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Mépriser la Hongrie, la nouvelle folie des eurolatres

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Le referendum en Hongrie devrait donner une nouvelle démonstration de la surdité européenne face aux revendications populaires. Alors que le « non » à l’accueil de migrants ou de réfugiés l’aurait emporté à 95%, il est d’ores et déjà acquis qu’il ne sera tenu aucun compte de cette impressionnante majorité, pour la simple et bonne raison que la participation n’a pas atteint les 50%.

Les prochaines semaines devraient donc être chargées, puisque les électeurs autrichiens, appelés à choisir un Président de la République, qui pourrait être issu de l’extrême droite, se verront administrer une nouvelle preuve du caractère très variable de l’attachement démocratique dont l’Europe est capable.

40% des Hongrois ont dit non

Revenons un instant sur le nombre de Hongrois qui soutiennent la politique d’Orban: ils sont environ 4 millions sur moins de 8,5 millions d’électeurs à avoir approuvé la position de leur Premier Ministre. Beaucoup d’élus français adoreraient disposer de scores aussi impressionnants et aussi nets pour être élus.

Rappelons qu’une écrasante majorité de députés français sont élus avec 30% des voix à peine, une fois l’abstention comptabilisée. Ces scores faibles ne les empêchent pourtant pas de s’estimer totalement légitimes pour adopter des lois très contestables. Mais… comme d’habitude, ce qui est démocratique lorsqu’il s’agit d’obéir aux injonctions du gouvernement profond devient brutalement dictatorial et illégal lorsqu’il s’agit de le contredire.

Bref, même si les Hongrois ont exprimé une position forte, comme elle s’oppose à la ligne prusso-européenne, elle doit être ignorée.

L’information tronquée sur les migrants en Hongrie

Comme il faut tuer le chien hongrois, on dit qu’il a la rage contre les migrants, les réfugiés, les étrangers, et autres. La presse subventionnée française s’entend très bien pour procéder à ce genre de truandage où la réalité est présentée de façon totalement biaisée.

L’opinion française est ainsi conditionnée pour admettre une équation simple: soit on est contre la politique migratoire européenne fondée sur une relocalisation obligée des réfugiés appelés par l’Allemagne, et on est raciste, voire fasciste, soit on déteste le fascisme et on est forcément en faveur de la politique migratoire européenne. L’ombre souveraine ou la lumière eurolatre, comme disait BHL à propos du Brexit.

Les statistiques au secours de la Hongrie

Malheureusement, la réalité hongroise est légèrement différente de cette présentation simpliste et péremptoire: les statistiques de l’Union le prouvent.

Hongrie

Comme le tableau l’indique, la Hongrie a accueilli près de 175.000 demandeurs d’asile en 2015, soit 1/7 des réfugiés arrivés à l’invitation d’Angela Merkel. Rapportée au nombre d’habitants, cette masse est trois fois plus importante qu’en Allemagne, et accessoirement dix-sept fois plus importante qu’en France.

On notera au passage que l’Autriche compte deux fois plus de demandeurs d’asile par habitants que l’Allemagne. Le referendum hongrois pourrait donc servir de test pour l’élection présidentielle autrichienne…

Le déni européen face à la question hongroise

Contrairement aux mensonges colportés parmi les eurolatres, la Hongrie ne correspond donc pas exactement au portrait-robot d’un pays battu par les flots du racisme le plus éhonté. Avec 175.000 demandeurs d’asile en 2015, la Hongrie est loin d’avoir refusé de prendre sa part dans la politique migratoire européenne.

Au vu de ces chiffres, il est d’ailleurs assez compréhensible que les Hongrois refusent en bloc une nouvelle arrivée de migrants, dans la mesure où ils peuvent estimer que d’autres pays européens devraient fournir un plus grand effort à leur place. Il faut être assez « gonflé » pour voir dans cette revendication simple une manifestation de racisme ou une preuve d’appartenance à l’extrême droite.

Une fois de plus, l’incapacité de la technocratie européenne à prendre en compte des aspirations compréhensibles devrait jouer un vilain tour à l’Europe. Fouler aux pieds le referendum hongrois, après les propos haineux sur le Brexit et l’obstination sur les grands traités commerciaux, devrait achever de convaincre les plus europhiles que cette Europe-là ne mérite plus d’être défendue.

13 commentaires

  1. Ilmryn dit

    Comme d’habitude, une analyse imparable et documentée quand une bonne partie de la presse se vautre dans les slogans.

    « Libération », la voix des apparatchiks, déjà pas en très grande forme en ce qui concerne la réalité, s’enfonce de plus en plus dans l’art abstrait.

    • Pierre dit

      La tactique du « oui » consistait à se « fondre » dans l’abstention.

      Dans tous les référendums, il y a minimum 20 % d’abstention… Sauf éventuellement en Corée du Nord.

