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CETA: pourquoi l’UE veut-elle mettre les Wallons à genoux?

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Après le refus wallon de donner un feu vert à la signature du CETA la semaine prochaine, l’Union Européenne confirme son incapacité, déjà constatée en Grèce ou en Grande-Bretagne avant le Brexit, de négocier intelligemment avec ses Etats membres. L’attitude du président (polonais) du Conseil, Donald Tusk, devrait rapprocher un peu plus l’Union de son suicide institutionnel. Mais pourquoi les Européens veulent-ils ratifier si vite le CETA?

Les Wallons demandent une déclaration interprétative

On se souvient que les Wallons alertent, de longue date, leurs voisins européens sur leur probable refus du CETA. Conscients qu’ils n’obtiendraient pas une révision du texte, qui supposerait une réouverture des négociations, les Wallons ont demandé à l’Union Européenne une déclaration interprétative précisant certains points problématiques du texte. En particulier, les Wallons s’inquiètent de la protection de leurs petites et moyennes entreprises face aux multinationales et aux arbitrages que celles-ci pourraient solliciter. L’Allemagne avait, en son temps, exprimé les mêmes craintes sur le TAFTA.

L’Union a décidé de répondre à cette demande.

La réponse nulle de l’Union Européenne

Assez curieusement, l’Union Européenne a semblé incapable de réagir intelligemment à cette demande. L’Union a envoyé, en trois jours, trois versions différentes du même texte. La dernière version du texte est, selon les Wallons, en retrait sur les attentes exprimées par leur Parlement la semaine dernière.

La méthode suivie ne devrait donc pas apaiser le climat de sédition qui règne aujourd’hui en Europe.

Le cataclysmique ultimatum de Donald Tusk

Parallèlement, les dirigeants européens se livrent, selon les responsables wallons, a des pressions extrêmement fortes pour que Paul Magnette, le président du gouvernement régional, change d’avis. Pire, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a lancé un ultimatum au gouvernement belge.

Dans l’entourage de M. Michel [le Premier Ministre belge], on indiquait dimanche, évoquant l’appel de Donald Tusk, que «si la Wallonie persistait à refuser de signer, aucun report ne serait accordé et le Sommet prévu jeudi n’aurait pas lieu».

Dire ça à des Wallons, c’est vraiment très mal les connaître. Tusk a raté une belle occasion de se taire.

Pourquoi Tusk est-il si pressé?

Devant ce passage en force, on peut évidemment se demander pourquoi Tusk commet autant de maladresses. Il est difficile ici de ne pas se souvenir que le mécanisme prévu par le CETA permet à n’importe quelle filiale canadienne d’une multinationale non canadienne de revendiquer l’application du traité.

De là à dire que le CETA pourrait constituer un substitut rapide et durable au TAFTA qui a du plomb dans l’aile, il n’y a qu’un pas.

L’Allemagne à la manoeuvre derrière Tusk?

Selon toute vraisemblance, Donald Tusk, le Polonais proche de l’Allemagne, agit ici en service commandé par Angela Merkel. On se souvient que Merkel tenait particulièrement à signer rapidement le TAFTA. Le calendrier électoral américain a finalement rendu l’exercice compliqué.

En revanche, obtenir fin octobre la signature d’un traité de substitution au TAFTA conviendrait parfaitement aux objectifs allemands.

Et le tour est joué.

Reste à savoir si les Wallons résisteront à ce nouveau coup de force allemand. On prend les paris.

17 commentaires

  1. Pierre dit

    Quant à moi je reste (droit) dans mes bottes : je continue de parier sur un retournement de veste à vitesse hyper luminique.

    Quand la valise de pognon ne marche plus alors il reste la bonne vieille méthode, dopée à la NSA : le chantage.

    Je pense que Bruxelles doit menacer de révéler les maîtresses du gars, ses fétiches, les drogues qu’il consomme etc. Y compris pour les membres de son parlement. On parle de Wallons, doit bien y avoir quelques pédophiles dans le lot, non ? !

    Il est impossible de croire qu’ils tiendront tête jusqu’au bout.

  2. Apparemment, les wallons bloquent sur les tribunaux internationaux sensés défendre les entreprises étrangères contre les états dans lesquels elles font des investissements. La question est intéressante pourtant et n’est jamais débattue vraiment.
    Elle permet à une entreprise de mener des investissements long terme dans un pays en étant sure, ou du moins plus sure qu’avant, qu’une nouvelle loi instaurée « démocratiquement » ( au grès des démagogies socialisantes menées par des corrompus adeptes d’augmentation d’impôts surprises, par exemple la France avec ses actions gratuites soudainement taxées à nouveau) ne puisse en grever la rentabilité.

