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Qui disait: « Trump ne sera jamais élu! »?

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Tiens! En désaveu à toutes les affirmations infligées aux Français pendant un an sur le mode du « Trump le vulgaire! », « Trump le bouffon! », « Trump le facho… », Trump crée une divine surprise aux Etats-Unis. L’occasion était trop belle pour ne pas faire une petite rétrospective des chiens de garde français qui ont fait croire, de ce côté-ci de l’Atlantique, qu’un séisme électoral n’était pas possible, et n’était surtout pas souhaitable.

Les experts! l’exemple de Nicole Bacharan

Chercheuse associée à la Fondation nationale des sciences politiques (Sciences Po), Nicole Bacharan a notamment tenu ces propos au mois de mai:

À l’heure actuelle, au début de la campagne, il ne peut pas être élu président des États-Unis. Son pari est de ramener aux urnes les électeurs blancs en colère contre le système politique et les élites et qui ne votent pas. Il est possible qu’il y parvienne et gagne des voix dans cet électorat. Mais il s’agit d’une minorité, qui ne permet pas de compenser le rejet qu’il suscite à la fois chez les femmes, les hispaniques, les noirs, les Asiatiques, les diplômés. Il a fait le plein de ses vrais électeurs et aura du mal à recueillir 51 % des suffrages.

Les experts! l’exemple de Pierre Guerlain

Professeur à l’université de Nanterre, Pierre Guerlain a couvert, au mois d’août, Trump d’injures et de vomi. Il a notamment écrit:

Chaque jour, il s’aliène des groupes ou des individus qu’il devrait conquérir ou fidéliser, comme les anciens combattants ou les militaires. Les sondages montrent qu’il dévisse et, à moins d’une surprise d’octobre qui pourrait venir de révélations compromettantes pour Clinton, il a déjà perdu l’élection. Il souffre d’un syndrome d’échec.

Un grand visionnaire, ce Guerlain!

La finance… L’exemple de la Bourse de New-York

Fin septembre 2016, l’ancien vice-président de la Bourse de New York l’assurait: Trump ne pouvait pas être élu!

Georges Ugeux, actuel président de la banque d’affaires Galileo Global Advisors à New York, estime mercredi dans le Journal du matin de la RTS que l’élection est déjà jouée, même si on cherche à dire le contraire. Et de citer le vote des Noirs, des latinos et des femmes pour Hillary Clinton, alors que c’est surtout le « vieil homme blanc » qui va voter pour Donald Trump.

En outre, à ses yeux, si l’on regarde la situation Etat par Etat, Hillary Clinton a déjà dépassé la majorité de grands électeurs et ne peut plus perdre. « Mais personne ne le dit et comme il y a beaucoup d’argent à gagner en maintenant la tension pour les prochains mois, le show va continuer », ajoute-t-il.

Un banquier euro-américain qui s’exprime en Suisse pour exprimer que les jeux sont faits. Une fois de plus, les financiers nous prouvent qu’ils ne comprennent rien à la démocratie.

La gauche bien-pensante! l’exemple des Inrocks

Penser vrai, on le sait, n’est pas l’enjeu de la gauche bien-pensante. Elle préfère le penser comme il faut. Les Inrocks, concernant Trump, ont servi une soupe au diapason de l’incrédulité et du mépris, qui annonçait aussi sa défaite.

Et si Donald Trump n’était qu’une farce depuis le début de sa campagne, et ne désirait pas vraiment devenir Président des Etats-Unis ? Ce scénario, digne d’une comédie hollywoodienne, n’est peut-être pas aussi improbable qu’il en a l’air.

La gauche bien-pensante! l’exemple de Libération

On lira cette perle, dans Libération, qui date… du 17 octobre 2016, c’est-à-dire il y a 3 semaines, sous la plume de Guillaume Gendron:

Isolé, distancé et acculé, Donald Trump semble avoir fait une croix sur la présidence des Etats-Unis. En chute libre dans l’opinion depuis que les accusations de harcèlement et d’agression sexuelle se multiplient à son encontre, il a quasiment officialisé sa défaite tout au long du week-end en hurlant, trois semaines avant le scrutin, à «l’élection truquée».

