des emplois en effet, ces créations ne suffisent pas à absorber le croît naturel de la population.

L’impact du choc fiscal sur la croissance

Autre rapprochement utile: le lien chronologique entre choc fiscal et stagnation économique. Voici là encore un graphique diffusé par Bercy:

fiscalité

Là encore, on le voit, l’effet est terrible. L’arrivée de la gauche et de son choc fiscal torpillent la croissance pendant trois ans. Ce graphique évite, d’ailleurs, les sujets qui fâchent, puisqu’il oublie de mentionner que la croissance fut de 1,7% en 2011, et de 1,5% en 2010.

Le graphique qui aurait dû être produit était en fait celui-là:

fiscalité

Un bel exemple de stratégie contra-cyclique

Dans les années à venir, le quinquennat Hollande apparaîtra probablement comme un superbe exemple de stratégie contra-cyclique. Si l’affadissement de la croissance est apparu début 2012, avant l’arrivée de la gauche au pouvoir, l’augmentation massive des impôts pratiquée durant l’été 2012 par une loi de finances rectificative a aggravé le phénomène au lieu de l’enrayer.

Démonstration est donc faite qu’une hausse brutale de la pression fiscale sans activation de la dépense publique peut conduire à un choc asymétrique qui dure trois ans.

La dette du service public auprès de la Nation

Le choix d’augmenter fortement les impôts au lieu de diminuer la dépense publique a des origines bien connues. L’électorat de Hollande est d’abord composé de fonctionnaires, et le nouveau président a servi son électorat en lui épargnant la saignée que Sarkozy avait commencé à pratiquer. L’impact de ce privilège est désormais évident pour l’économie française: le pays a mis trois ans à s’en remettre. Et encore n’en est-il pas encore remis.

Trois précieuses années perdues, qui ont favorisé le délitement de notre tissu social et de nos valeurs.

Décidément, les coûts cachés de la dépense publique sont colossaux.

15 commentaires

  1. Sémaphore dit

    Sans activation de la dépense publique ??? Pour celle de l’ investissement public, d’ accord mais pour celle du clientélisme éhonté, que vous faut-il ???

  2. scaringella dit

    Ce qu’on oublie souvent avec les hausses d’impôts, c’est que c’est la double peine pour les ménages. En effet les entreprises
    étant plus ponctionnées doivent malgré tout rembourser des emprunts, fournir des dividendes et autres charges vers les financuers, qui eux ne baissent pas. Et inévitablement cela génère hausse des prix ET chomage par les restructurations. L’inflation officielle est nulle ou
    presque depuis des années alors que tout un chacun voit bien son pouvoir d’achat réel baisser.

  3. Citoyen dit

    Et d’ailleurs, pour faire le tour complet du sujet, tout futur candidat qui s’engagerait à démolir, en six mois, tout (et je dis bien tout!) ce que les socialos (et acolytes) on fait subir à ce pays en cinq ans, serait assuré de faire carton plein !
    Seulement voila, pas sûr qu’il y ait ça de disponible sur étagère ….

      • Pierre dit

        Et les deux mentent… car ils veulent augmenter la TVA. En clair, la tonte fiscale ne baissera pas. En outre, ils n’auront aucune prise sur la fiscalité…. « locale »… On oublie que la mafia étatique a eu l’intelligence de se « multiplier » et de changer de nom à chaque fois. C’est pratique.

        Sarko et l »homme bien coiffé sont des étatistes, des constructivistes : des hommes lige.

        Sarko a l’avantage -voilà pourquoi il va atomiser « monsieur le premier ministre »- de jouer des mécaniques : il critique publiquement les bruxellois mais se dépêche de les servir, derrière, discrètement (qu’on se souvienne de l’über trahison de traité adopté par le Congrès, trahison totale du référendum).

        Fillon, lui, ne se cache pas : un bon petit toutou européen, « europhile », « et vous n’y pensez pas ma bonne dame on ne peut pas se couper du moooooonde », et que « ensemble on est plus fort », et que blablabla blablabla. Le même brouet mental infâme qu’on remue depuis 40 ans.

        Bref, un clown. C’est votre champion ? Vous êtes de facto complice.

        Et de toute façon, vous subirez la tonte fiscale, son accroissement, et avec le sourire en plus.

        Vous voulez « changer » et être un vrai résistant ? Expatriez vous, arrêtez de consommer, désinvestissez… en clair asphyxiez les politiciens et leur mafia…

        Le changement, la révolution, c’est ça : les faire crever.

        Car vos taxes et votre travail, sont les instruments de votre asservissement. C’est d’une simplicité biblique.

        Fillonnement vôtre.

        • Complice de la politique de puissance qui peut faire de la France le premier d’Europe dans dix ans ? Tout à fait.
          Dès qu’elle sera réformée et au plein emploi, la France va profiter à plein de la démographie allemande, grevée bien plus par son déficit en blonds et son excédent en bruns. Elle pourra alors partager avec les successeurs de mémère le reste des pauvres européens et leur faire suer le burnous, bref les obliger à eux aussi se bien gérer. Une fois le culte de la liberté établi partout, le paradis terrestre deviendra possible.

          Car tous les politiciens ne se ressemblent pas, vous le reconnaissez vous même: certains sont bien coiffés.

      • Citoyen dit

        «  »Sarkozy dit les particuliers et Fillon les entreprises » »
        C’est bien là le problème ! …. Il faut les réduire aux particuliers, Et aux entreprises … Tout de suite et massivement.
        Pour que ce pays ait quelques chances de refaire surface, c’est un préalable incontournable.
        C’est à l’état, et à toutes les collectivités territoriales, de réduire massivement leur voilure en conséquence, en tapant dans la masse salariale à la hauteur du besoin.
        C’est Giscard, qui disait dans les années 70, que quand on atteint les 40% de prélèvements, c’est que l’on a basculé dans un pays socialiste (au sens soviétique du terme)…. Et c’est avec lui, que l’on a basculé dans le socialisme … Et depuis, on en est jamais sortis…
        Pour F.Fillon, il a le mérite d’avoir fourni un travail important pour se constituer un programme sérieux. Encore qu’il y a des points discutables et c’est bien normal. Par contre, quand on voit l’aréopage de vieilles badernes qui s’agglutinent autour de lui pour avoir des places, on émet quelques doutes, quant à sa capacité de mettre en œuvre son programme.
        Pour Sarkozy, on l’a déjà vu à l’œuvre … Et les français l’ont foutu dehors …. Avec Baroin comme possible PM en prime, on a envie de rire.
        Pour le reste … on a vite fait le tour de la question …

  4. Curmudgeon dit

    Problème technique systématique pour ce site :

    Sur un iPhone, impossible de lire les diagrammes, qui sont vides. Et on n’a pas accès à une version web pour ordinateur.

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