    Cette suspension de la liberté des états à faire les lois qu’ils veulent apparait comme une atteinte à la souveraineté de ceux-ci alors qu’il s’agit de favoriser un principe de stabilité des lois, favorable aux anticipations longue durée, et donc au développement économique.
    Oui cela est fait par l’intermédiaire d’une contrainte et donc permet aux états d’attribuer « à la contrainte externe » l’impossibilité de faire telle ou telle politique. Une sorte de sagesse forcée en quelque sorte. Typique du projet européen, et c’est pour ces fins là que les socialistes français en avait mis au point le principe pour traiter avec l’Allemagne après avoir vu le désastre de prés en 83.
    Simplement cela a un inconvénient, quand au lieu de limiter les promesses intenables, cela impose de faire des mensonges caractérisés et donc de produire les plus terribles déceptions. Quand Hollande affirma en 2012 qu’il allait « renégocier » les traités avec l’Allemagne, il savait très bien que cela était impossible. Le mensonge, révélé après une semaine de pouvoir, lui couta immédiatement sa légitimité. Pacta sunt servanda.

    Le résultat hélas de ces désillusions fabrique ainsi l’horrible sentiment anti européen isolationniste qui anime beaucoup de grands/petits esprits.

    Car oui, ne pas avoir le courage de s’imposer à soi même les règles de prudence nécessaires à la bonne gestion et confier ce soin à des tutelles externes est une lâcheté et une infamie. C’est pour cela que j’ai voté non à Maastricht et que je conchie absolument le projet socialiste européen de Mitterand et Delors.
    Car l’essentiel de la vraie souveraineté, ce n’est pas la liberté de se ruiner avec des lois imbéciles, mais bien celle de se réformer en profondeur tout seul avant qu’on ne vous l’impose par la force. C’est ce que dit Fillon, et les taux vont bientôt remonter.

    • Pierre dit

      …. Vous avez voté contre Maastricht… Et c’est pour cela que vous votez maintenant pour Fillon.

      C’est parfaitement logique.
      😉

      Hollande a en effet menti avec sa « renégociation »… Exactement comme papy Fillon ment, comme tous les autres, en évoquant des « réformes » impossibles à mener à cause de l’UE.

      Bien entendu, la France demeure libre de fixer la TVA à 21,78 % au lieu de 20 %… Mais pour les vrais problèmes (frontières, souveraineté, expulsion des clandos, arrêt de l' »asile », du regroupement familial, déportation des racailles à Cayenne, destruction des bateaux de passeurs le long des côtes libyennes…. ) là il n’y a plus personne.

      Et pour cause.

      Mais c’est bien que vous en ayez conscience.

      L’acceptation est la première phase… du deuil.

      Dans quelques semaines vous serez en deuil, papy Fillon sera atomisé façon puzzle aux « primaires ».

      Courage.

      • Ikomal dit

        A moins que le but du jeu soit de foutre encore plus le bordel (?), Cayenne est déjà assez la zone comme ça. Je n’ai rien contre la déportation des racailles mais je suggère plutôt un aller simple vers les Kerguelen, Crozet, Amsterdam ou Saint Paul (les îlots).
        Par contre je ne vois pas pourquoi il faudrait a priori traiter comme des racailles les immigrés. La plupart sont de braves gens qui de surcroit accepteraient des boulots de m… que le FdS refuse de faire, si on ne leur interdisait pas.
        La collection de lois débiles qui tuent le pays (comme, au hasard, celle qui permet à un terroriste de toucher le RSA …) n’ont pas été votées par des immigrés, elles ont été faites par et pour de « bons français ». C’est eux, le problème, pas les immigrés. Si on pouvait régler ce problème, le pays pourrait avaler les doigts dans le nez 10 millions d’immigrés par an et en faire en 2 génération des français plus vrais que nature, « nos ancêtres les gaulois » inclus. C’est ce qui a été fait avec la collection de provinciaux d’avant 14, c’est donc possible. Une seule condition (mais elle est bien plus difficile qu’elle en a l’air !) : abandonner le lamento, « le sanglot de l’homme blanc » ; revenir à l’honnête fierté d’être ce que nous sommes (produit de notre histoire avec ses pages blanches et noires).