      On voit donc bien l’arnaque qui consiste à dire que c’est au fond une victoire du oui (à la politique migratoire démente de l’UE) puisque le référendum a été invalidé.

      Parfaite mauvaise foi de gauchistes, profil Libé.

      Donnons rendez-vous à ces petits marquis bruxellois : la présidentielle en Autriche… et le référendum italie le 4 décembre. Miam miam.

      Ils diront : « Allô maman bobo »…

      On savoure à l’avance la vue des lemmings se tordre les mains de colère et d’incompréhension au lendemain de ces votes.

        • Pierre dit

          Détendez-vous, et respirez avant d’écrire des sottises.

          Oui la règle des 50 % existe. Et alors ? Personne ne la conteste.

          Dans un référendum, on vote « oui » ou « non » à la question posée.

          Dans le cas présent, les fanatiques bruxellois voulaient voter « Oui ». Etant assurés de perdre, ils ont donc choisi… l’abstention… dont on vous explique (est-ce nécessaire ?) qu’il y a TOUJOURS un socle d’au moins 20 % (les vrais pécheurs à la ligne, les anar etc.)…

          Bilan : le « oui » minoritaire dans les faits… a pu ainsi faire « invalider » le non (écrasant pourtant), en s’appuyant sur 20 % au minimum du corps électoral qui n’ont rien à voir avec le « oui », en volant littéralement leur abstention, en se l’appropriant.

          C’est plus clair maintenant ?

        • Ikomal dit

          Hum … « ignare » … parce qu’il ne connaissait pas la constitution … hongroise … ? A ce compte il n’y a que des « ignares » en France, vous excepté (… même pas sûr).
          La plupart des français très cultivés (et, a fortiori, qui croient l’être) ignorent la constitution française, et se foutent voire exigent qu’on la piétine, alors la hongroise …

          • Votre sensibilité à la constitution hongroise est hautement ridicule. Imagineriez vous que cette abstention massive valait « OUI » ?
            Les QUILSCREVENT qui ont ulcérés l’Europe furent bloqués par un mur qui ne fut pas soumis à référendum. Celui ci va-t-il être abattu ?

  2. JD dit

    Il est très étonnant de voir que la Hongrie bat même la vertueuse Suède, en nombre absolu de migrants, en pourcentage de prise en charge dans l’UE et en nombre d’accueillis par millions d’habitants. Merci pour cette info !

  3. Je ne vois pas ce que le refus des migrations illégales peut avoir de raciste. L’Europe a été attaquée par la Turquie qui a déclenché en 2015 une déportation des populations de somaliens, d’afghans et de soudanais qu’elle avait en stock. 30 % seulement de migrants non économiques, venus (avec des faux passeports ) de Syrie. Un mur est en train d’être construit par à la frontière syrienne, d’ailleurs…
    La Hongrie a justement fermé sa frontière, et le flot fut interrompu là. Il faut que ce soit la France qui ferme la sienne, maintenant que l’Allemagne a enfin réalisé la gravité de la situation.
    Inutile de préciser le nouveau principe qui remplacera avantageusement le NOWAY: on doit maintenant mettre en avant le QUILSCREVENT, et sévèrement. Un indice de la mise en oeuvre: la poursuite pénale des militants no borders, puis des humanitaires, pour intelligence avec l’ennemi.

  4. michel dit

    Ce nombre de 175.000 demandeurs d’asile en Hongrie en 2015 m’apparait hautement fantaisiste. La Hongrie n’était qu’un lieu de transit pour la grande majorité des migrants. Et contrairement au règlement européen de Dublin, la Hongrie refuse de reprendre les migrants que les pays voisins leur renvoient, en tant que pays d’enregistrement, ce qui a déjà suscité des problèmes diplomatiques avec la Suède notamment. Le nombre de migrants réellement admis à l’asile en Hongrie doit être infiniment plus faible que le nombre avancé.

      • michel dit

        On fait dire aux statistiques ce qu’on veut, lorsqu’on ne définit pas clairement ce qui est mesuré. Je ne doute pas vraiment qu’il y ait eu 175.000 migrants ayant transité par la Hongrie en 2015 et qui y ont même été enregistrés. Mais à combien de migrants la Hongrie a-t-elle EFFECTIVEMENT accordé l’asile en 2015 et donc combien sont encore là aujourd’hui? Vous conviendrez avec moi que c’est cela qui compte, surtout pour les conclusions que vous en tirez.

    • Vous avez tout à fait tort: les migrants ne voulaient que passer et furent obligés de remplir des papiers foireux pour en avoir. N’oubliez pas que la demande d’asile vaut papier d’identité. Le seul moyen de virer les QUILSCREVENT est de ne pas les laisser passer. Les avoir sur son sol c’est se véroler. C’est ce que fit la Hongrie, mais le sentit passer.

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