Une analyse brillante! on comprend pourquoi le ministère de la Culture file autant de millions à ce journal que plus personne ne lit, mais qui continue à infliger des leçons d’indépendance d’esprit à la planète entière.

La gauche bien-pensante! l’exemple du Monde

Si le Monde a évité de prendre trop de risques dans ses pronostics, on relira avec surprise cet éditorial (non signé) qu’il a produit le 10 octobre 2016, dont voici les meilleurs extraits:

Voilà un homme qui a érigé son ignorance crasse de tous les dossiers en preuve de sa non-appartenance aux « élites », situation qui lui conférerait une supériorité naturelle sur ses concurrents ! Voilà un homme qui ment tellement qu’il a en quelque sorte neutralisé la notion même de mensonge : dans l’univers de Donald Trump, les faits eux-mêmes sont « élitistes » et ne doivent pas venir entraver la vision du monde que veut nous imposer ce roi de la télé-réalité. (…)

Il s’agit de capter l’attention en repoussant toujours plus loin les limites de la vulgarité. Au nom du « parler vrai » et de la lutte contre le « politiquement correct », on fait reculer le seuil de l’inacceptable. (…)

Trump normalise l’obscénité et banalise la violence verbale en politique. C’est toujours « pour rire », bien sûr, et toujours au nom de la lutte contre la pensée unique. (…)

Les Etats-Unis sont l’une des plus vieilles et la plus grande des démocraties du monde. Ce qui s’y passe préfigure souvent ce qui va arriver ailleurs. Trump en campagne a dégradé la démocratie américaine. A la Maison Blanche, il ferait plus encore, il la menacerait.

La démocratie selon Le Monde, l’objet des gens bien élevés menacés par les gens vulgaires. Bien sûr!

16 commentaires

  1. Rodolphe dit

    La bonne nouvelle de l année. Trime 244 / la corrumpee 215. 42 states called. Il faut 270 pour gagner elle est loin la cocliche des médias vendus

  2. Moggio dit

    Je me demande encore à cette heure s’il n’est pas trop tôt pour annoncer la victoire de Donald Trump mais un copain vient juste de m’envoyer un SMS : « C’est une claque monumentale : aux élites, à la gauche et la droite bien pensantes, aux médias clairement biaisés, au monde de la finance, au monde du show-biz… »

  3. Pierre dit

    Superbe victoire.

    Les Américains reprennent en mains leur pays. Enfin.

    Brexit, Trump… belle année pour la liberté, la souveraineté, le bon sens.

    Alors bientôt en France ?

    Ah non pardon, chez nous… on va avoir papy Juppé !
    😉

    « Ce pays est foutu », comme le répète un de vos distingués collègues…

  4. Rodolphe dit

    Donald Trump set to become 45th president of the United States. Comme quoi il faut être hors système pour renverser le système pourri. Hélas chez nous les candidats sont tous issus du système donc dont partir du problème

  5. eric dit

    En vous lisant M. Verhaegue, j’écoute J.J Bourdin sur RMC.
    La grande pleurnicherie vient de commencer. Dominique Moïsi est en train d’y faire le procès de l’homme blanc raciste et vulgaire qui a placé Trump à la maison blanche, et nous développe le scénario dans le détail de l’apocalypse que nous prépare le nauséablond.
    Tout y est… Du retour de la peste brune à celui des pages les plus sombres de notre histoire.
    Comme disait Bernard Blier, « la maladie revient sur les poules »…
    C’est d’un consternant achevé. Tous ces donneurs de leçon que vous épinglez dans ce billet viennent de prendre une claque dans leur suffisance et leur science infuse, mais en rajoutent déjà dans l’indécence et la culpabilisation de ceux qui, selon eux, votent avec leurs pieds.
    La pensée unique vient de se prendre un coup de pompe dans le cul. Le peuple américain a choisi, que ça plaise ou non à tous ces parangons de l’éthique propre qui la véhiculent.
    Merci M. Verhaegue d’avoir rappelé ce matin l’étendue de leurs erreurs d’appréciation et leurs prédications tartinées d’idéologie.