        • xc dit

          Ne croyez-vous pas que si les boulots de m… étaient moins des boulots de m… (mieux payés, plus de sécurité,…), les FdS les accepteraient ? Mais, du fait que les immigrés les acceptent sans trop regarder les conditions, ils restent des boulots de m….

        • Citoyen dit

          «  »… le pays pourrait avaler les doigts dans le nez 10 millions d’immigrés par an et en faire en 2 génération des français plus vrais que nature,… » »
          Je ne sais pas si c’est voulu, et pour frapper l’attention, mais j’espère que vous mesurez l’énormité de vos chiffres …
          Avec 10 millions par an, et avec le profil de ceux qui arrivent actuellement, bien avant trois ans, la France telle que vous la connaissez n’existerait plus (hors mis le fait que la guerre civile aurait démarrée bien avant).
          Avec seulement 5% de population allogène non intégrée, elle ne s’intègre plus. La population en question n’éprouve plus la nécessité de s’intégrer. Mieux encore, elle commence à imposer son mode de vie dans les zones de territoire qu’elle annexe progressivement. Alors je vous laisse imaginer 20 millions en 2 ans !… Et vous voulez attendre 2 générations pour qu’ils aient la bienveillance de bien vouloir se mettre au pli ! Amusant ….
          « nos ancêtres les gaulois », bien avant le terme, n’existeraient déjà plus …

      • Fillon aussi avait voté non à Maastricht… Pour ces raisons là. Je le suis depuis longtemps…
        Au sujet du rétablissement du bagne de Cayenne, il s’est d’ailleurs permis récemment de se moquer de cette lamentable « idée ». Que penseriez vous d’un camp d’extermination en terre Adélie ?
        Même si je le trouve un peu trop gentil avec les migrants, il pose le problème des frontières à discuter entre européens, et c’est la seule solution possible. Toute la différence entre les songe creux des petits garçons et la responsabilité des adultes lucides.

        • bidassoa dit

          on prefere sans doute balancer 200 euros par mois nourri logé blanchi et soigné…

          200 euros par mois d’argent de poche je ne les ai jamais eu. Avant de parler de camps i on supprimait totalement ce genre de viatiques ?

  3. Pierre dit

    Trop facile vraiment.

    Comme prévu, répétons-le, comme prévu, les Wallons se sont couchés.

    Car il n’y a jamais eu d’alternative.

    Le beau Macron belge a fait son p’tit tour de piste (« chérie, même CNN a parlé de moi ! »), les Wallons se sont offerts des petits frissons et ont bien entendu reçu de belles valoches de pognon, ainsi que l’assurance que le pédo machin ne serait pas dénoncé, et que bidule pourrait continuer à culbuter sa secrétaire sans que son épouse ne reçoive les vidéos.

    Ca aurait fait jaser.

    Bref, business as usual !

    Bravo les gars. De la belle ouvrage.

    Bravo aussi à tous les esprits faibles, français cette fois, qui se pâmaient (c’est pas cher) devant l' »intrinsigeance » des Wallons, leur courage, et leur ministre président whatever avec une si belle gueule (Libé a encore du mal à s’en remettre).

    Vous êtes de bons gros veaux.

    Ca va mieux en le disant.

    Bon maintenant, on fait quoi ? Une belote ?

    • nervien dit

      il faut bien continuer à vivre avec les socialo communistes et les pseudos libéraux
      au pouvoir.C’est une habitude
      depuis 40-50 ans. Allez! !! courage et buvons un coup
      pour oublier.

    • Comme prévu, le CETA doit donc passer, mais le Wallon râleur a fait peur à tout le monde, et a montré que l’Europe, contrairement à ce qu’on dit, dépend effectivement de ce genre de personnes pour se manifester. Au point qu’on s’en est plaint (comment une puissance de 500 Millions d’habitants peut elle se faire bloquer par un pouilleux pareil ? ) Alors qu’il faut s’en réjouir, cela veut dire qu’il y a possibilité de donner son avis.
      Au passage, on a su la réalité de ce qui posait problème, et qui est ce que je décrivais, en fait analysé par certains articles comme une possibilité, non pas de bloquer les lois, mais d’indemniser (plus ou moins cher) les victimes de ces lois.
      De fait, il ne peut y avoir d’accords internationaux de cette ampleur sans des dispositifs d’arbitrage de ce genre.
      Mon rêve: qu’on arrive à fourguer des rafales au canada.

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