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TAFTA: l’enfumage français contre la réalité européenne

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Le TAFTA, le traité transatlantique, traverse-t-il une mauvaise passe comme le soutiennent nombre de médias français à l’issue du sommet ministériel européen sur la politique commerciale de vendredi dernier à Bratislava? Les lecteurs ou téléspectateurs français peu attentifs pourraient avoir l’illusion que l’Europe a décidé de surseoir à la négociation et de repousser sine die la conclusion du traité.

Un petit exercice de remise en ordre s’impose ici, car c’est exactement l’inverse qui se passe, quelle que soit la désinformation qui règne en France sur ce sujet.

Une commissaire européenne très attachée au Traité

Premier point: la commissaire européenne au commerce, Cecilia Malmström, est une farouche partisane du traité, et même des traités. Elle se targue de porter une politique multilatérale de traités commerciaux tous azimuts, dont le TAFTA. L’illusion dominante en France consiste à faire croire que la TAFTA constitue une sorte d’aboutissement. En réalité, il n’est qu’une étape dans un projet beaucoup plus vaste qui vise à installer l’Europe dans un système commercial mondial.

Imaginer que la Commissaire va abandonner son projet en cours de route est non seulement une illusion, mais est même contraire au discours qu’elle a prononcé jeudi dernier…

Une majorité d’Européens favorable au TAFTA…

Deuxième point: la position de la France est minoritaire en Europe. Au sommet de Bratislava, il s’est d’ailleurs trouvé une majorité claire pour réaffirmer son attachement à la conclusion du TAFTA, dont un cycle de négociations reprend le 3 octobre. En l’état de l’organisation européenne, en l’état de sa gouvernance, la France n’a donc aucune chance de bloquer le traité…

… dans l’attente des élections américaines

Troisième point: le traité n’est pas prêt à être signé et les élections américaines changent profondément la donne. L’hypothèse réaliste d’une victoire de Donald Trump, ennemi déclaré du traité, remet en cause le scénario bâti jusqu’ici. Le sommet de Bratislava de la fin de semaine n’a pas dit autre chose: il faut attendre de voir l’évolution de la situation pour prendre une posture définitive.

Cette position n’a rien d’un échec, ni d’un quelconque aveu de faiblesse, contrairement à ce que prétend la presse française. En réalité, les Européens veulent signer ce traité et relanceront les négociations si la partie américaine venait à douter après les élections. Cette attitude est d’ailleurs dangereuse, puisque, en faisant mine de vouloir abandonner une partie à laquelle les Européens tiennent, les Américains se mettent en position de force.

La France encore perdue dans ses illusions

Autrement dit, et une nouvelle fois, la France s’abuse donc sur ses chances de modifier le cours de l’histoire européenne en jouant le jeu de la coopération. L’idée européenne se traduira une fois de plus par un surcroît de libre-échange contre la volonté exprimée par les peuples. Chacun en pense ce qu’il en veut, mais les faits sont têtus: l’Europe ne change pas. Elle est programmée pour mener une politique inexorable.

6 commentaires

  1. Pierre dit

    La manipulation politicienne est évidente. Hollande veut se racheter une (petite) vertu auprès de nos gogauchistes nationaux : haro banzaï sur la « finaaaaaaaance internaaaaaationale ».

    Ca a marché au Bourget en 2012… Alors pourquoi pas maintenant ?

    Plus largement, les Bruxellois ont trouvé la parade. Ils changeront, tout bêtement… le nom du traité.

    Changer l’emballage et sa couleur, ça marche toujours.

    Le seul espoir, concret, c’est bien entendu la victoire de Trump en novembre. Le traité serait alors réellement jeté dans les oubliettes.

    Quelle ironie : une fois de plus… les USA pourraient…. nous sauver. 😉

  2. Pourquoi donc vous acharnez vous donc sur le TAFTA ? Vous savez bien qu’il est abandonné !
    C’est le CETA le problème !
    (enfin d’après certains, dont ceux qui moustachus et totalement aux fraises, croient que le gruyère va être interdit…)

  3. Citoyen dit

    «  »…mais les faits sont têtus: l’Europe ne change pas. Elle est programmée pour mener une politique inexorable. » »
    C’est à chacun d’en prendre conscience, d’en tirer les leçons, et d’agir en conséquence, dans son propre intérêt …

  4. Tu dis qu’une majorité d’européens est pour la Tafta ? Le principe n’est pas plutôt que TOUS (sans exception) les pays de l’union doivent être d’accords pour que ca se fasse ? Je ne suis pas sûr qu’un référendum (cf GB) par pays donne « une majorité d’européens » pour… Tiens d’ailleurs, ne devait-il pas y avoir un mécanisme pour le faire à l’échelle européenne ?

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