  6. yoananda dit

    Belle petite rétrospective qui montre bien le parti pris du « camp du bien » … ils ne doutaient plus de rien, ils viennent de se prendre une belle gifle.
    Le combat ne fait que commencer.

  7. Citoyen dit

    Ce qui fait plaisir à voir, c’est la décomposition de la racaille merdiatique, qui n’en revient pas de l’élection de Trump. C’en est même très savoureux !
    Au point que les cerbères du camp du bien ne trouvent plus les mots pour décrire leur effroi …
    C’est un grand malheur ! (pour la Gôche bien-pensante) …. Le mal à conquis l’Amérique !
    Ce qui va être intéressant à observer, c’est quand le baudet de Tulle va devoir cirer les pompes de Trump. Un moment à ne pas rater.
    Les ricains ont eu un sursaut salutaire pour leur pays. Après deux passages du fossoyeur Obama, ils se sont refusé que la Clinton vienne mettre le dernier clou au cercueil.

  8. serge dit

    Quel que soit le mode de gouvernance que va dérouler Trump, il est à retenir deux points:
    – Depuis pas mal d’années, chaque fois qu’une décision électorale système vs anti-système se présente, c’est toujours la victoire du système qui est annoncée: référendum de la constitution européenne, référendum en Grèce, Brexit, Trump, etc… Ce sont à chaque fois des erreurs colossales, dépassant la marge d’erreur classique. Un jour une remise en cause?
    – Concernant nos élites politiques, et en particulier notre Président, là où on attend au minimum tact et discernement, ce ne sont qu’invectives et prises de position désagréables. Ont-ils conscience de leurs bourdes et des suites possibles de leurs actions, surtout quand ils souhaitent se représenter?

  9. Citoyen dit

    Avec les gros titres qui fusent de partout, il semble que chez les gochos-bobos, l’élection de Trump produisent les mêmes effets que les hémorroïdes …. C’est douloureux ….
    En même temps, Obama est allé faire campagne contre le Brexit …. Puis campagne pour la Clinton … Vu le résultat, faut-il y voir une relation de cause à effet ?
    Même « pas de bol », dit la scoumoune, s’est mouillé en faveur de l’Hillary … Faut-il s’étonner du résultat ?

  10. René dit

    Tous ces commentaires procèdent du même état d’esprit qui jugent des opinions à partir de celui qui l’exprime plutôt que la pertinence ou de la véracité de l’opinion en question. Tout comme ce n’est pas parce que Marine LePen dit quelque chose que c’est forcément faux ou honteux, ce n’est pas parce que BHL, Le Monde ou qui vous voulez, n’aime pas Donald Trump, qu’ils ont forcément tort.
    Il y a plein de raisons pour lesquelles on ne peut pas se réjouir de cette élection, sans contester pour autant sa validité. Et je me risque pas beaucoup en prévoyant qu’il ne pourra que décevoir ses électeurs, et qu’il sera très vite détesté pour tous ses excès.
    Pour ma part, je n’aurais sûrement pas voté pour Trump si j’avais eu à le faire, et je ne pense pas que le peuple a toujours raison, même si je me réjouis qu’il est le dernier mot, quelle que soit mon opinion personnelle.
    Le politiquement incorrect est aussi idiot que le politiquement correct, tout comme l’anticonformisme est un conformisme à rebours.

  11. Logaro dit

    Depuis plus d’un an, le blog  » Sleazy Caricatures » suit la campagne de Trump dont le chroniqueur a assisté à un meeting aux Etats-Unis dans le Wisconsin. L’enthousiasme était à son comble et tous ceux présents étaient déterminés à mener leur candidat à la victoire. Plus la presse américaine ( New York Times en tête) lui tapait dessus plus les républicains étaient en colère. Aussi depuis un an sur le blog les articles indiquent que Trump gagnerait les primaires, les autres ne faisant pas le poids face à lui et depuis six mois le blog écrivait que Trump serait président des Etats-Unis. Les raisons étaient multiples et grand était l’aveuglement des élites face au phénomène.
    dernier article:
    http://sleazy-caricatures.over-blog.com/
    2016/11/you-are-fired.html

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